CHAPITRE XUt. &6S
Gardez»9oUt bien de t:ouâ lais$er aller à la variété des opinioni , fit à det dodrineê élrangéres. Il y a dans le texte grec jjl^ ne^tfépettOef ne cireumferamini. C'est ainsi qu6 notre interprète a rendu le même terme, Eph. 4. 14 , au lieu qu'il le traduit ici par ahduci^ ayant trouvé dans ses maDuscrits Tz«i>ctfip€9tt f comme on lit encore dans plusieurs. Il paraît que l'interprète syriaque a lu de même dans les siens. Doclrinit f>ariis et peregrinis. Tous les interprètes conviennent que saint Paul marque par U les hérésies de son temps, et celles qu'il prévoyait devoir s'élever dans l'Ëglise. Dans TEgUse catholique il n'y a qu'une foi, qui est toujours la même, et qui ne change jaoïais : mais les hérétiques qui la combottent, se divisent entre eux, et enfantent des erreurs différentes et contraires les unes aux autres. Chaque hérétique n'est pas méroe longtemps d'accord avec lui-même , et ses disciples le sont eucore moins aveu lui; parce que n'ayant aucune règle fixe, et ne suivant que leur esprit particulier, c'est une nécessité qu'ils se divisent , et qu'il y ait presque autant de religions que de personnes, comme saint Hilaire le remarque dans son livre à l'empereur Constantius. Saint Paul appelle encore les hérésies des doctrines étrangères , c'est-à-dire que les hérétiques ont apportées de dehors , et qui sont contraires à celle qu'ils avaient apprise dans l'Eglise . — Car c'est une chose très~avantageuse de fortifier son cœur par la grâce, et non par des mandes qui n'ont servi de rien d ceux qui en ont usé. Saint Paul , après avoir averti les Hébreux de se tenir en garde contre les doctrines étrangères, leur marque que c'est de la grâce de Jésus-Christ et de son Evangile qu'ils doivent attendre leur force et leur salut, et non pas du choix superstitieux des viandes que les judaîsans voulaient introduire dans l'Eglise. C'est le sens que Théodoret donnée ces paroles : Prœeipit , dit-il , ut in doctrine christianà permaneant , et observationes légales relinquant. Par la grâce ^W est très-ordinaire à saint Paul d'entendre l'Evangile et la doctrine de Jésus-Christ : Act. 13,43. 14, 3. 15, 1 1. Rora. 6, 14. Gai. 2, 21. 5, 4, etc. Par les viandes on peut encore entendre celles qui avaient été immolées à Dieu dans le temple. Les Juifs croyaient que ces viandes étaient saintes, et capables de sanctifier ceux qui en mangeaient. Saint Paul au contraire déolare aux Hébreux qu'elles n'ont servi de rien d ceux qui en ont usé^ c'est-à-dire qu'elles n'ont ;pu leur communiquer aucune sainteté \éritttble. C'est ceque Jérémie avait déjà déclaré en ces termes, c 1 1, T. 15. Numquid carnes sanctm auferent d te malitias tuas?
10. Habeinus altare , de quo edere 10. Nous avons un autel , dont ceux n habent potestatem, qui ta berna- qui servent au Gulo deserviunt. de se nourrir.
Nous avons un autel , dont ceux qui servent au tabernacle , n*ont pas droit de se nourrir. L'autel se prend ici pour la victime immolée sur l'autel. Nous avons dans la loi nouvelle une viilime bien plus parfaite que celles de l'ancienne alliance, qui ne pouvaient pas sanctifier ceux qui s'en nourrissaient. Hais cette victime ne peut être la nourriture de ceux qui servent au tabernacle^ c'est-à-dire de ceux qui sont eucore attachés à la loi de Moïse, et qui veulent à quelque prix que ce soit la conserver. Saint Paul veut par là faire entendre nux Hébreux , que ceux qui veulent avoir part à la grâce de Jésus-Christ, doivent absolument abandonner la loi de Moïse. Par cet autel que nous avons , tous les Pères grecs et latins entendent le sacrifice non-sanglant , où est offerte la victime qui sert de nourriture à nos âmes. Il est assez surprenant après cela, qu'Estius assure qu'il n'est pas constant que ce soit là le sens de ce passage. H devait se souvenir que les Pères du concile de Trente nous obligent d'expliquer 1 Ecriture suivant le consentement des Pères, qui est sur ce point unanime. Estius avait d'autuut moins de raison de rejeter cette explication, qu'indépendamment du consentement des Pères, elle convient beaucoup mieux au texte de saint Paul, que celle qu'il suit, en l'entendant de l'autel de la croix. Car 1» l'apôtre parle d'un autel que nous avons actuellement, habemus : ce qui ne peut s'entendre de l'autel de la croix. 2o Saint Paul parle d'un autel dont les fidèles peuvent se nourrir en mangeant la victime offerte sur cet autel, edere. Or Jésus-Christ en offrant son sacrifice sanglant sur la croix, ne s'est pas donné à manger. 3" Saint Paul oppose à l'autel de l'ancien tabernacle dont les'Juifs se nourrissaient, l'autel que nous avons dans l'Eglise, et sur lequel nous offrons, non pas la chair des animaux', mais le corps de Jésus-Christ qui sert de nourriture à nos âmes. 4<* L'autel dont nous sommes nourris, est la table du Seigneur, dont il est parlé, I. Cor. lO, 21. Or tous les Pères et les interpi-ètes entendent cela de l'Eucharistie, qui est tout à la fois sacrifice, en tant que nous l'offrons à Dieu; et sacrement, en tant que nous y participons en la mangeant. Il s'ensuit donc de là que dans la nouvelle alliance, nous avons un véritable autel, et par conséquent une^Fie-
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tiiiie et des prêtres ; et que les prétendus réformés, qui n'ont rien de tout cela , ne peuvent être la véritable Ëglise de Jésus'Christ»
11. Quorum cnim animalium in- 11. Aussi brûle-t-on hors du camp le ferlur sauguis pro peccato in sancta corps des aoimaui > dont le sang est porté per pontilicem, horum corpora cre- par le grand- prêtre dans le sanctuaire inantur extra castra (Ij. pour la rémission du péché.
