‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 232 sur 364 · CHAPITRE TH. J(DI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TH. J(DI

Aussi celai de qui ces choses se disent , est d'une autre tribu , dont personne n'a approché de l'autel. Saint Paul prouve ici ce qu'il a\ait dit au verset 1 1, que Jésuti- Christ était prélre selon l'ordre de ililelchisédech , et non pas selon l'ordre d'Aaron fiU (leLévi. Car Jésus-Christ , dit-il, duquel se doivent entendre ces paroles de David , iu es sacerdos in œtemum secundûm ordinem Meîchisedech , Jésus-Christ , dis-je , que ces paroles regardent , n'est point de la tribu de Lévi » mais d'une autre tribu , de la- «pielle il n'y a jamais eu aucun prêtre. Il n'a donc pas pu être revêtu du sacerdoce Ié\i tique.

H. Manifçslum est enim quod ex 14. Puisqu'il est évident que Notrc-

Juda orius sit Dominus nosler : in Seigneur est sorti delà tribu de Juda,

quâ tribu nibil de sacerdolibus Moy- pour laquelle Moïse n'a point parlé d«

ses loculus est. prêtres.

Puisqu'il est évidevl que Noire-Seigneur est sorti de la tribu deJuda^ Cette preuve de I apôtre ne paraît pas d abord convaincante. Car on pourrait répondre que Jésus^ Christ était tout é-la-fois de la tribu de Lévi , et de la tribu de Juda^ et que par la il réunissait en sa personne les droits du sacerdoce lévitique et de la royauté. C'est ce qu'enseignent plusieurs Pères , et entre autres aaint Hilaire, Can. I. m Matt. Anibr. ♦• 3. in Luc, ]Nu7.ianB. Carnu, de Geneal Christi. Aug. /. 2, de Cons. Etang, e. 2. etc. wur principale preuve consiste en ce que sainte Elisabeth, qui était cousine de la sainte Vierge, était constamment de la tribu de Lévi, de filiabus Aaron , Luc. 1,5. mais, l« il n'est pas certain que ^otroSei{çneur ait appartenu en aucune sorte A la tribu de Lévi. Car sainte Elisabeth a pu être cousine de ta sainte Vierge par sa mère, qui étant soeur de sainte Anne et de la tribu de Juda , aura épousé un lévite. Car les «vîtes pouvaient choisir des femmes dans toutes les tribus , pourvu qu^elles n'emportassent pas d'héritages avec «Iles. Dans ce cas-là sainte Elisabeth sera cousine de la sainte Vierge, sans que Jésus-Christ tienne par aucun droit h la tribu de Lévi, Saint Ambroise et saint llikiirc ajoutent encore que Nathan, prophète de la tribu de Lévi, J«t DUS par saint Luc au nombre des ancêtres de Jésus-Christ. Mais celle preuve est beaucoup plire faible que la première. Car Nathan a pu être prophète sans être de la wibu de Lévi ^ et d'ailleurs , le Nathan dont parle saint Luc , n'est pas le prophète qui reprit David , comme ces Pères ont pensé , uiais un des enfants de David même qu'il «utde Bethsabée, 2. Reg. 5 . 14, el I. Parul.^, 5. 2- il paraît même plus probable que Jésus-Christ u'a aucune liaison a\cc la tribu de Lévi. Car c'est ce que semble ici «upposer saint Paul , eu disant que le sacerdoce a été transféré de la tribu de Lévi a ^lui qui était de la tribu de Juda , qui n'a jamais eu de part au sacerdoce lévitique. «*yuandon supposerait que quel(|ue8 ancêtres de Jésus-Christ auraient épousé des «emmes de la tribu de Lévi , la preuve de saint Paul demeurerait toujours invincible. ^ï"c était par le père, et non pas par la mère, qu'on était censé être de quelque nbu ; et pour avoir part au sacerdoce , il fallait nécessairement être fils d'un lévite, faison de cela , c'est que les femmes de la tribu de Lévi ne pouvaient pas prétendre u sacerdoce ; et par conséquent en passant dans une autre tribu , elles ne pouvaient y ransporter un droit dont elles ne jouissaient pas. Au reste, il était évident , comme le itici saint Paul , que Noire-Seigneur était sorti de la tribu de Juda : \o Par les registres publics qu'on conservait avec soin , et d'où saint Matthieu et saint Luc ont tiré généalogie. 2" Par les prophéties qui avaient clairement marqué que le Messie de- *>t descendre de Juda. 3" Par la persuasion générale où tout le monde était que sus-(;hrist descendait de David. De là vient qu^on l'appelait si souvent fils de Bvid , sans que ses plus mortels ennemis lui aient jamais contesté cette qualité.

