CHAPITRE Xltl
Et n&tthliez pâi V hospitalité. Rien n'est plus recommandé que celte Tertu dans l'Ecriture et dans tons les Pères. Elle était surtout nécessaire dans les premierp siècles de l'Eglise, où les iidèles étant persécutés et obligés de s'exiler eux-mêmes volontairement, pour se dérobera la fureur de leurs ennemis, ne trouvaient aucune ressource que dans la charité de leurs frères. -— Car c'est par ce moyen que quelques-uns ont reçu des anges chez eux sans les connaître. Latuerunl angelis hospitio receptit, ou plus conformément à l'usage de la langue latine, necientes , ou inscii angelot receperunl hospitio. Quelques-uns en exerçant l'hospitalité, ont mérité de recevoir des anges chez eux , lorsqu'ils croyaient ne recevoir que de simples hommes. C'est ce qui arriva a Abraham dans la vallée de Mambré, Gen. 18, 2 et scq. , et à Loth. Geo. 19, 1 et seq. Le Febvre d'Estaples et Catherin expliquent autrement cet endroit, comme si l'apôtre disait : Qnelques-uns ayant reçu des anges, ont été cachés. Us ont reçu des anges chex eux , lorsque les autres croyaient qu'ils ne recevaient que des hommes, filais l'explication des Pères grecs, qu'on a suivie dans la traduction, est plus naturelle, et n'a «té abandonnée par le Febvre et Catharin , que sur ce qu'ils ont cru qu'.ibraham et Loth , en recevant chez eux des anges, les avaient connus pour tels : ce qui ne paraît paa conforme à la Genèse. Car s'ils avaient cru que ce fussent des anges, Abraham leur aurait-il offert un morceau de pain pour reprendre leurs forces? Gen. 18, 5. Loth se serait-il mis si fort en peine de les soustraire à la fureur brutale de ceux de Sodoroe , jusqu'à exposer la pudeur de ses propres filles? Gen. 19, 8.
3. Mementote viDCtorum , tanquàm 3. Souvenez-vous de ceux qui sont dans slmul vincti ; et laborautium , tan- les fers , eomrae si vous y étiez avec eui ; qnàrn et ipsi in corpore morautes. et de ceux qui souffrent , comme étant
aussi vous-mêmes dans un corps.
Souvenez-vous de ceux qui sont dans les fers, comme y étant avec eux. Faisant profession de la même religion, vous êtes tous les jours exposés à recevoir le même traitement , et pour la même cause. Mettez-vous donc à leur place, et rendes leur tous les services que vous voudriez recevoir daus une pareille situation. '-^ Et de ceux qui souffrent , comme étant aussi vous-mêmes dans un corps. Un corps passible comme le leur, et sujet aux mêmes infirmités. Ainsi étant sujets aux-mémes misères, apprenez à les soulager dans les autres.
4. Honorabile connubium in omni- 4. Qu'en toutes choses on se comporte bus, et thorus immaculatus. Fornica- avec honnêteté dans le mariage; et que le tores enim , et adulteros judicabit lit nuptial soit sans tache. Car Dieu jugera Dcus. les fornicateurs et les adultères.
Qu*en toutes choses on se comporte avec honnêteté dans le mariage , et que le lit nuptial soit sans tache, tiu-ioç h yAfioi h izctvi , honorabile connubium in omnibus. Il n'y a point de verbe ni dans le grec, ni dans le latin : il faut sous-entendre ou e«l, ou sit. En sous-entendant est , qu'Erasme et Bèze ont exprimé dans leur version, il faut dire que l'apôtre prononce que le mariage est honorable , et que personne ne doit le mépriser, non pas même ceux qui vivent dans la continence. Mais il vaut mieux sousentendre sitf et dire que l'apôtre dans cet endroit exhorte les Hébreux à se comporter avec honnêteté dans le mariage, et à ne se rien permettre qui puisse en souiller la sainteté. Ce qui précède et ce qui suit prouve que c'est une exhortation que fait ici saint Paul, et non pas un dogme qu'il établit; et d'ailleurs sans cela on ne pourrait expliquer la menace suivante. '£v rc&trt , in omnibus, est ici au neutre, en toutes choses , comme on Va marqué dans la traduction. Mais quand on supposerait omnibut au masculin , Luther et Bèze n'en pourraient tirer aucun avantage contre le célibat des prêtres et des personnes consacrées à Dieu par le vœu de chasteté. Car dans cette supposition , c'est comme si saint Paul disait : Que tous ceux qui sont dans le mariage , s'y comportent avec honnêteté. — Car Dieu jugera les fornicateurs et les adultères. Dans le grec d'aujourd'hui il y a or^ au lieu de car. Mais on lit yxpf enim, dans le manuscrit d'Alexandrie et dans celui de Clermont; et il parait par le commentaire des Pères grecs qu'ils n'ont pas lu autrement Dieu jugera , c'est-à-dire condamnera et punira les fornicateurs et les adultères : c'est ainsi i\\xe juger se prend souvent dans l'Ecriture, comme Marc. 16 , 16. l. Cor. 1 1 , 32. Joan. 3, 17. De ce que saint Paul joint ici les fornicateurs et les adultères, les Théologiens concluent que la simple fornication est de sa nature un péché mortel.
