CHAPITRE VIll
le sacerdoce de J&ns-Chrisl est plus excellent que celui de lévi ; parce que Jésus-Christ est assis à la droite de sou Père daus les cieui , et que les sacremeuls , dout il a été \% ministre, son! plus parfaits que ceui des prêtres de rancieune loi. Tapôtre fait aussi voir la nécessité de la nouvelle alliance , en ce que la première était imparfaite , cl en ce que Dieu en avait promis une antre par le prophète Jérémie.
1. Capituium autem super ea quae 1. Or, voici l'abrégé de ce que nous
dicuntur : talem habemus pontificem, disons : nous avons un pontife qui est assis
qui consedii in dexierâ sedis magni- dans les cieux à la droite du trône de la
tudinis io cœlis , majesté »
406 EPITIIB DE S* PAtL SXX BÉsnBlX.
Or voici Va^régé de ce que nous disom xeoiXatov âk inl T0Ï5 X^yo^aé-joti : ce que l'ancien interprète; a rendu à ia lettre, capituïum aulem super ea quœ dicunlur. Bèze trouve cette traduction tout-à-fait impertinente , prorsûs ineplè. filais commeul n'a-iil pas vu que sa censure tombait autant sur le grec que sur la i^ersion de la Vulgate? Car selon le génie naturel du grec, il aurait fallu dire, xsipâAaeov ^è Tâv Asyo/xévuv , comme Bèze a dit en latin , cœterûm eorum qitœ dicimus hœc summa est. Il faut donc reconnaître ici un hébraîsme , tant dans le grec que dans le latin Car les Hébreui expriment quelquefois le régime du génitif par bêt , in , ou par al , super. — Nous avons un pontife qui est assis dans les deux à la droite du trône de la majesté. Voilà sommairement à quoi saint Paul réduit tout ce qu'il a dit plus au long jusqu'ici sur l'excellence du sacerdoce de Jésus-Christ; c'est que nous avons un pontife d'une di|çnité si sublime . qu'il est assis dans les cieux à la droite de sou Père. Car cela seul en effet le met au-dessus, non-seulement de tous les Prêtres de l'ordre lévitiqne, mais encore au-dessus des anges méuies, comme il a été dit au premier rhupitre.
2. Sanctorumminister, et taberna- 2. Comme ministre du sanctuaire, et culi veri , quod fixit Dominus, et non du véritable tabernacle que le Seigneur a homo. dressé, et non pas l'homme.
3. Omnis enim ponllfex ad offe- 3. Car tout pontife est établi pour ofrendum mqnera, et hostias consti- frir des dons et des victimes. De là vient tuitur : unde necesse est et hune ha- qu'il est nécessaire que celui-ci pareiilebere aliquid , quod offerat. ment ait quelque chose à offrir.
2 et 3. Comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle que le Seigneur a dressé f et non pas l'homme râv iyl(av AetTOupyôg , sandorum minister. OCcumenius a cru que le mot «.yica-j était ici au masculin, et que cela signifiait que Jésus-Christ était le ministre des hommes i^anctifiés par la vertu deson sacrifice. Mais la suite du discours fait voir qu'il est ici au neutre pluriel, pour signifier les deux sanctuaires, dont le premier s'appelait sancla^ et le second sancla sanclorum. C'est ce qui parait par le mot de tabernacle , qui renfermait l'un et l'autre, et que saint Paul ajoute pourexpliquer davantage sa pensée. Le tabernacle de l'ancienne Ini était la figure du ciel , que l'apôtre appelle pour cela le véritable tabernacle ^ en le distinguant de l'autre, qui n'était que le tabernacle figuratif : de la métue manière qu'un homme vivaot est appelé un hontme véritable . par opposition à un homme en peinture. C'est oiasique Jésus-Christ appelle l'Eucharistie le vrai pain, panem verum. Joan, 6, 32, par opposition a la manne, qui n'en était qu'un symbole. Saint Paul nous enseigne donc ici que Jésus-Christ est non-t(eulement dans le ciel , mais encore qu'il y est en qualité de pootife; et (|ue le ciel est le véritable sanctuaiie, où il continue de faire les fonctiousds «ou sacerdoce , en représentant sans cesse a son Père l'oblation qu'il a faite de sou oot|4 pour nous sur la croix , et les glorieuses cicatrices qui lui sont restées de ses plaies. Le tabernacle figuratif était l'ouvrage des hommes, et par ià même ne pouvait pasdurpr toujours : mais le tabernacle véritable est l'ouvrage de Dieu seul, qui l'a ai bieti dressé, que rien ne sera jamais capable de le renver&er ou de le détruire.
