‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 279 sur 364 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

V*e8t eê qui votis fera treifailîir de joie , d'être maintenant , s*il le faut , affligé pour un peu de tempi. h <u in quo : ce qui peut se rapporter à lempore novissimo , qui précède immédiatement , comme s'i) disait : Lorsque ce dernier jour sera venu , 'vouii tressaillerez de joie . après avoir été affligés ici bas quelque temps par difTérente* épreuves. D'autres aiment mieux rapporter m quo , à tout ce qui précède do cette sorte : £n considérant tous les avantages dont je viens de vous parler, la régénération spirituelle par laquelle Dieu vous a mis au nombre de ses enfants , l'héritage céleste qu'il TOUS promet, le secours pour y arriver dont il vous assure ; en considérant, dis-je, tout cela , vous tressaillerez de joie au milieu des persérutions et des différentes épreuves , si la divine providence permet que vous y soyez exposés pour quelque peu de temps. Cette seconde explication est plus conforme au texte grec qui met au présent iv ta àyalXtdtvBs , in quo exultaUs,

7% Ut probatio veslrae fidei multô 7. Afin que votre foi mise à Tépreiive,

Eretiosior auro (quod per ignem pro- et beaucoup plus précieuse que l'or qui

atur) inveniatur in laudem et glo- est éprouve par le feu , soit un sujet de

riam , et honorem , in revelatione Jesu louange , de gloire et d'honneur , lorsque

Christi : Jésus-Christ se fera voir k découvert :

8. Quem cùm non videritis, dilî- 8. Lui que vous aimez sans l'avoir vu : gitis : in quem nunc quoque non lui en qui vous croyez sans le voir encore : videntes creditis ; credentes aulem et c'est parce que vous croyez, que vous exultabitis lœtitiâ inenarrabili , et serez transportés d'une joie ineffable et glorifîcatâ : toute glorieuse :

Lui que vous aimez tans l'avoir tu. Il y a dans le grec ôv oux It^ôrsçj quem cttm non noterilis , que vous avez aimé sans l'avoir connu. Mais on n'umie point une personne sans la connaître, U paraît que notre interprète a lu ôv ovx. IcS'ôvtss , quem cûm non viderilis; et c'est ainsi que le syriaque, l'arube et l'éthiopien ont traduit, (lalvin et Bèze ont pareillement suivi la Vulgate , en traduisant quem cûm non videritis. Au re&te , ce que dit saint Pierre, que les fidèles à qui il écrit, aimaient Jésus-Chri(>t sans l'avoir vu , a faire croire à quelques-uns que c-ett« épître était adressée aux gentils convertis : mab cette preuve n'est pas convaincante. Car il est bien probable que parmi les Juifs mêmes, convertis à la foi , et contraints par la violence de la persécution de se retirer dans différentes provinces, plusieurs n'avaient pas vu Jési:s-Chrii>t , non plus que beaucoup de gentils. — El c'est parce que vous croyez , que vous serez transportés d'une joie tneffabie et toute glorieuse. Ke grec lit encore ici au présent àyaXXtSivBi , exultaiis. Ce qui signifie que dès maintenant la fui des fidèlos les remplit d'une joie ineffable. Mais il parait que saint Pierre veut dire quelque chose de plus, et qu'il parle de la joie future, dont ceux qui auront été fidèles à Jésus-Christ, srront pénétrés dans la gloire. C'est ce que semble marquer ce ternie glorificata. .\ussi saint Irénée , 1. 4. c. 22 , a lu au futur comme notre interprète, gaudebilis gaudio inenarrabili.

9. Reportantes finem Gdei vestrs, 9. Parvenant au terme de votre foi » qui salutem animarum. est le salut de vos âmes.

Parvenant au terme de votre foi , qui est le scdut de vos âmes. Le salut commencé dès cette vie par la grâce , et qui sera consommé dans l'autre par la gloire.

10. De quâ salute eiquisierunt, at- 10. Ce sal«l « été l'objet de la recherche que scrutati sunt prophets, qui de et de la profonde méditation des profuturâ in vobis gratiâ propbetaverunt, phètes ; lesquels ont parlé prophétiquement de la grâce qui vous devait être communiquée.

Ce salut a été V objet, de la recherche et de la profonde méditation des prophètes. C'est comme si saint Pierre disait : La religion que vous avez embrassée, n'est pas une invention nouvelle. Il y a longtemps que les anciens prophètes inspirés du Saint-Esprit, ont annoncé au monde tout ce que nous voyons aujourd'hui.

11. Scrutantes in quod vel quale 11. Et ont tâché de pénétrer par rapport tempus significarèt in eis Spiritus à quel temps et à quelles circonstances Christi : praenumians eas quae in de temps l'Esprit de Jésus-Christ qui était Christo sunt passiones, et posterio- en eus, la faisait connaître, prédisant les res glorias. souffrances de Jésus-Christ et la gloire

dont elles sont suivies.

49Ô I. BPITRE DE S. PIERRE.

