CHAPITRE It
dans le labernncle titéilcur, ou dans le saint drs saiats. Si l'on ne s^acrommode pas de cette explication « on peut dire encore que lu préposition in signifie ici la même chose que cum , comme dans ces endroits : O^ée 4. 3 Proptereà lugehit terra , et infirmabiiur omnis qui habilai in ed, in bestid agri et in volucre cœli; cest-à'-dire cum bestiâ agri, comme il y a dans les LXX. Gen. îi2, 10. In baculo meo transivil Jordanem , c'est-àdire cum baculo. In marque encoie souvent, non pas précisément qu'une chose Si>it rcnfrrmée dans un lieu , mais qu'elle en est proche comme dans tous les endroits où il est dit que Jésus-Christ devait mourir dans Jérusulem , Luc. 9. 31. 13 , ii3, c'est-adire proche de celte ville. On pourra donc dire tout de même, que l'nrche était diins le saint des saints ; et que proche de l'arche , ou avec l'arche , étaient lu- vcrjje d \aron , et l'urne qui renfermait la manne.
5. Superqne eam erant cherubim S. Et sur l'arche étaient les chérubins Rloriae obumbrantia propitiatorium : tout brillants de gloire, qui couvraient le de quibus non est modo dicendum per propitiatoire : de quoi il n'est pas question siogula. de parler maintenant en détail.
El sur Varche étaient les chérubins tout brillants de gloire, qui couvraient le pro" pitiatoire. Le propitiatoire était le couvercle de l'arche, fait d'or pur. A ses deux extrémités, il y a\uit deux chérubins de la même figure que nous donnons aux anges , qui le couvraient de leurs ailes, et faisaient par là comme une espèce de trône à la majesté de Dieu. De là vient que Dieu est si souvent représenté dans l'Ecriture, comme assis sur les ailes des chérubins. Dieu étant censé être assis sur celte espèce de troue, l'arche était regardée comme son estrade et son marchepied. Psal. 98, 5. Adorate scàbellum pedum ejus : c'est-à-dire prosternez-vous devant l'arche, qui est le marchepied de son trône. Ce propitiatoire était ainsi appelé, parce que c'était le lieu où Dieu manifestait sa présence, et se rendait propice à son peuple. On l'appelait encore roracle, parce que Dieu y rendait des réponses aux demandes qu'on lui faisait, comme il est marqué Exod. 25, 22 Num. 7, 29. Il n'est pas surprenant que Calvii» et Bèze ne disent rien dans leurs commentaires sur ces deux chérubins, par où se trou%e détruit tout ce qu'ils ont avancé contre les statues et les imaj;es , qui sont en usage dans l'Ej^lise catholique : mais ont-ils pu se taire sur cet endroit, sans faire apercevoir leur mauvaise foi? — De quoi il n'est pas question de parler maintenant ph détail. Saint Paul marque par là que tout ce qu'il vient de dire contifut de grands mystères; mais qu'il ne juge pas à propos de s'arrêter à en donner l'explication, parre qu'il ne s'attache qu'à ce qui peut relever le sacerdoce de Jésus-Christ au dessus do celui de l'ancienne alliance. Peut-être que les théologiens feraient bien de ne vouUùr pas sur cela en savoir plus que l'apôtre a voulu nous eu apprendre. Quoi qu'il en soit, ceux qui voudront s'instruire de la si>jnlfication mystique de tout ce qui était dans le tabernacle, peu\ent lire saint Thomas, l. 2, 9. l02. n. 4.
6. His verô ita compositis , in priori 6. Or, tout étant ordonné de la sorte, les quidem Tabernaculo semper introi- prêtres entraient toujours daus le premier bant sacerdotes , sacrificiorum oifîcia Tabernacle » quand ils avaient à taire les consuminantes : fonctions du sacerdoce :
Les pf'étres entraient toujours dans le premier tabernacle , quand ils avaient d fait^ les fondions du sacerdoce. Les prêtres entraient toujours ^ c'est-à-dire chaque jour, tous tes jours de l'année, dans le premier tabernacle appelé le saint. Ils y entraient chaque jour, dis-je, quand ils avaient à faire les fonctions du sacerdoce. Il y a dans le ^rec rUç Xxxptia,^'iTctteXoTJvreif ce que notre interprète a traduit, sacrificiorum officia consummanle s» Ce n'est pas que les prêtres offrissent des victimes daus le premier tabernacle. Car L'autel des holocaustes était en deçà du premier voile dans le parvis. Aussi saint Paul ne dit pas qu'ils offraient des victimes dans le premier tabei"nacle, mais qu'ils y entraient dans le temps qu'ils étaient appliqués aux fonctions du sacerdoce : ce qu'ils faisaient chacun à leur tour, comme il est marqué, Luc. 1,5,8. Or , ils y entraient , et pour changer les pains de proposition , et pour allumer les lampes ci les entretenir, et pour offrir de l'enceus sur l'autel des parfums.
