CHAPITRE m
j^^Christ comme étant \t Fils, est bien aa-dessus de lotse, qni n'était qu'on serviteur fidèle dans la maison de Dieu. 11 faut doue avoir soiu de lui obéir en toutes choses , de peor d'èlre privés, comme les Juifs , du repos qu'il nous a promis.
1. Unde , fratres sancti , vocalionis 1. C'est pourquoi, mes frères , vous qui
cœlestis pariicipes , considerate apos- êtes saints , qui participez à la vocation ce-
tolum , et pontiucem coufessionis nos- leste , considérez Jésus , l'apôtre et le pon-
trs Jesum ; tife de la foi dont nous faisons profession :
Qui participex à la vocation eéîeste, La vocation à la religion chrétienne est appelée céleste, non-seulement à raison de son principe qui est Dieu et sa grâce , mais encore à raison desa tin^ parce que Jésos^hrist ne nous ap|)eile à TËvangile , que pour nous faire héritiers du royaume céleste. — Contidérti Jéêut , l'apôtre et le Pontife de la foi dont nou$ faimns profeuion. Puisque le Fils de Dieu nous a été envoyé pour nous annoncer IXvangile , et qu'il a bien voulu se revêtir de notre nature , pour expier nos péchés par le mérite de son sacrifice , comme je vous lai fait voir ci-devant { appliquezvous soigneusement à connaître son éminence et ses prérogatives sans exemple. Il est tout à la fois l'af ôtre et le pontife , ou le grand-prêtre de la religion que nous professons. Il réunit dans sa personne l'office de Moïse , qui était lieutenant de Dieu ; et d'Aaron, qui était son grand-prêtre : mais il s'acquitte de ces deux functions d'une nianière bien plus parfaite et bien plus sublime. T6v ' A tt ôçoXov x«i Kpptpiof. rf.ç «/^oioyfaç ^jjLûVy apostolum et pontificem confesêionis noitrœ, C'cst-à-dirc, selon saint Thomas , celui que nous confessoits être notre apôtre et notre pontife. Mais il vaut mieux dire que le mot confessio se prend ici par métonymie pour la foi ou la religion ^ue nous professons : et c'est dans ce même sens que ce terme se prend en cette même *pitre , chap, 4 , verset 14 , c. 10 verset 23. 2 Ep. aux Cor. 9. 13. Notre foi est appelée ^nfeuhn; parce qu'anciennement on la confessait , on en faisait profession en recevant le baptême, comme on le fuit aujourd'hui encore, ou par soi-même, ou par autrui.
2* Qui fidells est ei , qui fecit il- 2. Lequel a été fidèle à celui qui l'a fait lum , sicut et Moyses in omni domo ce qu'il est, comme Moïse le lui fut aussi ^jus (1). dans toute sa maison.
f^quel a été fidèle à celui qui Va fait ce qu'il est. Jésus-Chrint en tant qu'homme , a été fidèle à Dieu son Père, qui Ta fait ce qu^il est, c'est-à-dire apôtre et pontife de la lot nouvelle. Il a été fidèle apôtre en ce qu'il a annoncé aux hommes toutes les vérités ~^\ il était chargé, comme Moïse l'avait prophétisé, Deut. 18, 18 ; et comme Jésus- Christ assure lui-même qu'il l'a exécuté, Joan. 15. 15. Omnia quœcutnque audivi d Paire '
*^^»ummatum est. — Comme Moïse le lui fut aussi dans toute sa maison. C'est le !^"|oignage que Dieu rend lui-même à Moïse, Num. 7, 12. At non ialis servus meus boites ^ qui m omni domo med fidelissimus fuit. Jésus-Christ a donc été fidèle à Dieu aaus l'Ëgiise^ comme Moïse lui avait été Hdèle dans la Synagogue. Ce mot comme, ''narque seulement la ressemblance qui se trouve entre la fidélité de Jésus-Christ et celle de Moïse.
^- Amplioris enim glori» iste prœ 3. Car en comparaison de Moïse , il a ^^y^^e dignus est habitus , quantô été jugé digne d'une gloire d'autant plus ADipIiorem bonorem habet domus , grande, que celui qui a bAti une maison 4^1 fabricavit illam. mérite un plus grand honneur que la mai-
son même.
U)^una. 12.7.
