TOME IK Z
A38 EPITRE DE S. PAVL kVX UEBRECX.
péchés, eir vous mériter toutes les grâces néoeAsaires pour votre sanctification. Selon Grotius, c'est par le sani; de Jésus-Christ, c'est-à-dire par l'imitation de ses souffrances, que noui sommes conduits au ciel : /(a nos santjuine Chritti , id esl , imitaiione perpeMsionum ipsiui perducimur ad vitam œternam. De cette frorle , le sang des martyrs aurait pu nous procurer le méuie avantage. Cet auteur ne perd jamais aucune occasion de glisser dans ses notes le sacinianisme déguisé. — Qui parle bien mieux que celui d'Jhel. Saint Paul fait allusion à ces paroles de Dieu é Calu ; Gen. 4 , 10 : Yox songuinit frairiê tut clamât ad me de terra. Le sang d'Ahel demandait vengeance; au lieu que le sang de Jésus-Christ demande le pardon de nos péchés et nous le procure.
25. Videtc ne recusetis loquentem. 25. Gardez-vous bien de refuser d'é- Si eniin illinon effugerunt, récusantes coûter celui qui parle. Car si nos pères , eum, qui super terram loquebatur : pour n'avoir pas voulu écouter celui qui roultô magis nos , qui de cœlis loquen- leur parlait sur la terre, n'ont pu échapper; tem nobis avertiraus. à plus forte raison nous ne le pourrons pas,
nous qui rebutons celui qui nous parle du haut des cieui;
GardeZ'Voua bien de réfuter d'écouter celui qui parle. Par celui qui parle, quelquesuns entendent le sang de Jésus-Chri&t , comme si l'apôtre disait : Ne rejetez pas la voix, de ce sang , qui demande le pardon de vos péchés. lÛais rov Xo:XoOma , qui est au masculin, ne peut pas se rapporter au sang , qui en grec est du genre neutre. D'ailleurs, c^'lui qui parle est celui-là même , dont la voix alorà ébranla la terre , v. 26 ; ce qui ne peut convenir au sang de Jésus-Christ. C'est donc Jésr.sChrist lui-même qui parle, e( que les Hébreux doivent bien se garder de ne pas écouter. — Car ii nos pères , pour n'avoir pa» voulu écouter celui qui leur parlait sur la terre , n^oni pu échapper. C'est-à-dire ont été punis , comme ils le méritaient. Par celui qui parlait aux Israélites iur la terre , quelques interprètes entendent Dieu même , qui donna sa loi à ce peuple sur le mont Sinal. Car saint Paul a remarqué ci-dessus, qu'ils refusèrent d'entendre la voix de Dieu , demandant que ce fût Moïse qui leur parlât. Mais le peuple ne pécha point dans cette rencontre. S'il demanda que Dieu ne lui parlât point, ce fut par une pure crainte, et en protestant qu'il obéirait à tout ce que Moïse lui dirait de la part de Dieu. D'ailleurs , si l'apôtre voulait parler de CQ refus que les Israélites firent d'écouter la voix de Dieu , il ne dirait pas qu'il leur parlait sur la terre, pour l'opposer à celui qui parle aux Hébreux du haut des deux Car Dieu déclare lui-même que c'est du haut des cieux qu'il parlait aux Israélites : Vos vidisli» qu,dd de eœlo loeutus sum vobis. Exod. 2U. 22. C'est donc Mnlse dont parle ici saint Paul , et qu'il oppose à Jésus- Christ. C'est Moïse, auquel, comme dit saint Etienne, Act. 7. 39, nos pères ne voulaient point obéir, mais qu'ils rebutèrent , de sorte que leur cœur se tourna vers V Egypte; et cela , dans l'occasion même dont parle ici l'apôtre, c'est-à-diie lorsque Dieu donna sa loi. Car ce fut alors qu'ils adorèrent le veau d'or , et que les lévites s'étant avancés par le commandement de Moïse, tuèrent vingt-trois mille de ces révoltés. Exod. 32. 28. — A plus forte raison nous ne le pourrons pas , nous qui rebutons celui qui notu parh du haut des cieux. Si nos pères n'ont pu éviter le châtiment qu'ils méritaient, pour avoir déplu à Moïse, qui était un simple homme comme eux , et qui leur parlait sur la terre; nous devons nous attendre à être bien plus rigoureusement punis, si nous n'obéissons pas à Jésus-Christ qui nous parle du haut des cieux; ou par son Saint-Esprit, qu'il a envoyé pour former l'Eglise naissante j ou par les apôtres et les docteurs, qui sont revêtus de son autorité ; ou par les lumières de sa grqce dont il nous éclaire, et les iùspirations secrètes qu'il nous donne pour nous porter au bien. On peut dire encore que Jésus-Christ conversant parmi les hommes sur la terre , leur parlait du haut du ciel, parce qu'il était venu du ciel , que sa doctrine était toute céleste, et qu'alors même en tant que Dieu , il était dans le ciel , comme il le dit lui-même , Joan. 3, 13 : Nemo ascendit in cœlum , nisi qui descendit de cœlo filius hominis qui ett m eœlo. Gea mots, celui qui nous parle, ne se lisent point dans le grec d'aujourd'hui. Le syriaque et l'arabe sont conformes à la Vulgate; et l'antithèse demande, ou qu'on les liae, ou qu'on les sous-entende.
26. Cujus vox movit terram tune : 26. Celui dont la voix alors ébranla la nunc autem repromittit , dicens : Ad- terre, et qui maintenant nous fait une hue seroel ; et ego movebo non solùra promesse en ces termes : Encore une fois; terram , sed et cœlum (1). et j'ébranlerai non-seulement la terre»
mais le ciel même.
(1) Agg. 2. 7.