7. In secundo autem semel in anno 7. Mais dans le second , le seul pontifls solus poniifei , non sine sanguine y entrait une fois l'année , non sans avoir quem offert pro suà et populi igno- du sang à offrir pour ses égarements et rantiâ (1) : pour ceux du peuple :
(1) £iod. 30, 10. - Levit. 16 , 2.
416 EPITnE DE s. PAVL kVX liF.BREVX.
MiUs dans le second^ le seul pontife y entrnit une fois l'année. Saint Augustin, f. 133. m Exûd. a cru que le pontife n'entrait qu'une fois par an dans le saint des saints, p)ur y faire l'aspersion du sang à la fête des expiations ; mais qu'il y entrait tous ira jours pour offrir de l'encens sur l'autel des parfums, que le saint docteur suppi'Siiit être dans ce second sanotuairo. Mais nous avons fait voir ci- devant, que cet autel était en-deçà du voile dans le premier tabernacle :et d'ailleurs, l'Ecriture marque clairement Letit, 16, 2, que le grand-prétre ne devait entrer qu'une fois l'année dans ce saint lieu , et cela sous peine de mort. — Non sans atoir du sang à offrir pour ttt égarements et pour ceux du peuple. C'était, comme nous le disions tout a l'heure, le jour de lu p^rande expiation , que le pontife entrait dans le saint des saints. Or cetlr fête se célébrait le 10 du mois Tisri, qui répond à notre mois de Septembre. Ce jour donc le grand-prétre immolait un veau pour lui et pour sa maison, et un bouc pour les péchés de tout le peuple. Après avoir ofifért ces victimes, il prenait de leur sang; et étant entré dans le saint des saints, par sept fois il en faisait une aspersion devant l'arche avec f:es doigts : ce qu'il pratiquait encore après dans le premier sanctuaire é l'autel drs parfums , comme il est rapporté au 16 chapitre du Lévitique. Il s'ensuit que ce jour-là le grand-prétre entrait par trois fois dans le saint des saints. Car il y entrait d'abord l'encensoir à la main , pour y brûler des parfums. Puis en étant sorti, il y rentrait pour y faire l'aspersion du sang du veau qu'il avait immolé pour lui et pour sa maison; et la troisième fois pour y porter du sang du bouc immolé pour 1rs péchés du peuple. Quand donc il est dit ici qu'il n'y entrait qu'une fois l'an , cela signifie qu'il n'y entrait que dans une seule rencontre , dans une seule cérémonie, qui ne se pratiquait qu'une seule fois l'an, semel in anno, l^evit. 16, 34. Au reste, quand saint Paul dit que le pontife offrait ce sang pour ses égarements et pour ceux du peuple , pro sud et populi ignorantià, ou ignorantiis, comme il y a dans le grec; il n'entend pai seulement par là 1rs péchés commis par ignorance, mais généralement toutes sortes de péchés, selon le style ordinaire de l'Ecriture, dont nous avons parlé ailleurs. Car il est expressément marqué , Levit. 16. 34, que cette expiation se faisait pour tous les péchés d'Isrartl. j^ro cunclis peccatis eorwm : ce qui marquait que l'expiation générale des péchés de tout le monde devait se faire par la mort du libérateur promis , et par l'effu' sion de son sang.
8. Hoc significante Spiritu sancto» 8. Le Saint-Esprit donnant à entendre Dondum propalatam esse Sanctorum par là > que l'entrée du saint des saints yiam , adhuc priore Tabernaculo ha- n'était pas encore ouverte , tant que U bente statu m. premier tabernacle subsistait.
