CHAPITRE TI. S9l
faisani jMlence. ÎJ pour ce qui est du mot impossille ^ ils croient qu'il ne signifie ici autre chose que irès-difjicile. C'e^t eo effet dans ce sen^ qu'il se prend en plusieurs endroits de l'EtTiture : voici donc le sens qu'ils donnent à ce passage. Il est très-difficile que ceux qui ont été une fois éclairés de Dieu , qui de plus ont pprouvé les consolations que Dieu fait sentir é ceux qui le servent , qui ont reçu les dims du Saint-£.«prit , qui ont goûté la douceur do la parole de Dieu, et des prom<>sses pour le siècle à venir qu'elle renferme : il est , dis-je , très-difficile qoe ceux-là, s'ils tombent dans leur ancienne perfidie, se relèvent en faisant une salutaire pénitence. Cette explication souffre de grandes difficultés. Car 1° quoique le mot impossible se prenne quelquefois pour difficile , il signifie cependant toujours dans cette épi tre ce qui est réellement impossible. Voyez outre ce cliap. ci, t. I8, le rhop. 1 1 . V. 6 . le chap. 20. v . 4. 2" En expliquant impossible par difjfîdle , il ne parait guère de liaison avec ce qui précède : et cependant le mot enim ne nous permet pas de douter qu'il n'y en ait une. La plupart des autres interprètes prennent le mot impos^ sihle dans toute sa rigueur ; et par la pénitence dont il est ici parlé , ils entendent celle qui précède le baptême Voici comme ils e:ipliquent tout cet endroit : 11 est impossible que ceux qui ont une fois reçu le baptême avec toutes les grâces qui y sont attachées , et qui viennent à tomber dans le péché , se renouvellent par le baptême en faisant la pénitence qui le précède ; c'est-à-dire en un mot , qu'après avoir reçu le bnpténie qui renouvelle entièrement ceux qui le reçoivent , et qui en fait de nouvelles créatures , si l'on vient à pécher, il est impossible de le réitérer, et de participer aux mêmes effets. En expliquant ainsi ce passage, on peut le lier avec ce ([ui précède en cette manière. Nous allons , si Dieu vent bien le permettre , entrer dans ce qu'il y a de plus parfait, tans nous arrêter à traiter delà Pénitence, de la Foi, des Baptêmes, et des autres premiers éléments qu^on enseigne à ceux qui doivent le recevoir. Il est d'autant moi:i8 nécessaire de vous faire de nouvelles instructions là-dessus, que ce remède ne peut plus TOUS être appliqué : car il est impossible ^ etc. Voici les principales raisons qui peuvent appuyer cette explication. I^* C'est ainsi que presque tous les anciens Pères ont entendu ce passade : parmi les Grecs, saint Athanase, saint Cyrille, saint Epiphane. Théodoret. saint Cbrysostôme, et tous ceux qui le suivent; parmi les latins , laint Anihroise , saint Augustin , et une infinité d'autres qui les ont suivis. 2" Quand nint Paul dit qu'il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés , soient renuu- Telés par la pénitence , il parle de la même pénitence dont il avait fait mention au verset premier, en disant qu'il nfe voulait pas derechef en poser le fondement. Or nous avons montré qu'il s'agissait là de la pénitence baptismale , ou qui précède le baptême. 3" Le mot t7^u mi na/os , fùiTiaBévrxÇf signifie la même cho»<e que baplizatos. Car au temps des apôtres le baptême s'appelait sacramentum illuminât ionis , comme nous l'apprenons par le témoignage des plus anciens Pères , et de saint Paul lui-même , qui en décrit ici les effets , et qui le désigne sous ce nom. Heb, 10. 32. Quand donc il dit , qn'i7 es! impossible que ceux qui ont été une fois éclairés , etc. Il fait asseï entendre qu'il parle du baptême, lequel ne peut passe réitérer. 4» C'est ce que l'apôtre exprime encore par le mot renouveler. Car , comme remarque saint Cbrysostôme , saint Paul ne oit pas qu'il est impossible que ceux qui ont été une fois baptisés, soient derechef purifiés de leurs péchés , mais impossible qu'ils soient renouvelés. Or le sacrement de pénitence est un sacrement de réconciliation , et non pas de renouvellement : au lieu que saint Paul appelle lui-même un sacrement de renouvellement. Tit. 3. 