‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 25 sur 364 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ne saurait arriver au terme , s'il ne coopère de son côté , en voulant et en courant, selon 1 avertissement deVapôtre : Siccurriie, ut comprehendalis . Ils doivent reconnaître avec saint Augustin que si Ësaû avait voulu et couru , comme i) le pouvait avec le secours de Dieu , il fût arrivé au terme, que Dieu en l'appelant lui eût accordé de vouloir et de courir, s'il ne s'était fait réprouver en méprisant sa vocation. Noluit ergo EiaU, et nùn eucurrii : ted et si voluiaet et cueurrisset , Dei adjuiorio pervenisset , qui etiam telle et currere voeando prœitaret, nin voeatione contempla reprobuM fier et. I. 1. ad Simpl. quœtt, % Le même saint docteur dans l'explication qu'il donne en particulier sur cet endroit, s'ei primo de la sorte. Neque veîle poseumus , nisi vocemur; et cûm post vocatûmem voluerimu» , non suffieit voluntat nostra, et cursui noster , nisi Deus et vires eurreniihus prœheat, et per ducat qud voeat. Manifestum est ergo non volentis neque currentis, sed miserentis esse Dei, quod benè operamwr ; quamquûm ihi sil etiam vo-^ luiUas nostra, quœ sola nihil posset. Ce qui n'est pas éloigné de l'interprétation de quelques commentateurs grecs : Non est volentis solûm, nec currentis solOm, sed etiam miserentis Dei, Greg. Nazianz, Chrysost, Photius,

17. Dicitenim ScripturaPharaoni : 17. Aussi sont^ce là les paroles de Quia in hoc Ipsum exciîavi te , ut os- l'Ecriture à Pharaon : Je vous ai élevé tout tendam in te virtutem meam : et ut exprès pour faire éclater en vous ma puisannontietur nomen meum in universa sance, afin qu'on annonce mon nom dans terra (1). toute la terre.

Je vous ai élevé tout exprès. Quelques-uns traduisent le mot suscitavi en cette manière, je vous ai créé; d'autres traduisent, je vous ai conservé : et c'est ainsi que les Septante ont rendu le mot hébreu. D'autres enfin traduisent, /e vous ai élevé ^ c'est-àdire je vous ai établi roi. Dieu ne se propose point pour fin le péché de l'homme, ni son endurcissement : mais prévoyant la malice et l'obstination de l'homme, il se détermine à permettre le mal , afin d'en tirer sa gloire , et de le faire servir à l'exécution de ses desseins. C'est ainsi qu'il en usa à l'égard de Pharaon. Quoiqu'il prévit jusqu'où irait l'eudurcissement de ce prince impie , il voulut cependant l'élever sur le trône, et l'y conserver , afin de faire éclater sa puissance par tous les prodiges dont ce malheureux roi prit occasion de s'endurcir davantage.

18. £rg;o cujus vult miseretur, et 18. Il a donc pitié de qui il veut, et 11 quem Tult indurat. endurcit qui il veut.

Il endurcit qui il vsui. C'est l'homme lui-même qui s'endurcit proprement par son obstination , Dieu ne fait que permettre cet endurcissement. L'Ecriture nous apprend elle-même que ce fut Pharaon qui s'endurcit : Videns Pharao, ingravavit cor suum. Vident Pharao quôd cessasset plwoia auxitpeccalum. Ainsi quand elle semble attribuer à Dieu l'endurcissement des pécheurs, cela signifie seulement que Dieu les laisse s'obstiner dans leur malice ; qu'il permet même que les secours qui leur sont donnés pour rentrer en eux-mêmes et se reconnaître , deviennent pour eux l'occasion d'un plus grand aveuglement, comme il arriva à Pharaon , et comme l'apôtre veut conclure qu'il est arrivé aux Juifs incrédules. La venue du Uessie qui devait leur être une source de salut , a été pour eux une pierre de scandale : et Dieu a fait servir leur obstination dans l'infidélité, à faire éclater sa puissance et sa miséricorde par la vocation des gentils à l'Evangile , comme il fit servir l'obstination de Pharaon à ta délivrance des Israélites.

19. DIcis itaque mihi : Quid adhuc 19. Sur cela vous me dites : F'ourquoi queritur? voluntati enim ejus quis se plaint-il encore? Car qui est-ce qui réresistit ? sisle à sa volonté ?

Sur celavous médites. C'est une objection que l'apôtre se fait faire , et à laquelle il répond d'abord indirectement par la raison du souverain domaine de Dieu , et par une comparaison tirée des prophètes. Mais il y répond ensuite plus directement , en montrant aux Juifs les justes sujets de plainte qu'ils ont donnés à Dieu.

20. O horao , tu quis es , qui res- 20. Homme , qui êtes-vous , pour oser pondeas Deo? Numquid dicit figmen- répliquer à Dieu ? Un vase de terre , dit-il , tum ei qui se fiuxit ; Quid me fecisti à celui qui l'a formé : Pourquoi m'avezsic(2)? vous ainsi fait?

(1) Exod. 9. 16. — {2} Sap. 15. 7. - Isa. 45. 9 - Jer. 18. 6.

