‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 272 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

nostris , quae maculât tolum corpus , bres , et elle gâte tout le corps, elle met et inflammat rotam Dativitatis Qustrœ, le feu dans tout le cours de notre vie, indammata à gehencâ. allumée qu'elle est du feu de l'eufer.

La langue est encore un feu. Elle est semblable au feu. Comme il ne faut qu'une éttncetie pour consumer une ville entière : de même il ne faut qu'une parole pour allumer les guerres les plus sanglantes, et consumer les royaumes les plus florissants. C'est un assemblage de toutes sortes d*iniquités , ou comme il y a dans le grec, un monde d' injustices ^ aiusi que nous disons un océan de malheurs. La langue est donc un monde d'injustices; parce qu'il n'y a point de crime dont elle ne puisse être la cause, pu en le faisant elle-même , uu en le persuadant, le commandant, ou l'eiécutant. De cette sorte elle gâte tout le corps de nos actions , et remplit de crimes tout le cours de notre vie; surtout lorsque le démon Texcite, et qu*eUe est allumée du feu de l'enfer,

7. Omnis enim natura bestiarum, 7. Car il n'y a point d^espèces de bêtes et \olucrum , et serpentium , et este- sauvages, d'oiseaux, de serpents, ni rorum domantur, et domita sunt à d'autres animaux que Tbomme ne réduise natuFÂ humanâ. et qu'4] n'ait réduites.

iVt d'autres animaux. Il y a dans le grec ivaXCuv des poissons marins : au lieu que notre interprète à \\xciX)ùyv conformément à d'anciens manuscrits que les correcteurs romains avaient devant les yeux.

8. Linguam autem nuHus bominum 8. Mais la langue , nul homme ne la domare potest : inquietum malum , peut réduire : c'est un mal incapable de plena veneno mortii'ero. repos : elle est remplie d*un poison mortel.

Mais la langue , nul homme ne la peut réduire. C'est une hyperbole qui signifie, qu'il eitt plus difficile de dompter la langue, que d'apprivoiser et de réduire les animaux les plus furouches. Selon saint Augustin personne ne peut réduire la tangue par ses forces naturelles et sans le secours de !a grâce, l. de Nat, et Gra : c. 15. Queîqucs-uus croient que cela doit s'entendre de la langue d'autrui , que personne ne peut empêcher de parler, de médire et de semer des divisions. — C'est un mal incapable de repos. 11 y a maintenant dans le grec âxarâcTXSTov , un mal qu'on ne peut arrêter : mais plusieurs bons manuscrits, et entre autres celui d'Alexandrie, lisent àxaTâfarcv, inquietum.

9. In ips benedicimus Deuro et 9. Par elle nous bénissons Dieu notre patrem : et in ipsà maledicimus ho- Père; et par elle nous maudissons les mines , qui ad similitudinem Dei facti hommes qui sont faits à limage de Dieu. sunt.

Par elle nous bénissons Dieu. C'est comme si l'apôtre disait : la langue est une espèce de monstre; puisque le même membre est employé à bénir Dieu et à maudire les hommes, qui sont faits à la ressemblance de Dieu. On ne voit rien de semblable dans toute la nature , où nous ne remarquons pas que la même cause produise des effets si contraires, comme il paraît par les exemples que saint Jacques fournit daus les versets suivants.

10. Ex ipso ore prccedit benedic- 10. D'une même bouche sort la bénétio, et maledictio. Non oportet, fra- diction et la malédiction. Il ne faut pas. très mei , hsc ita fieri. mes frères » que les choses se fessent de

la sorte.

11. Numquid fons de eodem fora- 11. Est-ce qu'une source donne parle mine émanât dulcem , et amaram même endroit de l'eau douce et de l'eau aquam? amère?

12. Numquid potest , fratres mei, 12. Est-ce que le figuier, mes frères, ficus uvas facere, aut vitis ficus? Sic peut porter des raisins, ou la vigne des neque salsa dulcem potest facere figues? Ainsi d'une eau salée il n'en aquam. peut venir une eau douce.

