CHAPITRE V
dans le grec ordinaire, ?v« fir, iiç ùnày.pt^iv 7zi<x-nTs, ut non mcidatis in simulationem • au lieu que 1 auteur de la Vulgate a lu hoc ^^ utto x^^atv né^y^rs , vt non mcidatis ik judtctum , ou condemnatwnem. Cette dernière leçon est si évidemirient préférable à 1 autre, que Bèze l'a suivie dans son nouveau Testament grec. Aussi elle est autorisée par «n ancien manuscrit de Bèze , par celui d'Alexandrie , par un autre d'Etienne par le syriaque et l'éthiopien , et par la suite du discours. ' ^
13. Trislaturaliquis vestrûm?oret: 13. Quelqu'un de vous est-il dans l'afœquo animo est ? psallat. fliction ? qu'il prie. A-l-il l'esprii calme ?
qu'il chante des cantiques.
14. Infirmatur quis in vobis? indu- 14. Quelqu'un d'entre vous est-il macat pfesbyteros EcclesisB , et orent lade? qu'il fasse venir les prêtres de l'Esuper euna , ungentes eum oleo in glise , et qu'ils prient sur lui, en lui fainomme Domini : sanl l'opction d huile au nom du Seigneur;
Quelqu'un d'entre vous ett-il malade ? qu'il fasse tenir les fr êtres de l'Eglise Toute Tantiquité chrétienne a toujours entendu cet endroit de saint Jacques du sacrement de r Extrême-Onction; et il n'est pas permis à aucun cathoIi(|ue d'en douter, a|^»rèsque les conciles de Florence et de Trente l'ont solennellement défini. Ces premières paroles, quelqu'un de vous est-il malade? marquent que ce sacrement ne doit être administié qu'à ceux qui sont vraiment, c'est-â-dire danoereusenient malade; et les suivantes nous font connaître qu'il n'y a que les prêtres de l'Eglise, c'est-â-dire ceux qui ont été ordonnés par l'Evêque. qui puissent l'administrer. — Et qu'ils prient sur lui. Cette prière n'est autre que la forme du sacrement que le prêtre prononce sur le malade, per islam sanctam undionem et suam piissimam misericordiam indulgeat tihi pominus, etc, et ces paroles doivent se prononcer sur le malade, en lui faisant l'onction de l'huile, qui est la matière du sacrement Enfin tout cela se doit faire par le prêtre au nom du Seigneur ^ c'est-à-dire que le prêtre dans toute cette cérémonie agit au nom de Dieu, et comme ministre de Jésus-Christ.
15. Et oraiio fidei salvabit infir- 15. El la prière de la foi sauvera le mum, et alleviabit eum Dominus ; et malade. Le Seigneur le soulagera : et s'il SI m peccalis sit, remitienlur ei. a quelques péchés, ils lui seront remis.
Et la prière de la foi sauvera le malade. Cela doit s'entendre surtout du salut de l'âme , comme dans ces paroles au sujet du baptême , Qui crediderit , et hapiisatus fuerit , sahus erit. De plus, le Seigneur le soulagera dans son corps, s'il est expédient au salut de l'âme , ou du moins le fortifiera , lui donnera de la constance pour supporter les douleurs et les autres incommodités de la maladie , et résister aux tentations du démon. — El s'il a quelques péchés , ils lui seront remis. Cela doit s'entendre, et des péchés véniels , et des reste du péché, c'est-à-dire des peines qui n'ont pas été expiées par la pénitence. Les protestants prétendent que saint Jacques ne parle dans tout cet endroit que d'une cérémonie qui était alors en usage pour la guérison naturelle ou miraculeuse des malades. Mais si cela était, saint Jacques aurait dû ordonner d'appeler les médecins , ou ceux qui avaient le don des miracles , et non pas les prêtres de I E;;lise. D'ailleurs . comment peut-on restreindre à la santé du corps une cérémonie à laquelle sont si évidemment attachées la grâce et la rémission des péchés. Enfin la promesse que fait ici saint Jacques est absolue, et il n'y a jauiais rien eu de pareil pour la santé du corps : autrement il faudrait dire que personne ne serait mort du temps des apôtres , que ceux qui n'auraient pas voulu avoir recours à ce remède. Voyez Beilarmin de Sacram. Extremœ-Unctio. C. 3. et seq,
16. Confitemini ergo alterutrum 16. Confessez donc vos péchés l'un à peccata vestra , l'autre ,
Et orate pro invicem, ut salvcmini : Et priez les uns pour les autres, afin multùm enim valet deprecatio justi que vous vous sauviez : car la prière consassidua. tante du juste a un grand pouvoir.
