‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 285 sur 364 · CHAPITRE III. g · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. g

Bl qui est-<e qui peut tous nutre ? Puisque Dieu a les yeui sur tous, qu'il i^ous aime, qu'il vous protège, et qu'il est toujours prêt de vous exaucer, qui est* ce qui peut vous nuire? On peut bien vous affliger et vous persécuter : mais ce n'est pas là proprement vous nuire, c'est vous donner occasion de mériter davantage; et vous devez vous estimer heureux de souffrir ainsi pour la justice, comme il est dit au verset suivant. — Si vous avez du zèle -pour le bien. 11 y a dans le grec , si vous êtes imitateurs du bien toû àycedeû fign^iTod, Mais on lit dans le manuscrit d'Alexandrie et dans plusieurs autres, igvjAwTceè, cemulatores^ et le syriaque, l'arabe et l'éthiopien s'accoitlent en cela avec la Vu! gale.

14. Sed et si quid patimini propter 14. Et même si vous souffrez quelque justîtiara , beati. Timorem autem chose pour la justice , \ous êtes heureux. eorum ne timueritis , et non contur- Au reste, ne craignez point ce qu'ils ont bemini (1). de terrible, et ne vous laissez point troubler.

15. Dominum autem Christum 15. Mais sanctifiez dans vos cœurs le sanctificate incordibus restris, parati Seigneur Jésus-Christ vous tenant tousemper ad satisfactionem omni pos- jours prêts à satisfaire quiconque vous decenti vos rationem de eâ , quœ in mande raison de ce que vous espérez, vobis est , spe.

Mais sanctifiez dans vos cœun le Seigneur Jésus-Christ Sanctifier le Seigneur J^sus-Christ dans nos cœurs, c'est l'honorer, le craindre, le servir et l'aimer de tout notre cœur, et faire tout ce qui dépend de nous pour qu'il soit servi de la même manière par tous les autres. Au lieu de ces mots, le Seigneur Jésus-Christ , il y a daus le grec imprimé, h Seigneur Dieu. Mais le syriaque, l'arabe et l'éthiopien. Clément d'Alexandrie et les roeit leurs manuscrits s'accordent avec la Vulgate. "- Vous tenant toujours prêts à satisfaire quiconque vous demande raison de ce que vous espérez. Les Jviifs traitaient la religion chrétienne de scandale, et les gentils la traitaient de folie. Saint Pierre veut que les fidèles soient toujours prêts à la défendre contre ces différents ennemis qui l'attaquent, eroifJLOi izpbi knoloyioLV, Les plus simples pouvaient sur cela fermer la bouche à leurs ennemis en leur disant, que la loi dont ils faisaient profession, avait été confirmée par une infinité de miracles, dont ils avaient été témoins. C'est là en effet ce qui établissait si solidement l'espérance chrétienne dans les cœurs des fidèles, et ce qui obligeait les infidèles mêmes à se convertir.

16. Sed cum modesiîa , et timoré 16. Que ce soit cependant avec modestie conscientiam habeotes bonam : ut in et avec circonspection , sans que votre eo , quôd detrahunt vobis, confun- conscience vous reproche rien : afin qu'en dantur, qui calumniantur vestram bo- même temps qu'on détracte de vous, ceux nam in Cfaristo conversationem (2). qui diffament votre sainte conduite en

Jésus-Christ soient confondus.

17. Melius est enim benefacientes 17. Car il vaut beaucoup mieux souffrir (si voluntas Dei velit) pati , quàm ma- en faisant bien , si c'est la volonté de Dieu, lefacientes. qu'en faisant mal.

18. Quia et Christus semel pro pec- 18. Aussi Jésus-Christ même est-il mort catis nostris mortuus est, justus pro une seule fois pour nos péchés , le juste injustis , ut nos offerret Deo , morli- pour les coupables , afin de vous présenter Hcatus quidem carne , vivifîcatus au- à Dieu , ayant à la vérité peirdu la vie selon tem spirilu (3) ; la chair , mais l'ayant conservée selon l'esprit :

Aussi Jésus-Christ même est-il mort une seule fois pour nos péchés , le juste pour les coupables. Il y a maintenant dans le grec, Awa^ tzepi àfiaprloiv énaQs , semel pro peceatis passus est. Maiâ la leçon de la Vulgate est conforme à deux anciens manuscrits du roi, an meilleur qu'ait eu Robert Etienne, à celui d'Alexandrie et à plusieurs autres, comme aussi au syriaque et à l'éthiopien. Jésus-Christ est donc mort une fois pour nos péchés, le juste pour les coupables , c'est-à-dire généralement pour tous les hommes : puisqu'il n'y a personne, qui, avant la rédemption, ne soit compris dans le nombre des coupables. Il est mort, dis-je, pour nos péchés, c'est-à-dire pour nous obtenir la rémission de nos péchés, par une satisfaction condigne , et nous réconcilier de cette sorte à son Père. Car c'est de cette manière que Jésus-Christ nous a amenés ,

(l J Matth. 5. 10. — (2J Inf. 2. 12. — (3) Rom. 56. - Heb. 9. 28.

ou présentés â Dieu par sa mort , et non pas seulement en nous donnant Texemple d'une obéissance parfaite, et en scellant de son sang la vérité de sa doctrine, conanie Grotius renseignait. — Ayant d la vérité perdu la vie selon la chair , mais Vayant eonservée selon l'esprit» Jésus-Christ étant mort selon la chair, son âme demeura toujours ▼ivante, ets'étant réunie au corps , lui communiqua une vie immortelle et glorieuse. Quelques autres l'expliquent ainsi : Ëtant mort selon la nature humaine , mais ayant été ressuscité par la vertu divine, qui résidait en lui. La première explication parait plus conforme à ce qui suit.