*^« Et ampliùs adhuc manifcstura 15. Et cela est encore plus évident , s'il

^. ' si secundùm sirnilitudinem Mel- vient un autre prêtre sentiblable à MelcUi-

f^iisedech exurgat alius sacerdos , sédech ,

16. Qui non secundùm legeni man- 16. Qui ne soit point institué selon la

uati carnalis factus est, sed secun- loi d'une succession charnelle , mais selon

OoiQ virtutem vitœ insolubilis. la puissance qu'il a de vivre toujours.

*f ; •* *^ ■^' ^^^^ **' encore plus évident ^ s* il vient un autre prêtre semblable d *«e/cAw^(iec^ , qui ne soit point institué selon la loi d'une succession charnelle, mais mon la puissance qu'il a de vivre toujours. Il faut nécessairement joindre ces deux versets; parce que l'un ne se peut entendre sans l'autre. Cela, c'est-à-dire ce que j'ai ^nseigné de la translation du sacerdoce . est encore plus évident ; si l'on considère leta- "")aient du sacerdoce selon l'ordre de Meîchisedech , et l'établissement du sacerdoco

lévitique. Jésus-Christ , le nouTeau prêtre , n'a pas été établi par la loi d'une succession charnelle , comme les prêtres lévitiques, dont le sacerdoce était héréditaire, mais parce qu'il doit toujours vivre, et que personne ne lui doit jamais succéder.

17. Contestatur enim : quoniàrn tu 17. Car Dieu l'assure en ces termes : es sacerdcs iu œternura, secundCim vous êtes prêtre pour toute réleroité, seordiiiem Melchisedech (1). Ion l'ordre de Melchisédech.

Car Dieu l'assure en ces termes : Vous êtes prêtre pour toujours selon Vordre de Melchisédech. Ce passage de David prouve que le nouveau prêtre selon l'ordre de Melchisédech doit toujours vivre. Car s'il est prêtre pour toujours, il fu ut qu'il soit immortel ; et étant immortel, il n'est pas hesoin de lui donner un succsseur comme aux prêtres lévitiques. Nous avons déjà remarqué que quand Jésus-Christ est appelé prêtre selon l'ordre de Melchisédech , cela signifie qu'il est prêtre selon le rit , ou comme parle saint Paul v. 15. selon la ressemblance de Melchisédech, /«tx t/jv o/Jiottyrnta. , secundûm similitudinem. Mais en quoi consiste cette ressemblance? Ce n'est pas préciment en ce que Melchisédech , roi de Salem , signifie roi juste et pacifique , et qu il n'a ni commencement ni fin. Car tout cela prouve qu'il est la figure de Jésus-Christ, mais non pas que Jésus-Christ soit prêtre selon l'ordre, le rit ou la ressemblance de Melchisédech. Tous les Pères répondent que cette ressemblance consiste en ce que Melchisédech n'offrit pas en sacrifice des animaux, comme les prêtres lévitiques, mais du pain et du vin, comme Jésus-Christ offrit le jour de la Cène son corps et son sang sous les mêmes espèces. II s'en suit de là que Jésus-Chri&t offrit alors un véritable sacrifice : et comme il ordonna à ses apôtres et à leurs successeurs de faire la luême chose , il s'ensuit encore qu'il a perpétué ce sacrifice dans la nouvelle alliance. Or c'est ce que Calvin , Kcmnitius , et les autres hérétiques du dernier siècle ne peuvent souffrir. Ils prétendent que Melchisédech présenta du pain et du vin à Abraham comme ud rafraîchissement nécessaire , et que dans tout cela il n'y eut pas la moindre ombre de sacrifice. Mais si cela est, comment l'Ecriture ajoutc-t-elle aussitôt? Erat enim sacerdos Dei altissimi. Ce mot enim marque évidemment que cela se rapporte à ce qui précède, proferens panem et vinum. Et il ne sert de rien de répondre qu'il y a dans l'hébreu , et erat : car la conjonction «o«, et, se prend souvent chez les liébreux pour enim f comme dans ces endroits : Gen. 20, 3. En morieris propter mulierem quam tulisti : hahet enim mrum» H y a dans l'hébreux, et ipsa hahet virum. Isaie 64, 5. Ecce eratus es , et peccavimus , c'est-à-dire quia peccavimus. Nous ne nions pas que ce pain et ce vin n'aient servi à rafraîchir Abraham et son armée victorieuse; mais ce fut après que Melchisédech , prêtre du Dieu très-haut, les eût offerts en sacrifice, pour rendre grâces à Dieu de la victoire : ce qui se pratiquait non-seulement chez les Juifs, mais encore chez tous 1rs peuples de la terre. Voyez Bellarni. 1. \. de Missâj Ribera sur cet endroit de l'épître aux Hébreux, où Estius, qui selon la coutume, copie ici Ribera.