Le Saint-Esprit donnant d entendre par là , que Ventrée du saint des saints n était pas encore ouverte , tant que le premier tabernacle subsistait. Le Saint-Esprit , en défendant à tout le monde d'entrer dans le saint des saints , excepté au seul pontife, qui ne pouvait encore y entrer qu'un seul jour par an , voulait en cela nous marquer que, pendant que la loi subsistait a\ec tous ses sacrifices, le chemin du ciel figuré parle saint des saints, n'était point encore ouxert à personne, et qu'il ne le serait que par Jésus-Christ, qui, après avoir consommé son sacrifice , devait pénétrer dans ce véritable sanctuaire , et en ouvrir la porte à tous ceux qui lui seraient unis par la foi et par la charité.
9. Qus parabola est temporis ins* 9. Et c'était une figure du temps présent, tantis : juxta quam munera , et hostis selon laquelle on offrait des dons et des ofTeruntur , quae non possunt juxta victimes , qui n'étaient pas capables de conscientiam perfectum facere ser- purifier la conscience de celui dont le culte vientemi solummodô in cibis, et in se réduisait à des viandes, à des breupotibus, vages,
Et c'était une figure du temps présent. Cela signifie que le tabernacle , pendant tout le temps qu'a duré l'ancienne loi , ce qui peut aussi s'appliquer au temple de Salomon, et à l'autre temple qui lui succéda , n'a été autre chose que la représentation et la figure des choses qui devaient arriver. On pourrait encore dire en suivant le texte grec, que ces mots itç rôv xoctpbv rôv avsçnixéra, marquent que ces ombres et ces figures propres de l'ancien tabernacle ne devaient durer que jusqu'au temps présent, en prenant ce temps présent pour celui auquel saint Paul écrivait , qui était le commencement de l'Evangile. — Selon laquelle on offre des dons et des xiiclimss qui ne soni poi capables de purifier la conscience, etc. 11 y a dans le grec ordinaire, xocO'oy, qui M peut se rapporter qu'à KKtpbv , tempus , qui précède. Mais Bèze avoue lai-méine qu'il i
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trouvé dans plusieurs manuscrits x^f/^v juxta quaih ; et en cela OEcunienius est encore ci accord avec l'auteur de la \'iil{',ute. Juxta quam doit donc «e rapporter à para^ hola. C'est comme si l'apôtre disait : tous les sacrifices qu'on offrait alors , vX toutes les cérémonies qu'on pratiquait , étaient conformes à ce tabernacle figuratif. Car comme les préires ne pouvaient pas alors entrer dans le saint des saints ; de même les dons et les sacrifices qu'ils offraient avec les cérémonies différentes qu'ils pratiquaient , étaienf incapables de justifier les hommes « et de les introduire dans le ciel. — Celui dont U culte Me réduisail à de* viandes , à de$ hreutagee. Ces mots , in cibis^ elc , peuvent se rapporter à servienlem. On peut encore les faire rapporter aux dons et aux sacrifices qui s'offraient , et dire qtte la préposition in signifie ici la même chose que cum. Cela signifie que les dons et les sacrifices qui s'offiaient dans l'ancienne alliance , ne pouvaient pas justifier intérieurement ceux qui les offraient , ni à plus forte raison les autres; parce que ces sacrifices n'avaient pas cette vertu par eux-mêmes; et que d'ailleurs ceux qui les offraient , n'ajoutaient à leur offrande que des observances purement extérieures , qui ne regardaient que le corps , et qui étaient incapables de purifier rame. Or les principales de ces observances consistaient dont les viandes , dont quelques-unes étaient censées immondes , et dont par conséquent on devait s'abstenir, comme il est marqué au chapitre II du l.évitique. Elles consistaient encore dans let breuvages ; ce qui doit s'entendre , selon Théophylacte , du vin, qui étaient interdit eux prêtres pendant le temps qu'ils s'acquittaient de leurs fonctions : Letil. U) , 9. Elles consistaient enfin en diverses purifications, dont il estpailé, Exod. 29, 4. Levit. 11 et 15. Marc» 7 , 3. Or tout cela , et d'autres semblables cérémonies, n'étaient que des observances grossières , qui ne regardant que la chair, ne pouvaient pas purifier la conscience.
