CHAPITRE VI. S9I
dibus immobilitatcm consilii sui, in- combien son dessein était immuable, il tcrposait jusjurandum : y a fait intervenir son serment :
Par la même raison , Dieu voulant montrer aux héritiers de la promesse , etc. Comme les hoiiinies ont coutume d'employer le &ei'meu( pour autoriser davanluge ce qu'ils diseot; de même, quoique Dieu n'eût pas besoin de ce secours pour se fuue croire , il a bien \oulu par uu surcroît de bonté pour nous , et par pure cundesccndance pour notre faiblesse, nous couvaiiicre de la certitude de ses prome&ies eu les appuyant ds hon serment.
18. Ut per duas res immobiles, 18. Afin que par le moyen des deux quibus impossibileestmentiri Deum, choses immuables, dans lesquelles il est furlissimum sulatium babearaus, qui impossible que Dieu trompe, nous ayions confugimus ad tenendam propositara une consolation trcs-solide; n.us dont la spem : ressource est de nous aiiacber à l'espérance des biens qui nous sont proposés :
Afin que par le moyen des deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu trompe , etc. Il est impossible que Dieu trompe , soit qu'il ne fusse que proii.etlie, soit qu'il conlirme f>es promesses par un serment ; paice que ces deux ciioses, c'eat-à-dire sa promesse et son serment, sont également numuabtes. Mais Dieu s'est seru de fun et de l'autre , afin de nous donner par la une consolation plus solide , à uuits, qui sommes les béritiers des promesses, et qui n'avons point d'autre ressource au milieu df^s persécutions qui nous environnent, que de nous attacher à l'espérance des biens qui nous sont proposés.
19. Quam sicut anchoram haberaus 19. Laquelle est à notre égard comme animae tutam ac firmam , et inseden- une ancre sûre et ferme pour l'âme, et lem usque ad interiora velaminis, qui va jusqu'à l'intérieur au-delà du voile ,
Laquelle est à notre égard comme une ancre sûre, T^ous sommes dans cette vie comme au milieu d'une mer orageuse , et agitée de dififérentcs tempêtes. Pour éviter le nau» frage, nousavons besoin d'une ancre pour nous retenir ; et cette ancre n'est autre chose que l'espérance des biens que Dieu nous a promis, et qui doivent être la récompense de nos travaux. Cette ancre de notre espérance est sûre et ferme ^ parce qu'elle est appuyée sur la parole de Dieu même, qui ne peut tromper, et qu'elle et capable , si nous savons bien nous en servir, de nous faire éviter les écueils de cette vie, et de nous soutenir contre les plus violentes tempêtes. — Et qui va jusqu'à l'intérieur au^ delà du voile. Qui pénètre jusqu'à l'intérieur du sanctuaire, lequel était séparé du nstedu temple par un grand voile. Nous aurons dans la suite occasion d'expliquer ceci plus au long. Saint Paul continue ici la même métaphore. Afin qu'une ancre soit bien sûre, il ne faut pas qu'elle demeure sur la surface de l'eau, mais qu'elle enfonce dans la terre, et qu'elle s'y prenne assez avant, pour que les vents et les tempêtes ne toient pas capables de l'arracber. Tout de même, ce qui fait la fermeté et la sûreté de notre espérance, qui est l'ancre de notre âme , c'est qu'elle ne s'arrête pas à la a-.iiface des biens de ce monde, et qu'elle pénètre jusque dans le Ciel, dont le sanctuiiire était la fî^^ure.- Elle perce le voile de ce sanctuaire admirable, où Dieu même fuit le bonheur de ses élus; et noiis faisant eiivisager les bieas immenses qu'il prépare à ceux qui le servent, elle nous fait tout mépriser, et tout eatrepre:idre puur les acquérir.
20. Ubi pra^cursor pro nobis înlroi- 20. Oti Jésus est entré le premier pour vil Jésus, secundùm ordinem Melchi- nous, ayant été fait pontife pour toujours sedech pontifei lactus in xlernum. selon l'ordre de Melcbisédecb.
Oti Jésus est entré le premier pour nous. Le mot de prœcursor ne signifie pas ici le Qiiiiistère, mais la dignité de Jésus-Christ. Car il est notre précurseur; non pas comme Jean-Baptiste a été le sien , mais comnàe notre capitaine, qui marche à la tête de ses soldats, et qui entre le premier dans la place qu'il a conquise. Or voilà ce qui confirme merveilleusement notre espérance. Car non-seulement Dieu qsii ne peut tromper, uous a promis avec serment son céleste héritage ; mais Jésus-Christ y est en possession , et il y est entré pour nous; c'e^t-à-dire pour nous y préparer une place , comme il l'avait déclaré à ses disciples , Joan^ 14, 3. Vado parave tobisMcum. Il e&t entré comme précurseur, ce qui nous marque qne nous devons y entrer l^rès lui , et le suivre de bie.i près. — /Jyant éié fait pvnfifc pour toujoujs sdon l'ordre de Melchisédech . Voilà
SOG EPITRE DE S. PArL kV\ HLBREUX.
ce qui fortifie enoore infiniment notre espérance ; c'est que JéAiis-Christ qai ost entré le premier dans les oienx , y fait encore l'office de pontife, «n représentant é son përe tout ce qu'il a souffert pour nous, afin de nous obtenir toutes les grâces qu'il nous a méritées, et tous les secours qui nous sont nécessaires pour le suivre, et entrer en possession du même héritage. L'apôtre en fournissant ce dernier motif de notre espérance , entre insensiblement dans la dispute du sacerdoce de Jésus-Christ, qu'il avait promise à la fin du chapitre 5 , et au commencement de celui-ci , et qu'il avait interrompue pour prémunir les Hébreux de quelques avis qu'il jugeait nécessaires. C'est oe qui va faire la matière des chapitres suivants.