‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 269 sur 364 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

JVip sont-ce pai des geni pauvres en ce monde que Dieu a choisis. C'est cnmme si saint Jacques disait : Voyez combien vous «les iiijusies dans vos jugements. Vous méprisez les pauirres, et ce sont ceui-la principalement que Dieu a choisis pour être les membreii de son Eglise et les héritiers de son royaume. Dieu a choisi des riches aussi bien que des pauvres; mais afin qu'il ne parût rien que de divin dans l'établissement de «on Eglise, il a au commencement donné la préférence aux pauvres, qui sont riches dans la foi par le choix que Dieu en a fait. Car il les a choisis pour les rendre riches dans la foi , et non pas parce qu'ils étaient tels.

6. Vos autera eihonoràstis pau- 6. Et vous , vous avez traité le pauvre perem. avec mépris.

Nonne divites per potentiam opçri- Ne sont-ce pas les riches qui vous op-' raunt vos , et ipsi trahunt vos ad ju- priment par leur pouvoir ? Et ne vous dicia ? trainent-iis paseui-méraes aux tribunaui ?

iVe tonPrepas les riches qui vous oppriment par leur pouvoir. La préférence que vous donnes aux riches par-dessus les pouvres. est d'autant plus déraisonnable, que ce sont les riches qui vous oppriment par leur violence.

7. Nonne ipsi blasphémant bonum 7. Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le Domen, quod invocatum est super vos? nom salutaire qui a été invoqué sur vous ?

Ife soni'Cepas eux qui blasphèment le nom salutaire quia été invoqué sur vous, (lomme saint Jacques ne parle ici que de la préférence que Ton donnait aux riches par<-dessus les pauvres dans les assemblées chrétiennes; ceci ne doit pas s'entendre des riches infidèles, mais des chrétiens qui blasphèment , c'est-é-dire qui par les outrages qu'ils font aux pauvres, et les autres dérèglement; de leur vie , font blasphémer le nom salutaire qui a été invoqué sur vous^ c'est-à-dire le nom salutaire de Jésus-Christ d'où vnns tiret le nom de chrétiens que vous portez. C'est un hébraîsme, dont on peut voir des exemples, Gen. 48, 16. Deui. 28, 10. Isai. 4,1.

8. Si tamen legem perficitts rega- 8. Après tout , si vous accomplissez la lein secundùm scripfur.is : Diliges loi royale selon qu'il est écrit : Vous aiproximum tuum sicat teipsum : bene roerez votre prochain comme vous-même : facitis (1). vous faites bien.

jipris tout , «t vous accomplissez la loi royale, etc. Les fidèles pouvaient répondre qu'ils honoraient les riches pour obéir au précepte de la charité. Saint Jacques rép«ind que ce n'est pas là ce qu'il reprend dans leur conduite, et qu'il ne condamne ces hon-* neun, qu'en tant qu'ils sont fondés sur une injuste aa^eptton de personnes qui fasse honorer les riches précisément à cause de leurs richesses, et au préjudice des pauvres de Jésus-Christ. La loi royale dont il est ici parlé, n'est autre chose que la loi de la rharité , qui est la reine de toutes les vertus et qui nous a été spécialement imposée par Jésus-Christ notre roi : Joan, 18, 37. Apoe, 1 , 5.

9. Si autem personas accipitis» pec- 9. Que si vous faites acception des percatum operamini , redarguti à Jege sonnes , vous péchez , et la loi vous conquasi transgressores. damne comme des transgresseurs.

10. Quieumque autem totam legem 10. Or quiconque aura observé la loi servaverit , ouendal autem in uno , tout entière , s'il vient à manquer en un faclus est omnium reus. seul point , il se rend coupable sur tout le

reste.

S'il vient û manquer dans un seul point , il se rend coupable de tout le reste. Ce n'est pas que tous les péchés soient égaux, comme l'ont prétendu les stoïciens; ou que celui qui a violé la loi dans un point, soit aussi coupable, que s'il l'avait transgressée dans tous les autres. Mais il se rend coupable sur tout h reste ^ en ce sens , qu'en violant un article de la loi , il méprise l'autorité du législateur , qui doit également nous porter a l'observation de tous les autres, qu'il se rend parla indigne des récompenses attachées à l'observance de la loi ; et qu'en commettant un seul péché mortel , il mérite l'enfer , comme s'il avait commis tous les autres, quoique le supplice auquel il estcoudaumé ne soit pas si rigoureux. C'est ainsi que le vénérable Dède explique ce passage, et le verset suivant marque clairement que c'est là son véritable sens.

(l)Levit. 19. 18.-Matth. 22. 39. -Marc. 12 31. -Rom. 13. 9. -Gai. 5. 14.- Le\it. 19. 15. - Sup. 1. - Matth. 5. 19.