5. tMvacrwm regenerationis et renovationis spiritûs sancti. — Qui ont aussi goûté le don du ^d. Saint Cbrysostôme entend par là la rémission des péchés qu'on reçoit dans le lïaptême avec la tranquillité et la paix de conscience qui en est inséparable. D'autres entendent le Saint-E'sprit , qui est le don de Dieu par excellence , et qui est ainsi dé- •igné dans plusieurs endroits de l'Ecriture : mais ce qui suit immédiatement paraît exclure cette dernière explication. — Qui ont été faits participants de l'Esprit saint, Cela doit s'entendre de la grâce sanctifiante, qui e.«:t répandue dans le cœur des bapbsés \BT l'opération du Saint-Esprit, comme saint Paul le déclare ailleurs. Cela peut ■•6"ifier encore la grâce qui était attachée à l'imposition des mains , qu'on recevait après le baptême , et qui était ordinairement accompagnée des dons visibles du Saint- ''fprit , comme il est marqué. Jet. 8, 17. Tune imponebant manus super illos, et acci- Piebant spiritum sanctum,
5. Gustaverunt nihilominiïis bonum 5. Qui de plus ont goûté quelle est l'ex- Dei \erbura , virtutesque saevuli ven- cellence de la parole de Dieu , et quelle» ^^^i; sont les merveilles du siècle à venir ;
(>«t rfe pftt» ont goûté quelle est Vexeeïhnce et la parole de Dieu, xaXbv 02oO ^v;,««* honum Dei verlum. Cela ne doit pas s'entendre de la parole de Dieu en général, ttais de cette partie de la parole de Dieu qui renferme les pï-omesses de la vie éternelle, qu'on fait au nom de Jésus-Christ à ceux qui reçoivent le baptême. Car honum Dei verhum, ou termo Dei bonus, se prend toujours dans l'Ecriture pour la promesse que Dieu fait aux hummes de quelque chose avantageuse. 3» Beg, 14, 13. Invenlu» est super eo sermo tonus à Domino Deo Israël. Jérem. 29, 10. Suicitaho sUper tos verbum meum brinum; c'est-é-dire la promesse qu'il avait faite de faire cesser leur captivité Ibid. 33, 14. Zach. 1,13. Psal. 44. — Et quelles sont les merveilles du siècle à venir. Ce n'est ici qu'une explication de ce qui vient de précéder. Cette bonne parole . ou ces promesses qu'un faite ceux qui reçoivent le baptême, regardent les nterveilies du siècle à venir, c'est-à-dire les biens éternels dans l'autre vie. Saint Paul appelle ces biens les grandeun du siècle é venir. Swà/jLtii , parce que ces biens ineffables font connaître la grandem et la toute puissance de Dieu qui les distribue.
6. Et prolapsi sunt ; rursiis renovari 6. Et qui n'ont pas laissé de tomber , il ad pœnitcntiam , n'est pas possible» disje, que ces persoDoei
se renouvellent en faisant pénitence, Rursi'jm crucifigentes sibimetipsis Puisque tout de nouveau ils crucifient Filiura Dei , et ostcntui habentes. eu eux-mêmes le Fils de Dieu , et qu'ils
en font un objet de dérision.
Puisque tout de nouveau ils crucifient en eux-mêmes le Fils de Dieu , et qu'ils en font un objet de dérision. Les Pères tirent d'ici une nouvelle preuve en faveur de leur explication , que nor.s venons de rapporter. Car le baptême, disent-ils, est la ressemblanpe de la mort de Jésus-Christ, suivant ces paroles de saint Paul, Rom. 6, 4. ConsepuUi
enim sumus cum illo per haptismum in mortem Si enim complantali sumus simili-
tudini mortis ejus , etc. 11 est donc impossible de réitérer le baptême, comme il est impossible que Jésus-Christ meure une seconde fois. Vouloir être encore une fois baptisé, c'est comme supposer une seconde mort de Jésus-Christ, accompagnée de ses opprobres. Ceux qui pensent que saint Paul parle ici de la difficulté qu'après avoir apostasie on » de faire pénitence et de se convertir expliquent ainsi ce passage : il est très-difficile é ces sortes de gens de faiie une pénitence salutaire, à cause de l'outrage qu'ils ont fuit par leur apostasie à la mort du Fils de Dieu, qu'ils ont cioicifié encore autant qu'il était en eux. Et comment l'ont- ils crucifié? En quittant sa religion , ils l'ont traité comme un imposteur ; ils ont approuvé par leur conduite la mort à laquelle ses ennemis l'avaient condamné comme tel; et en l'approuvant, ils s'en sont rendus eux-mêmes coupable*.
