‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 262 sur 364 · CHAPITRE xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE xni

15. Per ipsum ergo offeramus hos- lî$. Offrons donc par lui continuellctîam laudis semper Deo , id est fruc- ment à Dieu un sacriGce de louange : tum labiorum confitentium nomini j'entends le fruit des lèvres qui célèbrent ejus» son nom.

Offrons donc par lui continuellement â Dieu un sacrifiée de louange. Nos actious do grâces , et les autres louanges que nous donnons à Dieu , sont souvent appelées dans l'Ecriture des sacrifices : Psal. 49, 14, 23. Mais afin que ces sacrifices soient efficaces et agréables à Dieu, nous devons les lui o£frir par Jésus-Christ, per ipsum; parce que c'est lui qui est notre médiateur, et que ce n'est que par sa médiation que noua pouvons avoir accès auprès de Dieu , commme le déclare le même apôtre, Bom, 3 , 2. De là vient que TEglise termine ainsi toutes les prières qu'elle adresse à Dieu, par Noire-Seigneur Jésus-Christ. £t quand nous prions les saints d'intercéder pour nous , nous ne blessons en rien la médiation de Jésus-Christ ; parce que nous sommes persuadés que les saints eux-mêmes ne demandent rien que par Jésus-Christ^ et n'ont point d'autre canal pour faire couler sur nous les grâces dont nous avons besoin.

16. Benefîcentiae autem , et com- 16. Au reste, n'oubliez pas la charité , municationis nolite oblivisci : talibus ni de faire part de ce que vous avez : car enim hostiis promeretur Deus. ce sont là les victimes par lesquelles on

se rend Dieu favorable.

Au reste , n'oubliez pas la charité. Souvenez-vous d'exercer la charité envers le prochain , et de lui faire tout le bien que vous pourrez en partageant avec lui ce que Dieu vous a donné. C'est ce que saint Paul marque par ces deux mots, iunoUaç xkI i^.otvavior.Çy heneficentiœ et communionis. C'est ce que l'interprète latin traduit ordinairement ailleurs par communicatio, — Car ce sont là les victimes par lesquelles on se rend Dieu favorable. Cela signifie que ces sacrifices spirituels que nous offrons à Dieu , lui sont tellement agréables, que nous l'engageons par là à nous faire du bien, et à les récompenser. Bèze trouve deux chosf>8 à redire dans la version Vulgate. ]« Que promeretur f pris passivement, est un mot barbare ; en quoi il a été suivi par Ëstius , qui ne le trouve pas as$ez latin , parûm latine. Mais Grotius s'étonne avec raison de la fausse délicatesse de ces critiques. (]ar il n'y a presque point de verbe déponent qui ne se puisse prendre en signification passive, et qui n'y ait été pris en effet par les auteurs de la plus pure latinité. Pline se sert en particulier de mereri dans la signification passive, lorsqu'il dit /. 7. c. 28, Cannis eorona mérita. On en trouve encore des exemples dans Flaute, et dans d'autres anciens auteurs, dans lesquels Estius et Bèzo ne rougiraient point de puiser la pure latinité. La seconde chose qui déplaît â Bèzs dans l'ancienne version , c'est qu'elle corrompt le texte de l'apôtre par une fause interprétation : c'est-à-dire, comme il l'explique, qu'elle insinue le mérite des bonnes œuvres. Mais Bèze lui-même, quelque effort qu'il fasse, ne peut s'empêcher d'insinuer la même chose, en traduisant , talibus enim victimis delectatur Deus, Car si les louanges que nous rendons à Dieu, les aumônes que nous faisons à ceux qui sont dans l'indigence, et nos autres bonnes œuvres sont des sacrifices agréables à Dieu , et qui lui fassent plaisir; il s'ensuit delà que ce ne sont pas autant de péchés, comme Bèze le soutient avec toute la nouvelle réforme. D'ailleurs , peut-on douter que des œuvres qui sont agréables à Dieu , et qui lui font plaisir ne nous rendent véritablement dignes de ses bienfaits. Or voilà ce que nous appelons mérite des bonnes œuvres , qui est si peu contraire à l'unique oblation de Jésus-Christ, que c'est sur cela même qu'il est appuyé, et qu'il en tire toute sa valeur.

17. Obedite praepositis vestris, et 17. Obéissez à ceux qui sont établit subjacete eis. Ipsi enim per vigilant , pour vous gouverner , et ayez de la souquasi rationem pro animabus vestris mission pour eui : parce qu'ils veillent reddituri, utcumgaudio hocfaciant, comme ayant à rendre compte de vos et non gementes : hoc enim non expe- âmes : afin qu'ils le fassent avec joie, et dit vobis. non en gémissant : ce qui ne vous serait

pas ayantageux.