21. An non hâbet potes tatem figu- 21. N'est-il pas au pouvoir du potier lus luti , ei eàdem massa facere aliud de faire de la même masse un vase pour quidem vas in honorem , aliud verô in les usages les plus honorables , et un autre coutumeliam ? pour les usages les plus bas ?

20. 2t. 17» tsase de terre, etc. Il ne faut pas , selon ia remarque de saiot Ghrysostôme , insister trop sur cette comparaison , ni vouloir trouver un rapport entier entre la figure et la chose figurée. Il se trouve ici , par exemple , deux différences essentielles à mettre. L'une entre la créature libre qui doit coopérer au mouvement qu'elle reçoit de Dieu pour le bien , et le vase qui ne contribue en rien au mouvement et à la figure qu'on veut lui donner ; l'autre entre le potier qui est également la cause ^e tout ce qu'il y a de plus ou de moins parfait dans les deux vases , et entre Dieu qui ne fait du pécheur un Tase de colère qu'indirectement , en permettant qu'il demeure obstiné dans sa malice , au lieu qu'il prépare et qu'il forme lui-même les vases d'honneur. Faute de cette distinction , les hérétiques sont tombés dans d'étranges égarements , n^ayant pas craint d'ôter à l'homme sa liberté , et de rendre Dieu auteur du péché , et unique cause de la damnation des réprouvés. L'apôtre , loin de favoriser ces erreurs , veut seulement faire voir que Dieu peut sans injustice faire des Juifs obstinés dans leur incrédulité , des vases de colère , et les priver de l'honneur qu'ils avaient auparavant d'être le peuple de Dieu ; qu'il peut au contraire faire des gentils des vases d'honneur , en leur faisant part de ces bénédictions, quoiqu'ils n'y aient rien contribué , non plus que les Juifs n'avaient rien contribué ^ lorsque Dieu les choisit autrefois pour son peuple. On ne doit pas croire au reste qu'après cet arrêt porté contre les Juifs incrédules, ils soient demeurés dans l'impossibilité de rentrer par la pénitence dans l'alliance nouvelle, et que Dieu leur ait ôté tous les secours pour redevenir son peuple par la foi en Jésus-Christ. Le contraire parait par ce que dit saint Paul dans la suite de cette épitre , et par la comparaison même du potier expliquée par Jérémie , et entendue sans doute par saint Paul dans le sens de ce prophète. Numquid tieut figuîus iste non potero vobit facere dùmut Itraèi , ait Dominus ? Ecce iicul lutum in manu figuli , sic vos in manu med domui liraèî. Repente loquar advertut gentem et adversut regnum , ut eradicem et destruam et disptrdam illud. Si pamitentiam egerii gent illa d malo suo , quod locutus Mum advertut eam ; agam et ego pcmitentiam tuper malo quod cogitavi ut facerem ei, et tubitd loquar de g ente et de regno ut œdificem et plantem illud , etc, Jer. 18. 6. 7. 8. Les théologiens qui après saint Augustin appliquent ce texte de l'apôtre à la prédestination particulière , et à la réprobation , entendent par la masse dont le potier fait différents vases , tout le genre humain , infecté non-seulement du péché originel , mais encore des péchés actuels que commettent les adultes. Ceux que Dieu veut tirer de cette masse de corruption , et qu'il destine à la gloire , n'en sont redevables qu'à la miséricorde divine. Ceux qu'il laisse dans la masse de corruption , il les y laisse par un juste jugement, et ils ne peuvent attribuer leur perte qu'au péché. Hais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans le détail de cette explication.

22. Quèd si Deus volens ostendere 22. Et si Dieu , voulant donner des iram, et notam facere potenliam suam, marques de sa colère et manifester sa puissustinuit , in multà patienti , vasa sance, a supporté, avec bien de la patience, ir« , apta in interitum , des vases de colère tout propres à périr ;

23. Ut ostenderct divitias glori» 23. Afin de faire éclater les richesses su® In vasa misericordiœ , quae prœ- de sa gloire à l'ép^ard des vases de miséparavit in gloriam. ricorde qu'il a préparés pour la gloire .

24. Quos et vocavit nos non solùm 24. Tels que nous sommes , nous qu'il ex Judffiis , sed etiam ex gentibus , a appelés , non-seulement d'entre les

Juifs, mais aussi d'entre les gentils ;

22. 23. 24. Saint Paul, après avoir déclaré en général que Dieu ne doit rendre comptée personne de ce qu'il fait, ^eut bien cependant justifier plus en particulier la conduite de Dieu à l'égard de ceux qui sont rejetés. Il en apporte deux raisons. La première, c'est que Dieu veut faire paraître sa justice et sa puissance par la punition éclataute qu'il tire de leur obstination. C'est ce qui a paru dans le châtiment de Pharaon et des Juifs incrédules. Mais il ne les punit qu'après les avoir supportés avec patience, et leur avoir donné tout le temps de se reconnaître; après qu'ils ont même abusé de cette patience, pour s'endurcir davantage. La seconde raison , c'est pour rendre plus sensible sa magnificence et sa bonté infinie à ré;;ard des vases de miséricorde, c'est-a-dire de ceux qu'il préparée la gloire, eu les appelant à l'Evangile sans

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