7.Terra enim sspévenientem super 7. En effet, lorsqu'une terre pénétré»
se bibens imbrem, et generans herbam de la pluie qui tombe souvent dessus . pro-
opportunam illis à quibus colitur, du it des herbes à l'usage de ceux qui ta
accipit benedictioncm à Deo. cultivent , elle est bénie de Dieu.
Car lorsqu'une terre pénétrée de la pluie qui tombe souvent dessus , etc. Dans ce ▼erset, l'apôtre compare ceux qui sont fidèles à la grâce de leur baptême à une terre fertile, qui étant souvent arrosée de la pluie, et produisant quantité de bons fruits, est une terre de bénédiction; et dans le suivant , il compare ceux qui sont infidèles à cette grâce , à une terre stérile et ingrate , qui étant arrosée et cultivée, ne produit que des ronces et des chardons. Une pareille terre est prête à être maudite; le feu est la dernière ressource de ceux qui la cultivent. Saint Paul fait ici allusion à ce qui ee pratique dans les terrains stériles , où on laisse croître les ronces et les mauvaise! herbes , pour y mettre le feu ; afin que les cendres qui en restent ^ engraissent la terre , et lui donnent de la fécondité. 11 est difficile de lier ces deux versets avec ce qui précède , dans le sentiment de ceux qui soutiennent que saint Paul parle de la réitération du baptême : au lieu que cette liaison paraît naturelle dans l'opinion de ceux qui croient que saint Paul y parle de la pénitence. Car il prouve que ceux qui out reçu de Dieu beaucoup de grâces, et qui , nonobstant cela , sont tombés dans l'infrdélité , ne peuvent que difficilement se relever par la pénitence ; parce qu'ils sont semblables à une terre ingrate, qui après avoir été bien cultivée, ne produit que dei ronces et de mauvaises herbes, auxquelles ont est enfin obligé de mettre le feu.
8. Proferens autem spinas ac tribu- 8. Pour celle qui produit des épines el les, reproba est, et maledfcto proxima : des chardons » c'est une terre de rebut, et cujus consummatio in combustionem. prête à être maudite , dont le dernier sort
est d'être brûlée.
cBiinTRE VI. 393
9. Confidimus autem de vobis,di- 9. Cependant, mes bien-aimés, nous lectissimi, meliora , el viciniora sa- nous promettons de \ous quelque chose luti : lametsi ila loquimur. de meilleur , et qui va plus au salut , quoique nous parlions de la sorte.
Cependant , mes hien-aimés , nout nous promettons de vous quelque chose de meil-" leur f etc. Saint Paul après avoir inlimidé I«îs Hébreux , relève ici leur courage , comme s'il disait : Quoique je vous aie parlé de la sorte, vous ne devez cependant pas penser que je vous croie semblables à cette terre stérile , qui par sa stérilité opiniâtre , s'attire la malédiction du maître qui la cultive. Je pense plus avantageusement de vous , et je suis persuadé que vous répondre! par votre fidélité é toutes les grâces que Dieu vous a déjà faites , et que vous l'engagerez par là à vous en faire encore davantage. Si donc je vous ai parié de la sorte, ce n'a été que pour vous précautiouner contre un malheur que vous ne pouvez trop soigneusement éviter.
10. Non enim injustus Deus, ut 10. Car Dieu n'est pas injuste pour ouobliviscatur opcris vestri, et dilec- blier ce que vous a\ezfait, et la charité tionis quara ostendistis in nomine ip- dont vous avez donné des marques en vue fiius, qui ministrâstis Sanctis, et de son nom; vous qui avez assisté les niinistratis. Saints , et qui les assistez encore.
