CHAPITRE X
et confuse dans la loi. L« mot d'image, itxùvy ne peut donc pRS se prendre ici pour une simple représentation , naais pour le corps ^ Tessence et la vérité des choses , ou les choses elles-mêmes reprrâentées , et telles qu'on les voit en elles-mêmes. C'est ce qui parait pur Topposition que saint Paul met ici entre image et ombre ^ et par le but qu'il se propose , qui est de montrer que l'ancienne alliance n'a fait que représenter et annoncer les biens réels que la nouvelle nous a apportés, iuôiv en grec signifie quelquefois une statue. I.a loi ancienne n'est à la loi nouvelle , qu'autant qu'est l'ombre d'une statue é la statue même,
2. Âlioquin cessassent ofTerri : ideô 2. Autrement on aurait cessé de les ofquôd nullam babereiU ultrà conscien- frir : puisque ceux qui sacriOent étant tiampeccatiyCultoressemelmundati. une fois purifiés , ne se sentiraient plus
coupables d'aucun péché.
Autrement on aurait cessé de les offrir. Il y a dans le grec ordinaire ^ Itisc oùx â'y cTâvaavTd, ce que Bèze u traduit , âlioquin non desiissent offerri. Sa traduction est eiBcte, si .on ne lit pas le grec avec une interrogation , comme Théopbylacte avertit qu'on le doit lire. Mais aussi alors il y a, et dans le teite grec, et dans la traduction de Bèze , un contre-sens manifeste. C'est pour l'éviter qu'Erasme et Calvin , en suivant l'avertissement de Théophylacte , ont traduit , annon desiissent offerri ? Ce qui s'accorde avec l'ancien interprète , qui a traduit sans négation , âlioquin cessassent offerri, conformément à plusieurs anciens manuscrits , où la négation ne se trouve point. Saint Paul veut ici prouver que l'ancienne loi, avec tous ses sacrifices, ne pouvait pas justifier ceux qui les offraient ; et voici sur cela le précis de son raisonnement dans ce verset et dans les deux suivants. Si ces victimes et ces sacrifices de l'ancienne alliance avaient eu la force d'expier les péchés et de justifier les hommes , on aurait cessé de les offrir; parce que ceux qui auraient été une fois justifiés par leur vertu, ne se seraient plus sentis coupables d'aucun péché. Or tant s'en faut qu'on ait cessé de les offrir^ qu'au contraire on ne manquait jamais de 1» réitérer tous les ans; et en les réitérant , on ne manquait pas de s'accuser de ses péchés. C'est donc une preuve que ces victimes n'expiaient pas les péchés, et qu'il leur était même impossible de les expier. Ce raisonnement de l'apôtre ne paraît pas concluant; il semble même avoir d'assez fâcheuses conséquences. Car les Juifs pouvaient renverser le principe sur lequel il est appuyé , en répondant qu'on réitérait ces sacrifices tous les ans; parce que tous les ans on commettait de nouveaux péchés, qui demandaient de nouveaux sacrifices pour être expiés : comme l'on réitère non-seulement tous les ans , mais encore tous les jours le sacrement de pénitence : ce qui ne prouve pas que ce sacrement n'ait la force d'expier les péchés. D'ailleurs, par le même raisonnement de saint Paul , les protestants concluent que le sacrifice de la messe doit être aboli ; parce que s'il était parfaitement expiatoire, comme nous le prétendons, on aurait dû cesser de l'offrir. Or on le réitère tous les jours : donc il n'a pas plus de force que les sacrifices de Tancienue loi , et doit être pareillement rejeté. Il nous faut donc montrer ici tout à la fois, et que le raisonnement de l'apôtre est juste , et qu'on n'en peut rien conclure contre le sacrifice de la messe. Pour le faire en peu de mots, il faut remarquer que saint Paul fait ici allusion au sacrifice de la grande expiation que le pontife offrait tous les ans pour l'abolition de tous les péchés du peuple. C'est pour cela que le pontife était obligé ce jour-là de confe.cser toutes ses iniquités , et tous les péchés des enfants d'Israël , confi' teatur omnes iniquitales filiorum Israël, et universa delicta et peccata eorum : Levit. 