CHAPITRE XI
fûtt aurez une postérité de votre nom. Mais ronmiput Isaao rs(-il appelé ph unique, ptiisqu'Ahi'Hliant avait en Isniaêt d'A^ar? C'cbt qu'il était le iiU nniiiue, selon la pron^essej, et qu'lsniaël et sa mère avaient été bannis à perpétuité de la uiaiton U'Abrahaïu.
18. Ad quem dictum est : Quia in 18. Lui à qui il avait été dit : C'est par Isaac \ucabitur tibi somen (1) : Isaac que vous aurez une postérité d«
votre nom :
19. Arbilrans quia et à mortuis 19. Et cela dans la pensée que Dieu a suscitare potens ei>t Deus : undè eum même le pouvoir de ressusciter. Aussi lut et in parabolara accepil. fut-il rendu comme une figure de ce qui
devait arriver.
Et cela , dans la pensée que Dieu a même le pouvoir de ressusciter, Difîu ayant promis é Abraham qu'il serait par Isaac le père d'une nombrents-e postérité, rien ne paraissait plus contraire a cette prorrre^ise, que le eommandemcnt d'imnioUr re ni^rne iiis : mais la foi d'Abraham ne succomba point sous le poiils de cette difîiitnlté. Il ne douta point de la promesse; et il fut pleinement persuadé que «'il n'y avait pas d'autre moyen de ^accomplir , Dieu i-essuscikerait infailliblement son fils. C'e.st ce qui a fait dire à saint Paul . que c'est pur la fui qu*^l>raham offrit Min (ils. •— Aussi lui fut^il rendu comme une figure de ce qui devait arriver. Abraham imni(tlunt Isanc, a été une fij^ure du Père éteniei li\rant son Fils à U mort sur le Calvaire ; et ie même Isaac rcfeidu a bon père plein de v»e^ et retiré par le coramandeuient de Dieu des portes de la mort , a été la figure de Jésus-Christ ressuscité. On a suivi dans la traduction le sens des Pères {{recs , qui ne conviennent cependant pas dans l'explication de cette fij^urc. Il y a dans le grec , oQzv àurôv xui gv iz&.pot.^o'kn ixo/utjxro» Undè eum in paraholâ , ou parabolam aceepit. L'obscurité de ces paroles a donné lieu à différentes interprétations. Outie celle dont nous avons parlé, il y en a qui traduisent ainsi le tcite grec, undè eiiam illum simili tudine quddam recepit ; et ils remarquent en même temps que odsv ite signifie pas ici la même chose que ^i6ri, quamobrem , mais qu'il est relatif à ces qiots ixvex^âjv, eo! mortuis ^ et qu'il signifie précisément la même chose, l/apôtre veut donc dire , seKin eux, qu'Abraham recouvra son fils Isaac, con:nie s'il eût été véritablement ressuscité, parce qu'Abraham crut en effet perdre son fil^. D'autres prétendent, ce semble, a>ec plus de raison , que le mot parabola signifie ici proverhium ou exemplum. C'est ainsi que parabola se prend 2. i'aral. 7 , 20. Jeiem, 24, 9. et dans plusieurs autres endroits. Suivant cette explication , il faut dire qu'Isaac fut rendu à Abraham , pour servir d'exemple à toute sa postérité , et faire passer en maxime que nous devons toujours obéir à Dieu , dans les choses même qui nous paraissent impossibles , étant bien convaincus qu'il sera assez puissant pour lever toutes les difficultés qui nous révoltent , et pour les faire tourner à notre avantage.
20. Fide et de futuris benedixit 20. Par la foi , Isaac donna sa bénédic- Isaac, Jacob et Ësaii (2). tion à Jacob et à Ësau pour les choses à
venir.
Par la foi, Isaac donna sa bénédiction à Jacob et à.EsaU pour les choses à venir. Comme il eist rapporté Gen, 27, '69. 11 leur souhaita une grande abondance de biens en les bénissant , et cette bénédiction du saint patriarche était en même tcmpa une prophétie de ce qui devait leur arriver. Ce fut donc par la foi qu'Isaac se trouvant dans une terre étrangère, où il ne possédait rien , leur promit de si grands biens, ne doutant pas que Dieu qui les lui avait promis pour eux, ne fût fidèle à les leur accorder. 11 en faut dire autant de Jacob dont il est parlé au verset suivant.
21. Fide Jacob moriens, singulos 21. Parla foi, Jacob, tout prêt de mou- Cliorum Joseph benedixit : et adora- rir, donna sa bénédiction aux deux fils de >itfastigium virgaî ejus (3). Joseph: et il baise avec respect l'extrémité de son bâton de commandement.
Et il baisa avec respect l'extrémité de sçn bâton de commandement. Honorant en cela la puissance à laquelle Dieu avait élevé Joseph son fils. C'e^t ainsi qu'Ëslher baisa depuis le sceptre d'Assuérus : Esther. 6, 2, Saint Chrysostôme et les autres Grecs qui le suivent , eroient que Jacob par cette action sembla pronostiq^ier que le sceptre devait être dans les mains des descendants de Joseph : ce qui arriva lorsque les dix
(l)Gen.21. 12.- Rom. 9. 7. — (2) Gen. 27. a9. — (3) Gen. 49. 15. et 47. 31.