13. Quis sapiens , et disciplinatus 13. Qui d'entre vous est sage et bien inter vos? Ostendatex bonâ conver- instruit? Que par une bonne conduite il satione operationem suam in mansue- montre avec douceur et avec sagesse ce tudine sapientix. qu'il sait faire.

CnAPITRl IV.

Qui d'entre vous est sage et bien instruit? Saint .Tacques, après avoir parlé contie reux qui s'ingèrent dans le ministère de la parole, fait voir les qualités que doivent avoir ceux qui y prétendent. Il faut, dit-il, que ceux d*entre vous qui aspirent à ce sublime ministère, soient suffisamment instruits des sciences divines et humaines, et qu'ils joignent à cela une éminonte sainleté, une grande sagesse, et beaucoup de douceur.

14. Qu(')d si zclum amarum habe- i 4, Que si vous avez une jalousie amére lis, et contenticnes sint incordibus et un esprit contentieux , ne vous en faites vestris , noiite gloriari , et mendaces point accroire, et n'employez point le esse adversus veritalem. mensonge contre la vérité.

15. IVon est enim ista sapientia de- 15. Car une telle sagesse n'est pas celle sursùm dcscendens; sedlerrena, ani- qui vient d'en haut; mais c'est une samails, diabolica. gesse terrestre, animale, diabolique.

Car une telle sagesse n'est pas celle qui vient d'en haut. La sagesse dont se vantent ces maîtres jaloux et contentieux, ne vient pas d'en haut, n'est pas un don de Dieu , et ne descend pas du Père des lumières, Jac, I, 17. Mais elle est terrestre et avide des biens de la terre , animale par la recherche des biens sensuels , et diabolique par l'orgueil qui lui fait rochercher les honneurs du siècle et sa propre élévation. On trouve la même division de la sagesse mondaine, 1. Joan. 2, 16.

16. Ubi eniro zelus etcont«ntio : ibi 16. Aussi où il y a de la jalousie et de incoDStantia , et omne opus pravum. la contention, là il y a du désordre, et

toute sorte d'actions perverses.

17. Quae autem desursùm est sa- 17. Pour la sagesse qui vient d'en haut, pientia , primùm quidem pudica est ; premièrement elle est chaste ; ensuite elle <ieindè pacifica, modesta, suadibilis, est paisible, modeste, traitable; elle se bonis consentiens, plena misericordiâ, rend à ce qui est bon; elle est pleine de et fructibus bonis , non judicans , sine compassion et de fruits de vertu, ne jusimulatione. géant point, n'usant point de feinte.

Pour la sagesse qui vient d'en haut^ premièrement elle est chaste, àyvh , elle est pure et éloignée de toute corruption : en quoi elle est opposée é la sagesse animale. Ensuite elle est paisible : en quoi elle est contraire à la sagesse des faux docteurs. £lle est traitable, irjmirhçf se laissant aisément persuader, recevant volontiera les avis des autres, et en profitant sans peine. Elle se rend à ce qui est bon. Ceci n'est point dans le texte grec : mais le marquis de Vêtez l'a trouvé dans ses manuscrits d'Espagne. Saint Jacques ajoute que la sagesse d'en haut ne juge point témérairement les actions et les paroles du prochain. £lle est portée à juger favorablement des autres, et â interpréter en bonne part tout ce qu'ils font. Il y a dans le grec à^cxXjOiTOf , ne discernant point : ce qu'OElcumenius explique du discernement des viandes, dont il n'est certainement pas ici question. D'antres l'entendent plus probablement du discernement qu'on fait entre les hommes, et qui a pour principe l'injuste acception des personnes, dont il a été parié ci-rlevant , ch. 2 , v. 4, où le même mot grec est rendu de la même manière par notre interprète : Nonne judicatxs apud vosmetipsos , SuxpiStire ?

18. Fructus autem justitis, in pace 18. Or, ceux qui font des actions de paix, scminatur , facientibus pacem. sèment dans la paix des fruits de justice*

Or ceux qui font des actions de paix , sèment dans la paix des fruits de justice. Ils jettent ici-bas la semence de la vie éternelle qu'ils recevront dans le siècle à venir.

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