16, 20. Or une preuve que ce sacrifice qui était le plus solennel de tous , et à plus forte raison les autres qui l'étaient moins , n'expiaient pas les péchés ; c'est qu'il fallait tous les ans le réitérer. Car si ce sacrifice avait expié les péchés de tout le peuple ; s'il avait pleinement satisfait pour eux à la justice divine , et qu'il eût apaisé la colère de Dieu ; il eût été d'une valeur infinie , puisqu'il n'y a qu'un sacrifice de cette nature qui soit capable de satisfaire pleinement et condignement à la justice de Dieu pour le péché. Or dès là qu'il eût été d'une valeur infinie, il eût été capable d'expier , non-seulement les péchés commis par le passé , mais encore tous ceux qui se pourraient commettre dans la suite : par conséquent il n'eût pas été nécessaire de l'offrir si souvent ; une seule fois , une première fois aurait suffi. Ce qui donne encore une nouvelle force à ce raisonnement de saint Paul , c'est que la loi ne disait pas qu'on réitérât tous les ans ce sacrifice, si le peuple commettait de nouveaux péchés; mais elle ordonnait absolument de le réitérer tous les ans , faisant abstraction s'il y aurait de nouvelles prévarications à expier , ou s'il n'y en aurait pas. Quand même on eût évité la rechute , il fallait toujours offrir le sacrifice d'expiation , et y rappeler le souvenir de tous les péchés
426 EPITRE PE S. P.irL AUX RF.BBEîX.
passés, qui n'avaient pu ^tre eipiés par les victimes précédentes; preuve incontestable de la faiblesse de ces sacrifices, qui n'expiant pas les péchés de ceux qui les offraient, les laissaient toujours dans l'obligation de confesser qu'ils étaient coupables. Mais ce que tous les sacrifices de l'ancienne loi n'ont pu faire , Jésiis-Cbrist t'a fait en s'immolant une seule fois. Par cette seule oblation , il a pleinement satisfait à la justicede Dieu , pour tous les péchés qui avaient été commis jusqu'alors , et pour tous ceui qui pourraient se commettre jusqu'à ta fin des siècles , sans qu'il fût nécessaire pour cela qu'il mourût une seconde fois. Mais si cette unique oblation , nous disent les protestants , a suffi surabondaniutent pour expier tous les péchés, et réconcilier tous [c» hommes avec Dieu , le sacrifice de la messe est superflu : il doit donc être rejeté. La fausseté de cette conséquence parait en ce que par le même raisonnement , on prouverait qu'on doit rejeter aussi le baptême et tous les autres sucrements. Notre lépoose est que pour expier les péchés des hommes, deux choses sont nécessaires. l'Ilfaut satisfaire à la justice divme, et payer le prix dont nous lui sommes redevables. 2* Il faut que le prix de cette satisfaction nous soit appliqué. A. la vérité , le prix de notre satisfaction a été abondamment payé par l'unique ofiPrande de Jésus-Christ sur la cruix, et c'est pour cela que saint Paul ajoute si souvent dans cette épîtro , qu'il ne s'est offert qu'une seule fuis ; et que par cette seule oblation sanglante , qui n'a pas besoin d'être réitérée, il nous a pleinement justifiés autant qu'il est en lui. Mais comme celte oblation sanglante est une cause universelle, il faut encore des causes particulières qui nous en appliquent personnellement la vertu ; et c'est ce que nous trouvons dans les sacrements et dans le sacrifice de la messe. Quand nous offrons ce sacrifice non sanglant , Jésus-Christ ne meurt pas une seconde fois pour acquitter nos dettes. Ainsi nous ne réitérons pas cette oblation sanglante , qu'il serait inutile de réitérer , nous ne faisons qu'en célébrer la mémoire , et nous en appliquer la vertu. C'est ainsi que saint Chrysostôine et les autres Pères ont répondu à cette difficulté, dont les protestants ont fait tant de bruit.
3. Scd in ipsis commemoratio pec- 3. Néanmoins dans ces sacrifices, on catorum per singulcs annos fit. y rappelle tous les ans le souvenir des
péchés.