10. Et variis baptismatibus , et jus- 10. A diverses purifications, et à des ohtitiis Garnis usque ad tempus correc- servances qui ne regardaient que la chair , tionis impositis. et qui avaient été établies pour jusqu'au
temps que la rcformaiion se devait faire.
^t a/caienl été établies jusqu'au tem.is que la réformaiion se devait faire. C'est-adire jusqu'à Jésus-Christ , qui df>vait abolir toutes ces ordonnances charnelles , et substituer à leur place un culte sftirituel , et capable de nous sanctifier. Car c'est de cette manière que .Tésus-(!hrist a corrij^é les sacrifices et les cérémonies de l'ancienne alliance : savoir, en les changeant tout-à-fait, et en étublis^ant sur leur ruine totale un culte tout nouveau, (''est dans ce même sens que le mot corrigere se prend , PsaL 1 18, 9. Prov. 21. 29. Esther, 8. 5.
11. Cbristus autem assistens pon- ll.Mais Jésus-Christ venant à paraître, tifex futurorurn bonorum » per am- comme le pontife des biens futurs, est plius et perfectius Tabernacuium non entré par un tabernacle plus grand et plus manufactum , id est , non bujus créa- parfait, qui n'a point été bâti de main tionis ; d'homme, c'est-à-dire qui n'est point d'un«
structure dMci bas ;
Jkfais Jésus-Christ venant à paraître comme le pontife des biens futurs. L'apôtre va expliquer maintenant de quelle manière Jésus-(^hrist a corrigé et réformé l'ancienne alliance. Premièrement, il a paru dans le monde comme le pontife des biens futurs , c'est-à-dire comme le pontife qui devait nous acquérir les biens à venir : ce qui comprend la gloire céleste , et les grnres qui nous sont nécessaires pour y arriver. Or voilà ce qu'aucun des pontifes de l'ancienne alliance n'avait pu faire. — Est entré par un tabernacle plus grand et plus parfait^ etc. Il est a^sez difficile de dire ce que c'est que ce tabernacle plus grand et plus parfait que le premier, et comme ajoute l'apôtre, gui n'a point été bâti de main d'homme , et qui n'est point d'une structure d'ici'-bas. Saint Thomas croit que c'est le ciel; Catharin que c'est la sainte Vierge; Cajetan , Corneille à Lapide, Menochius et Tirin , que c'est l'Eglise militante que Jésus-Christ a foodée ici-bas, et par laquelle il a passé pour arriver à l'Eglise triomphante, figurée par le saint des saints. Justiniani croit que ce tabernacle n'est autre chose que le monde , dans lequel le Fils de Dieu est entré en prenant la nature humaine, et d'où après avoir accompli son sacrifice, il est monté au ciel, comme il le dit lui-même, Joan, 16. 21. Exivi d Paire , et vent in mundum : iterûm relinquo mundum , et vado ad Patrem. On conçoit assez l'étendue de ce tabernacle infiniment plus parfait que celui de Moïse, qui n'en était qu'une figure bien imparfaite, comme Josephe l'explique f U Antiqui. c. 8. (>) tabernacle n'est point fait à la luaia , non manu