IS. Reprobatio quidem fit prœce- 18. Ainsi la loi qui a précédé a été dentis mandati, propter infirmitatem rejetce, parce qu'elle était faible et ioncjus et inutilitatem. tile.

A insi la loi qui a précédé a été rejetée , parce quelle était faible et inutile. Saint Pau I, après avoir dit que la loi de Moïse , qui a précédé celle de Jésus-Christ , a été rejetce avec son sacerdoce, en apporte maintenant la cause, eu disant que c'est parce quelle était faille et inutile. Ce n'est pas que cette loi que Dieu avait établie, fut absolument inutile : mais elle était trop faible pour conduire les hommes à la justice parfaite que Jésus-Christ de\ait établir. Profuit quidem lex, dit Théophylacte : verûm utperfeciot faceret, non profuit. C'est pourquoi saint Paul ajoute au verset suivant, que cette lui n'a rien porté au comble de la perfection, c'est-à-dire qu'elle n'y a porté personae. Or il n'est pas surprenant qu'une loi imparfaite cède la place à une autre plus parfaiie. On peut dire encore que saint Paul considère la loi selon l'idée des judaïsaus qui l'opposaient à Jésus-Christ, et qui la regardaient comme séparée de son esprit et de sa grâce. Or la loi prise dans ce sens , était également faible et inutile. Elle montrait le bien , mais elle ne donnait pas la force de le pratiquer; elle faisait connaître le péché, mail elle ne pouvait pas 1 expier, ni justifier ceux qui l'avaient commis. Car quoiqu'au temps de la loi on pût obtenir la rémission de ses péchés , et pratiquer lu justice, cela

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cependant ne venait pas du secours que fournissait la loi , mais de la grâce du libérateur qu'elle faisait envisager.

19. Nihil enim ad perfectum addu- 19. Car cette loi n'a rien porté au comlit lex: iiitroductio verô meiioris spei» blc de la perfection ; mais une espérance per quam proximamus ad Deum. plus avantageuse y a succédé, par iaqucli«

nous approchons de Dieu.

Jtfait une espérance plut avantageuse y a succédé , par laquelle nous approchons de Dieu. L'espérunce se prend souvent pour l'objet que nous espérons : mais ici elle se prend pour la cause qui nous fait espérer. C'est comnae si l'apôtre disait : A ia loi ancienne, qui à cause de sa faiblesse et de son inutilité ne pouvait nous conduire à la perfection , a succédé la loi de grâce et le sacerdoce de Jésus-Christ, où nous trouvons le juste fundeiuent d'une espérance bien plus avantageuse. Car sous cette loi, et par Ja vertu de ce sacerdoce , nous nous approchons de Dieu, eo aspirant à la parfaite justice , et à la gloire céleste qui doit en être la récompense.

