CHAPITRE IX
14. Quantè magis sanguisChristi, 14. Combien plus le sang de Jésusqai per Spiritum sanctum semetipsum Christ , lequel par l'Esprit saint s'est offert oblulit immaculatura Deo » eniun- lui-même à Dieu, lui qui était sans tache, dabii consGientiam nostram ab ope- nettoiera-t-il notre conscience de l'impuribus mortuis, ad servieudum Deo reté des œuvres mortes, pour que nous viventi (1) ? servions le Dieu vivant ?
15. Et ideô novi testament! mediator 15. C'est pourquoi il est le médiateur du est : ut morte intercèdent e> in redemp- testament nouveau : afin qu'étant mort lionem earum prsvaricationum , quae pour l'expiation des péchés commis sous erant sub priori testamento, repromis- le testament précédent, ceux qui sont sionem accipiant, qui vocati sunt appelés reçoivent l'héritage éternel » dont £iern« hsreditatis (2). la promesse leur a été faite.
Et à caute de cela, il etl le médiateur du teMtament nouveau. Parce que l'ancienne alliance avec tousser sacrifices et toutes ses cérémunies ne pouvait pus expier les péchés, ui purifier la conscience des hommes ; c'est pour cela que Jésus-Christ s'est fait le médiateur d'une nouvelle alliance, où nous trouvassions tous ces avantages. — ^ Afin qu'étant mort pour l'expiation des péchés commis sous le Testament précédent. Jésus- Lliristest mort généralement, et sans aucune exception pour tous les hommes, comme l'eiiiteigne le même apôtre, 1. Timot, 2, 6. Pourquoi donc ne parle-t-il ici que des péchés commis sous le Testament précédent? \^ C'est afin de relever le prix du sang de Jésu»-Christ , dont la vertu s'est étendue à tous les temps, même ceux qui avaient précédé. 2" C'est qu'il écrit aux Hébreux , qui avaient toujours une attache secrète à i'aucieQne alliance : et pour les en détacher, il leur en fait sentir la faiblesse, en leur déclarant que tous 1rs péchés commis sous cette ancienne alliance , n'ont point été remis par sa propre vertu , mais par les mérites anticipés de Jésus-Christ. 3° En disant que Jésus-Christ est mort pour expier les péchés cumoiis par les Juifs sous le Testament précédent, il n'était pas nécessaire de parler de ceux qu'avaient commis les autres bommes avant Jésus-Christ. Car si les Hébreux n'ont pas pu être purifiés par le moyen de leurs sacrifices y quoique Dieu lui-même les eût établis; à plus forte raison ceux qui ont vécu sous la lui de nature, n'auront pas pu trouver cet avantage dans les sacrifices qu'ils pouvaient offrir sans que Dieu les eût établis. — Afin que ceux qui tont appelés, reçoivent l'héritage étemel, dont la promesse leur avait été faite. Voilà la fin de la nouvelle alliance; a promesse de cet héritage céleste et éternel est faite en termes formels à tous ceux qui y entrent par le baptême; et Jésus-Christ a ordonné à ses apôtres d'appeler tout le monde au baptême, en préchant l'Evangile à toutes les nations de la terre. Il n'y a donc rien de plus frivole, et en même temps de plus téméraire, que la remarque que fait ici Estius , que l'apôtre ne dit pas tous , mais ceu>x qui q^i tont apfelés ^ voulant , sans doute , parlé marquer, ajoute-t-il, que la promesse de Phéritage éternel, qui appartient au nouveau Testament, et qui est la principale de ses promesses , ue regarde que les seuls élus ou les prédestinés. Car si c'est là ce que voulait marquer saint Paul, que %oulait-ildonc marquer, lorsqu'il disait que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés? 1. Timoth. 2, 4. Que voulait dire Jesus-Christ lui-même en répétant et par deux fuis^ qu'il y en a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus? JfaUA. 20, 16. 22, '4. Que voulait-il dire encore, en déclarant qu'il fallait Hu'il mourût sur la ciuix, afin que tous ceux qui croiraient en lui eus^ellt la vie éternelle? Joan. ^ , 14 , 15. Si les élus et les préiJestinés sont les seuls qise la promesse de Hiéritage éternel regarde , il faut donc dire aussi qu'ils sont les seuls ({ui croient , les siMitg qui soient justifiés , les seuls qui entrent dans la nouvelle alliance , et qui soient ^c l'Eglise de Jésus-Christ. 11 y a une contradiction à dire qu'un homme suit justifié , c'est-à-dire fils aduptif de Dieu , et frère de Jesus-Chrittt , et que Dieu en l'adoptant de la sorte , ne lui promette pas de lui donner la vie éternelle, s'il est fidèle à remplir la condition sous laquelle elle est promise. Caries promesses de la nouvelle alliance, aussi Ijien que l'ancienne , sont conditionnelles, comme nous le dirons dans la suite.
16. Ubi enim testamenlum est , Ifi. Car dès qu'il y a un testament, c'est mors necesse est intercédât testatoris. une nécessité que la mort du testateur in-
tervieune.
Car dés qu'il y a un testament , c'est une nécessité que la mort du testateur inter^ tienne. Afin que les Hébreux ue fussent pas scandalisés do la mort de Jésus-Christ ,
(1) I. Pet. l. 19. - l. Joan. 1.7. - ipoc. l. 5. — /2) Cal. 3. 15.
