‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 265 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

à mort par Hérode dons nn temps que le christianisme ne s'était presque pas r^panda hors de ta Judée, comme il est marqué au chapitre 12 des Actes. Aussi, presque tous les interprètes catholiques et protestants l'attribuent à saint Jacques le jHineur fils d'Alphée et surnommé le juste . et frère du Seij^neur. Grutius et liammond en attrihuant cette épitre à Jacques , frère du Seigneur, surnommé le juste , prétendent qu'il est distingué des deux apôtres de ce nom, et qu'il n'était que simple é«éque de Jérusalem. Mais les conciles et les Pères que nous avons cités , disent manifestement le contraire; et saint Paul lui-même ne nous permet pas de douter que Jacques le frère du Seigneur n'ait élé apôtre, lorsqu'il dit, Gai. l , 19, qu'étant venu a Jérusalem où il conféra avec Pierre , il n'y vit aucun autre des apôtres que Jacques le frère du Seigneur. Alium autem aposlolorum vidi neminem, niât Jacohum fratrem Domini, Ile ce que saint Jacques ne prend ici la qualité que de terviteur de Dieu et de Notre- Seigneur Jésui-Chriel ^ Cajelan en conclut qu'il n'était pas apôtre, et c'est aussi une des raisons de Grotius. Mais on pourrait de la même manière prouver que l'épitre aux Philippiens , les deux aux Thessaloniciens et celle à Philemon ne sont pas de saint Paul apôtre, parce qu'il n'y prend pas cette qualité. Par la même raison saint Jean ne sera pas auteur des trois épitres qui portent son nom ; et cependant jamais personne ne lui a disputé la première. -— Aux douze tribui qui sont dispersées , salut. C'est-é-dire a ceux des douze tribus qui ont embrassé la fut de Jésus-Christ , et qui pour cette raison se trouxent exilés et dispersés dans différentes provinces, salut, il est surprenant que Cajetan se soit servi de cet endroit pour rejeter cette épître, sous prétexte que cette manière de saluer n'avait rien d'apostolique , et était tout profane , saint Jacques n'y parlant ni de Jésus-Christ, ni de grâce, ni de paix. Cajetan avait-H donc oublié la lettre que les apôtres écrivirent à ceux d'Antioche, Act. 15, 23, et dans laquelle on trouve la même manière de saluer?

2. Omne çaudium existimate, fra- 2. Soyez persuadés, mes frères, que très mei » cum in tentationes varias vous avez tout sujet de vous réjouir, lorsiiicideritis ; que vous serez mis à diverses épreuves;

Vous avez tout sujet de vous réjouir, itôt^av xajoâv riy^7«(jBe , omne gaudium exittimale. Vous devex avoir une grande joie, une joie pleine et parfaite. On trouve souvent de pareilles expressions dans l'Ecriture. Philipp. 2, 29 : cum omni gaudio. 1. Timoth. 1, 16 : omnem patientiam, I . Petr. 2, 15 : in omni timoré Act, 17, 1 1 : cum omni ortditate. — Lorsque vous serez mis d diverses épreuves. Par ces épreuves , il faut entendre la perte des biens, l'exil et les autres persécutions, auxquelles les Juifs convertis étaient exposés à cause de leur foi.

3. Scientes qudd probatio fidei ves- 3. Sachant que ce qui éprouve votre trn patientiani operatur (1). fol « produit la patience.

Sachant que ce qui éprouve votre foi, produit la patience. Les persécutions qui éprouvent notre foi, produisent la patience; parce qu'elles donnent occasion de la pratiquer, et de celte sorte la nourrissent, l'entretiennent et la perfectionnent. Au lieu que saint Jacques dit ici que l'épreuve produit la patience , saint Paul dit au contraire Rom, 5,3, que c'est la patience qui produit l'épreuve. Cette contrariété apparente vient de la différente signification du mot probatio. Car dans saint Jacques il se prend pour la tribulHtion , qui nous éprouve; et dans saint Paul pour la preuve que nous donnons de notre foi et de notre attachement au service de Dieu. Or l'épreuve prise dans le premier sens produit la patience comme le bois produit le feu, en lui servant de matière, et en lui donnant lieu de s'accroître et de s'augmenter : et la patience produit l'épreuve prise dans le second sens , parce que c'est par notre patience que nous donnons des pieuves de notre foi. C'est^ce qui parait encore mieux dans le grec, où au lieu de probatio il y a dans saint Paul ioxifi^ , et dans saint Jacques ioxi/un,

4. Patienlla autem opus perfectum 4. Or , l'ouvrage de la patience est parhabet : ut sitis perfecli et iutegri , in fait ; afin que vous soyez parfaits , et que nullo déficientes. vous ayez tout ce que vous devez avoir,

sans que rien vous manque.

Or l'ouvrage de la patience est parfait. L'ouvrage parfait de la patience n'est autre chose que la persévérance de la patience même , à laquelle saint Jacques exhorte lei

(l) Rom. 5. 3.

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