Obéissez à ceux qui sont établis pour vous gouverner. II s'agit ici de gouvernement spirituel , qui appartient aux éxéques, comme Tbéophylacte l'a remarqué : episcopos hic intelligit. C'est ce que saint Paul marque bien clairement , en ajoutant qu'ils veillent comme ayant à rendre compte de nos âiiiOs. Il s'ensuit donc de là que les

évéqiips et les prélats ecclésiastiques ont le pouvoir de faire des lois qni obligent en conscience. Car l'obligation d'obéir dans les uns, suppose le pouvoir de commander dans les autres. Calvin pour éluder cette preuve , dit que saint Paul nous commande ici d'embrasser avec obéissance la doctrine des bons pasteurs , et de suivre leurs sages conseils. Mais il ne s'agit point ici précisément de la doctrine, mais du gouvernement; et saint Paul ne parla point de conseils , mais de préceptes : ce qui est relatif é Tobéis* sance. — Parce qu'ils veillent comme ayant â rendre compte de vos âmes. C'est-à-dire parce qu'ils sont établis pour veiller , que c'est là leur devoir , que leur ministère exige cette vigilance* Ce n'est donc pas à dire , comme le prétend encore Calvin , que nous ne devions l'obéissance aux évêques / que quand ils sont gens de bien , et qu'ib font l'office de bons pasteurs. Car Jésus-Christ lui-même nous ordonne d'obéir à ceux qui sont assis sur la chaire de Moïse , au même temps qu'il nous défend de suivre l'exemple de leur mauvaise vie : Malt. 23 , 3. Et saint Paul oblige les fidèles d'obéir aux puissances temporelles, quelque dur et fâcheux que soit leur gouvernement: Eph, (>, 5. Col, 3 , 20. Il n'y a qu'un cas où l'Ecriture et les Pères nous défendent de nous soumettre à nos pasteurs , et nous ordonnent même de les éviter : c'est lorsqu'ils attaquent ouvertement la foi de l'Eglise , et qu'ils sont notoirement hérétiques. Car alors Jésus-Christ veut que nous les regardions comme des païens et des publicaius : Matt. 18, 17 Saint Paul veut que nous les évitions avec soin : TU, 3. 10. Et saint Jean ne nous permet pas même de les saluer : 2. Joan. 10. C'est ce que saint Chrysostôme et Thcophylacte remarquent sur cet endroit de saint Paul. S'il est mauvais selon la foi, dit celui-ci , fuyez-le quand ce serait un ange descendu du ciel ; mais s'il est mauvais dans sps mœurs , vous devei lui rendre obéissance : Si circa /idem , fuge eum , eliam si angélus de cœlo fueril : sin aulem in moribus malus sil , obtempéra et. La raison que Théophylncte apporte de celle différence , est tres-sensee. C'est que celui qui vit dan» le désordie n'entreprendra pas de l'enseigner aux autres : mais celui qui est corrompu dans la foi , n'épargnera rien pour inspirer ses sentiments aux peuples qui lui sont soumis. Ce qui ne vous serait pas avantageux. Si au lieu de causer de la joie à vos pasteurs par votre soumission et votre bonne conduite , vous les faisiez gémir par voire désobéi.ssunce , Dieu vous punirait, et d'ailleurs l'amertume et le chagrin que vous répandriez dans leurs cœurs les rendrait moins propres à s'acquitter de leur ministère auprès de vous.

18. Orate pro nobis : confidimus 18. Priez pour nous : car nous sommes enim quia bonam conscientiam babe- assurés que notre conscience est droite mus in omnibus bené volenles con- dans le désir que nous avons de nous bien versari. comporter en toutes choses»

Priez pour nous : car nous sommes assurés que notre conscience est droite. C'est comme si l'apôtre disait : vous devez m'accorder le secours de vos prières , comme à un homme qui vous aime tendrement, à qui sa conscience ne reproche rien daasla conduite qu'il a tenue à vofre égard , et qui n'a en tout cherché que votre plus grand avantage. L'apôtre se sert de la même raison pour engager les Corinthiens é prier Dieu pour lui , 2. Cor» I , H et 12. Et saint Chrysostôme remarque que ce n'est pas sans sujet qu'il emploie ici cette même raison, ayant été décrié auprès des Hébreux comme un apostat et un déserteur de la loi.

19. Ampliùs autem deprecor vos 19. Or, je vous conjure encore plus îdshoc facere» quô celeriùs restituer tamment de le faire* afin que j'en sois vobis. plus tôt de retour auprès de vous.

20. Deus autem pacis , qui eduxit 20. Cependant , que le Dieu de paix de mortuis pastorem magnum ovium, qui , par la vertu du sang de l'alliance in sanguine testament! aelerni , Domi- éternelle , a tiré d'entre les morts le grand num nostrum Jesum Christum , pasteur des ouailles , Jésus-Christ Notre-

Seigneur ,

Cependant ^ que te Dieu de paix ^ qui par la vertu du sang de V alliance éternelle, a tiré d'entre les morts h grand pasteur des ouailles, Jésus-Christ Sotre-Seigneur. Il y a de l'anibiguité dans le texte grec et dans le latin. Car on peut rapporter i» sanguine ou à eduxit, ou à pastorem magnum. Suivant la première explication , saint Paul veut dire que Dieu le Père a ressuscité son Fils par le mérite du sang qu'il a répandu sur la croix. C'est ce qu'enseigne plus clairement le même apôtre , Phil. 2, 8. Suivant la seconde expli<>ation, saint Paul iriarque que Dieu a ressuscité Jésus-Christ Xotre- Seigneur , qui , par le sang qu'il a répandu sur la croix , est devenu le grand pasteur

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