418 EPITBC DE S. PAUL AUX H£fitl£VX.
factum ; parce que dans le style de l'Ecriture , ce qui est fait par la tontepuissance de Dieu ne saurait être dit fait avec la main. Act. 7. 48, 49, 50. 2. Cor. 5,1. D'autres enfin soutiennent que ce tabernacle, par lequel Jésus-Christ est entré dans le ciel, n'est autre que son propre corps, ou la nature humaine, dans qui il a fait sa demeure. Car 1" il semble que saint Paul lui-même explique au ^ers6t suivant ce qu'il entend ici par iahernacmum ,en disant que c'est par son propre sang . per proprium sanguinem ^ qu^il est entré dans le saint des saints. 2," L'Ëcrilitie et saint Paul lui-même appellent souvent de ce nom notre corps mortel : 2. Cor. 5. 4, Nam et qui sumuê m hoc tahernaculo, 2» Petr^ 1.13, Quandiû tum in hoc tahernaculo, et V. 14 , Cerlus quùd veloœ est depotilio tahernaculi mei. 3" C'est ainsi que Jésus-Christ lui-même appelle son corps un temple. Joan. 2, 19 Solvile lemplum hor, el inlrihut diebus excitabo illûd^ Ce tabernacle est p/uf ^rani que celui de Moïse, non pas en étendue, mais en dignité, et parla même plu9 parfait, —^11 nest point bâti de main d'homme, ni d'une etructurv aici*-ba$ ; parce que le corps de Jésus-Christ n'a point été l'ouvrage d'aucun homme, mais qu'il a été formé dans io sein de la sainte Vierge par l'opération toute puissante et miraculeuse du Saint-Esprit. Mais comment Jésus-Christ est-il entré dans le ciel par son corps ? il y est entré par son corps de la même manière qu'il y est entré par son sang , per proprium ianguinem , comme le dit saint Paul au \erset suivant, c'est-à-dire par l'oblation de l'un , et par l'effusion de l'autre. Car c'est par là qu'il est entré dans le ciel , et qu'il nous en a ouvert la porte a nous-^méme». Cette dernière explication est plus généralement suivie par les interprètes. Elle est de tous les pères grecs, et de plusieurs latins, comme de Primase, du Haymo, de saint Thomas qui l'apporte en second lieu, et de plusieurs autres., à qui Bèxe aurait dû plutôt en faire honneur, qu'à son très-savant interpi'ète , c'est-à-dire à Calvin. Il ne paraît pas au reste que Bèze ait suivi un irès-sacant interprète , en avançant comme il a fait au même endroit, que le grand-prêtre , avant que de pénétrer dans le saint des saints , était obligé d'entrer dans le premier tabernacle , où il immolait une victima solennelle sur l'autel des parfums Car tout le monde sait que l'autel des parfums ne servait qu'à offrir de l'encens, et qu'on n'immolait aucune victinie que sur l'autel des holocaustes, qui était dans les parvis, et non pas dans le premier tabernacle.
12. Neque per sanguinem hircorum, 12. Il est , dis-je , entré une fois dans le aut \itulorura , sed per proprium san- sanctuaire, non avec le sang des boucs oa guinem > introivit semel in Sancta, des veaux, mais avec son propre sang; œternà redemptione inventa. obtenant par là une rédemption éternelle.
Il est , dis-je , entré une fois dans le sanctuaire. Comme le grand-prêtre entrait tous les ans une fuis dans le sanctuaire : de même Jésus-Christ est entré une seule fois dans le ciel, où assis à la droite de Dieu, il est notre médiateur et notre pontife. 11 y est entré , dis-je, non avec le sang des boucs ou des veaux, comme faisait le grand-prêtre; mais il y est entré avec son propre sang , par l'effusion duquel il a véritablement expié nos péchés , obtenant par là une rédemption étemelle : parce que le prix qu'il a payé pour nous, sera toujours d'une valeur infinie.
13. Si enira sanguis hircorum et 13. Car si le sang des boucs et des taataurorum , et cinis vitulae aspersus , reaux , si l'aspersion faite avec la cendre inquinatos sanctifîcat ad emunda- d'une génisse , sanctifie ceux qui sont tionem carnis (1) ; souillés , en les purifiant selon la chair ;
Car si le sang des boucs ^ et des taureaux, etc. âu lieu des taureaux^ saint Paul avait dit des veaux au verset précédent, ce qui revient au même; parce qu'un veau est en effet un jeune taureau. Par la même raison , il nomme 'mx génisse ce que marque Moïse sous le nom de vache; en quoi il a aussi suivi les LXX. Ce sacrifice de la géuisse est rapporté au 19. chap. des Nombres , où Dieu ordonne que le grand-prêtre en imaiule une, et la brùle tout entière en présence du peuple. On en conservait ensuite les cendres, qui mêlées avec de l'eau servaient à purifier ceux qui avaient touché uo corps mort . ou contracté quelqu'autre impureté légale Sur cela , voici comme raisonne l'apôtre dans ce verset et dans le suivant : si toutes ces cérémonies extérieures que Dieu avait établies, avaient la force de sanctifier ceux qui étaient souillés de quelque impureté légale , en leur rendant une pureté de même nature , c'est-à-dire purement extérieure et charnelle ; à combien plus forte raison le sang de Jésus-Christ, étant d'un prix iatini, aura-t-il la force de purifier notre âme des œuvres mortes, c'est-à-dire de ses péchés?
(I] Levit. 16. 15.