Et ont tâché de 'pénétrer par rapport d quel temps et dans quelles eirconstanees. Dttiis quel temps et dans quelles circoiibtances chaque mystère de\ai( s'accomplir. C'est ainsi que Jacob prédit que le Messie viendrait , lorsque le sceptre aurait été enlevé é la tribu de Juda : Gen. 49. 18. Malacbie connut qu'il paraîtrait peu de temps après la prédication de Jeao-Baptiste : Mal. 3. l. Daniel apprit qu'il serait mis a murt au milieu de la soixante et dixième semaine. £n un mot, les prophètes ont tellement circonstancié la vie de Jésus-Christ, qu'on les prendrait plutôt pour des historiens de sa vie, (|ue pour des prophètes. Il faut ici remarquer que c'est V Esprit de Jésus-Christ qui était dans les prophètes, et qui leur découvrait l'avenir : ce qui prou\e é\idemment •a divinité contre les sociniens. Car si Jésus-Christ n'avait pas existé avant sa naissance temporelle , comment l'Esprit qui inspirait les prophètes, pourrait-il s'appeler l'Esprit de Jésus-Christ ? C'est, répond Socin, parce qu'il inspirait aux prophètes ce qui regarde Jésus-Christ. Mais il leur inspirait de la même manière ce qui nous regarde nousmêmes. Il leur révélait la venue de l'antechrist , et la persécution qu'il de\ait exciter contre les fidèles,. Saint Pierre aurait donc pu à pareil titre l'appeler notre Esprit, ou celui de l'antechrist, comme l'a très bien remarqué l'auteur de la Synopse, et après lui le R. P. Calmet.

12. Quibus revelatum est , quia 12. Il leur a été révélé que ce n'était

non sibimetipsis , vobis autem mi- pas pour eux-mêmes, mais pour irous,

nistrabant ea , qus nuoc nuntiata qu'ils dispensaient ce que viennent de

sunt vobts per eos, qui evangeliza- vous annoncer des personnes, qui parle

verunt vobis , Spiritu sancto misso mouvement du Saint-Esprit envoyé du

de cœlo, in quem desiderant angcii ciel, ont prêché celui que les anges sou-

prospicere. haitent de contempler de plus en plus.

n leur a été rétélé que ce ii était pas pour eux-mêmes , mais pour nous , etc. Ce n'est pas que les prophètes n'eussent part à tous les mystères de Jésus-Christ , que le Saint- Esprit leur révélait ; puisque ce n'est que par ses mérites qu'ils ont été sanctifiés. Mais le Saint-Esprit en leur déclarant tous ces my&tères, leur faisait en même temps connaîtie que ce n'était pas de leurs temps , mais plusieurs siècles après , que tout cela devait s'accomplir. — Ce que viennent de vous annoncer des personnes ^ etc. C'est-à-dire les apôtres, qui, après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, ont annoncé Jésns-Christ que les prophètes avaient prédit. — Ont prêché celui que les anyes souhaitent de voir de plus en plus. Il y a maintenant dans le grec , iiç à , in quœ : ce qui ne peut se rapputlcr qu'aux mystères de Jésus-Christ que les prophètes ont prédit, et les apôtres ont annoncé. Nais Saimeron et Justiniani remar(|uent que les exemplairi's grecs varient , et que les uns ont itç ot , in quœ ^ et les autres sts ôv, in quem. Sati;t Grégoire et le vénérable Bède ont lu comme notre interprète. Saint Grégoire rapporte ce relatif, in quem ^ à Dieu, dont il n'est point parlé dans tout ce qui précède. 11 vaut donc utieux le rapporter avec le vénérable Bède au Saint-Esprit qui est nommé immédiatement auparavant, ou à Jésus-Christ que les apôtres ont annoncé. En suivant cetie dernière explication qu'on a adoptée dans la traduction, il faut ainsi arranger les paroles dii texte latin, per eos , qui Spiritu Sancto misso de cœlo evangelizaverunt vobis eum in quem desiderant angeli prospicere. Saint Athanase, Epist. ad Serap. S. Bas. 1. de Spir. S. et Didymedans le livre qu'il a composé sur le même sujet, rapporte cela au Saint-Esprit, et se servent de ce même passage pour prouver sa divinité.

1;î. Propler quod succincti lumbos 13. C'est pourquoi vous ceignant les mentis veslrs, sobrii perfectèsperate reins de l'àme, et vous conduisant en in eam , quœ oJEfertur vobis , gratiam gens sobres , ayez une parfaite espérance in revelatiouem Jesu Christi: de la grâce qui vous est offerte pour le

temps de la manifestation de Jésus-Christ :

C'est pourquoi vous ceignant les reins de Vâme. Saint Pierre, après avoir exposé aux fidèles la grâce que Dieu leur a faite, en les appelante la religion chrétienne, les exhorte maintenant à mener une vie conforme à la sainteté de cette vocation. C'est pourquoi, puisque Dieu vous a mis au nombre de ses enfants, et qu'il vous promet son héritage céleste, ayez soin de vous ceindre les reins de l'dme. Saint Jérôme, saint Grégoire et le vénérable Bède croient que par cette expression saint Pierre exhorte les fidèles à la chasteté. Mais il s'agit ici des reins de Vdme; et cette expression qui se trouve souvent dans l'Ecriture , n'exprime que la disposition d'un homme prêt i marcher, et à faire tout ce qu'on lui commande. Les Juifs avaient de longues robes, qu'ils

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