CHAPITRE IX
aucun mérite de leur part. D'nù il résulte que les uns n'ont aucun sujet de se plaindre , ni les autres de s'enorgueillir. Les interprètes font reiuarquer lu dilTcrence de ces deux eipressions, vasa irœ apta in inleritumf et vasa misericordiw quœ prœparavit in gloriam . La première marque que ce sont les impies qui se rendent eux-oiémes dignes do punition, et qui s'attirent leur perte : la seconde, que c'est Dieu qui par sa grâce dispose les fidèles à la gloire. Quelques-uns entendent ces paroles . quœ prtBparavil in gloriam, de la prédestination à la gloire éternelle : mais la suite fait voir évidemment qu'il s'agit de la vocation à la fui de l'Evangile « par où les fidèles sont mis en état d'obtenir le salut , s'ils le veulent.
25. Sicut in Osce dicit : Yocabo 21$. Comme il dit dans Osée : le peuple non plebem meam , plebem meam : qui n'était point le mien , je l'appellerai et Don dilectam , dileclam : et non mon peuple ; et celle qui n'était pas la misericordiam consecutam , miseri- bien-aimée, je l'appellerai la bien-airaée; cordiam consecutam (1). et celle qui n'avait point obtenu miséricorde , je l'appellerai celle qui a obtenu miséricorde.
L'apôtre prouve dans les quatre versets suivants ce qu'il venait de dire, que Dieu a appelé à l'Evangile les gentils, sans cependant exclure les Juifs dociles et fidèles. Les prophéties d'Osée et d'Isaïe citées par saint Paul , ont deux sens dans ces prophètes , l'un plus littéral , qui regardait la délivrance des Israélites et leur retour dans la Palestine; l'antre allégorique, qui marquait la vocation des gentils et leur substitution é la place des Juifs infidèles.
26. Et erit : in loco ubi dictum est 26. Et voici ce qui arrivera : dans le lieu eis : Non plebs mea vos : ibi voca- où il leur a été dit : vous n'êtes point mon bunlur filii Dei vivi (2). peuple vous autres , là môme ils seront
appelés les enfants du Dieu vivant.
Dans le Heu où il leur a été dit. C'est-à-dire que le peuple de Dieu ne sera plus renfermé dans la Palestine , il s'étendra par tout le monde. Tous ces peuples que les Juifs regardaient comme étrangers et abandonnés de Dieu, vont devenir non-seulement le peuple de Dieu , mais encore les enfants de Dieu : et cela , sans sortir du lieu qu'ils habitent, sans être obligés de se rendre dans la Palestine, ni d'aller sacrifier dans le temple de Jérusalem.
27. Isa las autem clamât pro Israël : 27. Isaïe de son côté s'écrie en faveur Si fuerit numerus filiorum Israël d'Israël : Quand le nombre des enfants tamquàm arena maris , reliqui» salvse d'Israël serait comme le sable de la mer , fient (3). les restes en seront sauvés.
En faveur d'Itraèi. Autrement, au sujet d' Israël, Cette prophétie se trouve exprimée d'une manière fort obscure : aussi est-elle expliquée fort différemment. Voici le sens qui parait le plus conforme à la suite du discours.- Quand le nombre des enfants d'Israël serait autant multiplié que le sable de la mer, ou bien, quoique le nombre des enfants d'Israël soit autant multiplié que le sable de la mer : cependant il n'y aura que les restes qui en seront sauvés, c'est-à-dire il n'y en aura que très-peu de sauvés , ceux-là seulement qui embrasseront l'Evangile.
28. Yerbura enim consummans , et 28. Car il va accomplir ce qu'il a dit , abbrevians in œquitate : quia verbum en le réduisant à peu par un effet de sa breviatum faeiet Dominus super ter- justice : oui , le Seigneur fera sur la terre raro : ce qu'il a dit , en le réduisant à peu :
Car il va accomplir ce qu'il a dit. Il est vrai que Dieu consommera et accomplira la promesse qu'il a faite de délivrer Israël : mais par un juste jugement ilrestreindra cette délivrance à un petit nombre. Ce qui signifie que la promesse n'était fuite que pour ceux qui croiraient en Jésus-Christ, et que les Juifs incrédules devaient en être exclus. La seconde partie de ce verset n'est qu'une confirmation ou répétition de la première. l.a plupart des anciens ont entendu par la parole que Dieu a abrégée, ou le Verbe iocarné, ou l'Evangile. Mais ce qu'ils disent là-dessus, chacun à leur manière, ne parait pas convenir assez au but et au dessein que se propose l'apôtre. Enfin quelqucs-
(l) Osée. 2. 24. - 1. Pet. 2. 10. — {2} Osce. 1 . 10. — (3) Is. 10. 22.