CHAPITRE III. S
3. Quarum non sil extrinseciis ca- 3. Que votre parure ne soH point aupillatura , aut circumdatio auri,aut dehors dans rarrangement de vos che\ eux, indumenti vestimentorum cullus (1) : dans vos ornements d'or ou dans vos habits même :
Que votre parure ne soit point au^dehors , etc. Saint Pierre ne défend pas ici aux femmes les parures modestes, dont elles peuvent user chacune dans leur condition, en vue de se rendre agréables à leurs maris : mais il leur interdit toutes sortes de parures immodestes , indécentes, et plus propres é marquer le luxe , et à entretenir la vanité , et peut-être la passion , qu'à donner de l'éclat à une beauté simple et toute naturelle.
4. Sed (]ui absconditus est cordis 4. Mais que ce soit l'homme intérieur homo , in incorruptibilitate , quieti et qui ne parait point , et qui consiste dans la niodesti spiritûs, qui est in conspectu parfaite pureté d'un esprit paisible et mo- Dei locuples. desle, lequel est d'un grand prix devant
Dieu.
niait que ce soit Vhomme intérieur qui ne parait point. Votre principal soin doit être de vous parer au-dedans, d'orner votre âme de toutes les vertus chrétiennes , qui vou9 feront non-seulement estimer des hommes, mais qui seront encore d'un grand prix devant Dieu.
5. Sic enim aliquandô et saoctsa 5. Car c'est de la sorte que séparaient mulieres, sperantes in Deo,ornabant autrefois les saintes femmes, qui metse subject» propriis viris. taient leur espérance en Dieu , et qui
étaient soumises à leurs maris.
6. SicQt Sara obediebat Abrahœ , 6. Telle qu'était Sara qui obéissait à dominum eum vocans : cujus estis Abraham , le traitant de Seigneur ; elle filisebenefacientes, et non pertimentes dont vous êtes les filles , si vous faites de ullam perturbationem (2). bonnes œuvres , sans rien craindre de ce
qui peut vous troubler.
Telle qu'était Sara qui obéitsait à Àhraham. Comme il est marqué, G en, 12, 5. 18 , 6, 20, 1, et qui le traitait de Seigneur, Gen. 18, 12 Sara est en quelque sorte lu tige des femmes fidèles , comme Abraham est le père des croyants. C'est donc pour cela que saint Pierre propose aux femmes chrétiennes l'exemple de Sara , dont elles sont îes filles selon l'esprit et par l'imitation de ses vertus, comme ceux qui imitent la fui d'Abraham , sont censés ses enfants. Matih, 3 , 9. Joan, S, 39. Botn. 9 , 7. Gai, 4 , 28. •— Sans rien craindre de ce qui peut tous troubler. Si à l'exemple de Sara vous pratiquez des bonnes œuvres ^ sans qu'aucune crainte mondaine soit capable de vous détourner de votre devoir.
7. Yiri , similiter cohabitantes se- 7. Vous , maris , pareillement demeurez cundàm scientiam , quasi infirmiori avec vos femmes dans les régies de la disvasculo muliebri impartientes hono- crétion ; leur portant honneur comme au rem , tanquam et cohseredibus gratiœ sexe le plus faible , et comme à celles qui vitae : ut non iinpediantur orationes sont héritières avec vous de la grâce d'oix vestrs (3). vient la vie : afin que vos prières ne trouvent point d'obstacles.
Vous , maris , pareillement demeurez avec ros femmes dans les règles de la discrétion, 5e vous permettez rien dans l'usage du mariage qui puisse en profaner tant soit peu la sainteté. C'est dans ce sens que ffuvotxelv, cohahilare^ se prend, Deut. 22, 13. On peut encore l'entendre de tous les devoirs de la vie conjugale. Vivez avec vos femmes avec beaucoup de discrétion et de sagesse. Servez-vous des lumières supérieures que Dieu vous a données, pour les conduire avec une grande discrétion, secundum scientiam. — Leur portant honneur comme au sexe le plus faille. Saint Pierre apporte ici trois raisons, pour prouver que les maris doivent honorer et respecter leurs femmes. La première est prise de leur propre faiblesse. Les vases les plus minces et les plu<( fragiles doivent être touchés avec plus de circonspection , de peur qu'on ne les rompe : tout de même , la faiblesse du sexe est une raison de le ménager davantage. La seconde raison est prise de la vocation commune du mari et de la femme à la religion. Elles
(1) Tim. 2. 9. — k1) Gen. 18. 12. — (3) 1. Cor. 7. 3.