420 EPITRE DE S. PkVL AUX UÉBREUX.
saint Paul s'attache ici et dans les versets suivants , à pruuver qu'elle était nécessaire, et que sans cela nous ne pouvions avoir part à l'héritage éternel qu'il nous avait promis. Il tire toute sa preuve du moi teslament , qu'il prend dans la propre signification que lui donnent les jurisconsultes. Voici donc soii raisonnement : La promesse de riiéritaj^e éternel que Jésus-Christ nous a faite , est fondée sur son testament : or ua testament n'est valide, que par la mort de celui qui l'a fait ; et tandis que vit encore celui qui a testé, son testament n'a point de force ; purce qu'il est toujours le maître d'en changer les dispositions : quaiid donc un homme a légué un héritage à quelqu'un par son testament , il faut que celui qui a testé meure , avant que le légataire puisse entrer en possession de l'héritage qui lui est légué. Puisque Jésus-Christ nous a dooc légué aussi l'héritage céleste par son testament, ce testauient n'a pu avoir de force que pur sa mort ; et ce n'a été que par sa mort que nous avons eu droit de prétendre i l'héritage qu'il nous avait laissé par son testament. Saint Paul , au verset )8, et aux quatre suivants , confirme tout cela par l'exemp'e du premier testament q^ii ne fut point authentique sans qu'il y eût du sang versé. Mais cette preuve de l'apôtre a paru défectueuse à quelques critiques. Car elle est toute fondée sur le mot testament , pris dans la signiûcation propre que lui donne la juiisprudeuce. Or le mot hébreu berit, que Moïse cité par saint Paul , a employé Exod. 24, 8, ne se prend point dans ce senslà , et signitie seulement en général, traité , pacte , contrat , alliance qui se fait entre des personnes vivantes, et qui ne demande point que la mort intervienne pour être valide et authentique. D'où ils concluent que l'auteur de celte épitre, entend mal à propos d'un testament pris dans sa signification propre, ce qui n'est dit que d'une simple paction , ou d'une simple alliance; et que toute sa preuve est appuyée sur une allusion frivol«>!, qui n'a nul lieu dans le texte original. .\ cela on peut répondre avec Bellarmin et Kibera , que Moïse et saint Paul sont parfaitement d'accord sur la signification des ui()ts6m( eitestamentum^ ou ^ladihxifif constamment employés parles LXX, pour exprimer le mot hébreu berit. En effet , ces trois mots peuvent signifier en général toutes sortes d'alliances , de pactions , ou de promes«^es ; mais ils peuvent se prendre aussi pour une disposition et pour une promesse testamentaire; et une preuve de cela , c'est qu'il n'y a point d'autre mot, ni en hébreu ni en grec, pour signifier ce que nous appelons proprement testament. Or cela étant supposé, Muise parie à la vérité d'nne alliance mais d'une alliance testamentaire , qui ne devait avoir de force qu'après la mort du trstateur. Saint Paul tout de même parle d'un testament , mais d'un testament conditionnel, qui renferme une alliance véritable. Ainsi Moïse et saint Paul, par deux différents mots, signifient précisément la même chose. Pour entendre ceci, il faut supposer que l'héritage du royaume céleste était promis dans l'ancien etdaus le nou^eau Testament. Mais cette promesse est pleinement énoncée dans le nouveau; au lieu que dans l'ancien, elle était cachée sous des ombres et des figures , c'est-à-dire sous cette terre de bénédiction . où Dieu avait promis d'introduire son peuple. C'est ce que saint Paul a eu soin de remarquer au 4 chapitre de cette épltre v. 8, en disant que Josué n'avait pas fait jouir les Hébreux du repos promis par l'alliance, quoiqu'il lis eût introduits dans la terre promise. Or la promesse de l'héritage céleste qui était promis dans l'ancienne alliance, ne devait avoir son fffet et sa force qu'après la mort de Jésus-Christ , qui faisait cette alliance par le ministère de Moïse. Car quoique tout ce qui s'est fait pendant ce temps-là pour le salut des hommes, soit commun aux trois personnes de la sainte Trinité , on l'attribue cependant à Jésus-Christ , qui devait venir |iour les sauver. 11 s'ensuit de là que l'ancienne alliance n'était pns une simple paction, mais une alliance testamentaire ; puisqu'elle contenait la promesse d'un héritage, dont creux à qui elle était faite, ue pouvaient entrer en possession qu'après la mort de celui qui la faisait. C'est pour cela que dans cette première alliance, le sang des victimes fit répandue, comme le remarque ici saint Paul au xerset 18 et aux suivants :en sorte que comme la terre de Chanaan promise dans cette alliance, étnit la figure de l'héritoge céleste que Dieu leur promettait; de inênie la miut de ces victimes était la fii^ure de celle que devait endurer Jésus-Christ , et par !e moyen de laquelle ils devaient en prendre possession. C'est sans doute ce qui a déterminé les LXX à traduire constamment le mot hébreu berit par ^laO-fiX-n, qui xeut dire testament, au lieu de G'jvSihx.rif qui signifie simplement une paction, un traité, une convention. Le raisonnement de l'apôtre est donc très-solide; et loin d'être contraire à Moïse , il ne fait que nous développer, et mettre dans un plus beau jour ce que cet ancien législuletir avait enseigné plus confusément.
i7. Teslamcnlum enini in morluis 17. Aussi, le leslamenl n'a Heu queper