AÂA EPITRE de s. PAUL AUX HEBREUX.
tribus se Réparèrent, et choisirent pour leur roi Jéroboam, de la tribu d'Ephraîm. un des fils de Joseph. Il est plus probable que Jauob, duns cette occtiiiioii, considéra Joseph . comme la figure de Jésus-Christ, et envisagea dans le sceptre que portait son fils, la puissance souveraine dont le Messie devait être revêtu. Au reste, saint Paul, suivant sa coutume» cite ici la Genèse suivant la version des LXX , dans laquelle un lit, Gen, 47. 31. KLa2 icpovsxùvvioev 'l^pocitl ini rôàx^oy rf<ç pxfiiou àvTOV, el ado" ravii fastigium virgœ eju$, Bèze traduit , et adoramt haeulo innixus. Ce qui signifie que Jacob adora Dieu appuyé sur son Lâton. Mais il y a dans le grec des LXX et de saint Paul, àuToD avec un esprit doux : ce qui prouve qu'il n'est pas ici question da bâton de Jacob , mais de celui de Joseph. Aussi Calvin a traduit , el adoravit ad summitatem virgœ ejus.
22. Fide Joseph moriens , de pro- 22. Par la foi , Joseph sur le point de
fectjone filiorum Israël memoratus mourir fit tnenlion de la sortie des enfaots
est(i), d'Israël,
Et de ossibus suis mandavit. £t ordonna ce qu'on ferait de ses os.
Par la foi , Joieph fur le point de mourir fit mention de la sortie des enfants d'hrad. Joseph étant au lit de la mort, prophétisa à ses frères, Gen, 50, 2«5, Qu'il;» seraient opprimés sous la tyrannie des Egyptiens, mais que Dieu les tirerait de là pour les conduire dans la terre promise a Abraham , à Isaac et à Jacob. Ce ne put être qu'une grande foi aux promesses, qui le fit parler avec tant d'assurance. Sa foi parut encore dans l'ordre qu'il donna , que ses os fussent transportés dans la terre promise , Inrsqu'on viendrait à quitter l'Egypte : Gen. v. 24. Il parlait de ce qui devait arriver , coinnw si déjà la chose eût été accomplie.
23 Fide Moyses natus occuUaius 23. Par la foi , lorsque Moïse fut né, est mensibus tribus à parentibus suis, son péte et sa mère le cachèrent l'espacs eôquôdvidissenteleganteminfantem, de trois mois, voyant que l'enfant elait et non timuerunt régis edictum (2). fort beaU; et ils ne craignirent point l'édit
du rot. «.
Par la foi , lorsque Moïse fut ne , son père et sa mère le cachèrent l'espace de trois mois, 11 est marqué Exod. 2, 2, que ce fut sa mère qui le cacha, sans faire mention du père : mais sa mère ne le fit pas , sans doute , et n'aurait osé le faire sans la participation du père. Au reste, saint Paul s'accorde en cela avec les LXX, et avec saint Etienne Act,l. v. 20. Mais comment saint Paul attribue-t-il à la foi cette action du père et de la mère de Moïse? Car il parait qu'on doit plutôt l'attribuer à la tetidiesife naturelle. Il semble même que saint Paul après Moïse veut nous le faire entendre. Car il dit qu'ils cachèrent l'enfant, parce qu'ils remarquèrent en lui une extraordinaire beauté , eo qudd vidissent elegantem infantem. Saint Chrysostôme répond à cela que la beauté de ce jeune enfant avait quelque chose de surnaturel et de divin , qui a\ec les lumières intérieures que Dieu leur donna, leur fit aisément comprendre qu'il était destiné du Ciel à quelque chose de grand. Saint Etienne , Jd. 7 20 , insinue tout ceci , en disant que Moïse était non-seulement bien fait et agréable , mais agréable é Dieu , àasïoç TÛ @sfi3, gratus Deo , ou comme Bèze traduit , divinilH^s venustus. Josephe va bien plus loin ; car il assure, l. 2. Antiq. c. 5. que Dieu apparut aux parents de Mo1>e, et leur promit qu'ils auraient un fils qui délivrerait son peuple de la servitude dri Egyptiens : et saint Etienne Act. 7 , 25, ne s'éloigne pas de Josephe. Car en parla.it de Moïse, qui tua cet Egyptien pour avoir maltraité un Israélite, le saint lévite dit que Moïse pensait que ses frères sussent que Dieu se servirait de lui pour les metlr* en liberté. Or Moïse ne pouvait penser de la sorte , que sur quelque révélation dont ii avait connaissance. Mais soit que Dieu eût fait immédiatement celte révélation aux parents de Moïse, soit qu'il leur eût fait connaître par des signes extraordinaires, qn'il destinait cet enfant à être le libérateur de son peuple, ils ne purent être excités que par la foi à le conserver, sans craindre le cruel édit de Pharaon, qui ordonnait qua tous les enfants mâles des Uébreux fussent mis à mort.
24. Fide Moyses grandis factus ne- 24. Par la fol, Moïse étant devenu gavit se esse;filium filiœ Pharaonis (3); grand , protesta qu'il n'était point fils ds
la fille de Pharaon ;
(1) Gen. 50. 23. — (2) Exod. 2. 2. — (3) Exod. 2. 11.