4. Impossibile enim est sanguine 4. Aussi est-il impossible que les pétaurorum et hircorum auferri peccata. chés soient effacés par le sang des taureaux et des boucs.
5. Ideô ingrediens mundum dicit : 5. C'est pourquoi il dit entrant dans le hostiam , et oblationem noluisti » cor- monde : vous n'avez point voulu de viepus autem aptâsti mihi (i). times ni d'oblation, mais vous m'avez fait
un corps.
C*est pourquoi il dit entrant dam le monde, etc. C'est Jésus-Christ lui-même qui dit les paroles suivantes par la lioucbe de Da\id^ et qui les uiiresse à son Père au ninluent de son IncHmation. Car c'cht alors que se faisant homme, il est entré damU monde. Saiut Ambroise, saint Jérôme , saint Augustin, Ëuthymius expliquent tout ce psaume «S9 de Jésus-Christ, qui y parle tantôt en son propre nom , tantôt au nom de son Eglise, qui est sim corps. II est évident qu'au moiiis les paroles qu'eu \a citer ici saint Paul , ne peuvent convenir qu'a Jésus-Christ. Car ni David, ni aucun simple homme n'a pu suppléer par lui-même é la faiblesse des sacrifices de l'ancienne loi, i]ue saint Paul prétend démontrer encore par ce pnssajje. — Vous n'avez point voulu de victimes ni d'ohlationf etc. Saint Paul comprend ici et dans le \erbet suivant luu^ les sacrifices de l'ancienne loi. Par les victimes et les ohlations , il entend tout ce qui s'offrait d'animé ou d'inanimé, soit pour remercier Dieu des grâces reçues, soit puur en obtenir de nouvelles. Par les holocaustes, il.entend les sacrifices, où les victimes étaient entièrement consumées par le feu, en reconiiaissance du suuverain domaine de Dieu. Enfin, par les sacrifices pour le péché, il entend ceux qui étaient ufft-rts spécialement pour l'expiation de toute sorte de fautes. Mais couiment Jésus-Cbiii-t peut-il dire par la bouche de David, que Dieu n'a pas voulu tous ces sacrifices, et qu'iii ne lui ont pas été agréables; puisqu'il avait ordonné é son peuple de les lui offrir? On répond que Dieu les a voulus comme autant de figures du \éritable et unique sacrifice, qui devait expier les péchés de tous les hommes, et dans ce senti-là, ils lui ont été agréables : ntais il ite tes a pas agréés comme des victimes capables par elles-
(l)Ps.59.7.
marnes d'apaiser sa cnlère, et de réconrilirr les hommps atec lui, comme le prétetideiit ies Juifs; et dans ce .seiis^ci , après la venue de Jésus-Christ, il les a même rejetés. — Mais vous m'avez fait un corps. Saint Paul en citant ce pas8an,e, a suivi les l^XX; et c'est ainsi que saint Ambroise , saint Augustin , Théodoret, et presque tous les aiiciens Pères ont lu. L'interprète syriaque s'y accorde aussi en traduisant, Vous matez revêtu d'un corps, Mais le texte hébreu signifie. Vous m'avez percé les oreilles , ou contme il y a dans la version Vuigate du psaume 39 , aures auiem perfecisti mihi. Ces leçons, qui paraissent assez contraires, peuvent néanmoins aisément s'accorder. Car en mettant aures , n» peut dire que c'est une figure par laquelle une partie dit corps est prise pour le 'tout : et quant au verbe hébreu carah , il signifie non-seuleme!»t percer , mais encore /brmer , préparer. C'est dans ce dernier sens qu'il se prend. 4. Reg. 6 , 22, Cela signifie donc : Vous m'avez formé un corps propre à vous être immolé pour expier les péchés de tous les hommes, et vous les réconcilier. Ceux qui traduisent le texte hébreu par ces mots, aures autem perfecisti mihi^ croient que Je prophète fait allusion é ce qui se pratiquait chez les Hébreux à l'égard des esclaves. Quand, après avoir servi six ans, ils ne voulaient pas profiler de la grâce du Jubilé, le maître leui perçait l'oreille et les attachait avec une boucle à sa porte, pour marquer qu'il se les assujettissait pour toujours, comme il est marqué Exod, 21. 6. Deuter. 15, 17. De cette sorte, cela signifie que Dieu en donnant un corps é son Fils, ou en l'incarnant, se l'est assujetti comme par un esclavage durable, pour exécuter au sujet du salut des hommes toutes ses volontés sans restriction.
