CHAPITRE XI
9. Fide deraoralus est in terra re- 9. Par la foi . il fit sa demeure dans la promissionis, tanquam in aliéna , in terre de promission, comme dans une i-asulis habitando , cum Isaac et Jacob terre étrangère , habitant sous des tentes, cohœredibus repromissionis ejusdem. aussi bien qu'Isaac et Jacob , héritiers d«
la môme promesse que lui.
Aussi bien qu'Isaac et Jacoh^ héritiers de la même promesse que lui. Dieu avait fait les mêmes pronie.sses a Isaac et à Jacob, qu'à Abraham : é Isauc, Gen. 22 , 17. 2B, 24. À Jacob. Gen. 28, 13. Ces deux patriarches demeurèrent aussi bien qu'Abraham dans la tnrre de Canaan comme des étranfrers. Cependant ils ne doutaient en aucune sorte que les promesses que Dieu leur avait faites, ne dussent s'accomplir. Saint Paul \eut par ces exemples soutenir la foi des Hébreux , et les empêcher de tomber dans le découragement et dans la défiance au sujet des promesses de Jésus-Christ dans son Evangile.
10. Expectabat enim fundamenta 10. Car il attendait la cité qui a des habentem civitatem, cujus artifex et fondements, et dont Dieu est l'architecte conditor Deus. et l'ouvrier.
Car il attendait la cité qui a des fondements , et dont Dieu est l'architecte et l'ouvrier. Ce qui engdgea Abraham à sortir sans peine de sa patrie, et A demeurer comme un étraDf,er dans la terre promise; c'est qu'il ne se regardait pas comme un habitant de ce monde : il envisageait le ciel comme la véritable patrie, où il devait é jamais faire sa demeure. C'est ce que l'apôtre entend par la cité qui a des fondements , dont saint J«an fait la description. Apoc. 21 , 19.
11 . Fide et ipsa Sara sterilis virtu- 11. Par la foi , Sara , toute stérile qu'elle tem in conceptionem seminis accepit , était , reçut une \ertu pour concevoir , lors etiam prœter tempus aetatis : quuniàm même qu'elle en avait passé l'âge : parce fidelem credidit esse eum , qui repro- qu'elle crut fidèle celui qui l'avait promis, miserai (1).
Parce qu'elle crut fidèle celui qui l'avait promis. Il pourrait sembler que c'est avec peu de raison que saint Paul loue dans cette rencontre la fui de Sara. Car Moïse rapporte, Gen. 18, 12, que lorsqu'elle entendit dire à l'ange du Seigneur qu'elle aurait un fils, elle lie mit à rire, regardant cela comme impossible; et une preu\e que ce ris fut accompagné de défiance et d'incrédulité, c'est que l'ange l'en reprit sévèrement, en disant : Quare risit Sara dicens : Num verè parilura sum anus / Numquid Deo quidquam est difficile ? 11 faut répondre avec Théodoret, que Sara fut d'abord incrédule , lie faisant attention qu'à sa stérilité et à sa vieillesse ] mais qu'ayant été instruite que c'était de la part de Dieu qu'on lui parlait, elle ajouta foi à la promesse, et mérita par té de devenir la mère d'une nombreuse postérité, comoie saint Paul le dit dans le verset suivant.
12. Propter quod et ab uno orti 12. Aussi , est-ce pour cela que d'un sont , (et hoc emortuo) tanquàm si- homme seul , et presque mort , il est sorti dera cœli in multitudinem , et sicut une postérité aussi nombreuse que les arena , quaî est ad oram maris , innu- étoiles du ciel , et que le sable du bord de merabilis. la mer » qu'on ne peut compter.
13. Juxta fidem defuncti sunt om- 13. 'Tous ceux-là sont morts dans la nés isti , non acceptis repromissioni- foi , n'ayant point reçu ce qui avait été bus,sed à longé eas aspicientes, et promis; mais le voyant de loin, le sasalutantes, et confitentes quia père- fuant, et se confessant étrangers, et hors grini , et hospitcs sunt super terram. de leur pays sur la terre.
Taus ceux-là sont morts dans la foi, n'ayant point reçu ce qui avait été promis. Cela ne doit s'entendre que d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, à qui les promeiises avaient été faites. C'est ce qui parait évidemment par le v. 15. (^ar ce n'est qu'à Abraham , Isaac et Jacob que peuvent convenir ces paroles : Que s'ils eussent eu en vue celle d'où ils étaient sortis^ c'est-à-dire la terre des Chaldéens, d'où Abraham était parti, ils avaient sans doute du temps pour y retourner. Tous ceux-'ld donc sont morts dans la foi, comme ils y avaient vécu , n'ayant point reçu ce qui avait été promis : c'est-à-dire sans avoir été mis en possession de la terre de Canaan, qui leur avait été promise ; on
(l/Geii. 17. 19.
