‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 263 sur 364 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

des ouaillec. Dieu est appelé le Dieu de paix, parce qu'il en est l'auteur, et qu'il l'aime ; ou bien parce qu'il a fait la paix avec nous, en nous réconciliant avec lui par Jésus» Christ. Jésus-Christ est appelé le grand patleur, pour le distinguer des pasteurs inférieurs , dont saint Paul venait de parler. C'est ainsi que saint Pierre l'appelle le princ0 de» pasteur» , àpx^'^oi/Â.^v , 1 . Pet, 5, 4. Il est le grand pasteur des ouailles , c'est-à-dire généralement de tous les hommes, pour lesquels il a versé son sang coufurniément à la volonté de son Père, qui veut tous les sauver, 1. Timolh. 2, 4. 6, l. Joan. 2,2. et plus particulièrement fous les fidèles , 1. Timolh. 4, lO. qui croient en lui, et qui composent son Eglise, laquelle est sa bergerie : Joan. 10, 16. 11 est le pasteur des ouailles par la vertu du sang de Valliance éternelle; parce que c'est par son sang qu'il a établi la nouvelle alliance, qui est appelée éternelle , par opposition à l'ancienne, qui u'av«it été établie que pour uu temps.

21. Aptet vos in omni bono, ut fa- 21. Vous rende propres à tout bien , ciatis ejus voluntalem : faciens in vo- aBn que vous accomplissiez sa volonté : bis quod placeat coram se per Jesum opérant en vous ce qui lui est agréable Christum : oui est gloria in saecula par Jésus-Christ, auquel appartient la scpculorum. Âmen. gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Vous rende propres à tout bien. Que le Dieu de paix vous rende propres pour toutes sortes de bonnes œuvres, opérant en vous ce qui lui est agréable; c'est-à-dire vous faisant pratiquer les plus héroïques vertus. Il s'ensuit de là que de nous-mêmes nous ne sommes point propres à faire aucune œuvre de piété; et que quand nous en faisons c'est Dieu qui nous les fait faire en les opérant en nous par sa grâce. C'est donc à lui que nous sommes redevables de tout le bien qui lui plaît dans nous , c'est lui qui nous le donne. Mais il faut remarquer avec saint Augustin , l. de gral, et lib, arbitr, c. 15. ft. 31 . que Dieu nous donne tout cela dans ce sens, qu'il nous aide pour le faire : dat quod julet, cûm adjuvat ut faciat oui jubet; et qu'il nous aide pour le faire par le secours d'uue grâce, qui ne nous détermine pas nécessairement à le faire; mais à laquelle nous pouvons donner, ou refuser notre consentement, comme le dit en termes exprès le même saint Augustin, lib, de Spir. et Liti. c. 34. n. 60, et après lui le concile de Trente, Sess. 6. Can. 4. Voilà ce que la foi nous enseigne, et contre les pélagiens, et contre les calvinistes et leurs sectateurs; et ce qu'on peut facilement prouver par cet endroit de saint Paul. Mais vouloir de plus disputer sur la nature de re secours , comme fait ici Ëstius, auquel le nouveau commentateur français nous renvoie; c'est ce qu'on peut faire dans les écoles, et ce qui ne convient point à uu interprète, qui s'expose par là à donner à ses lecteurs ses propres préventions au lieu de la parole de Dieu qu'il explique.

22. Bogo autem vos, fratres, ut 22. Du reste, je vous prie, mes frères, sufferatis verbum solatii. Etenim per- de prendre eu bonne part ce que je vous paucis scripsi vobis. ai dit pour votre consolation. Car je vous

ai écrit succinctement.

23. Cognoscitefratrem nostrum Ti-^ 23. Vous saurez que Timothée, notre niotheum dimissum : cum quo (si ce- frère , a été mis en liberté : et j'irai vous leriùs venerit) videbo vos. voir avec lui, s'il arrive assez tôt.

Vous saurez que Timothée , notre frère, a été mis en liberté. En grec yivôaxsTs , qui peut signifier cognoscite , ccmme a traduit notre interprète , ou noslis ou cognoscitis , comme Erasme et Bèze ont rendu. Mais il paraît que l'ancien interprète a mieux pris le sens de l'apôtre , qui veut sans doute apprendre aux Hébreux une nouvelle qu'ils ne savaient pas, comme étant fort éloignés de Timothée , qui devait le venir joindre au premier jour. Vous savez que Timothée , notre frère , etc. Ce mot notre n'est point dans le grec ordinaire; mais il se trouve dans les manuscrits de Clermont et d'Alexandrie , comme dans le syriaque et dans l'éthiopien , et Bèze lui-même l'a inséré en lettres arabiques dans sa version. A été mis en liberté , à7ro^e).u/A^vov , dimissum., ou solutum. D'où saint Chrysostôme et les autres Grecs, aussi bien que Primase, saint ânselme et saint Thomas concluent que Timothée avait été mis dans les fers; mais on ne sait où , nia quelle occasion. — Et j'irai vous voir avec lui , s'il arrive assez tôt. Par où saint Paul insinue aux Hébreux que s'il tarde à venir, il partira tout seul, dans l'impatience où il est de les voir.

24. Salutale omnes prspositos ves- 24. Saluez tous ceux qui sont établis

tros, et omnes sanctos. Salutaot vos pour vous gouverner, et tous les saints. de ItaliA fratres. Nos frères qui sont en Italie vous saluent.

Saluez tous ceux qui iofkt établis pour vous gouverner. Il parait par là qne celte lettre n'a pas été adressée a\XX pasteurs , mais aux simples fidèles. Théopliylaete croit que Tapôtre en a usé ainsi , pOur ménager leur faiblesse , et animer leur bienveillauce en leur faisant cet honneur. -*iVo« frères qui sont en Italie vous saluent. Plusieurs ÏDterprètes concluent de là que cette lettre n'a pas été écrite de Rome , mais de quel qu'autre ville d'Italie : mais cela ne prouve rien. Car on ne peut pas douter qu'il n'f eût à Rome des fidèles de la plupart des villes d'Italie , qui étaient venus dans cetta capitale , ou pour leur propres affaires , ou attirés par la réputation de saint Paul.

25. Gratis] cum omnibus Yobis. 25. La grâce soit avec tous tou0. Amen. Amen.

La grâce soit avec vous tous. Les Pères grecs entendent par là la rémission des péchés, et Primase la foi avec les bonnes œuvres. Il vaut mieux laisser ce terme dans toute sa généralité , et le prendre pour tout don gratuit , qui nous a été mérité par le sang da Jésui-Christ , et que Dieu nous donne pour nous conduire à la vie éternelle.

EPITRË CATHOLIQUE

DE

Page 1