CHAPITRE IX. 4âS
onctions le consacraient, et servaient é le rendre plus saint et plus Ténérable. Or on ne peut duuler que Jésus-Christ , api-ès avoir cunsuiiimé son sacrifice sur la terre , n'ait , par son entrée dans le ciel, communiqué une sainteté et une pureté toute nouvelle A ce sanctuaire, comme il purifie, consacre et sanctifie d'une manière toute particulière nos églises, en daignant y faire sa demeure.
24. Non enim in manufacta sancta 24, Car Jésus-Christ n*est point entré Jésus introivit , exemplaria verorum , dans un sanctuaire fait de main d'homme , sed in ipsum cœlum ; ut appareat nunc quoique ce soit la représentation du vcri* \'ultuiDei pronobis, table, mais dans le ciel même; afin d'être là
désormais présent devant Dieu pour nous.
Car JéiuS''ChriH nett pùint entré dans un sanctuaire fait de main d'homme. Le grand-prétre lévitiqne, après avoir offert des sacrifices pour ses péchés et pour ceux du peuple, entrait dat>8 un sanctuaire qui était bien vénérable, mais qui, après tout, n'était quVn ouvrage fait rie main d'homme, et la figure du véritable sanctuaire : au Heu que Jésns-dhrist est entré dan* le ciel même fij^uré par le fanctuaire de Tancienne alliance. £n second lieu, le pontife léviti(iue étant entré dans le sanctuaire, paraissait devant l'arche, qui n'était que le symbole de Dieu : au lieu que Jésus- Girist est entré 'dans le ciel , afin d'être là désarmait présent devant Dieu même , et cela pour noue , c'est-à-dire pour faire auprès de lui la fonction de notre médiateur et de notre avoct:t, pour lui demander par les mérites du Mng qu'il « versé en notre faveur, toutes les giâces sans lesquelles nous ne pouvons entrer en possession du méuie héritage qu'il possède.
25. Neque ut sa^pè offerat semetip- 25 Et de ne point s'offrir plusieurs fois sum , quemadmodum Pontifex intrat lui-même , de la manière que le pontife in sancta per singulos annos in san- entre chaque année dans le sanctuaire guine alieno : avec du sang étranger;
Et de ne point s* offrir plusieurs fois lui-même , etc. Voici encore deux différences bien considérables entre Jésus-Christ et le pontife lévitique. Car 1" celui-ci entrait tous les ans dans le sanctuaire; et avant que d'y entrer, il était obligé tous les ans d'offrir de nouveaux sacrifices : au lieu que Jésus-Christ est entré une fois pour toujours dans le ciel ; et après avoir une fois offert son sacrifice , il n'a plus besoin de le réitérer. 2" Le pontife lévitique n'entrait dans le sanctuaire qu'avec un sang étranger, qu'il avait répandu en immolant les victimes; au lieu que Jésus-Christ est entré dans leeiel par le ^en propre, et après s'être immolé lui-même sur la croix. D'oii il s'ensuit que le«acerdoce de Jésus-Christ l'emporte autant au-defisus du sacerdoce lévitique^ que le sang de ITIomnie-Dieu est au-dessus du sang des boucs et des taureaux.
