‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 282 sur 364 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pour faire du mal. Il y avait dès ce temp&-ln des gens qui tibiisaient d'une prétondue liberté évangélique pour secouer le joug des puissances iégitinirs. Saint Pierre , pour préserver les fidèles de cet écueil scandaleux, leur représenle que Jésus-Christ en In affranchissant , les a délivrés du péché, et i:on pas de l'obligation d'obéir à ceux qi.e la providence leur a donnés pour maîtres, et que c'est profuner la liberté é%aiigélique, que de la faire ser\ir de marque pour couvrir la rébellion.

17. Omnes honorate : fralernitatem 17. Honorez toutes sortes de personnes : dilîgite : Deum timete : regem hono- aimez vos frères : craignez Bleu : respecrificate (1). tez le roi.

Respectez le roi. Rendez-lui Thonneur qui lui est dû eu obéissant à ses lois, et en payant les tributs qu'il vous impose. Il n'y avait alors au monde aucun souverain qui ne fût idolâtre : ce qui marque que le prétexte de religion ne doit jamais empêcher les fidèles de rendre à leurs princes légitimes l'obéissance qui leur est due dans toute les choses qui ne sont pas contraires à la loi de Dieu.

18. Servi, subditi estote in omni 18. Serviteurs, soyez soumis à vos timoré dominis , non lanlum bonis et maîtres avec toute sorte de respect ; nonmodestis , sed etiam dyscolis (2). seulement à ceux qui sont bons et modérés,

mais aussi à ceux qui sont d'une humeur difficile.

Serviteurs , soyez soumis à ros maUres avec toute sorte de crainte. Le texte porte , in omni timoré. Saint Pierre n'exhorte pas ici les serviteurs à demeurer soumis à leurs maUres par la crainte d'un châtiment qu'ils peuvent en recevoir. Car ce motif d'obéissance est tout-n-fait indigne d'un chrétien ; et saint Paul qui exhorte les mêmes ser^ viteurs à obéir avec crainte et tremblement, Eph. 6. 5 ; les avertit au verset suivant de ne pas servir sous les yeux de leurs maîtres comme gens qui cherchent à plaire aux hommes, ou qui craignent d'en être punis. Le mot de crainte doit donc se prendre ici pour respect, ou pour la crainte de Dieu , comme si Tapôtre disait : Que la crainte de déplaire à Dieu , soit le motif qui vous porte à obéir à vus maîtres.

19. Hsc est enim gratia , si propter 19. Car c'est un mérite que de supporter Dei conscientiam sustinet quis tristi- des choses fâcheuses dans la vue de Dieu, tias patiens injuste. lorsqu'on souffre injustement.

20. Quae est enim gloria , si pec- 20. En effet , quel honneur y a-t-il , si tantes , et colaphizati suffertis? Sed faisant des fautes et recevant des soufflets, si bené facientes , patienter sustinetis, vous l'endurez ? Mais si faisant bien , vous ha>c est gratia apud Deum ; souffrez patiemment , c'est là un mérite

auprès de Dieu ;

21. In hoc enim vocati estis : quia 21. Aussi est-ce à quoi vous êtes apet Christus passus est pro nohis, vobis nelés : puisque même Jésus-Christ a soufrelinquens exemplum ut scquamini iert pour nous, vous laissant un exemple vestigia ejus. afin que vous suiviez ses traces.

22. Qui peccatum non fecit, nec 22. Lui qui n'a point commis de péché, inventus est dolus in ore ejus (3) ; et dans la bouche duquel il ne s'est trouvé

rien de faux ; 23- Qui c£im malediceretur, non ma- 23. Qui , lorsqu'on l'outrageait de paledicebat ; cùm paleretur non commi- rôles, n'en usait pas de même ; qui dans nabatur ; tradebat autem judicanti se ses souffrances ne faisait point de menaces, injuste; mais s'abandonnait à celui qui le condam-

nait injustement ;

niais s'abandonnait à celui qui le condamnait injustement. A l'injuste sentence que Pilate prononça contre lui. Il y a dans le grec tout au contraire, -napgSiSoM Sïx^

anciens Pères latins ont suivie, comme on peut voir dans saint Cyprien , dans suint Léon , dans saint Paulin, et parmi les Grecs mêmes , dans Clément d'Alexandrie. Cette

ll> Rom. 12. 10. — (2j Ephes. 6. 5. - Col. 3. 22. - Tit. 2. 9. — (3, Isa. 53. 9.

leçon parait encore plus conforme au discours de saint Pierre, qui veut exhorter Im serTiteurs à se soumettre aux mauvais traitements de leurs maîtres , à lexeniple de Jésus-Christ, qui s'est soumis à l'injuble sentence de ses juges.

24. Qui peccala nostra ipse pertulit 24. Lui qui sur le bois de la croix a porté in corpore suc super lignum ; ut pec- nos péchés en son corps ; afiu qu'étant catis mortui justitiae vivamus ; cujus morts au péché , nous vivions à la justice ; livore sanati estis (1) : lui enfin dont les blessures vousontguéris:

25. Eratis enim sicut oves errantes, 25. Car vous étiez comnne des brebis erged conversi estis nùnc ad pastorem et rantes ; mais vous êtes maintenant reepiscopum animarum vestrarum. tournés à celui qui est le pasteur eU'évêque

de vos ftmes.

Mait vottf éiet maintenant retournés à celui qui est le pasteur et Vévéque de vos âmes, Cest-à-dire à Jésus-Christ qui s'appelle lui-même le bon pasteur, Joan. 10, 12. et qui est encore ici appelé Vévéque de nos âmes; parce qu'il >eiile sur nos besoins, et qu'il a une attention continuelle à nous fournir tout ce qui est nécessaire pour nous sauver.

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