Ausii hrûle-t-on kort du camp le corps de» animaux, dont le sang est porté jmt h grand-prétre dans le sanctuaire pour la rémission du péché, U y a duns le grec et daui Je Itttiii , car on brûle : ce qui marque que saint Paul veut par là prouver ce qu'il a dit immédiatement auparavant, que t*eut qui servaient au tabernacle, n'avaient pan droit de se nourrir de notre autel. La force de sa preuve consiste dans la eonveiiaiHH» de la ligure avec la chose figurée. Toici ce qui est ordonné sur cela dans la Loi. Levit. 16, 27. Of» emportera hors du camp le veau et h houe qui ont été immolés pour le péché y et dont le sang a été porté dans le sanctuaire , pour en faire la cérémonie de l'expiation, et l'on brûlera la peau, la chair et la fiente. Le camp servait de ville aux Isroéiites pendant tout le temps qu'ils furent dan^ le désert; et tout ce qn'il n'était pas permia de faire dans l'enceinte du camp, il ne fut pas permis dans la suite de le faire dans l'enceinte de Jérusalem. Voici mainti^nant comment saint Paul prouve que «eux qui servent au tabernacle, n'ont pas droit de se nourrir de la victime immolée sur notre autel. Les Lévites et le grand-prétre même n'avaient pas droit de manger drs victimes qui avaient été immolées pour l'expiation du péché, parce que la loi ordonne de les brûler. Or ces victimes d'expiation étaient la figure de celle que Jésus- C^hriKt a offerte sur la croix pour l'expiation des péchés de tout le monde, et que nous offrons encore tous les jours sur notre autel. Donc ceux qui servent encore au tabernacle, n'ont pas droit de se nourrir de cette victime.
12. Propter quod et Jésus , ut sanc- 12. C'est aussi par cette raison que Jelificaret per suum sanguinem popu* sus» afin de sanctifier le peuple par soo lum , eitra portam passus est. sang, a souffert hors de la ville.
C'est aussi par cette raison que Jésus , afin de sanctifier le peuple par son song , a souffert hors de la ville. C'est pour accomplir cette figure, que Jesus-Christ est mort »ur le Calvaire, qui était hors de l'enceinte de Jérusalem ; afin que sa croix fût l'autel, dit saint Léon, non pas du temple , mais du monde entier : ut crux Christi non templi esset ara, sed mundi.
13. Exeamus igltur ad eum extra 13. Sortons donc pour aller k lai hors castra, improperlum ejus portantes, du camp, portant ses opprobres.
Sortons donc pour aller à lui hors du camp. Sortir du camp pour aller à Jésus- (ihrist, c'est quitter la loi de Moïse, et abandonner toutes ses cérémonies : Extra castra, dit Théodoret , pro co quod est, recedamus ab institutis legalibus. C'est la conclution que tire l'apôtre de son raisonnement ; et c'est ce qu'il ne s'est point lassé de répéter dans toute cette Ëpître, n'ayant rien plus à cœur que d'éloigner les Qébreux de la loi pour les attacher à Jésus>Christ. — • Portant ses opprobre». C'est comme si l'apôtre dirait : En quittant la loi pour vous attacher â Jéisus-Christ , vous seret regardés par les Juifs comme d'infâmes apostats ; ils vous banniront , ils vous dépouilleront de vos biens, et vous feront souffrir toutes sortes de mauvais traitements : mais vous devez vous estimer heureux d'être revêtus de la livrée de Jésus-Christ , et de porter ses opprobres.
14. Non enimhabcmus hic manen- 14. Car nous n'avons point ici de cité tcm eiviiatem , sed futuram inquiri- qui soit stable; mais nous en cherchous mus (*2). une qui doit être notre demeure.
Car nous n'avons point ici de cité qui soit stable Ne vous mettet pas en peine de ce que vous êtes maintenant si maltraités : car ce n'est pas ici^bas que nous devons trouver notre repos. Nous n'y sommes que comme des étrangers, et noua cberrhoas une cité qui doit être notre demeure. Nous aspirons après le ciel, qui est cette Jérusalem céleste, où nous trouverons un repos stable et la récompense de nos travaux.
(1) Levit. 16. 27. — (2) Mich. 2. lO.