Car Dieu n'est pas injuste , four ouhlier ce que vous avez fait , etc. L'apôtre npp; rte ici la raison des sentiments avantageux qu'il avait conçus des Hébreux. Je sais, dit-il , tout ce que vous avez fait , toutes les œtivres de charité que vous avez pratiquées. Dieu ne peut manquer de récompenser tant de vertus, et de les couronner, si vous continuez jusqu'à la fin de correspondre à ses grâces. Car il est juste; et ayant promis de ne pas abandonner ceux qui lui sont fidèles, il sera fidèle lui-même é ses promesses ; il vous soutiendra , et achèvera dans vous ce qu'il y a si heureusement commencé. Voilà ce qui me fait juger que vous êtes cette terre de bénédiction dont je viens de parler, et non pas celte autre terre maudite et réprouvée de Dieu, l.e nouvel interprète français dit que ce raisonnement de l'apôtre est un raisonnement de pur prohc^lité. Cela est vrai , eu égard aux justes , qui peuvent ne pas correspondre aux grâces de Dieu : mais en prenant les choses du côté de Dieu même, c'est un raisonnement démonstratif, et pleinement convaincant. Car il est aussi certain que Dieu ne refusera pas tes secours nécessaires à ceux qui marchent dans les voies de la justice , qu'il est certain que Bieu est juste. C'est pourquoi David , Psal. 7,11. appelle ce secours uu secours de justice , juslum adjutorium meum à Domino. Saint Augustin conclut de là , qu'il y a cette différence entre le secours que Dieu donne au pécheur pour le convertir, et celui qu'il donne au juste pour le soutenir dans la justice; que celui-là est un secours de pure miséricorde , au lieu que celui-ci est un secours de justice. Itaque ihi misericors auxiliumest, quianullum hahet meritum peccator ^ qui adhuc justificari desiderata credens in eum quijustificai impium : kie autem juslum judidum est, quia jam jusio tribuitur. Ce n'est pas que Dieu doive proprement rien à l'homme : mais il se doit à lui-même l'accomplissement de ses promesses.
11. Cupimus autem unumqueroque 11. Or nous souhaitons que chacun de Testrûm eamdem ostentare sollicitu- vous fasse paraître la même ferveur ; afin dinem ad eipletionem spei usque in que l'espérance se perfectionne en vous finem , jusqu'au plus haut point ,
Afin que l'espérance se perfectionne en vous jusqu'au plus haut point. Le texte ad fxplelionem spei usque in fînem, pourrait avoir ce sens : afin que votre espérance ■'augmente de plus en plus , ju^qu'à ce qu'elle soit satisfaite par la possesion des biens éternels qu'elle envisage, Le grec ax,o< t^^ouç, peut signifier usque ad perfectionem ^ comme traduit Erasme; et c'est le sens qu'on a suivi dans la traduction. Mais on peut également traduire usque ad finem avec Pauteur de la Vulgate , et le rapporter à ce qui est dit au commencement du verset , de cette sorte : Nous souhaitons que vous fassiez paraître jusqu\i la fin la même ferveur, afin que, etc.
12. Ut non segnes efficiamini , ve- 12. Et que vous ne veniez pas à vous rîim imitatores eorum , qui fide et pa- relâcher; mais que vous imitiez ceux qui, tientiâ haereditabunt prumissioncs. par la foi et par la patience , acquerront
l'héritage promis. ♦
13. Âbrahae namque promittens 13* Car Dieu dans la promesse qu'il fît DcuSi quoniàm neminera babuil per à Abraham, n'ayant point de plus grand
soi BPITRÉ DE $. PAFL \VX HEBREtt.
quem juraret majorera, juravit per que lui par qui jurer, il jura par luisemetipsum , même,
N^ayani point de plus grand que lui par qui jurer. Jurer, c'est attester ce que noi.s disons, par i'auturité de quelqu'un qui soit au-dessus de nous, et plus croyable que nous. Or Dieu n'avait personne au-dessus de lui. Voulant donc conGrmerses promesses, il (l'a pu jurer que par lui-même, comme il est rapporté Gen» 22, 16.
14. Dicens : Nisi benedicens bene^- 14. Disant : Je répandrai sur ^oas dicamte) etmultiplicans multiplicabo toutes sortes de bénédictions, et je vous te (1). multiplierai en toutes manières.
