‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 255 sur 364 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

rîésortlre et dans l'epo^lasir CVsst h le sens que l'iiit^rprèle rliaUIuique ilonr.e à v.o passage , eu traduisant , ne forlè sU in vobis vir cogilans peccala , aul sui-erbiam, Ati Heu de svcx>v< t immédiat , qui se trouve dtins saint Paul , il y a dans les LXX. iv xo>>^ il» felle : ce qui a iail croire à quelques-uns qu'il y avait une faute duns le teste de saint Paul, qu'on devait corrij^er sur le grec des KXX Muis notre interprète et ie Syriaque, aussi bien <|ue tous les Pères grecs, ayaut lu ivox^^i ce seiuit une grande téinérité de vouloir cliuager cette leçon , qui d'ailleurs est plus couforiiie au seas de l'apôtre, et read le discour» plus complet.

16. Ne quis fornicator aut profanus IG. Que pas un ne soit fornicateur ou ut Esaû, qui propler unam escam ven- profane , comme le fut Esaù , qui pour un didit prîroitiva sua (I) : seul mets \endit son droit d'atcesse :

Que pas un ne soit fornicateur ou profane , comme le fut Esail, etc Saint Pauf explique ici en particulier ce qu'il avait dit en général au verset précédent, comme s'il disa-it: Par la radnê d'amertume , dont je viens de pailer ,j'ei;tends !rs foruicateurs, les profanes et d'autres gens semblables, dont le commerce est contagieux ,^et capable de \ous séduire Saint Chrysostôme et Théopbytactc remarquent que le mot de fornicateur ne tombe pas sur Esaû , quoique Tliéodovet pense qu'il se soit rendu éqnivaleniment coupable de ce criiue, en épousant même axant la loi des femmes étrangères. Plusieurs iuterprèfes veulent ({u'Esitû soit appelé profane^ pour avoir vendu son droit d'aînesse, auquel le sacerdoce, suivant la tradition des Hébreux rajiporté par saint Jérôme, était attaché, mais outre que telle tradition des Hébreux est au moins fort douteuse; si Esaû s'était rendu coupable de ce que noi;8 appelons aujourd'hui simonie, en vendant son droit d'aînesse, on ne pmirrait guère excuser Jacob de l'aToir acheté. Pour c^'Esaû soit traité de profane ^ il suffît qu'il jiit méprisé , et vendu pour peu de chose son droit d'aînesse , auquel était viaisemblablement attachée la bénédiction de son père Isaac. An reste , saint Paul voulait par cet exemple, engager les Hébreux é ne pas perdre la qualité d'enfants de Dieu, qu'ils avaient acquise par Jésus-Christ , pour se roeinteuir dans la possession de leurs biens , et se soustraire à la persécution^.

17. Scitote enim quoniàm et posteà 17. Car souvenez-vous que voulant eiici>piens hsreditare bKenedictionem, re- core après cela avoir part à la bénédiction probatus est : non enim invenit pœni- en qualité d'héritier, il fut exclus : n'ayant tentislocum. quamquàmcum lacry- pas trouve moyen de faire rien changer, mis inquisisset eam (2). quoiqu'il l'eût demandé a\cc larmes.

N'ayant pas trouvé moyen de faire rien changer , quoiqu'il l'eût demandé avec larmes. Après qu'Esaû se fut aperçu qu'il avait été supplanté par Jacob, qui avait obtenu la bénédiction d'Isaac; Mo'ise marque qu'il poussa des cris qui semblaient des rugissements, irrugiit clamore magno , Gen. 27, 34, qu'il n'épargna rien pour engager son père à révoquer ce qu'il avait prononcé en faveur de Jacob, et qu'il accompugna ses plaintes et ses cris comme d'un torrent de larmes, cùmque ejulalu magno fleret : mais qu'il ne put jamais pourtant obtenir que son père changeât rien à la disposition qu'il avait faite, ie saint patriarche répondant constamment : Je lui ai domié (à Jacob) ma bénédiction , et il sera béni. Ces parole» de saint Paul, non invenit pœnitentiœ locum ^ ne signifient donc pas qu'£saû voulut se repentir des crimes dont il pouvait être coupable, sans qu'il en trouvât ni la grâce ni le moyen, mais qu'il lui fnt impossible de faire repentir Isaac son père, de tout ce qu'il avait réglé et propliétiKé à l'avantage de Jacob. On voit par là, et que les novatiens ne pouvaient titer aucun avantage de cet endroit, pour établir leur dogme désespérant de i'irrémissibilité de certairs péchés et que Luther a mal à propos rejeté cette épître, comme favorisant ce dogjiie impie.

18. Non enim accessistis ad tracta- 18. En effet, ce n'est point d'une monbilem montem,etaccen5ibilemignem. tagne sensible que vous vous êtes appruet turbiuem, etcaliginem, et procel- chcs , ni d'un feu ardent, ni d'^un tourbillam(3), Ion, ni d'un nuage léucbreui, ni d'une

tempête ,

En effet , ce n'est point d'une montagne sensihie que vous vous êtes approchés. Voici en peu de mots tout le précis du raîtonnemeot que fuit l'apôtre dans tout le rtste de

(l, Gen 25. 3J. — (2) Gen. 27. 38. -- (3) Exod. 19. 12. et 20. 2F.