20. Et quantum est non sine jureju- 20. Et autant qu'il est Trat que cela ne rando (aiii quidem sine jurejurando s'est point fait sans serment (pour les autres sacerdotes facti sunt ; ils ont été institués prêtres sans serment ;

JEt autant qu'il est trai que cela ne s'est point fait sans serment. Saint Paul prouve encore ici par un autre endroit Texcellence de la loi de Jésus-Christ et de son sacerdoce, au-dessus de la loi de Moïse, et du sacerdoce lévitiquc. Voici son raisonnement dans ce verset et dans les deux suivants. L'alliance dont Jésns-(Lhri8t est le garant, est d'autant plus excellente, que Dieu a fait intervenir le serment en l'établissant prêtre : ce qui ne s'est point fait dans l'établissement du sacerdoce tévitique. Dieu n'a point fait de serment en établissant le sacerdoce d'Aaron, le regardant comme une chose de moindre conséquence , et qui ne devait durer qu'un temps. Puis donc qu'il a employé le serinent en établissant Jésus-Christ prêtre, il faut que son sacerdoce soit bien plus eicellent que le sacerdoce lévitique.

21. Hic autemcum jurejurando per 21. Mais celui-ci l'a été avec serment par eum , qui dixit ad ilium : juravit Do- celui qui lui a dit : le Seigneur l'a juré, minus, et non pœnitebit eum : tu es et il ne s'en repentira point : vous êtes sacerdos in sternum (1) : ) prêtre pour toute l'éternité : )

22. In tantum meiioris testament! 22. Autant esl-ii vrai que Jésus est gasponsor factus est Jésus. rant d'une plus excellente alliance.

23. Et alii quidem plures facti sunt 23. De plus , pour les autres prêtres , il sacerdotes , idcircô quôd morte prohi- y en a eu plusieurs , par la raison que la berentur permanere : mort les empêchait de subsister toujours :

De plus , pour les autres prêtres , il y en a eu plusieurs , elc. Suint Paul dans ce verset et dans les deux suivants, explique plus au long ce qu'il n'avait fait qu'indiquer au verset 16. Il y a eu, dit-il, plusieurs prêtres dans l'ancienne loi, qui se succédaient les uns aux autres; parce que la mort, à laquelle ils étaient sujets, les empêchaient de demeurer toujours en possession du sacerdoce. C'est ainsi qu'Aaron a eu pour successeur Eléazar , à qui Phinéès a succédé , et ainsi des autres. Mais, ajoute-t-il verset 24. JésuS'Christ subsistant pour toujours , son sacerdoce est éternel. Les prétendus réformés infèrent de lé que les catholiques qui ont des prêtres , déshonorent le sacerdoce éternel de Jésus-Christ en lui donnant des successeurs : mais c'est en imposer trop grossièrement à l'Eglise catholique, qui n'a jamais pensé à donner des successeurs à Jésus-Christ. Les prêtres que l'Eglise consacre, ne succèdent pas A Jésus-Christ, mais •ont seulement ses ministres; et quand ils offrent le sacritice de la nouvelle alliani-e, c'est encore Jésus-Christ qui est le principal Sacrificateur , et qui s'offre lui-même par leur miuistére.

24. Hic autem eô quod maneat in 24. Mais celui-ci subsistant pour tousternum, sempiternum habet sacer- jours, son sacerdoce est éternel, dotium.

25. Unde et salvare in perpetuum 25. Et de là vient qu'il est toujours en potest accedentes per semetipsum ad état de sauver ceux qui par lui vont à Deum : semper vi^ensadinterpelIan- Dieu : étant toujours vivant pour interdum pro nobis. céder en notre faveur.

(IjPs. 109. 4.