Confessez donc vos péchés l'un à l'autre» La plupart des interprètes catholiques entendent cet endroit de la jconfession sacramentelle, et suivent en cela les anciens Pères, qui sont cités dans Beilarmin et dans Justiniani. Les protestants au contraire veulent que saint Jacques ordonne seulement aux fidèles de se faire un aveu mutuel des fautes qu'ils ont commises les uns contre les autres : ou qu'il leur conseille de déclarer leurs péchés à des personnes pieuses et éclairées, et capables de leur donner
des avis salutaires pour les éviter dans la suite, et de les aider en cela du secours de leurs prières. Cette explication est uniquement fondée sur ce que saint Jacques ne dit pas qu'il faut se confesser aux prêtres , mais les uns aux autres. Rien n'est plus ruineui que ce fondement Car quand saint Jacques dit qu'il faut se confesser les uns aux autres, il veut dire seulement qu'il ne suffit pas de se confesser a Dieu, mais qu'il faut que nous nous confessions à des hommes comme nous, ce qui se doit entendre de ceux à qui Jésus-Christ a donné le pouvoir d'absoudre. C'est comme quand saint Paul, Ephes. 5,21, ordonne aux fidèles d'être soumis les uns aux autres, suhjecti imieem, il ne prétend pas que tous soient réciproquement soumis tes uns aux autres , mais qu'un chacun le soit à ses supérieurs. Tout de même, quand saint Pierre exhorte les fidèles à pratiquer l'hospitalité les uns envers les autres , hospilales invieem , cela ne se doit et ne se peut entendre que de ceux qui sont riches et qui ont des maisons ; et l'apôtre n'a jamais prétendu que ce devoir fût réciproque.
17. Elias homo erat similis ncbis 17. Elle était comme nous un homme passibilis : et oratione oravit ut non sujet aux infirmités : néanmoins il fit une plueret superterram; et nonpluit an- prière pour, qu'il ne plût point sur la nos très, et menses sex (1). terre; et il ne plut point l'espace de trois
ans et six mois.
Elie était un homme comme nous sujet aux infirmités. Saint Jacques pour encourager les fidèles à prier, leur fait remarquer qu'Ëlie qui , par le secours de la prière, a fait de si grandes choses , était un homme sujet aux mêtues infirmités que nous, à la faim , à la soif , à La mort , etc. et qu'ainsi il ne tient qu'à eux d'obtenir ce qu'ils voudroat par le même moyen , s'ils savent en profiter.
18. Et rursùm oravit : et cœlum 18. Il pria une seconde fois, et le ciel dédit pluviam , et terra dédit fructum donna de la pluie; la terre de son côté suum. donna de ses fruits.
19. Fratres mei , si quis ex vobis 19. Mes frères , si quelqu'un d'entre erraverit à veritate , et converterit vous vient à s'égarer du vrai chemin, et quis eum; que quelqu'un l'y mène;
20. Scire débet , quoniàm qui con- 20. Que celui-ci sache que l'homme qui verti fecerit peccatorem ab errore viae fera revenir un pécheur de son égarement, sus, salvabit anirnam ejus à morte, sauvera son âme de la mort, et couvrira et operiet multitudinem peccatorum. le grand nombre des péchés.
Sauvera son âme de la mort. Il y a seulement dans le grec , sauvera une âme : mais le manuscrit d'Alexandrie et plusieurs autres très-anciens ajoutent àuroO ejus, sauvera l'âme de celui qu'il aura converti. II n'appartient proprement qu'à Dieu de sauver un pécheur et de le convertir : mais cela n'empêche pas que l'Ecriture ne parle de ceux qui ont coopéré à une si sainte œuvre, comme s'ils étaient la cause du salut de ceux qui se sont convertis par leur ministère. Rom. Il , 14. 1. Timoth. 4, 16. Jud. 1 , 2«i. — Et couvrira le grand nombre des péchés. Il sera cause qu'il obtienne !e pardon de ses péchés par une salutaire pénitence qui les effacera : car c'est ainsi que les péchés sont couverts aux yeux de Dieu. En lisant àuroD avec un esprit aspiré, cela signifierait que celui qui convertit un pécheur, travaille par cela même à son propre salut, et obtiendra de Dieu la grâce de sa propre conversion , et le pardon de tous les péchés dont il pourra être coupable. Car si l'on rachète ses péchés par les aumônes , pourquoi ne les rachèterait-on pas encore plus efficacement en travaillant à la conversion d'un pécheur.
(l)lllatth. 5.34.