4. Si ergo esset super terram, nec 4. Et môme il ne serait pas prêtre, s'il essel sacerdos : cùm essent qui offer- demeurait sur la terre : si en trouvant rent secundiim legem munera , d'autres pour faire des offrandes selon
la loi ;
El même il ne serait pas prêtre^ s'il demeurait sur la terre. Les Juifs trompés pr.r les prophéties de David, d'isaïe et d'EKéchiel qu'ils entendaient mal, étaient persuadéi que le Messie demeurerait toujours sur la terre, et qu'il offrirait dans le temple d(*9 victimes comme les autres prêtres de la loi. C'est ce qui parait par la réponse qu'iii fiien^t à Jésus-Christ, lorsqu'il leur eut déclaré qu'il fallait qu'il ntourût éle\ésur la croix, Joan. 12, 34, Nos audirimus ex lege^ quia Christus manet inœternum: etquo' modà tu dicis ^ oporlel exaltari Filium hominis ? Us étaient donc bien éliûgnés decroire que le Messie dût offrir son sacrilice en mourant sur la croix , et monter ensuite au ciel pour l'y continuer à jamais. C'est cet»e idée des Hébreux que l'apôtre combat ici, comme s'il disait : Si Jésus-(^hrisl, le véritable Messie, devait toujours demeurer sur la terre, et qu'il ne dût faire les fonctions de son sacerdoce qu'étant en vie sur la terre ; s'il était semblable aux prêtres de lu loi, q»ii n'offrent en effet des sacrifice», que tandis qu'ils vivent en ce monde; si tout cela, dis-je, était comme vous le pense», Jésus-t^hrist ne serait pas même prétie , bie«i loin d'être pontife. Mais pourquoi ne
CDAPITRE VIII. 4Q7
serait-il pas pi être?!. 'apôtre en appni te aussitôt iu raison : c'est qu il s'en trouvait d'autiet pour faire des offrandes ielon la loi. La ioi a\ait établi des piètres pour offrir toutes Mutes de ^acrilices, et ces prêtres , selon la ioi, devaient nécessairement être de la tribu de Lévi ; au Heu que Jésns-Clirist était de la tribu de Juda, qui ne pouvait pré' tpndrc au sacerdoce, comme il a été prouvé ci-devant. Donc si Jésus-Christ fût demeuré fin r la terre sans mourir, il n'eût pas même été prêtre, ne pouvant offrir aucune vietinie, que les prêtres de la tribu de Lévi ne fussent en possession d'offrir à l'exclusion de fout autre (|ui n'était pas de la même tribu. On voit par l'eipHoation naturelle que nous venons de donner de ce passage, que rien n'est plus frivole que la preuve que Purée et les autres calvinistes en tirent pour combattre la présence réelle de Jésus- Christ dans l'Eucharistie, et la vérité du sacrifice de la Messe. Cur voici comment ils ruisonneiit : Si Jésus-Christ était sur la terre, il ne serait pas prêtre. Or ou ne peut pua douter qu'il ne soit prêtre. Il n'est donc pas sur la terre. Ûalheureusemeikt crtte belle manière déraisonner prouverait que Jésus-Christ n'a pas été prêtre non plus , lorsqu'il s'est immolé sur la croix : car alors il était aussi bien sur la terre, qu'il y est maintenant lorsqu'on l'offre , et qu'il s'offre sur l'autel. Ainsi on anéantirait uon-seulcnient le tacrifice de la Messe , mais encore celui de la croix.
â. Qui eiemplari et umbrœ deser- 5. Le ministère desquels regarde ce qui
viuut cœlcslium. Sicut responsum est est comine l'ébauche et l'ombre des choses
Muysi, cùm consummaret tabernacu- célestes : suivant ce qui fut dit d'en haut
lum : vide (inquit) omnia facito se- à Moïse , lorsqu'il pensait à la construc-
cundùmeicmplarquôd tibi ostensum tiou du tabernacle. Regardez bien, dit
est in monte (1). Dieu : faites tout selon le modèle qui
vous a été montré sur la montagne.