ioni héritièrfit avec leurs marie de la grâce d'où vient la vie. Elles sont appelées à la même foi , et sont destinées à jouir de la même gloire, elles doivent partager avec eux le même héritage. Au lieu de ce mot cohœredihus , qui se rapporte aui femmes , il y a dans le grec d'aujourd'hui (njyxlvipàvofjLot, eohœredes , qui ne se peut apporter qu'aux hommes : mais la leçon de la Vulgate est autorisée par les meilleurs manuscrits, par le syriaque , l'arabe et l'éthiopien. La troisième raison est renfermée dans ces termes , afin que vot prières ne trouvent point d'obstacles. Comme si Tapôtre disait : Portez honneur à vos femmes, de peur qu'un traitement contraire, c'est->à-dire hautain, dur et injurieux , ne fasse naître parmi vous des querelles et des divisions, qui vous empêcheraient de prier , ou qui arrêteraient peut-être le fruit de vos prières.
8. Id iine autem , omoes unanimes , 8. Enfin ayez tous un même esprit , de compatientes , fraternitatis amatores, la compassion les uns pour les autres , miséricordes , modesti , humiles ; une charité fraternelle , de la miséricorde ,
de la modestie , de l'humilité;
De la modestie , de V humilité. Au lieu de ces deux mots, il y a seulement dans le grec d'aujourd'hui, ^{A6^povs$ , qui signifie doux , affubles, complaisants. Mais les meilleurs et les plus anciens manuscrits, et entre autres, celui d'Alexandrie, lisent rx':zetvôfpoveÇf qui signifie humbles et modestes, comme l'auteur de la Vulgate a traduit.
9. Non reddentes malum pro malo , 9. Ne rendant point mal pour mal , ni nec maledicium pro maledicto, sed è malédiction pour malédiction; mais doncontrario benediceutcs : quia in hoc nant au contraire des bénédictions : puisvocati estis, ut beuedictionem hsre- que c'est à quoi vous êtes appelés, pour ditate possideatis (1). devenir héritiers de la béuédiction.
Puisque c'est à quoi vous êtes appelés. Le texte grec ajoute ici itSortç , scientes quia. Ce mot ne se trouve point dans le manuscrit d'Alexandrie non plus que dans le syriaque et dans l'éthiopien : mais de quelque manière qu'on lise, le sens est toujours le même.
10. Qui enim vult vitam diligere , 10. Car qui souhaite jouir de la vie , et etdiesvidere bonos, coërceatlinguam voir des jours heureux , qu'il retienne sa suam à malo, et labia ejus ne lo- langue, pour qu'elle ne dise rien de mauquantur dolum (2). vais ; et ses lèvres , pour qu'elles ne disent
rien de faui.
11. Beclinet à malo , et faciat bo> 11. Qu'il évite le mal , et qu'il fasse le num : inquirat pacem, et sequatur bien; qu'il cherche la paix, et qu'il la eam (3) : poursuive ;
12. Quia oculi Domini super justes, 12. Parce que le Seigneur a les yeux sur et aures ejus in preces eorum : Vultus les justes , et les oreilles ouvertes à leurs autem Domini super facientes mala. prières : mais le Seigneur a un visage di
colère pour ceux qui font mal.
Le Seigneur a les yeux sur les justes. Dieu a les yeux attachés sur les pécheurs aussi bien que sur les justes : mais cette expression marque ici un regard de complaisance et plein de bonté. Le Seigneur a les yeux sur les justes, pour pourvoir à leuri besoins, pour les soutenir dans leiurs combats, et couronner leur constance : comme il a un visage de colère fowr ceux qui font mal.W^ a seulement dans le texte latin aussi bien que dans le grec : Vultus autem Domini super facientes mala. Le Père Amelote remarque ici que c'est une chose connue^ que par les yeux de Dieu, on entend sa miséricorde; et par son visage , sa colère. Cela est vrai de l'endroit que nous examinons : mais la règle n'est pas générale. Car le visage de Dieu se prend quelquefois en bonne part pour un visage favorable, Numer. 6 , 25 , 26, et quelquefois en mauvaise part : Ps. 21. 10. 68 « 3. Ce sont les circonstances du discours qui doivent en déterminer le sens , comme Estius l'a remaniué. Or on ne peut pas douter qu'il ne se prenne ici en mauvaise part pour un visage de colère et menaçant; puisque saint Pierrs l'oppose à la disposition où est Dieu à l'égard des gens de bien.
13. Etquis est qui vobis noceat , si 13. Et qui est-ce qui peut vous nuire, boni aemulatores fueritis ? si vous avez du zèle pour le bien?
(l)Prov. 17. 13.-Rom. 12. 17.- l.Thess. 5. 15. — (2)Ps.33. 13.— (3) Is. 1. 16.