376 EPITRE DE S. VkVL AUX nÉSREUX.
Car en comparaison de Moïse , il a été jugé digne d'une gloire d'autant plut grande, etc. C'est comme s'il leur disait : Quoique j'aie avancé que Jésus-Christ, comme Moïse , avait été fidèle é celui qui l'avait établi apôtre et pontife , n'allez pas croire pour cela que je prétende supposer aucune éfjalité entre les deux. Car Jésusr.lirisl surpasse autant iUoïse , qu'un architecte est au-dessus d'une maison qu'il a bâtie. Il y a dans le texte latin de la Yujgate , quantô ampliorem honorem habel domûs, qui fabricavit illam. Domûs esi mis là au génitif au lieu de domo. Ces helléuisnjcs sont très-ordinaires à notre interprète, et se trouvent autorisés par les auteurs de la plus pure latinité.
4. Omnis namque domus fabrica- 4. En effet , il n'y a point de maison tur ab aliquo : qui autem omnia créa- qui ne soit bâtie par quelqu'un : et celui vit, Deus est. qui a créé toutes choses, c'est Dieu.
En effets il n'y a point de maison qui ne soit bâtie par quelqu'un. Saint Paul étend
jMrtie, est l'ouvrage de quelqu'un. Or, c'est Jésus-Christ, véritable Dieu, quia créé toutes choses, comme je l'ai montré ci-devant. La synagogue est donc l'ouvrage de ses mains , aussi bien que tout le reste : et par conséquent il est autant au-dpssus de Moïse, que l'architecte est au-dessus de la maison qu'il a bâtie, et le créateur audessus de la créature. L'impiété des ariens et des socinient est ici manifestement confondue. Car on ne peut douter que ces paroles, qui autem omnia creavii, Deus est, ne s'entendent du Dieu souverain ; et il n'est pas moins évidentquel'ajiôire les applique à Jésus-Christ : autrement il n'y aurait pas ooibre de preuve dans tout son raisonnement.
5. Et Moyses quidem fidelis erat Ô. Pour Moïse , c'est comme serviteur in toiâ domo ejus lanquàm famulus, qu'il lui fut fidèle dans toute sa maison , in testimonium eorum quœ dicenda afin d'annoncer ce qui lui était ordonné erant : de dire :
Pour Moïse f c'est coimne serviteur. Moïse était fidèle à Dieu, comme un serviteur l'est dans la maison de son maître, quoiqu'elle ne lui appartienne pas; sa fidé'ité consistait à rapporter au peuple exactement et sans riefi altérer, tout ce qu'il était chargé de la part de Dieu de lui annoncer, in testimonium eorum quœ dicenda erant : nu lieu que Jésus-Christ a été fidèle comme un fils, dans sa propre maison qu'il gou- Terne , et dont il est le maître, ainsi que saint Paul le dit au verset suivant.
6. Cbristus yerô tanquam filius in 6. Mais pour Jésus-Christ, c'est comme domo suâ i.quae domus sumus nos, fils qu'il est dans sa maison : et c'est nous si fiduciam et gloriam spei usque ad qui sommes cette maison , si nous conserfiuem, firmam retineamus. \ons jusqu'à la fin une ferme confiance ,
et 1 espérance qui fait notre gloire.
Et c'est nous qui sommes cette maison. Cette maison dont Jésus-Christ est l'architecte et le Maître, n'est autre que nous-mêmes. C'est nous tous qui composons l'Eglise chrétienne , laquelle est la maison de Dieu bâtie par Jésus-Christ. Il y a dans le grec, oïf otxôi 8<7,usv , cujus domus sumus, nous sommes sa maison : ce qui revient au ménK. — Si nous conservons jusqu'à la fin une ferme confiance ^ el l'espérance qui faU notre gloire. Saint Paul ne veut pas dire par là qu'il soit nécessaire de persévérer jusqu'à la fin pour être de l'Eglise : en sorte qu'il n'y ait que les seuls prédestinés qui la composent. Il veut seulement les exciter à la persévérance , en leur faisant entendre qu'il leur serait inutile d'avoir été membres de Jésus, s'ils ne persévéraient courageusement dans la foi qu'ils ont embrassée; et s'ils ne se soutenaient pas jusqu'à la fin au milieu des souffrances et des persécutions , par l'espérance certaine des biens éternels qu'ils attendent, et qui en doivent être la récompense. Cet endroit de saint Paul déttuit évidemment le dogme de l'inamisaibilité de la foi et de la justice, que les calvinistes soutiennent avec tant de chaleur.
7. Quapropter , sîcut dicit Spîritus 7. C'est pourquoi , comme dît le Sainlsanctus : Hodié si vocem ejus audie- Esprit : Si \ous entendez aujourd'hui sa ritis(l), voix,
(l)Ps. 94.8. -Inf. 4.7.