I^ ministère desquels regarde ce qui est comme Vébauche et Vomhre des choses célestes. Les Hébreux auraient pu dire que quoique Jésus-Christ soit pontife dans le Ciel , cela ne doit pas empêcher les prêtres de la loi de continuer d'offrir des victimes sur la terre. Saint Paul prévient cette objection , en déclarant que cela ne peut être , pur la raison que tout le ministère du sacerdoce lé\itique n'était que l'ombre et la fîgure du sacerdoce tout céleste que Jésus-Christ devait a jamais exercer, et par luimême dans le ciel , et par le ministère de ses prêtres dans toutes les parties de l'Eglise militante. Ainsi dès que la vérité s'est manifestée , il faut que les ombres et les figures disparaissent. — Suivant ce qui fut dit à Moïse ^ lorsqu'il pensait d la construction du tahemtscle. Les paroles que Dieu dit à Moïse, et que saint Paul répète ici, ne contiennent à la lettre que l'ordre que Dieu donna au législateur de son peuple, de faire le tabernacle suivant le modèle qu'il lui en avait montré sur le mont Sina'i; et elles ne niarquent pas que ce tabernacle dût être comme saint Paul veut le prouver, la figure des choses réle^tes. 11 faut donc dire que l'apôtre suppose que Dieu en mettant devant les yeux de Moïse le modèle du tabernacle matériel qu'il devait construire, lui fit eu même temps connaître que ce premier tnbernai-le n'étant que la figure d'un autre tout spirituel et tout céleste, pour t'n être une vraie et parfaite fîg»ire , il lui fallait néeessaiiement, et dans la dernière exuctitude , toutes les dimensions et tous les accomp::;pienteiits qu'on lui en avait tracés sur la montagne; qu'ainsi il représenterait tout ce qu'il devait représenter. Au re«ite, saint Paul a\ait d'autant plus de droit de supposer cette connaissance donnée â Moî^^e , que les lléltreux eux-mêmes n'ignoraient pas le sens mystique caché dans les paroles de l'Exode, comme il porait dans Philon rapporté parGrotlus , et dans les autres Juifs que cite Buxturf , de Arca^ c. 6.
6. Nunc autem melius sorlitus est, 6. Mais maintenant Jésus a «té élevé à ministerium , quanto et melioris tes- un minislèie d'autant plus excellent , qu'il tamenti medialor est , quod in melio- est médiateur d'une plus eicellcnte alribus repromissionibus sancitum est. liance , qui est fondée sur la promesse des
choses plus excellentes.
Mais maintenant Jésus a été élevé d un ministère d'autant plus excellent. Ceci doit se rapporter en verset quatrième , où suint Paul a dit que Jésus-Christ ne serait pas piètre , s'il demeurait sur la terre. Or il est prêtre , coutinue-t-il ici , et le sacerdoce dont il est revêtu , est d'autant plus excellent , qu'est plus excellente la nouvelle alliance dont il est le médiateur. Excellence qui lui vient de ce qu'elle promet , et
{l)Exod. 25.40.-Act.7.44.
408 EPITRE DE S. PAUL AUX HEBRErX.
qu'elle assure des biens infiniment plus précieux et plus désirables. Car l'ancienne alliance ne promettait que des biens temporels : au lieu que la nouvelle en pronipt de spirituels et do célestes. Ce n'est pas que la promesse de ceux-ci ne fût cachée sous la promesse de ceux-là : mais l'ancienne alliance ne pouvait pas les procurer par ellemême. Tout bien spirituel lui venait de la grâce , qui ne se dispensait d'avance qu'en vertu des mérites du nouveau et futur médiateur.
7. Nam si illud prius culpâ vacâs- 7. Car si la première n'eût pas été imset; non ulique secundi locus inqui- parfaite, il est clair qu'on n'eût poin^ reretur. cherché à y eo substituer une autre.
Car si la première n*eût pat été imparfaite '/iv afisfiroç culpd vacdsset , on trr«pr«hensihilis fuisset. L'ancienne alliance n'était ni imparfaite ni défectueuse positivement, comme le prétendaient les manichéens contrôla doctrine évidente de l'apotre, Rom. 7. 12. Lui supposer des défauts positifs, ce serait blasphémer contre Dieu même, qnionfut l'auteur : mais l'alliance ancienne était imparfaite par comparaison avec la nouvelle alliance ; parce qu'elle était dépourvue d'une infinité de grands avantages réservés à celle-ci , et dont l'apôtre va parler tout à l'heure en rapportant le passage de Jérémie.
