‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 216 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

ZIA EPITRE DE S. PAVL AUX HEBREl'X.

devant les yeux , les retenait dans la plus cruelle servitude. Jésus-Christ en nous délivrant du péché , nous a ôté cette crainte:, et nous a remis en liberté. Ue là vient que les gens de bien ne craignent plus la mort ; mais la souhaitent an contraire comme la fin de leurs misères; et le commencement d'une bienheureuse immortalité.

16. Nusquàm enim angelos appre- 16. Il De s'est point allié avec les anges» hendit , sed semen Abrahœ appre- mais avec le sang d'Abraham, hendit.

Il ne s'est point allié avec les anges , mais avec le sang d'Abraham. G'est-é-dtre il ne s'est point uni hypostatiquemeut à la nature des anges, mais à la nature humaine. Saint Paul ne parle en particulier que delà race d'Abraham ; parce qu^il écrit aux Hébreux , qui faisaient gloire de descendre de ce grand homme , et que c'était à ce patriarche que la promesse de ce mystère avait été particulièrement faite. L'interprétation que nous donnons est généraleuient de tous les Pères grecs et latins , et des plus savants interprètes , sans en excepter Calvin , Bèze , Gomar , et d'autres habiles protestants. Parmi les catholiques , Ribera est peut-être le premier qui ait tenté de donner un autre sens aux paroles de l'apôtre : aussi hasarde-t-iî plutôt cette explication particulière qu'il ne l'adopte. C^r il proteste qu'il aime mi^ux avouer qu'il n'entend pas le sçns de saint Paul , que d'aller contre le torrent des commentateurs. Il serait trop long de rapporter l'explication de ce savant interprète , et les réponses aux difficultés qu'il propose contre celle des Pères. Ceux qui voudront se ooDienter là-dessus , peuvent lin Justiniani sur cet endroit de saint Paul.

17. Undé debuit per omnia fratribus 17. De là vient qa't! a dû se faire en similari ; ut misericors fieret , et fide- toutes choses semblable à ses frères ; afin lis poDtifex ad Deum , ut repropiiiaret d'être touché de leurs misères , et d'être deticta populi.x un fidèle pontife auprès de Dieo , pour

obtenir le pardon des péchés du peuple.

De là vient qu'il a dû se faire en toutes choses semhlahle à ses frères. Puisqu'il • bien voulu s'unir hypostatiquemeut à la nature humaine , qui était tombée dans l'esclavage, et qu'il avait dessein de remettre en liberté ; il a dû conséquemment , dit Th^doret, se faire semblable à ses frères dans toutes les choses qui appartiennent à la nature humaine, et qui peuvent s'allier avec la sainteté de son ministère. Il a dû , disje , se faire en toutes choses semblable à ses frères , pour deux raisons qu'ajoute Tupôtre. 1" Jfin d*élre touché de leurs misères. Car rien ne nous rend plus sensibles aux misères d'autrui , que de les avoir éprouvées nous-mêmes. Ainsi Jésus-Christ , pour mieui compatir aux nôtres , a bien voulu s'y assujettir. S** Afin d'être un fidèle pontife auprès de Dieu , pour obtenir le pardon des péchés du peuple. Pour s'alcquitter fidèlement du devoir de pontife , il fallait qu'il expiât les péchés du peuple . c'est-à-dire de tous les hommes , et cette expiation rigoureuse ne se pouvait faire que par le sacrifice sanglant de sa passion et de sa mort. 11 fallait donc qu'il fût en toutes choses semblable à ses frères , c'est-à-dire qu'il eût une nature sujette A toutes nos infirmités , et ps!»sible comme la nôtre.

18. In eo enim , in quo passus est 18. Car dès là qu'il a souffert lui*même« ipse et tentatus , potens est et eis > qui et qu'il a été éprouvé , il est en état d« tentantur » auiiliari. secourir ceux qui sont mis à l'épreuve.

Il est en état de secourir ceux qui sont mis à l'épreuve. $war oit , potest , ou poteni est. Saint Paul avait dit dans le verset précédent, que l'expérience que Jésus^Cbrist avait faite de nos misères, l'avait rendu sensible à celles que nous endurons : il prouve maintenant par la même raison , qu'il a le pouvoir de les soulager. C'est comme s'il disait : Puisqu'il a été éprouvé , et qu'il est sorti triomphant de ses épreuves, il anra bien assez de force pour nous soutenir dans toutes celles où nous nous trouvons. Saint Chrysostôme, Théophylacte et OEcuménius expliquent âùvarai, potens est, comme s'il signifiait , il est porté , il a du penchant à nous secourir : mais ce serait répéter ce qu'il avait déjà dit au verset précédent. Au re^te , la proposition de l'apôtre est générale , et s'étend sans restriction à tous ceux qui sont mis d l'épreuve. C'est donc à tous ceux-là que saint Paul déclare que Jésus-(^hrif>t est en état de donner du secours, et qu'il a la volonté de le faire. Mais comment accorder ceci avec le sentiment de ceux qui osent soutenir qu'il y a des ju.«tes même qui sont entièrement abandonnés dans l'épreuve , et à qui Jésus-Chrit>t refuse impitoyablement le secours sans lequel ils ne peuvent ni surmonter la tentation , ui demander la grâce qui leur est nécessaire pour la vaincre?

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