Je répandrai sur tout toutes sortes de bénédictions, L'apotre a dit auparavant . que Dieu avait juré par lui-même; et il rapporte maintenant la matière de ce serment. Il y A dans le {;rec de l'Epître aux Hébreux^ et dans celui des LXX,^ J^'h'-f y qui selon ThéophyUicte signifie la même chose que ovtws , terè^ cerlè : ce qui n'empêche pas que notre interprète n'ait bien traduit par nisi» Et il n'est pas nécessaire pour le justifier, de supposer qu'il ait lu it jjltj « iiisi. Car nous avons montré sur le chapitrfS, que si, quand il était question d'assurer quelque chose par serment, avait dans l'Ecriture la même signification que non. Ainsi nisi par la même raison est une marque d'affirmation ; et nisi henedi'iens lenedicam , ne signifie autre chose que ceci : Soyei assuré que je répandrai sur vous toutes sortes de bénédictions. La répétition du même verbe, benedicens benedicam, marque une bénédiction abondante. Quand ce terme lénir se dit des hommes, il signifie souViaiter du bien à quelqu'un : mais quand il est dit de Dieu, il signifie toujours en faire. C'est donc comme si Dieu disait : Je vous comblerai de mes bienfaits ; je vous enrichirai de mes dons , etc. Il en est de même de tnulliplicans multiplicabo.
11$. Et sic longanimiter ferens , i8. Et ainsi Abraham par ^a longanisdeptus est reproniissionem. mité , a obtenu ce qui lui avait été promis.
Et ainsi Abraham par sa longanimité, a obtenu ce qui lui avait été promis. Après «voir atter»du lonjjtemps avec patience, enfin il jouit de l'effet de la promesse. Mail comment accorder cHa avec ce que Saint Paul dit plus bas Heb. 1 1 , 13. qu'Abraham et les antres patriarches sont morts sans voir l'accomplissement des promesses? Juar^a fidem defnncti sunt omnes isti , non acceptis repromissionibus , sed à longé cas aspicienfcs ri salulantes , et v. 39 Et hi omnes testimonio fidei probati non accejerunl repromifsionem. Pour concilier ces différents endroits, il faut remarquer qu'il y avait plusienr* choses renfermées dans ces promesses faites é Abraham. Dieu en lui promettant de le bénir, lui promettait de l'enrichir, et de te combler des biens de ce monde. Or Abraham a obtenu de son vivant l'effet de cette promesse, comme il est marqué, Gen. 24, 1 . Erat autem Abraham senex, dierumque mul orum : et Dominus in cunctis benedixerat ei. Tout de même , Dieu lui avait prorais un fils qui devait être la tige d'une nombreuse postérité; et il vit naître ce fils si longtemps attendu , avec plusienri autres qui sont marqués au 25 chapitre de la Genèse. Mais ces promesses, sous leur écorce, en renfermaient d'autres bien plus sublimes. Car ces biens terrestres n'étaient que la figure dos biens célestes, comme Isaac n'était que la figure de Jésus-Christ qui devait descendre d'Abraham , et qtti devait réunir toutes les nations de la terre dans le mêuie culte , et les introduire dans ta possession d'une bienheureuse immortalité. Or Abraham n'a pas vu l'accomplissement de ces promesses, qui ne devaient s'accomplir que louptemps après, comme le marque saint Paul au chapitre II de cette Epître. On peut dire encore qu'Abraham a vu l'ai'complissement de toutes ces promesses, non pas dei yeux du corps, mais des yeux de la foi, suivant ces paroles de Jésus-Christ Joan. 8, 56 , Abraham pater vester exultavit , etc.
16. Homines enim per majorera 16. En effet, les hommes jurent par fui jurant : et omnis controversiœ eo- quelqu'un qui est plus grand qu'eux : et rum finis, ad confirmationem est ju- le serment est ce qui termine leurs diffcramentum. rends , en autorisant ce qu'ils disent.
17. In quo abundnntius volens 17. Par la même raison , Dieu voulant Deus ostendcre pollicitationis bœre- montrer aux héritiers de la promesse,
(l) Gen. 23. 16.