8. Yituperans enim eos dicit : ecce 8. Aussi Dieu dit-il en leur faisant des dies venient, dicit Dorninus, et con- reproches: voilà le temps qui vient, dit summabo super domum Israël , et le Seigneur , où je contracterai une nousuper domum Juda , testamentum no- velle alliance avec la maison d'Israël et de Tum (1) : Juda :
Aussi Dieu dil-il en leur faisant des reproches. Ce leur se rapporte aux Juifs , c'està-dire aux prêtres et ai; peuple , qui avaient violé Talliance que Dieu avait faite avec leurs pères , comme Jérémie même le dit au verset suivant. Cajetan ne fait pas tomber le reproche sur les Juifs , mais sur l'ancienne alliance , en traduisant , viluper ans' enim , dicit eis , au lieu de viluperans enim eos , dicit , comme a traduit l'auteur de la Vulgate. Cela parait nécessaire à Cajetan pour la suite du rai.^^onnement de l'apôtre, qui ayant a prouver que l'ancienne alliance était imparfaite, le prouverait très-mal en faisant tomber les reproches de Dieu sur les Juifs , qui ne l'ont pas gardée. Mais saint Paul n'entreprend point ici de prouver que l'ancienne alliance était défectueuse et insuffisante. 11 l'a assez fait nu verset qui précède, eu disant que Dieu avait résolu delà changer, et d'en mettre une autre a sa place. Ce qu'il ajoute ici avec Jérémie, c'e$t (|ue Dieu promettant aux Juifs la nou\eile alliance , ne put s'empêcher de leur reprocher les perfidies avec lesquelles tant de fois ils avaient violé la première. Saint PanI a doîic raison de dire que c'est en leur faisant des reproches , que Dieu leur a prorois la seconde. — Voilà le temps qui vient , dit le Seigneur , où je contracterai une nouvelle alliance avec la maison d'Israël et de Juda. Quelques-uns croient qu'il s'agit à la lettre dans ce passage de Jérémie, de la félicité que Dieu promet à son peuple après son retour de la captivité de Babylone. Mais il ne fit pas alors une nouvelle ailianceavec «on peuple : il ne fit que confirmer la première, bien différente de celle dont est ici la promesse. Dieu s'engage à la faire , cette nouvelle alliance , avec la maison d'Ismëlet de Juda : par où l'on peut entendre les deux tribus qui composaient le royaume de Juda , et les dix autres , qui révoltées sous Roboam , composèrent celui d'Israël. C'est à tout ce peuple en effet que la promesse de la nouvelle alliance avait été faite immédiatement et directement. Aussi y entra-t-il le premier. Les premiers disciples de Jésus- Christ avaient été tirés de ce peuple. Jésus-Christ même ne prêcha point l'Evangile a d'autres , et les apôtres ne l'annoncèrent aux gentils , que quand le gros do la nation juive eut refusé de le recevoir. Act. 13, 46.
9. Non secundùm testamentum 9- Non pas semblable à l'alliance que quod feci patribus corum , in die quâ je fis avec leurs pères au jour que je les apprehendi manum eorum ut educe- pris comme par la main pour les tirer de rem illos de terra JËgypti : quoniàm l'Egypte : car ils n'ont pas persisté dans ipsi non permanserunt in testamento mon alliance ; et moi je n'ai eu nul égard meo; et ego neglexi eos, dicit Do- à eux, dit le Seigneur.
minus.
^on pas semblable à l'alliance que je fis avec leurs pères au jour que je les pris eomms par la main pour les retirer de l'Egypte. La nouvelle alliance que j'ai résolu de faire,
(l) Jcrem. 31. 31.
cuAriTRE Vin. 409
ne sera pas semblable à la première : ce qui ne ref;ar<le pas seulement le difTéreut évèiienient, comme pense Grntius . mais la nature même de ces deux alliances, comme la suite le rlémoniie. Cette nouvelle alliance sera beaucoup pi uk excelienle que celle que j'ai faite avec vos pères au jour que je les relirai de l'Egypte : cVst-à-dire au tempii que la loi leur fut donnée sur le mont Sinaï , après la sortie de l'Ei^ypte. Dieu marque ici précisément quelle est Talliance qu'il veut rompre, afin qu'on ne se persuadât pas que c'était celle qu'il avait faite avec Abraham , laquelle a toujonn subsisté, et subsiste toujours en Jésus^Christ et par Jésus-dbrist. — El moi ^ je n'ai eu nul égard à eux. xiyà» ^fUXrivot. àurâv, et ego neglexi eot. Saint Paul a suivi ici les LXX , aussi bien que dans tout le reste de ce passage. Car il y a dans l'hébreux , et ego dominatut sum eorum. Mais cela revient au même : car dominari signifie ici traiter eu maUre, punir sévèrement. C'est comme si Dieu disait : Je leur ai fait se:itir que j'étais leur maître, en les abandonnant et les rejetant, comme j'ai fait. Dominari se prend dans le même sens au psaume 100. v. 3 : Dominare in medio inimicorum iuorum. Zi au psaume 10. v. 5 : Omnium inimicorum suorum dominabilur.