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peut ajouter, et sans être entrés dans le ciel, dont la terre promise n'était que la ti'pire. Car c'est lA surtnut ce que ces saints patriarches attendaient comme saint Paul ▼a le dire bientiftt. — Mais le voyant de loin , le saluant , et se confessant étrangers , et kùTs de leur jxiys sur la terre. C'est une métaphore qui peut être prise de ceuï qui sont sur mer, et qui découvrant le port de bien loin , le saluent avec des cris de joie, (/estainsi que cet» saints patriarches, envisageant avec les yeux de la foi la céleste pairie (]ui leur était promise, soupiraient après elle, se confessant étrangers , et hors de leur pays sur lu terre» C'est pourquoi ils appelaient leur vie les jours de leur pèlerinage: Gen. 49. David, Ps. 39 Advena ego sum apud te et peregrinus ^ sicut omnes patres met. Salonion 1 . Paraît. 29. 15. Peregrini sumus coram te^ el adv,enœ, sicut omnespatr't noslri, 11 ne faut donc pas s'étonner si ne se regardant que comme des élran^erdence inonde'-ni , ils n'aspiraient qu'après la patrie céleste , sans être seulement touchés du désir de celle qu'ils avaient quittée , comme le dit l'apôtre dans les versets suivants.
14. Qui enim hœc dicunt , signifî- 14. Car des gens qui parient ainsi , marcant se palriam inquirere. quent qu'ils cherchent leur patrie.
15. Et si quidem ipsius meminis- 15. Que s'ils eussent eu en vue celle sent de quâ exierunt, habebant uti- d'où ils étaient sortis, ils avaient sans que tempus reverlendi. doute du temps pour y retourner.
16. Nunc autem meliorem appe- 16. Mais c'en est une meilleure après tudt , id est , cœlestem. Ideô non con- laquelle ils soupirent , savoir la céleste, funditur Deus vocari Deus eorum : De là vient que Dieu n'a pas honte d'être paravit enim illis civitatem. appelé leur Dieu : car il leur a préparé
•une cité.
De là vient que Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu. C'est , selon Théophylacte. comme s'il disait : Dieu a tant estimé leur vertu, que quoiqu'il soit le Dieu de tout l'univers, il n'a pas honte de s'appeler en particulier le Dieu d'\braham, d'Isaac et de Jacob. Non-seulement il n'en a pas honte , mais il s'en glorifie en quelque sorte, comme il le manque assez par ces paroles, Exod. 3, 16. Dominus DeUrS patrum ves' trorum^ Deus Abraham , Deus Isaac et Deus Jacob misit me ad vos : hoc nomen mihi est in œternum , et hoc memoriale meum in generaiionem el generationem. On dirait que Dieu se fait honneur d'être leur maître, el d'avoir des personnes d'une si haute vertu attachées é son service. VnynJob. 1 , 8.
17. Fide obtulit Abraham Isaac, 17. Par la foi, Abraham, au temps cùm tentaretur , et unigenitum of- qu'il Put éprouvé , offrit Isaac , et il offrit ferebat , qui susceperat repromissio- un fils unique i lui à qui les protnesses nés (1) ; avaient été faites ;
Par la foi^ Abraham au temps qu'il fut éprouvé ^ etc. Cûm tentaretur. Les Rabbini disent que le démon apparut a .\braham sous l'apparence d'un ange , pour lé détourner de sacrifier son fils , lui représentant qu'il ne pouvait sans impiété et sans une cruauté inouïe faire un tel sacrifice. 11 est bien probable que le démon ne manqua pas de tenter la foi d'Abraham duns une occasion si délicate : mais d'ailleurs il est bien certain que saint Paul ne parte point ici de cette tentation, au moins visible, mais decello dont Dieu lui-même fut la cause, comme il est rapporté, Gen, '12, 1. Tentavit Deus Abrûham, Ce fut Dieu qui tenta Abraham en lui ordonnant d'immoler son fi Es Isaac, voulant par là mettre ^a vertu à l'épreuve; non pas qu'elle ne lui fût parfaitement connue, mais afin de la faire coimuitre, et de l'exposer aux yeux de tous les siècles. — Offrit Isaac. Abiuham n'offrit pas réellement en sacrifice son fils Ibaac, parée que l'ange du Seigneur arrêta son bras, lorsqu'il était prêt de l'immoler : mais il l'offrit de volonté , et autant qu'il fut en lui. Son obéissance fut complète ; et son cœur lit, pour ainsi dire , tous les frais du sacrifice, .\ossi Dieu lui en tint compte, comme s'il l'avait réellement accompli, ainsi qu'il parait par ces paroles, Gen, 22, 16 Je jure par moimême, dit le Seigneur, que puisque vous avez fait celte action ^ et que pour m'obéir vaus n'avez point épargné votre fils unique , je vous bénirai, etc. — Et il offrit un fit unique , lui ârqui les promesses avaient été faites. Ce qui au{>mente infiniment le mérite de l'obéissance d'Abraham , c'est qu'il offrit non-seulement son fils, et son fds unique, mais le fils par qui les promes.ses que Dieu lui avait fuites, devaient s'accomplir, suivant ces paroles que cite l'apôtre au verset suivant , Gen. 21 , 12. C'est par Isaaequi
11) Gen. 22. l.-Eccli.44. 21.