CHAPITRE VIL
le sacerdoce de Heichisédeeh étant beancoap pins excellent qne celui de lévi, en ce que le premier avait reçu d'Abraham le dixième de tout , et lui avait donné la bénédic ioo; ii sacerdoce de Jésus-Christ , qui a été comme nécessairement établi selon Tordre de Mchiscdech, et confirmé de Dieu avec serment , remporte de beaucoup sur celui de lé?i ^ et Tabolil avec la loi.
1. Hicenim Mekhisedet'h, rex Sa- 1. Car c'est ce Melchisédech y roi de
lein, sacerdos DeiSummi, qui obvia- Salem, prêtre du Dieu Très-Haut, qui
vitAbrahiB re^resso à cœdeiegum, lorsqu' Abraham venait de défaire les rois,
et bcnedixit ei (1) ; alla au devant de lui , et le bénit ;
Car c'est ce Mclchûédech , roi de Salem. Saint Paul ayant dit à la fin du chapUre précédent, que Jésus-Christ était pontife selon l'ordre de Sielchisédech , il fait ici le caractère de Uelchisédech même , afin de rap;>liquer à Jésus«(>hrist, et de relever par là son sacerdoce au-dessus de celui d'Aaron Nous ne nous arrêterons pas ici à conibaflre ceux qui ont cru que Melchisédcch était ou un ange , ou le Fiis de Dieu , ou le Saint- Esprit. 11 faut avoir du temps de reste , pour s'amuser à de longues dissertations sur des idées si bizarres. Ce que dit ici saint Paul que Melchisédcch était prêtre du Dieu •ou>eruin, prouve sulfisammeat que ce n'étaient pas un ange , ni beaucoup moins une des persormes de la suinte Trinité. Car tout pontife est pris d'entre les l«eroniC9, comme saint Paul Ta déclaié ci-devant , et par conséquent ce ministère ne peut convenir à un ange. Tout pontife est pris d'entre les hommes pour intercéder en faveur des hommes auprès de Dieu , et lui offrir des sacrifices pour CTipier leurs péchés. On ne peut donc attribuer le sacerdoce au Verbe divin , ni au Saint-Esprit , sans les dégradfr de la divinité. D'antres ont cru que Ittelchisédech était Sem , fils de Noé. Cette apioion , pour être moins absurde que les autres, n'en est pas plus soutenable. Car toute la généalogie de Sem est exactement rapportée dans la Genèse , et saint Paul témoigna que Idelcbisédech n'en a point. En voilà plus qu'il ne faut pour réfuter de pareils paradoxes. Ceux cependant qui seraient curieux de cette sorte d'érudition ^ pourront lire la dissertation que Schlegel a composée sur ce sujet. Tout ce c|ue nous savons de Slelchisédech , c'est ce que nous en apprend ici l'apôtre après Moïse : et premièrement qu'il était roi de Salem, Moïse en dit autant Gen, 14, 18. Saint Jérôme dans soa épître 126 à Evagrius , croit que Salem dont il est ici parlé , est une ville de Saniane, qui fut depuis appelée Sichem f et dont il est fait mention Gen. 33, 18, transivttq«9 (Jucob) in Salem urbem Sichimorum. Il ajoute même que de son temps , on y moutriiit ejicore le palais de Melchisédech, qui pur la grandeur de ses ruines faisait voir son ancienne magnificence. Mais en cela saint Jérôme a abandonné tous ceux qui l'avaient piécédé , et n'a presque été suivi de personne. Car Joseph et les autres anciens Hébreux, la paraphrase Chaldaîque, Egésippe , saint Irénée . Ensèbe , sain! Cyrille , Procope, sans parler des nouveaux interprètes, croient que Salem, où régnait Melchisédecl» , était Jérusalem , qui fut d'abord appelée Salem , et ensuite Jébus ; et par la réunion de ces deux noms , et le changement d'une seule lettre, Jérusalem, Jérusalem e»t « -•
(l/Ccn. 14. 13.