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CHAPITRE IV

Il ne faot point suivre ses convoilises, mais il faut résister an démon. Nous devons nous approcher de Dieu , el nous aimer les uns les antres , en abandonnant à la providence divine les choses incertaines.

1. Undè bella et lites in vobis? 1. D'eu viennent les dissensions elles Nonne hinc? Ex concupiscentiis ves- querelles qui sont parmi vous? N est-ce tris, qus militant in mcmbris vestris? pas de ceci ? De vos convoitises , qui font

une guerre dans vos membres ?

•484 IPITRE C4THOLiav£ Dfi S. JiCOVBS.

D'où viennent les dissensionM et le$ querelUê qui sont parmi vous ? Il y a dans le grec , d'où viennent les guerres et les combats ? et dana le latio d'où viennent les guerres et les procès ? Grotius entend par là les guerres qui s'étaient élevées parmi plusieurs sectes des Juifs , et qui sont rapportées par Josephe au vingtième livre de son histoire. Mats saint Jacques écrit aux fidèles ; et il est évident c|u'il n'y avait alors aucune guerre parmi les chrétiens. Cela doit donc s'entendre des divisions et des contestations qoe les îidèlfs avaient entre eux, inter vos, comme on le remarque dans la traduction.— N'est-ce pas de ceci ? De vos convoitises qui font une guerre dans vos membres ? Il y a dans le grec ix rûv ^^ovûv 6/jiâv , ex voluplalibus vestris : ce qui doit s'entendre nonheulement de l'umour du plaisir, mais de toute sorte de convoitises, ou d'amour désordonné des créature». La cupidité prise dans le sens général, est la source des haines, des divisions, des discordes, des séditions, et des guerres qui agitent les hommes , comme les païens eux-mêmes l'ont reconnu , et entre autres Cicîéron l. l, de finibus : ex cupiditatibus odia, dissidia, discordiœ seditiones , bella nascuntur.

2. Goncupisciils * et non habetis : 2. Vous désirez avec passion , et vous occiditis, et zelatis: et non potestis n'avez pas: vous faites des homicides, et adipisci : litigalis et belligeratis , et vous êtes jaloui, sans pouvoir rien obtenon habetis propter quod non postu- nir : vous avez des querelles , et tous yous latis. faites la guerre : cependant vous n'avez

rien , parce que vous ne demandez point.

Vous faites des homicides ^ et vous êtes jaloux. Erasme traduit , invidetisel œmulo' mini , comme s'il y avait dans le grec fBoveire* Mais cela n'est appuyé sur aucun manuscrit, ni sur la version syriaque, ni sur aucun père de l'Eglise; et l'on ne doit pas sur un peut-être se donr.er la liberté de corriger à sa fantaisie le texte sacré. Béie a suivi la conjecture d'Erasme , et Estius avec quelques autres interprètes catholiques ont donné Irop aisément dans les raisons de ces deux téméraires critiques. Au reste, en lisant occidilis, il n'est pas nécessaire de supposer que les meurtres fussent fréquents parmi les premiers fidèles. Car ce terme peut s'entendre des haines mortelles qu'ils se portaient les uns aux autres, suivant ces paroles, 1 , Joan, 3, 15: Omnis enim qui odit fratrem suum , homicida est.

3. Petitis, et non accipitis : eô quôd 3. Vous demandez, et vous ne recevez malè pftatis ; ut in concupiscenliis point ; parce que vous demandez mal , \estris insumatis. pour fournir à vos convoitises.

4. Aduiieri , nescitis quia amicitia 4. Adultères , ne savez-vous pas que hujus mundi inimica est Dei?Qui- l'amitié de ce monde est ennemie de cumque ergo voluerit amicus esse Dieu? Quiconque donc voudra être ami du sœculi hujus, iuimicus Dei consti- siècle» dès* là il devient ennemi de Dieu, tuitur.

Adultères , ne savez-vous pas que T amitié de ce monde est ennemie de Dieu ? Il y a dans le grec p-oixol xal ixot./a\^^&ç , adulteri et adulterœ , adressant la parole aux hommes et aux femmes. Mais te second terme parait ajouté au texte. Car il ne se trouve ni dans le syriaque, ni dans l'éthiopien; et saint Jacques dans toute cette Epître n'adresse jamais sa parole aux femmes. Le mot d'adultères doit se prendre ini dans un sens figuré, pour ceux qui non contents de Dieu auquel ils ont engagé leur foi, donnent leur inclination à des objets qu'il réprouve. Par l'amitié de ce monde , il faut entendre cette triple concupiscence dont nous avons déjà parlé. C'est ce que saint Jacques appelle encore dans ce même verset, l'amitié de ce siècle, et saint Paul , Rom. 8, 7, ^a sagesse de la chair,

5. An putatis quia inaniter Scrip- 5. Pensez-vous que ce soit en vain que tura dicat : ad invidiam concupiscit l'Ecriture dit : l'esprit qui habite en vous, spiritus, qui habitat in vobis? a des désirs qui vont jusqu'à la jalousie?

Pensex-^ous que ce soit en vain que l'Ecriture dit : VespHt qui habite en voue , • des désirs qui vont jusqu'à la jalousie. On peut dire qu'il n'y a point de passage dans l'Euriture plus obscur que celui-ci, ni sur lequel les interprètes se soient davantage partagés. On peut voir leurs différentes explications dans la Synopse des critiques , d'où le Père Colmet les a en partie recueillies : mais elles peuvent toutes se rapporter à deux. Par l'esprit dont parle ici saint Jacques , les uns entendent l'esprit corrompu de l'bomme ; et ils expliquent de cette sorte tout ce passage : ne croyez pas que l'Enriture dise en vain : demandez , et il vous sera accordé. Car si vous oe ressentes pas l'effet de

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