5. Sint mores sine avaritiâ , con- 5. Que vos mœurs ne se sentent point tenti prssentibus : ipse enim dixit : de l'avarice ; contentez-vous de ce qui est
Non te deseram, neque derelin- entre vos mains : car Dieu lui-même a quam (1). dit : Je ne vous délaisserai point , et je ne
vous abandonnerai point.
Car Dieu lui-même a dit : Je ne tous délaisserai point, et je ne mous abandonnerai point. C'est é Josué en particulier que Dieu fait cette promesse : mais il la lui fait comme représentant tout le peuple, dont il était le chef; et ce peuple lui-même était la figure du peuple chrétien , qui ne devait pas avoir moins de part à la protection de Dieu que l'ancien peuple. Cest donc avec raison que l'apôtre emploie ce passage , pour inspirer aux Hébreux de la confiance.
6. Ità ut confidenter dicamus : Do- 6. Et c'est pour cela que nous disons minus mihi adjutor : non timebo quid avec assurance : Le Seigneur est mou faciat mihihomo (2). secours : je ne craindrai point ce que
l'homme fera contre moi.
Le Seigneur est mon secours. Je ne craindrai point ce que Vhomme fera contre moi. Ce second passage est tiré du psaume 1 17. v. 6. Saint Paul s'en sert avantageusement, pour soutenir le courage des Hébreux , qui pour la religion étaient exposés é être dépouillés de leurs biens par leurs persécuteurs. Il faut soigneusement remarquer l'antithèse qui se trouve ici entre Dieu et l'homme. Le prophète dit à peu près la même chose auPsdume55, v. 5. In Deo speravi ^ non timebo quid facial mihi euro; où l'houioie est appelé chair, pour marquer encore davantage sa faiblesse.
7. Mementote prœpositorum ves- 7. Remettez-vous devant les yeux ceux trorum , qui vobis locuti sunt verbum qui vous ont gouvernés , et qui vous ont Dei : quorum intuentes exitum con- enseigné la parole de Dieu : et , faisant réversationls , imitamini fidem. flexion oti leur conduite a abouti , imitez
leur foi,
Remettex-vous devant les yeux ceux qui mous ont gouvernés. C'est-à-dire les apôtres et les autres disciples que vous avez eus pour guides et pour maîtres dans la religion de Jésus-Christ que vous avez embrassée. Saint Paul parle ici surtout de ceux qui étaient déjà morts , comme il le marque par les paroles suivantes, et faisant réflexion où leur conduite a abouti ^ imitez leur foi; c'est-à-dire considérant attentivement la sainte vie qu'ils ont menée, et la glorieuse mort qui en a été la fin et le ternie , imitez leur foi ^ qui en a été le principe.
8. Jésus Christus heri , et hodie: 8. Ce que Jésus-Christ était hier, il Test ipse et in saecula. encore aujourd'hui ; et il l'est pour tous
les siècles.
Ce que Jésus-Christ était hier , il l'est encore aujourd'hui , et il l'est pour tous les siècles. Saint Chrysostôme, et Théopbylacte après lui, croient que ceci est dit pour soutenir les Hébreux contre des séducteuis qui voulaient leur persuader que Jésus- Christ étant mort, ils devaient attendre un autre Messie. Non, dit l'apôtre , Jésus» Christ est encore aujourd'hui ce qu'il a été hier, c'est-à-dire par le temps passé ; et il le sera dans tous les siècles. Il est plus naturel de rapporter ce texte à ce qui précède de cette sorte : Imitez la foi des premiers apôtres, qui vous ont annoncé l'Ëvangile; afin que vous meniez une vie aussi sainte qu'ils ont fait, et que par là vous puissiex vous procurer une mort aussi précieuse aux yeux de Dieu que la leur l'a été. 11 no tient qu'à vous de suivre leur exemple. Ce que Jésus^Christ était hier à leur égard , il l'est encore aujourd'hui pour vous. Il ne les a pas abandonnés et il ne vous abandonnera pas non plus. 11 les a secourus en tout, et il est disposé à vous secourir tout de même : ce qu'il a fait peureux, ce qu'il fait encore aujourd'hui pour vous, il la fera dans tous les siècles pour tous ceux qui seront attachés à son service. C'est la seconde explication que Théopbylacte apporte, et qui est de beaucoup préférable à la première.
9. Doctrinis variis et peregrinis no- 9. Gardez-vous bien de vous laisser lite abduci. Optimum est enim gratià aller à la variété des opinions, ou à des stabilire cor , non escis , quae non pro- doctrines étrangères. Car c'est une chose fuerunt ambulaniibus in eis. très-avantageuse que de fortifier son coeur
par la grâce » et non par des viandes qui n'ont servi de rien à ceux qui en ont usé.
Il) Jos. !..'>. — ^2) Ps. 117. 6.