‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 229 sur 364 · CHAPITRE VII. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. S

appelée Salem . ptal. 75, 2. Factu» esi in pace, ( c'est-à-dire , m Salem, comme il y a (laus l'hébreu } locut ejus el habiiaiio ejus in Sion : où nous voyons que Salem et Sion se prennent évideninient pour la même ville. D'ailleurs , Tlilcriture , en appelant Salem ikSam&Tiewhem Sichimorum . fait assez entendre qu'il y en avait ailleurs une autre de oiême nom, comme quand elle dit, Bethléem Judœ , Cana Galilcœ, Enfin l'(x:riture, en faisant le dénouibrement des rois défaits par Josué, ne parle que du roi de Jérusalem : ce qui fait assez connaître que Salem de Samarie n'avait point de roi. Pour ce qui est du palais de Dielchisédech à Salem ou Sichem de Samarie, cela paraît une pure fable. Car il est marqué Jud, 9 , 45 , qu'Abimelech détruisit entièrement cette ville et sa tour , et y sema du sel. Gomment donc a-t-on pu reconnaître tant de siècles après la magnificence de ce prétendu palais? Melchisédech a donc été roi de Jérusalem , c'est-à-dire dans la même ville où Jésus-Christ, dont il était la figure, a depuis consommé son sacrifice. — Qui lorsqu* Abraham venait de défaire les rois , alla au-decant de luif el le bénit. Il ne s'agit pas ici d*une bénédiction ordinaire , mais d'une bénédiction solennelle et sacerdotale. Car les prêtres étaient établis , non-seulement pour offrir des sacrifices, mais encore pour bénir le peuple, comme il est marqué Num. 6, 23.

2. Cui et décimas omnium divisit 2. A qui Abraham de son côté donna Abraham : primùm quidam qui inter- le dixième de tout le butin : dont premièpretatur rei justitiae; deinde autem rement le nom signifie roi de justice» et cl rei Salem, quod est , rex pacis, qui de plus était lui-même roi de Salem ,

ce qui veut dire roi de paix ,

A qui Abraham de son côté donna le dix'ème de tout le butin. Il y a seulement dans la Genèse 14, 20. £< dedil et décimas ex omnibus : ce qui a donné lieu à quelques Juifs de soutenir que c'est Melchisédech qui donna la dîme é Abraham , et non pas .vbraham a Melchisédech. Ils auraient pu se convaincre de la fausseté de leur interprétation par la suite de l'histoire. Car immédiatement après , Moïse rapporte que le roi de Sodôme ayant offert à Abraham presque tout le butin qui lui appartenait , ce «aint patriarche protesta avec .serment qu'il ne prendrait pas la moindre chose : qudd dfîh suhlegminis usque ad corrigiam caligœ non accipiam ex omnibus quœ tua sunt ne àicas : Ego ditavi Abraham. Ce qui prouve qu'il en eût usé de même à l'égard de Melchisédech , si celui-ci lui avait offert quelque chose. Ainsi ce que Moïse ne dit pas fxfrcssément , il le fait assez entendre. Cajetan croit que cette dîme qu'Abraham donna à Melchisédech , n'est autre chose que des présents honoraires q\i'il lui fit : mais cela serait tout-à-fait inutile pour la fin que saint Paul se propose; et d'ailleurs , le mot de dîme ne se prend jamais dans l'Ecriture en ce sens-là. Il est certain par tonte la suite du raisotuiemenl de saint Paul , qu'il se prend ici dans son sens propre. — Dont premièrement le nom signifie roi de justice. Melchisédech est composé de deux "ints hébreux, melcch, (|ui veut dire rot, el sedec ^ qui signifie justice. Dieu ayant choisi Melchisédech pour être spécialement la figure de Jésus-Christ, ne pouvait lui donner un nom plus convenable, ni plus propre à marquer celui qui par excellence est «trot de justice y soit parce que son empire est très-équituble , psal. 44. 7,8., soit • parce qu'il est l'auteur de la justice par laquelle nous passons pour justes aux yeux de Dieu , et le sommes en effet , ayant été établi de Dieu notre justice , notre sainteté et noire rédemption. 1. Cor. 1 , '60 Saint Paul ajoute que Melchisédech était roi de oalem , ce qui veut dire roi de paix. Jésus-Christ est encore par excellence le roi de paix Ou le roi pacifique , ayant ôté le mur de séparation qui était entre les gentils et i^s Juifs, et ayant réuni ces deux peuples dans un même culte , après les avoir réconciliés avec Dieu , Eph. 2, 14, 15, 16.

3. Sine pâtre, sine matre, sine ge- 3. Sans père, sans mère, sans suite

nealogjà; neque initium dierum , ne- d'aocêtres; dont la vie n'a ni commence-

que nnem vit» habens; assimilatus ment ni fin; et lequel, par là devenu sem-

autem Filio Dei, manet sacerdos in blable au Fils de Dieu, a un sacerdoce

perpeluum. qui subsiste éternellement.

Sans père , sans mère , sans suite d'ancêtres. Ceux qui ont soutenu que Melchi- ^édech était un ange , ou le Fils de Dieu, ou le Saint-Esprit, se sont principalement fondés sur ce passage, ne croyant pas que cela put convenir à un pur homme. Mais «^acTwp ne signifie pas qui n'a point de père , ni ctfi-hxoip qui n'a point de mère , comme «ygvsaAôyvjTOs ne signifie pas qui n*a point d'anç^tres, mais celui dont les ancêtres ne sont marqués dans aucune généalogie. On doit donc expliquer les deux premiers mots par ce dernier , comme si saint Paul disait : Son père , ni sa mère, ni

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