6. Holocautomata pro peccato non 6. Les holocaustes , les sacrifices pour tibi placuerunt. le péché ne vous ont point été agréables;
7. Tune did : ecce Tenlo : in capite '7, J'ai dit alors : voici que je viens : libri scriptum est de me : ut faciam, cela est écrit de moi à la léie du livre : Je Deus, voluntatem tuam (1). viens, mon Dieu, pour faire votre volonté.
Cela est écrit de moi à la tête du livre. Ces paroles doivent être renfermées dans une parenthèse de cette sorte : Je viens, comme il est écrit de moi , pour faire votre volonté. C'est ce qui parait par le verset 9. Mais que veut dire le prophète par ces mots , à la tête du livrCf ivxsfaXi^i ^t^Xloxj, Les uns entendent par là le commencement de la Genèse ; d'autres le premier psaume; d'autres le livre de vie. Biais il est plus probable que ces paroles ne marquent aucun endroit, ni de l'ËcriturR en particulier, ni de ce livre de vie qui nous est inconnu. Caput se doit prendre ici dans le même sens que capitulum au chapitre 9, pour l'abrégé, le sommaire du livre , c'est-à-dire des Ecritures, qui sont le livre par excellence. Aussi dans l'hébreu il y a bimgillat sepher^ que saint Jérôme et Valable traduisent in volumine libri, c'est-a-dire m libro involulv ; parce que les Hébreux se servaient pour écrire , de longues membranes qu'ils roulaient ensuite en forme de cylindre, pour les tenir fermées. Or toutes les Ecritures se rapportent à Jésus-Christ, et marquent partout en cent manières qu'il devait venir pour expier les péchés des hommes, et obéir en cela à la volonté de son Père, qui avait résolu de ies sauver par ce moyen.
8. Superiùs dicens : quia hostias , 8. Ayant dit auparavant : parce que et oblationes, et holocautomata pro vous n'avez point voulu de victimes , peccato nuluisti , nec placita sunt libi, d'oblations , d'holocaustes , de sacrifices qus secùndum legem oiferuntur. pour le péché , et que ces choses-là ne
vous sont point agréables (c'est néanmoins ce qui s'offre selon la loi) ,
Ayant dit auparavant , ete Saint Paul répète ici et au verset suivant le passage qu'il vient de citer pour en former sa preuve, dont voici le précis. Jesus-Christ , en disant chez le prophète que les sacrifices de l'ancienne loi ne plaisaient pas à Dieu, et que c'est pour cela qu'il est venu pour s'offrir lui-même, conformément à la volonté de son Père, qui \eut par ce moyen sauver le monde perdu ; Jésus-Christ, dis-je en parlant de la sorte, montre évidemment qu'il abolit l'ancien sacerdoce pour en établir un nouveau.
9. Tune dixi : ecce venio , ut fa- 9. J'ai dit alors : voici que je viens , ciam, Deus, voluntatem tuam : au- mon Dieu, pour faire votre volonté ; il fert primum , ut sequens statuât. abolit la première sorte de sacrifices , pour
en établir une autre.
tljPs. 39.8.
428 SPtTRE DE S. r?KVt ÀLX HEBREtX.
10. In quà volunlate sanclificati 10. Kt conformément h cette volonté , sumus per oblalioncm corporis Jesu nous avons été sanctifiés par l'oblation du Christi semei. corps de Jésus-Christ faite une seule fois.