El de Id vieM qu'U etl loujour* en étal de tauver ceux qui par lui roni à Dieu. Parce qu'il subsiste toujours, et qu'il et>i toujours revêtu du sacerdoce, il est auM toujours en état de sauver tous ceux qui avec la foi et les bonnes œuvres vietnieiit a Dieu par son canal : et cela d'autant plus, qu'il est toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Il intercède pour nous , dit saint Thomas, en tant qu'il représentée eoii Père son humanité sainte, et tous les mystères de sa vie mortelle, et en tant qu'il lui exprime le désir qu'il a de notre salut. On demande de plus si Jésus-Christ uiamtensnt dans le ciel offre encoie fKiur nous dps prières? L'abbé Rtipert, L 9 de Divinis Offi. e, 3, tient que non ; parce que cela ne convient pas à l'état où il se trouve couroniké de gloire et d'honneur. Il pénible que ce soit aussi le sentiment de saint Gréjjnire, I, 22 Moral, e. 18. Mais les autres Pères, comme Origène, saint Gré<>;oire de iVuiianu, saint Augustin, Théoduret, etc. sont d'un sentiment contraire. Saint Grégoire luimême pense comme eux dans son commentaire sur le cinquième psaume de la Pénitence, et cela avec bien de la raison. Car on ne peut douter que Jésus-Christ raaiuteliant dans le ciel ne soit encore notre pontife, notre médiateur et notre avocat, i. Tiinot» 2,5. 1. Joanj 2, 1. Or le devoir d'un Pontife et d'un médiateur est d'offrir des prières à Dieu pour ceux en faveur desquels il est revêtu de cette qualité. 2* Le mol grec ivruy/^ivsiv signifie s'adresser à quelqu'un , pour lui demander quelque chose, Bom. 8, 25. 11, 2. Act. 25, 24. Il s'ensuit delà que nous pourrions aLsolument prier Jésus-Christ d'intercéder pour nous, comme nous le prions de nous exaucer. Car pourquoi De pourrions-nous pas le prier de faire en notre faveur , ce que r£crituni nous marque qu'il veut bien faire toiiS les jours? Cependant l'£glise n'use pas de cette formule dans les prières qu'elle adresse a Jésus-Christ , priez pour nous; parce qu'étant Dieu ei homme tout ensemble, elle considère ce qu'il y a dans lui de plus eicelient. D'ailleurs, quand nous nous adressons à quelqu'un qui peut nous faire une grâce pur lui-méuie, ou la demander pour nous : il est plus naturel et plus respectueux que nous le pliions de nous l'accorder, plutôt que de la demander. Voyez Kibera dunt Estiusa fuit l'abrégé. Voici quelques difficultés que l'on peut faire contre le rais(iaiie« ment de l'apôtre. I*> Jésus-Christ est mort aussi bien que les pontifes de rancieace alliance. 2* il est dit de .léréniie et d'OnihS tous deux prêtres lévitiques, qu'après leur mort, ils offraient à Dieu beaucoup de prières pour le peuple, et pour la sainte cité, 3. Maeh. l5, 12, 13 et 14. Mais Jésus-Christ en mourant à fait la fonction de son sacerdoce; et il est presque aussitôt ressuscité, sans quitter le sacerdoce, et sans cesser d'en faire les fonctions. Ce qu'on ne peut pas dire des prêtres lévitiques. Car ce n'e»t pas en qualité de prêtres que Jéréuiie et On ias, après leur mort, priaient pour le peuple, mais comme particuliers et amis de Dieu : ce que tout autre saint qui n'aurait jamais été prêtre, aurait pu faire de ta même manière.

26. Talis enim decebat ut nobis 26. Car il était convenable que nous esset pontifex, sancius» innocens, im- eussions un pontife tel que celui-ci, qui pollutus, segregaïus à peccatoribus , est saint, innocent, sans aucune tache i et excelsior cœlis factus ; éloigné de tout commerce avec les pécheurs, et placé au-dessus des cieux;

Eloigné de tout commerce avec les pécheurs. Ce n'est pas que Jésus-Chrisl oe fréquentât les pécheiMs : il déclare lui-même que ce n'était pas les justes, mais les pécheurs qu'il était venu chercher : Luc. 5 , 32. Les publicains et les pécheurs venaient le trouver : Matt. 19, 10. Il allait lui-même les trouver, et mangeait à leur table: ihid. V, 1 1. Ce commerce était si fréquent, que les pharisiens , grands partisans de la morale sé\ère l'appelaient l'ami des publicains et des pécheurs : Matt. Il, 19, et se plaignaient qu'il les recevait avec trop de facilité : Luc. 15 , 2. Quand donc saint Paul dit qu'il était éloigné de tout commerce avec les pécheurs , cela doit s'entendre du coiomerceet de la société de mœurs. 11 les visitait, comme un médecin visite les malades, Matt. 9, 12. sans participer à leur contagion. 11 était aussi éloigné de leurs dérèglements el de leurs vices, qu'il avait d'empressement de converser avec eux pour les eq l'étirer.