•456 EPITRE DE S. PAUL AFX HEEREUX.

ce cba))i(re. Ce qui doit, mes frères, vous eiifjoj.er â conserver soignciisemepl la f;rnce que Dieu vous a faite de vous appeler é l'Evangile , c'est l'exccilence niéuie de l'Evangile au-dessus de la loi. Car ce n'est pas à l'ancienne loi que vous avez été appelés, mais à la nouvelle q\ie Jésus-Christ même est venu élablir. Si donc vous quittez Jésus- Christ, et que vous ne lui demeuriez pas fidèlement attachés , vous ne pouvez manquer d'être beaucoup plus sévèrement punis, que ceux qui ont violé la loi de Moïse. La montagne visible dont il est ici parlé, et le mont Sinaî, sur lequel Dieu donna sa loi aux Israélites; et tout l'appareil dont saint Paul fait mention, est rapporté au chapitre 19 de TËxode.

19. Et tub» sonum, et vocem ver- 19. Ni du bruit d'une trompette» ni borum, quam qui audierunt, excusa- d'une voix si éclatante que ceux qui l'ouïverunt se, ne eis fieret verbum. rent demandèrent que la parole ne s'adressât point à eux.

Ceux qui V ouïrent , demandèrent que la parole ne s'adressât point à eux. Les Juifs effrayes du bruit des tonnerres qu'on entendait sur le mont Sinaï, prièrent que Diea ne leur parlât plus par lui-même, mais qu'il se servit du ministère de Mclse pour leur faire savoir ses volontés. Exod. 20, 9.

20. Non enim portabant quod dice- 20. Car ils n'avaient pas la force de batur : Et si bestia letigerit montem , soutenir ce qu'on leur disait : Ne fût-ce lapidabitur. qu'une bête qui touchât la montagne, elle

sera lapidée.

Car ils n'avaient pas la force de soutenir ce qu'on leur disait , etc. Us étaient consternés de l'ordre que Dieu donnait, que les bêles mêmes, si quelqu'une approchait de la montagne, fu&sent lapidées. Nous lisons dans l'Exode, chup. 19. v. lé: Lapidibus opprimetur aut confodietur jaculis , sive jumentum fuent, sive homo. Saint Paul ne parle ici que du supplice que l'on devait faire endurer aux bêtes; parce que cet exemple était plus propre à imprimer de la terreur : et c'est pour la uiéiue raison qu'il ne parle que d'être lapidé; parce que , dans l'opinion des Juifs, ce supplice était plus rigoureux que l'autre.

21. Et ita terribile erat quod vide- 21. Et comme ce qui se voyait, élail si batur. Moysesdixit : Exterritus sum , terrible, Moïse dit: Je suis saibi de frayeur, ei tremebundus (1). et tout tremblant.

Moïse dit : Je suis saisi de frayeur. L'Ëxode ne nous apprend point que, dans cette occasion , Moïse ait ainsi parlé. Il paraît même par le 20 chapitre que Moïse s'approcha •ans crainte de la montagne , après avoir rassuré le peuple qui était sai.si de frayeur. €'estce qui a fait dire à saint Thomas, qu'il s'agit ici de la vision du buisson ardent, Exod. '6. 1 . Mais il est certain que saint Paul parle en cet endroit de ce qui arriva sur le mont Sinaï , lorsque Dieu donna sa loi au peuple. D'ailleurs, les paroles que rapporte ici saint Paul ne se lisent pas plus au chap. 3 de r£xode qu'au 19. Il faut donc dire que l'apôtre a su cette circonstance de la frayeur de Moïse par quelque tradition certaine, ou par une révélation particulière. C'est ainsi que le même apôtre^ 2. Timoth. â, 8, nomme Jannèset Mambrès, dont Muïse ne parle point.

22. Sed accessistis ad Sion montera^ 22. Mais c'est de la montagne de Sion et civitatem Dei \iventis, Jérusalem que vous vous êtes approchés, de la ciié cœlestem, et mullorum miliium An- du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, gelorum frequentiam , et de plusieurs millions d'anges ,

Mais c'est de la montagne de Sion que vous vous êtes approchés. Saint Paul oppose à ce qu'il a dit de l'ancienne alliance, ce que Dieu a fuit en établissant la nouvelle. Dieu voulant donner sa loi aux Hébreux , leur ordonna de venir au uiont Sinaï , mais en voulant établir la nouvelle, il les a appelés à la montagne de Sion : par où il faut entendre ou le Ciel avec les Pères grecs, ou plutôt l'ËujIise chrétienne , tant mililaiito que triomphante, dans laquelle règne Jésus-Christ, comme Da%id, qui était sa figure, régnait dans Sion. C'est sous la ligure d'une montagne, que l'Eglise de Jésus-tJiri^t nous est représentée, Ps. 2, 6. Isa. 2, 3. — Ve la cité du Dieu vivant de la Jérusalem eéUste. Dieu après avoir donné sa lui aux Israélites sur le mont Sinaï, ne leur prunnt

(l) Exod. 19. 13.

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