10. Quia hoc est testamenlum , 10 Mais voici , dit le Seigneur , quelle
quoddisponam domui Israël postdies est l'alliance que je contracterai avec la
illos, dicit Domious : dando leges maison d'Israël après ce lernps-!à. Je leur
meas in menlem eorum , et io corde ferai entrer mes lois dans l'esprit , et je
eorum , superscribam eas : et ero eis les écrirai dans leur cœur : ils me regar-
in Deam, et ipsi erunt mihi in po- deront comme leur Dieu , et je les regar-
pulum , derai comme mon peuple ,
Mm voici , dit le Seigneur, quelle est l'alliance que je contracterai avec la maison d'Itraèi après ce lemps-là. On demande ce qu'il faut entendre par ce temps-là ^ post diet illos. Il parait naturel de rapporter cela a ce qui précède immédiatement. Dieu menait de dire que pour punir les prévarications de sou peuple , il l'avait rejeté, c'està-dire, qu'il devait le rejeter. Car les prophètes ont coutume d'exprimer le futur par le passé, pour marquer la certitude de leurs prédictions. C'est donc é cette époque que Dieu fixe l'établissement de la nouvelle alliance , comme s'il disait : après que j'aurai rejeté ce peuple perûde qui a violé mon alliance, j'cu établirai une autre bien dififérente de la première , et bien plus excellente. £n effet, ce ne fut qu'après les avoir abandonnés, en les livrant à une puissance étrangère, que Dieu effectuera ses promesses. — Je leur ferai entrer mes lois dans l'esprit , et je les écrirai dans leur cœur. Voici la (iifféreoce précise qu'on doit mettre entre la nou\eUe et l'ancienne alliance , entre la loi de Uoï&e et celle de Jésus-Christ. Celle-là était écrite sur des tables de pierre , et celle-ci dans le fond des coenr-s. Parce que la loi de ifioise n'était écrite que sur des tables de pierre, elle pouvait bien faire connaître le mai et le défendre; mais elle n'avait pas assez de force pour le faire éviter. Tout de même, elle pouvait commander le bien j mais elle n'avait pas dans son propre fonds les secours nécessaires pour le faire aimer et 'p faire pratiquer. Au contraire, parce que la loi nouvelle est écrite dans le fond der (^œurs, non-seulement elle découvre le mal, mais de plits elle peut le guérir; non- ^culement elle le défend, mais encore elle en inspire de ta haine , et porte à l'éviter ; non-seulement elle commande le bien, mais encore elle offre tous les secours nécessaires pour l'aimer. Voilà ce que' Dieu marque par son prophète, en disant qu'il fera entrer tes lois dans l'esprit des fidèles, et qut7 les écrira dans leurs cœm^s. Pour expli- >iu(^r ceci davantage, il faut savoir que la nouvelle loi, ou la nouvelle alliance ne l'unfciste pas dans riiistoiru que les quatre évangélistes ont couchée par écrit , ni dans ^6 que les autres apôtres ont composé. Car la nouvelle loi était établie, le Nouveau testament consommé , la nouvelle alliance faite et conclue plusieurs années avant que '<*> chrétiens eussent aucunes Ecritures. £u quoi donc consiste cette nouvelle alliance? (• ^(>t du côté de Dieu, eu ce que le Sauveur nous promet lorsqu'il nous appelle au (^'jiristianisme; et de notre côté, dans les obligations que nous contractons eu y entrant. f^ dernier article n'est pas de notre sujet. Que nous promet donc Jésus-Christ en nous ■ovitant à son alliance? Il nous promet de nous réconcilier avec son Père, et de noua justifier. Il nous promet de plus de nous sauclifii r et de nous rendre de dignes enfants de son Père céleste. 11 nous promet enfin de couronner nos mérites, en nous reudant J^leruellement heureux avec lui dans le ciel. Or il nous justifie par le moyen de la grâce habituelle et sanctifiante , qui nous est communiquée dans le baptême et dans les autres ■acrenients : il nous sanctifie, en nous faisant éviter le mut, et pratiquer le bien par une infinité de secours actuels qu'il nous accorde ; et cette grâce et ce secours , il noiii '^s.a mérités par la valeur infinie de sou sacrifice, .\insi cette gince et ce secours divers