‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 235 sur 364 · CHAPITRE VIII. ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. ill

pari à celle grâces qui opère en nous ce que Dieu nous commande^ 1 o Parce que Dieu accordait cette même grnce à ceux qtii vivaient snus l'ancienne alliance, à laquelle ils n'en étaient pas moins soumis, quoiqu'ils participassent aux avantages de la nouvelle. 2*> Parce que la grnce que Dieu donne maintenant à ceux qui vivent sous la nouvelle alliance, ne fait pas toute seule tout en nous , mais qu'elle demande notre libre coopération. Si donc le fidèle baptisé, eu lieu de coopérer â cette grâce , In rejette et lui résiste, comme la foi nous apprend qu*il le peut toujours faire, et qu'il ne le fait que trop souvent; il ne s'ensuit pflf> de là qu'il cesse d'appartenir à la nouvelle alliance, mais seulement que par sa résistance , il se prive des avantages qu'il aurait pu en tirer. Nous noussoniuies un peu étendus sur cet article , parce que c'est un de ceux sur lequel l'erreur a affecté de répandre, plus d'obscurité.

11. Et non docebii unusquisque 11. Sans que personne > pour enseigner

proximura suum , et unusquisque fra- son prochain ou son frère , lui dise: con-

trem suam . dicens : cognosce Domi- naissez le Seigneur : car depuis le plus pe-

num : quoniàin omnes scient me à lit jusqu'au plus grand d'entre eux, tous

minore usque ad majorem eorum : connaîtront ce que je suis :

Sans que personne , pour enseigner son prochain ou son frère , lui dise : Connaissez U Seigneur. Le prophète enseigne ici la même vérité , qui nous est marquée en d'autres termes, Isai. 54, 13. loan. 6, 45 Joan. 2, 27. Les fanatiques infèrent de là , que dans lu loi nouvelle, tout le ministère extérieur est inutile, et que chacun se doit conduire suivant l'inspiration secrète et particulière du Saint-Esprit, Mais pourquoi donc Dieu e-t-il établi dans son Eglise des apôtres, des pasteurs et des docteurs , comme le dit saint Paul . Eph. 4,11? Pourquoi saint Paul lui-même instruisit-il les Hébreux ? Pourquoi enjoint-il ailleurs à ses disciples de ne cesser d'enseigner ceux qui sont confiés à leurs soins? Pour entendre parfaitement le passage que nous expliquons, il faut supposer 1» Que le prophète et l'apôtre parlent encore ici de la nouvelle alliance, tn la comparant av^c l'ancienne. 2** Qu'il ne s'agit point ici de la connaissance des plus sublimes mystères, qui n'est que pour les parfaits, comme le dit saint Paul, ni d une connaissance de Dieu purement spéculative , mais d'une connaissance affectueuse et toute de pratique. C'est à cette science que David exhortait son fils Salomon , I. raral. 28, 9. Fili mi , scilo Deum ptUris.iud^ C'est dans oe sens qu'il faut entendre le disciple bien-aimé , 1. Ep. 2. v. 4. Que dicit se nosse eum^ et mandata ejus non eus- ^oiil^ mendax est. Cela supposé, il y a cette différence entre l'ancienne loi et la nouvelle, que celle-là ne contenant que des préceptes et des menaces qui n'allaient pas jusqu'au cœur, pouvait être apprise par le ministère des hommes : mais la science pratique et affectueuse de la loi de Dieu , ne peut 6'a]iprendre que par l'esprit de Dieu uieme. Ce n'est pus que Dieu ne veuille (|ue nous écoutions les hommes qui sont préposes poumons enseigner, mais c'est que les hommes ne peuvent rien nous apprendre «ans ce genre , que Dieu n'y ait la meilleure part. Car celui qui plante n'est rien , <lit «intPaul, non plus que celui qui arrose; mais c'est Dieu qui donne l'accroissement, 1- Cor. 3,7. Et parce que celui qui plante et celui qui arrose ne sont que comme ^'en , l'Ecriture en parle comme si leur ministère était en effet inutile et superflu. C'est donc ici précisément comme si Dieu disait : Dans l'ancienne alliance , il fallait bien des "Maîtres pour apprendre toutes les cérémonies et tous les préceptes de la loi; les ^octeura de la loi suffisaient néanmoins pour enseigner cette science légale. Mais dana la nouvelle alliance que je ferai avec les hommes, ce sera moi-même qui leur apprendrai é méconnaître, à me craindre, à me servir; et ce sera à moi proprement, et non pas à leurs frères, qu'ils seront redevables de cette science toute céleste. — Car