19. In quo et his qui in carcere 19. Par lequel aussi il fut l'annoncer à erant , spiritibus yeniens prsedicavit , ces esprits retenus prisonniers »

Par lequel aussi il fut Vanvioneer à ces esprits prisonniers. Les interprètes protestants, comme Bèie et Gomar, qui d'ailleurs trouvent tout clair dans rÉcriture, avouent que dans tout le nouveau Testament il n'y a point de texte plus obscur que celui-ci. La difficulté consiste à déterminer ce qu'on doit entendre par cette prédication de Jésus^^hrist ; qui sont les esprits , à qui il prêcha , et quelle est la prison où ils étaient renfermés. Quelques-uns ont cru que Jésus-Christ descendit aux enfers, et qu'il y annonça l'Ëvangile aux infidèles, dont plusieurs crurent et furent sauvés. Mais ce sentiment est généralement abandonné , et ne peut se soutenir sans préjudice de la foi, qui nous apprend que le jugement porté contre les damnés est irrévocable. Le sentiment commun est qu'il faut par là entendre que Jésus-Christ, non pas après sa résurrection, comme Ta pensé le Père Calmet, mais après sa mort et avant sa résurrection , descendit en âme aux limbes , où les âmes des patriarches étaient détenues, et qu'il leur annonça l'heureuse nouvelle de leur délivrance. C'est ainsi que l'ont entendu presque tous les anciens Pères ^ qu'on peut voir cités dans Justiniani , et après eux les docteurs de l'école , et presque tous les interprètes catholiques. Mais comme les protestants ne s'accommodent pas de ces limbes, et combattent sur cela la doctrine de l'Eglise . qui est celle de toute l'antiquité , ainsi que Bèze lui-même en convient, ils ont recours a plusieurs explications toutes plus obscures les unes que les autres. Vuici comme ce dernier l'explique. Jésus-Chtist en tant que Dieu prêcha aux incrédules qui vivaient du temps de IXoé, et dont les âmes sont maintenant dans les prisons de l'enfer; il leur prêcha, dis-je, non pas par lui-même, mais par Noé, qu'il remplit de son esprit. D'autres ^ comins Ycr^tius , Grutius, Eammond, prétendent que cet endroit doit s'entendre de la vocation des gentils à l'Ëvangile , ordonnée par Jésus-Christ, exécuta f^r les apôtres. Un nouvel interprète a jugé que ces deux dernières explication4 datent appuyées par de fort habiles commentateurs , et qu'on ne doit pas les rejeter ; parce qu'elles lèvent les difficultés qu'on fait contre le texte. Mais puisque le saint concile de Trente défend d'expliquer autrement l'Ecriture que suivant le consentement unanime des Pères ; comment ne rejetterait-on pas aisément des interprétations , dont les saints docteurs n'ont jamais parlé? Il est vrai que saint Augustin . Ep. 164. â{tds99, a bien approché de la première ; mais il n'a pas été satisfait lui-même de son explication , et il a laissé à tout le monde la liberté d'en choisir une autre. Voyez Bellarmin , L. 4. de Christo, c, 13. Pour ce qui est de la seconde explication , l'absurdité en saute aux yeux. Car n'est-il pas ridicule d entendre par la prison dont il est ici parlé , les ténèbres de l'ignorance, et de faire prêcher les apôtres aux incrédules qui vivaient du temps de Voé? A l'égard des difficultés que ces explications lèvent, elles n'ont pas fait peur aux saints Pères, ni à ceux qui les ont suivies ; et il faut en effet être bien timide, pour les appréhender. IVous allons au verset suivant répondre à la principale, ou plutôt l'unique qu'on puisse objecter.

20. Qui increduli fuerant aliquandô, 20. Qui avaient été un temps incrédules, quandô expectabant Dei patientiam in lorsqu'ils s'attendaient à la patience de diebus Noe , cùm fabricaretur arca : Dieu du temps de Noé; pendant que l'on in quâ pauci , id est octo animœ salvae construisait l'arche , dans laquelle il n'y factœ sunt per aquam. eut que peu de gens, savoir huit personnes

qui se sauvèrent à la faveur de 1 eau.

Qui avaient été un temps incrédules , lorsqu'ils s'attendaient à la patience de Vieu au temps de Noé. Voilà ce qui a empêché plusieurs interprètes protestants, de suivre l'explication des Pères quo nous avons donnée. Car comment peut-on croire, disent-ils, que Jésus-Christ soit allé aux enfers pour y prêcher aux incrédules , qui étaient morts dans leur incrédulité? Comment s'imaginer que Jésus-Christ aille prêcher â ^det

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