26. Alioquin oportebat eum fre- 26. Autrement M lui eût fallu souffrir quenter pati ab origine mundi : nunc plusieurs fois depuis l'origine du monde : autem semel in consummatione ssecu- mais maintenant sur la fin des siècles , lorum, ad destitutionem peccatl, per pour détruire le péché, il s'est présenté hostiam suam apparuit. une fois , s^étant sacrifié Iui-méme«
/éutremenl , «7 lui eût fallu souffrir plusieurs fois depuis Vorigine du monde^ Cest comme si l'apôtre disait : Si Jésus-Christ en mourant n^avaii pas pleinement expié les péchés de tous les hommes et de tous les temps; comme la lénitssion des péchés ne pouvait s'obtenir que par ce moyen , il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis l'origine du monde : car depuis ce temps-là , il y a toujours eu , et toujours il y aura des péchés à expier. Mais tant s'en faut qu'il ait été obligé de réitérer si souvent son sacrifice , qu'au contraire il n^a paru qu'à la fin des siècles , s' étant sacrifié une fois luimême pour détruire le péché; et par cette seule offrande, il a pleinement expié tous les péchés qui s'étaient commis, et tous ceux qui devaient se commettre. Mais comment saint Paul peut-il dire que Jésus-Christ n'a souffert qu'à la consommation ou à la fin des siècles, puisqu'il s'est écoulé tant de siècles depuis ce temps-là? Grotius croit que c'est , selon le style d'une erreur populaire qui régnait, au temps des apôtres. Car saint Paul, dit-il, aussi bien que cet écrivain (qu'il croit être saint Luci penchaient à croire que la fin du monde était proche. C'est-à-dire que le Saint-Esprit ne dirigeait pas assez les écrivains sacrés, pour les empêcher d'autoriser dans leurs écrits des opinions fausses, et des erreurs populaires. Peut-on pousser l'impiété plus loin? Mais de plus, comment saint Paul aurait-il été prévenu de celte opinion, lui qui s'applique à la détruire dans l'esprit des fidèles? 2. Thessal. 2, 2. Il faut dire que selon saint Paul Jésus-Christ a souffert à la fin des siècles; c'est-à-dire après que les
^*t^ EP1TRE DE S. P4UL kVX HEBREUX.
f ièc*es marques dans les rlécrets He Dion pour la pa^tston de son Fils , eurent été finis. C'est ce que le même apôtre appelle ailleurs la plénitude des temps : Gai 4, 4. Ephes. I , lO. Ou bien il faut dire avec saint Thomas, que la fin des giècles signifie la même chose que le dernier âge du monde , ou les derniers jours , dont il est si souvent parlé dans l'Ècrituro, c'est-à-dire le temps de la nouvelle alliance.
27. Et quemadmodùm statutum est 27. Et comme c'est un arrêt porté conhominibus semel raori, post boc au- tre les hommes, de mourir une fois, et tem judicium; que le jugement vient ensuite;
El comme c'est un arrêt porté contre les hommes , etc. Saint Paul prouve que Jésus* (Ihrist n*a dû mourir qu'une fois par la loi générale qui regarde tous les hommes. Comme tes hommes ne meurent qu'une fois, et subissent après cela le jugement : de même Jésus-Christ n'est mort qu'une fois, et il viendra ensuite au jugement, non pas pour y être jugé, mais pour y juger les autres.
28. Sic et Christus semel oblatus 28. De même aussi Jésus>Christ a été estadmultorumexhaurtenda peccata; offert pour la destruction des péchés de secundo sine peccato apparebit ei- plusieurs : et n'y ayant plus de péché, il pectantibus se , in salutem (1). se fera voir une seconde fois à ceui qui
l'attendent , pour les sauver.
Jésus-Christ a été offert pour la destruction des péchés de plusieurs. C'est-i-dire des élus, selon Bèze, Juniua, Piscator, Jacques (>apelle et Estius. Quod ergo dicitapoitolus , dit Ëstius, imà propheta^ multorum electos inlellige. Mais il faut donc qu'Estius dise avec tous ces protestants, qu'il n'y a aussi que les élus qui reçoivent la rémissioa de leurs péchés, et qui soient justifiés. C'est une impiété qui est condamnée même dans le concile de Valence , où Ëstius nous renvoie plutôt qu'à celui de Trente. La réponse est donc, ou que saint Paul dit plusieurs , parce qu'il a égard plutôt à l'événement qu'à Tefficace de la mort de Jésus-l^hrist, et à rintention avec laquelle il l'a soufferte ; ou que ce mut plusieurs se prend ici pour tous, comme Rom, 5, 19.