y plus avancées en âge. Tous doit ici s'entendre du grand nombre , en comparaison * "ancienne alliance , où le culte du vrai Dieu était si resserré. Celte prophétie s'est accomplie encore, surtout à la naissance de FEglise, où tous les fidèles vivaient avec wût de ferveur. Car quoiqu'il y eût quelques lâches chrétiens parmi eux qui désho- ''oraient leur caractère , aussi bien qu'il s'en trouve aujourd'hui, ce petit nombre ^empêchait pas de louer en général la ferveur et la piété des fidèles de Coriuthe , ^ tphèse, de Philippes , de Thessalonique, etc.

12. Qaia propitius ero tniquitatibus 12. Parce que je leur accorderai le par- ^''um, et peccatorum eorum jam non don de leurs iniquités , et que je ne me

•"^inaorabor. souviendrai plus de leurs péchés.

Parce que je leur accorderai h 'pardon de leurs péchés. La vue de leurs ])échë8pRtdonnés sera pour eui un motif pressant , qui les portera à me respecter et à me servir. Le pardon des péchés, et la justification , est encore le fruit'de la {;râce de la nouvelle alliance; grâce que Dieu accordait bien é ceux qui vivaient sous 1 ancienne alliaoce, mais que l'ancienne alliance d'elle-même ne donnait pas. Les novateurs conviennent de ceci avec nous. Car ils reconnaisfeut qu'il y avait daf.s vtiie. loi un reipëde pour pfTacer le péché originel , et que tous ceux qui le recevuient étaient pleinement justifiés. Mais si l'on ne trouve point d'inconvénient que Dieu ait accordé la grâce justifiante etsaoc' tifiante à ceux qui vivaient sous l'ancienne alliance, par quelle raison peut-on prétendre qu'il leur ait refusé cette autre grâce , par laquelle il écrit sa loi dans les cœurs? £st-ce que la grâce de justification appartient moins à la nouvelle alliance, que la grâce qui entretient la justice? Parla même raison , on ne peut restreindre aux seuls élus la promesse du verset précédent , comme semble faire Êstius , suivi par le nouvel interprète français. Car il faudrait dire conséquemnicnt, qu'il n'y a que les prédestinés qui reçoivent la rémission de leurs péchés : ce qui est condamné pur le coocile de Trente. Sess. 6. Can. 17.

13. Dicendo aulem novum , vetcra- 13. Au reste , dés qu'il parle d'une al- YÎt prius. Quod aulem antiquatur et liance nouvelle, il met la première au senescit , prope iuleritum est. rang des choses antiques. Or , ce qui de-

Yient antique . et ce qui vieillit y est sur le

point de finir.

j4u reste y dès qu'il parle d'une alliance nouvelle, etc. Saint Paul ne laisse rien échapper dont il puisse tirer avantage pour son sujet, li insiste ici sur ce mot , nowem Testament , ou nouvelle alliance , et en fait une preuve coutre t'aucienne. Le prophète Jérémie , dit-il , eu pariant d'une nouvelle alliance , déclare assez par là que la première était au rang des choses antiques. Or ce qui est antique et ce qui vieillit, est proche de sa ruine. Donc puisque dès le temps de Jérémie la première alliance loumait A sa ruine , on ne doit pas être surpris qu'elle soit maintenant abolie.

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