Et conformément à cette volonté, etc. Conformément à la volonté de Dieu le Père, qui a tt'lleutetit aimé le monde , qu'il a donné son Fils unique pour le racheter. C'est pur l'accomplissement de cette volonté , que Jcsus'Christ en s'onrant une seule fois sur la croix , nous a pleinement sanctifiés : ce que tous les sacrifices de raucieime loi n'avaient ni fuit ni pu faire.
11. Etomnisquidemsacerdosprœs- 11. En effet, il n'y a point de prêtre to est quotidiè ministrans , et easdem qui ne se présente chaque jour à Tautel, sœpè offerens hostias , quae numquam pour s'acquitter de son ministère , et pour possunt auferre peccata. offrir plusieurs fois les mêmes victimes
qui ne peuvent jamais effacer les péchés.
En effet , il n'y a point de prêtre , etc. Saint Paul , après avoir établi l'insuffisance des sacrifices que le grand-prétre offrait une fois l'année pour l'expiation des péchés, {irouve maintenant que ceux que les prêtres inférieurs offraient tous les jours, n'avaient pas plus de furce : et cela par la même raison , c'est-à-dire parce qu'ils offraient toujours les mêmes \ictimes , dont le sang n'était pas capable d'apaiser la colère de Dieu, et de le réconcilier avec les honmies.
12. Hic autem unam pro peccatis 12. Mais celui-ci» après avoir offert offerens hostiam, in sempiternum se- une seule victime pour les péchés, est det in dexterâ Dei (1) , assis pour toujours a la droite de Dieu,
Mais celui-ci , après avoir offert une seule victime pour les péchés , etc. •npoaevéy/.a^ , eûm obtulisset , ou bien oblatâ unà victimà : é quoi Grotius ajoute cette glose, nempêin ecûlo , ut summus sacerdos in sanctuario. II avait fait la même remarque sur le verset 16. Mais le grand-prêtre n'immolait aucune victime dans le sanctuaire ; et ce n'est pas non plus dans le ciel que Jésus-Christ a consommé son sacrifice. C'est sur la croix qu'il s'est offert lui-niêine; et c'est par cette unique offrande qu'il a satisfait pour nous à la justice de sou Père , et qu'il nous a réconciliés avec lui. C'est donc avec impiété, et sans le moindre fondement, que Grotius a voulu encore ici favoriser les soctnieus, qui prétendent que Jésus-Christ sur la croix n'a fait autre chose que nous donner l'eiemple de l'obéissance que nous devons à Dieu, et que c'est par le prix de cette obéissance, que , sans mériter notre salut , il a mérité seulement pour lui-même d'être fait prêtre dans le ciel.
13. De csetero expectans , donec 13. Attendant du reste qu'on lui fasse ponantur inimici ejus scabellum pe- de ses ennemis un marchepied.
dum ejus.
En attendant du reste , etc. Jésus-Christ étant assis à la droite de son Père , n'a pitii besoin d'en sortir pour s'immoler une seconde fois. Il y demeurera sans en desceadrc, eu attendant le jour du glorieux avènement, où, comme à leur juge tout -puissant, ses ennemis lui seront entièrement soumis , selon la promesse de sou Père, par la bouche du prophète roi , P:>al. 109, 1.
14. Unà enim oblatione, consum- 14. Car par une seule oblation, il a mis mavit in sempiternum sanctificatos, pour toujours au comble de la perfection
ceux qu'il sanctifie.
Car par une seule oblation , il a mis pour toujours au comble de la perfection ceux qu'il sanctifie. Saint Paul confirme encore ici la raison, pourquoi Jésus-Christ après s'être immolé sur ta croix , est assis à la drotte de son Père , sans être obligé d'en sortir pour réitérer son sacrifice. C'est que par cette unique oblation , il a pleinement satisfait à la justice de son Père pour les péchés de tous les hommes^ et leur a mérité toutes les grâces qui leur sont nécessaires pour se sanctifier et arriver au comble de la perfec* tion : en sorte que quand les hommes se multiplieraient comme à l'infini, etqueleun iniquités se multiplieraient de même, la vertu vraiment infinie de ce seul sacrifice serait plus que suffisante pour les sanctifier. Il est vrai que nous sommes justifiéiet
(l) Ps. 109. 2.