‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 286 sur 364 · CHAPITRE III. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. S

liommes morts depuis tant de siècles, comme s'ils pouvaient encore faire pénitence et se convertir? Il est vrai que ce Font là de grandes absurdités; mais le passage de saint Pierre, suivant l'explication des Pères, ne nous y conduit nullement. En effet, saint Pierre ne dit pas que Jésus-Christ prêcha à ceux qui étaient morts dans leur incrédulité, mais à ceux qui avaient été un temps incrédules, c'est-à-dire a ceux qui se moquaient des menaces que Noé leur faisait de la part de Dieu , et qui comptaient que Dieu patienterait toujours, et u^en viendrait pas à la dernière extrémité; mais qui Toyant le déluge arrivé, rentrèrent en eux-mêmes, demandèrent pardon à Dieu, et ayant été ensevelis dans les eaux du déluge , sans avoir eu le temps de satisfaire à la justice divine, payèrent dans l'autre vie la peine de leur incrédulité passée. C'est donc a ceux-là que Jésus-Christ prêcha, non pas pour les convertir, mais pour leur apprendre l'heureuse nouvelle de leur délivrance. Au reste, saint Pierre parle des incrédules, qui vivaient spécialement au temps de IHoé , plutôt que de tant d'autres; parce qu'ayant à prouver que Jésus-Christ était mort pour les injustes, il a choisi ceux de l'injustice et de Fincrédulité de qui on pouvait le moins douter. — Dans laquelle il ny eut que peu de gens, savoir huit personnes qui se sauvèrent à la faveur de Veau. Ces huit personnes furent Noé et sa femme , ses trois fils et les trois femmes de ses fils. Bèie conclut de là que tous les incrédules dont il est ici parlé, moururent dans leur incrédulité; parce que saint Pierre dit qu'il n'y eut que huit personnes sauvées : d'où il suit que tous les autres périrent. Mais il faut être bien aveugle, pour ne pas voir qu'il s'agit ici du salut du corps , et non pas de celui de l'âme. Tous les autres périrent donc dans les eaux du déluge; mais ils ne furent pas pour cela tous damnés : de même que Cham était un des huit qui furent sauvés, sans que son salut éternel en soit pour cela plus assuré. Ils furent sauvés, dis-je, à la faveur de l'eau qui soutenait l'arche, et qui la faisait flotter.

21. Quod et vos nuDC similis formae 21. Ainsi le baptême , qui y ressemble , salvos facit baptisma : non carnis de- vous sauve : non en ôtant les souillures de positio sordium, sed conscientiœ bonae la chair , mais par une conscience pure qui interrogatio in Deum per resurrec- se justifie auprès de Dieu , en vertu de la tionem Jesu Christi ; résurrection de Jésus-Christ ;

Ainsile baptême qui y ressemble , vous sauve. Dans l'édition grecque d'ilcala , il y a w x«2 -hfjiai àvTÎTUTTov vuv ffd)Çet Bi-nrtafia. Ce qu'on peut traduire : cui tanquam typo ex altéra parte respondens baptismus nos salvos facit. Cela fait un sens fort clair : maia toutes les autres bibles imprimées , aussi bien qnc les manuscrits lisent è quod. Au reste, quelque leçon qu'on suive, tous les interprètes conviennent que saint Pierre marque ici que l'eau du déluge a été une figure, à laquelle répond maintenant le baptême. Car comme les eaux sauvèrent de la mort temporelle ceux qui étaient renfermés dans l'arche; de même le baptême en nous faisant entrer dans l'Eglise, nous sauve de la mort éternelle. On peut voir un plus ample exposé de cette figure dans saint Augustin, L. 25. contra Faustum, c. 15. et seq. lib. 15. de Civit. c. 26. et 27. — Non , en ôt<tnt les souillures de la chair , mais par une conscience pure , etc. C'est comme si saint Pierre disait : Le baptême nous sauve, non pas en tant qu'il nettoie les souillures de la chair, mais en tant qu'il lave l'âme de ses péchés : ce qui produit la bonne conscience , qui nous met en état de paraître avec assurance au tribunal de Dieu, et d'y soutenir, pour ainsi dire, intrépidement l'interrogatoire. D'autres entendent par cette interrogation de la bonne conscience les engagements que nous prenons au baptême, lorsqu'on nous demande si nous croyons en Jésus-Christ, si noua sommes disposés à renoncer à Satan , au monde et à toutes ses pompes. Voyez la synopse des critiques. Au reste, nous n'obtenons dans le baptême cette bonne conscience, qu'en vertu de la mort de Jésus-Christ, et de sa résurrection qui en est le complément.

22. Qui est in dexterâ Dei , deglu- 22. Lequel est à la droite de Dieu , après tiens mortem , ut vitœ œternae haeredes avoir englouti la mort , afin que nous deefiiceremur : profectus in ccelum sub- vinssions héritiers de la vie éternelle : étant jectis sibi angeliS; et potestatibus et allé au ciel , et s'éUnt assujetti les anges , virtutibus. les puissances et les vertus.

Après avoir englouti la mort , afin que nous devinssions héritiers de la vie étemelle. Tout cela ne se trouve point dans le grec que nous avons maintenant : mais le marquis de Yelez Ta lu dans ses manuscrits. On le lit pareillement dans tous les exemplaires latins. On le trouve aussi dans les anciens Pères grecs , comme tellement d'Alexandrie et Dydime, et parmi les latins, dans saint Augustin , saint Fulgence et le vénérable Bède.

^\0 I. EPITBB DE S. PIERRE.

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