27. Qui non habet necessitatem quo- 27. Qui n'a pas besoin chaque jour, iidiè quemadmodum sacerdotes, prius comme les pontifes , d'offrir des victimes, pro sais delictis hostias offerre, deindè premièrement pour ses péchés , puis pour pro populi (1) ; coui du peuple ;

(l)Lev. 16.6.

CHAHTBE Vltl. 405

Hoc eniiîi fecit semel , seipsum Aussi ne ra*l-il fait qu'une fois , lorsoffereudo. qu'il s'est offert lui-même.

Qui n'a poi besoin chaque jour, etc. Yoioi encore deux prérogatives du sacerdoce de Jpsus-Christ par-dessiis le sacerdoce Lévitique. 1° Ceux-ci étant faibles et sujets au péché connue les autres, étaient obligés d'offrir des sacrifices pour leurs propres péchés, aussi bien que pour ceux du peuple : au lieu que Jésus-Christ étant infiniinent éloigné de tout péché, n'a pas besoin d'offrir de sacrifice pour lui-même. 2» Les préires lévitiques étaient obligés d'offrir chaque jour des sacrifices : ce qui montrait leur fai* blesse et leur insuffisance; au lieu que Jésus-Christ n'a offert le sien qu'une fois^ lorS" qu'il t'est offert lui-même sur la croix ; et ce seul sacrifice a été suffisant pour expier les péchés de tout le monde, sans qu'il soit nécessaire de le réitérer une seconde fois. U ne s'ensuit pas de là que la messe soit une impiété et un blasphème derantéchrist, comme Bèze nous l'objecte. Car par ce sacrifice, nous ne réitérons pas le sacrifice sanglant de la croix, dont nous confessions que le prix est infini > et plus que suffisant pour sau\er tout le monde, ^ous enseignons après . le concile de Trente sess 22. ch. 1, c}ne ce sacrifice n'est institué, f\Wafin de représenter celui qui a été une fois acconifjli •n la croix , d'en faire durer la mémoire jusqu'à la fin des siècles ^ et de nous en appli' quer la vertu salutaire pour la rémission des péchés que nous commettons tous les jour f. Ainsi, loin de croire qu'il manque quelque chose au sacrifice de la croix, l'Eglise au contraire le croit si parfait et si pleinement suffisant, que tout ce qui se fait ensuite ^ n'est plus établi que pour en célébrer la mémoire, et pour en appliquer la vertu. Voyez Bellarm. /. \. de Misse, c. 25.

28. Lex enim homines constituit 28. Car ceux que la loi fait pontifes sout

sacerdotes infirmitatem habentes : des hon.mes sujets aui infirmités : mais

Bermo autem jurisjurandi , qui post le serment postérieur à la loi fait pontife

legeroest, Filium in aeternum per- le Fils , qui est pour toujours dans un état

fectum. de perfection.

Car ceux que la loi fait pontifes t sont des hommes sujets aux infirmités. Saint Paul prouve ce qu'il a dit au -verset précédent , que les pontifes de l'ancienne loi étaient obligés d'offrir des sacrifices pour leurs propres péchés. C'est comme s'il disait : Cela De peut être autrement : car quelque soiu que prenne la loi pour faire choisir des pontifes parfaits et irréprochables , elle ne peut point en établir qui soient sans péché, parce qu'il n'y en a point de tels. — Mais le serment postérieur à la loi fait pontife le Fils qui est pour toujours dans un état de perfection. Ce serment est celui dont il est parlé au psaume 109 , 4- Et sur lequel l'apôtre a déjà tant appuyé. Par ce serment , ce n'est pas un pur homme faible comme les autres qui est établi prêtre, mais le Fils do Dieu même, qui n'a point connu le péché Ce serment étant poslérieu/r à la loi, prouve que les prêtres de la loi devaient être rejetés, et céder la place au nouveau prêtre , qui est pour toujours dans un état de perfection , et par sa sainteté consommée, et par la gloire immortelle dont il est couronné.

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