11. Qui enim dîxil , non mœchabe- 11. Car celui qui a dit : vous ne comris, dixit et , non occides. Quôd si mettrez point d'adultère, a dit aussi: non mœchaberls , occides aulem , fac- vous ne ferez point d'homicide. Que si ne lus es transgressor legis. commettant point d'adultère , tous \enez

à faire un homicide , \ous devenez transgresseur de la loi.

12. Sic loquimini , et sic facite , si- 12. Parlez et agissez comme des gens eut per legem libertalis , incipientes qui vont être jugés par la loi de liberté, judicari.

Qui vont être jugée par la loi de liberté. C'est-à-dire par la loi de l'Evangile, qui doit être la règle do nos mœurs, et suivant laquelle nous serons jugés au tribunal de Jésus-Clirisf. Elle est appelée loi de liberté ; parce qu'elle affranchit du péché et de ses suites ceux qui s'y soumettent.

13. Judicium enim sine misericor- 13. Car la justice s'exerce sans miséridià illi, qui non fecit misericordiam : corde envers celui qui n'a point usé de supcrexaltat autem misericordia judi- miséricorde. Or, la miséricorde l'emporte cium. sur la justice.

Or la miséricorde Vemporfe tur la justice. Quelques-uns entendent ceci de la miséricorde de Dieu : mais cette explication paraît contraire à ce que dit saint Jacqufs dans ce \erset, que la justice de Dieu s'exerce sans miséricorde envers celui qui n'a point usé de miséricorde , l'apôtre veut donc dire ici que la miséricorde que les fidèles exercent envers leurs frères, Veuiporte sur la justice de Dieu : c'est-à-dire que les œuvres de miséricorde qu'ils portent au tribunal de Dieu, les mettent à couvert de sa jusHce, et forcent en quelque sorte Dieu lui-même à leur faire miséricorde.

14. Quid proderît, fratres mei . si 14. Mes frères, si quelqu'un dit qu'il fidem quis dicat se habere , opéra a la foi» et qu'il n'ait point les œuvres, autem non habeat? Numquid poterit de quoi cela lui servira-t-il? Est-ce que Gdes salvare eum? la foi le pourra sauver?

Mes frères , si quelqu'un dit qu'il a la foi , et qu'il n'aii point les œuvres , de quoi cela lui servira-t-iL C'est surtout cet endroit qui a déterminé Luther à rejeter cette épître ; parce qu'il a bien vu qu'il était impossible d'en concilier la doctrine avec son dogme favori de la seule foi justifiante, qu'il s'iina{>inait trouver clairement établi dans suint Paul. Et cependant saint Jacques n'enseigne ici rien que ce que saint Paul en6ei{>ne lui-même, I Cor. 13, 2, que quand il aurait tout ce qu'on peut avoir de foi , jusqu'à faire changer de place aux montagnes , et que la charité lui manquât , cela ne lui servirait de rien. — Saint Aug, L defide et oper. c. 16 , assure que dès la naissance de l'Eglise il y eut des hérétiques qui abusant de ces passages de saint Paul, prétendirent que la seule foi justifiait sans le secours des bonnes œuvres. C'est là cependant l'erreur que les luthériens et les calvinistes ont trouvé à propos de ressusciter, et de paser pour le fondement de leur nouvelle réforme Mais les plus habiles d'entre eux en ont eu honte, et Grotius ne fait point difficulté de dire que tous ceux qui aiment la piété et le salut de leur prochain . doivent s'y opposer. Bèxe dans ses notes sur le nouveau testament s'étend fort au long pour prouver que saint Jacques ne parle que delà profession extérieure de la foi et non pas d'une foi véritable. Mais ce commentaire est réfuté par saint Jacques même. Car cet apôtre parie d'une fui qui avec les bonnes œuvres coopère à notre salut. Or ce fantôme de foi , tel que Bèze se l'imagine, ne peut jamais coopérer à nos bonnes œuvres, et ne peut servir qu'à faire des hypocrites.

15. Si autem frater et soror nudi 15. Que si un de nos frères ou une de sint, etindigeant victu quotidiano(l), nos sœurs manquent d'habit, et qu'ils

n'aient pas de quoi vivre chaque jour,

16. T>irat autem aliquis ex vobis 16. Et que quelqu'un de vous vienne i illis : Ite in pace . calefacimini et sa- leur dire : Allez en paix; puissiez- vous turamini : non dederiiis aulem eis, avoir de quoi vous garantir du froid, et qus necessaria sunt corpori ; quid de quoi vous rassasier , et que vous ne proderit? leur donniez point les choses nécessaires

au corps; que servira cela?

0) l. Joan. 3. 17.

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