‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 234 sur 364 · TOME II. S · texte numérisé non relu

TOME II. S

sont comme le trésor et le fonds de la nouvelle alliance. Il n'est donc pas surprenant que le propre de la nouvelle alliance , soit de faire entrer let lois de Dieu dans î'esprUf et de les écrire dans le cœur. Mais si c est là , dira-t-on , la différence qu'on doit mettre entre les deux alliances, il n'y avait donc point dans l'ancienne de grâces pour faire éviter le mal , et pour faire pratiquer le bien : et par consérpient l'homme ne retirait aucun avantagée de cette alliance où Dieu le laissait à sa propre faiblesse, quoiquillui imposât les lois les plus onéreuses. Raisonner de la sorte , c'est faire de Dieu le plus cruel et le plus insensé de tons les législateurs; c'est lui faire jouer une comédie indigne, et de sa souveraine sagesse, et de son infinie bonté; c'est démentir ce que l'Elcriture nous enseigne dans une infinité d'endroits, ce que tous les Pères nous ont dit des faveurs et des bienfaits dont Dieu a comblé ce peuple chéri. Il faut donc dire avec saint Thomas, que quoique l'ancienne loi ne fût pas suffisante d'elle-même pour sauver les hommes. Dieu cependant donnait é ceux qui vivaient sous cette loi, d'autres secours assez abondants, par lesquels ils pouvaient se sauver; que ces secours leur venaient du médiateur, é qui ils s'unissaient par la foi ; et que moyennant ces secours bien employés, ils étaient justifiés comme nous le sommes. Et ainsi, coDclut le docteur angélique. Dieu n'abandonnait point alors les hommes, jusqu'à leur refuser les secours nécessaires pour pouvoir se sauver. Et sic Deus non deficiehal hominibus , quin dareteis salutis auxilia. Mais pourquoi donc saint Paul , après le prophète Jérémie, restreial-ii à la loi nouvelle la grâce par laquelle Dieu écrit sa loi dans les cœurs? C'est 1" parce que Dieu donnait celte grâce avec plus de réserve dans l'ancienne alliance; au lieu qu'il Ta répandue avec une espèce de profusion au temps de la nouvelle : ce qui parait surtout au cummencement de l'Eglise chrétienne , où les dons du Saint-£.«prit iuoudèrent, pour ainsi dire, toute la face de la terre. Or quand une chose se trouve avec plus d'abondance et plus d'éclat dans un endroit que dans les autres , l'Ecriture a coutume d'en parler comme si elle ne se trouvait que dans celui-là. Isaaeamabat

JEmU et Rebeeca diligebut Jacob : Gen. 25 , 28. Le saint patriarche aimait sans doute

son fils Jacob, et Rebeeca son fils Es&û. Mais parce que le père aimait davantage Esaû, et que la mère aimait plus tendrement Jacob, l'Ecriture restreint à Esaû l'amour d'isaac, et à Jacob celui de Rebeeca. Il est bien certain que Jésus-Christ aimait tous ses disciples: cependant parce qu'il avait pour saint Jean une sorte de prédilection et d'affection particulière, il est appelé lui seul, et comme à l'exclusion de tous les autres, le disciple que Jésus-Christ aimait, quem diligehat Jésus, Joan. 13, 23. On ne peut pas douter que la magnificence de Dieu ne soit répandue sur la terre, et dans tout cet univers que nous habitons : mais parce qu'elle parait avec beaucoup plus d'éclat dans le ciel, le prophète en parle comme si Dieu n'était magnifique que dans le séjour de sa gloire , solummodà ibi magni ficus est Dominus noster. Isai. 33 , 20. Tout de même, parce que la grâce a été répandue avec bien plus d'abondance sur le nouveau peuple que SUT l'ancien , l'Ecriture en parle comme si Dieu ne Tavait distribuée qu'à celui-là, et qu'il en eût privé et frustré celui-ci. Une autre raison bien plus forte , qui engage le prophète et saint Paul a faire cette restriction, c'est que la grâce qui était dounee aux hommes qui vivaient sous l'ancienne alliance, n'était pas l'apanage, pour ainsi dire , de cette alliance. Ceux qui vivaient sous elle , ne pouvaient la tirer de son propre fonds; ils ne pouvaient l'obtenir que par le canal du nouveau législateur, qu'ils attendaient et qu'ils envisageaient des yeux de la foi. Ainsi la grâce que Dieu accordait à tous ceux qui vécurent sous cette ancienne alliance , était étrangère à cette alliance même , et appartenait en propre à la nouvelle. Or quand oppose ces deux alliances l'une à l'autre, on doit les considérer par ce que chacune a de propre. Il n'est donc pas surprenant que le prophète et l'apôtre, qui les comparent ici ensemble , attribuent à la loi nouvelle, à l'exclusion , ce semble, de l'ancienne, la grâce par laquelle Dieu écrit sa loi dans tes cœurs : mais cela n'empêche pas que Dieu n'accordât, quoiqu'a\ec moins d'abondance, cette grâce à ceux qui vivaient sous l'ancien Testament. An reste, bien loin que ce soit là égaler les deux alliances , on relè\e au contraire m4*r veilleusement l'éclat de la nouvelle, en disant que celle-là tirait sa vertu de celle-ci, et qu'elle était obligée d'emprunter d'elle un secours étranger, qu'elle ne trouvait pas dans son propre fonds. Il faut donc bien distinguer ces deux propo.oitions : La loi ne donnait pat la grâce, et laissait Vhomme dans l'impuissance d'accomplir ce qu'elle commandait , ft Dieu, dans l'ancienne alliance, ne donnait pas la grâce à l'homme, et le laissait à ta propre faiblesse en lui imposant sa loi, La première est une vérité de foi , que les catholiques révérèrent toujours; et la seconde, une hérésie manifes-tc, que l'Eglise n'a jamais cessé de proscrire , dès que des hommes téméraires ont osé l'avancer. Il ne s'ensuit pas encore de là que nous n'appartenons à la nouvelle alliance , qu'autant que nous avons

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