CHAPITRE IV
ce même chapitre verset 2. 2" Parce que ni dans cette épi(re, ni dans toutes les autres, ]'apôtre ne donne jamais au Fils de Dieu le nom de Verbe et de parole. S" Parce que tout ce qui est attribué à la parole de Dieu , est ailleurs attribué à la parole de Dieu écrite ou annoncée. Quoi qu'il en soit de ces raisons, il est certain que tout ce qui est dit ici ne peut convenir à la parole de Dieu écrite ou préchée, qu'en tant que Jésus- Christ en est l'auteur, et lui communique son efficace. Par là les deux explications peuvent se concilier ensemble. Saint Paul venait d'exhorter les Ilébreux d'entrer dans le repos qui leur était promis, et d'éviter l'incrédulité qui les en pouvait exclure. Il apporte ici la raison qui les doit faire espérer et craindre tout ensemble. C'est que la parole de Dieu . n'est-à-dire ses promesses aussi bien que ses menaces , ne sont pas oisives et sans effet, mais pleines de force et d'efficace. Le Dieu qui nous invite et qui nous menace, est un Dieu plein de vie et tout-puissant , qui saura bien, si nous lui sommes infidèles, tirer vengeance de nos désobéissances. Elle pénètre plut avant qu'aucun glaive à deux tranchantt, jx'kxct.iptx.SiçofjLCi signifie un glaive à deux bouches, c'pst-à'dire à deux tranchants. Car les Uébreux et les Grecs appellent le tranchant d'un glaive la bouche. De là vient l'expression si fréquente dans l'Ecriture , percussit eivitatem in ore gladii : ce que nous exprimons en disant, il fil passer la cille au fil de l'épée. Saint Paul se sert de cette comparaison, pour faire entendre aux Uébreux qn'il n'y a rien de si caché où la connaissance de Jésus-Christ ne pénètre , et où sa pnissance ne se fasse sentir, quand il veut se venger : et c'est encore à quoi tendent les autres métaphores qui suivent. — Elle va jusqu'à faire la dissection de l'âme et de l'esprit. La dissection qu'on fait d'un corps , en fait connaître les parties les plus cachées : de même Jésus-Christ par sa connaissance infinie, fait eu quelque sorte la dissection de l'âme et de l'esprit, et par ce moyen en découvre les replis les plus secrets et les plus cachés. Quoique notre âme soit une substance très-simple , on la distingue cependant en plusieurs parties, à raison de ses différentes fonctions. L'Ecriture rappelle âme, en tant qu'elle est le principe de la vie sensitive et des passions; et elle lui donne le nom d*esprit, en tant qu'elle pense et qu'elle suit la lumière de l'esprit de Dieu. C'est ce qu'elle appelle encore l'homme animal et l'horame spirituel. Jésus-Christ pénètre donc le fond de notre âme. Il va, dit V apôtre, jusqu'à faire la ditsection des jointures et des moelles; c'est-à-dire qu'il n'y a rien de si caché en nous qu'il ne découvre. Il démêle nos pensées et nos intentions beaucoup plus parfaitement (]ue nous ne les démêlons nous-mêmes.
13. Et non est ulla creatura invisi- 13. Et nulle chose créée n'est invisible bilis in conspectu ejus : omuia autem à ses yeux , mais tout y parait à découvert nuda et aperta sunt oculis ejus > ad et sans voile : et c'est cette parole dont qoetn nobis sermo (1). nous parlons.
Cest cette parole dont nous parlons, itpbç ov -n/jûiv o Xôyoç , ad quem nolis sermo, Bèie, quicum nohis est negolium. Calvin , cum quo nohis est ratio. Comme si l'apôtre disait : C'est à lui que nous avons affaire : ou comme l'explique saint Chrysostôme et les autres Grecs , c'est à lui que nous devons rendre compte de toutes nos actions et de toutes nos pensées. Mais il est plus simple de dire que npbç , ad , se prend ici pour irepi, de, comme au chapitre 1. verset 7. C'est là la parole dont je vous parle. Cest Jésus- ('hrist lui-même qui est l'auteur des promesses que je vous fais envisager, et des uiciiaces que je tâche de vous faire craindre.
14. Habentes ergô pontifîcem ma- 14. Ayant donc un grand pontife qui a gnum, qui penetravit cœlos, Jesum pénétré les cieui , Jésus le Fils de Dieu, FiliumDei, teneamus confessionem. attachons-nous à la foi que nous avons
professée.
Ayant donc un grand pontife qui a pénétré les deux. Saint Paul, après a\oir fait îoir aux Hébreux le malheur que leur attirerait leur incrédulité, ranime ici leur confiance, et les exhorte à demeurer ferme dans la foi qu'ils ont embrassée, en leur faisant regarder Jésus-Christ leur grand pontife, qui a pénétré lescieux et qui leur en a ouvert l'entrée : en quoi il est bien au-dessus d'Aaroo, et de tous les pontifes de l'ancienne alliance.
15. Non enim haberaus pontificem , 15. Car nous n'avons pas un pontife qui non possit compati infirinitatibus qui soit incapable de compatir à nos in-
(l)P8.33.16.-Eccli. 15. 20.
nostris; tcntatum autem per omDÎa firmités ; mais qui , au péché près, a été pro similitudiney absque peccato. mis à toutes sortes d'épreuves, pour nous»
être semblable.
Car nous n'avofif jiat un pontife qui goit incapable de compatir à nos infirmités. Les Hébreiii pouvaient dire qu'ils «ouhaitaient de demeurer constamment attachés a la foi de Jésus-Christ : mais qu'ils étaient exposés à des persécutions continuelles, qui les mettaient en danf(er de la perdre . et qui rendaient leur persévérance bien difficile. Saint Paul répond que cela ne doit pas les abattre. Car nous avons , dit-il , un Pontife qui ayant été mis aux mêmes épreuves que nous , sait compatir à nos misères et é nos afflictions. Nous n'avons donc, comme il ajoute au verset suivant, qu'à noui présenter avec confiance devant son trône, qui n'est pas maintenant un trône de justice et de sévérité, mais de grâce et de faveur; et nous sommes assurés qu'il ne nous refusera pas les secours nécessaires pour sortir victorieux de toutes nos épreuves. Le moi d'infirmité se prend ici pour les misères, les afflictions, les persécutions, les raluiuités. Car c'est là ce qu'il signifie ordinairement dans l'Ecriture, Pscd. 13, 4 Isa. 53, 3. et surtout dans saint Paul , 2. Cor. 11 , 30. 12 , 5 , 9 et ailleurs.
16. Adeamus ergo cum fiduciâ ad 16. Allons donc avec confiance au trône
thronum gratise , ut misericordiam de la grâce, afin d'obtenir miséricorde, el
ronsequamur, et graliam inveniamus de trouver grâce pour être secourus dans
in auiilio opportuno. nos besoit>s.