‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 290 sur 364 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

11 prie les prêtres de patlre par Icars instructions et leurs bons exemples le troupeau que Dieu leur a confié. Il recommande à ceui qui sont jeunes d'être soumis aux anciens. II exhorte tout le monde à pratiquer Thumilité, s'abandonnant entièrement à la providence divine, et résistant au démon par la sobriété et par la foi.

1. SENioRKsergo,qui in vobissunt, 1. Voici doue la prière que je fais aux obsecro ) consenior et testis Christi prêtres qui sont parmi vous, moi qui suis passionum : qui et ejus , qux in futuro prêtre a>ec eux , et témoin des souffrances

ë14 I. EPITRE DE S. PIERRE.

re?e1anda est glori» commuDicator : de Jésus-Christ ; et qui dois aussi avoir

part à la gloire qui se manifestera dans le siècle à venir :

Voici donc la prière que je fais aux prêtres qui sont parmi vous, moi qui suis prêtre avec eux. Quelques-uns ont cru que le mot de prêtres devait s'entendre de ceux qui étaient avancés en âge ; parce que saint Pierre au verset 5 , les oppose ani jeunes geni qui doivent leur être soumis : mais toute la suite marque que ce mot désigne ici la dignité de pasteurs, et doit s'entendre surtout des évêques. Car \° saint Pierre aa verset suivant les exhorte à paître le troupeau commis é leurs soins : ce qui ne peut convenir qu'aux pasteurs et principalement aux évêques. 2° Au lieu de providentes, il y a dans le grec intaxonoûreç , qui caractérise encore plus particulièrement les évêques. 3** Saint Pierre en disant de lui-même qu'il est prêtre avec eux, trvfAitpeu^vrtpoi, marque évidemment qu'il parle aux premiers pasteurs, c'est>à-dire aux évêques. Le «aint apôtre aurait pu prendre un titre plus relevé; mais par modestie il se contente de se dire leur comprélre, ou coévêque. C'est pour l'imiter que ses successeurs en adressant leurs lettres aux fidèles, s'appellent W.s serviteurs des serviteurs de Dieu; et qu'en écrivant aux évêques » ils les appellent leurs vénérables frères. On voit par li combien Bèze et Calvin sont ridicules, de prétendre que saint Pierre renverse par ces termes la primauté du pape : comme si un général d'armée se dépouillait de son autorité, en appelant les soldats qui lui sont soumis, ses compagnons, commilitonet. — Et qui doit aussi avoir part à la gloire , qui se manifestera dans le siècle à venir. Plusieurs savants interprètes suivent le sens qu'on a marqué dans lu traduction : ce qui n'empêche pas qu'on ne puisse donner à cet endroit un autre sens qui ne parait pai moins naturel, en l'expliquant de la gloire de Jésus-Christ, dont saint Pierre fut spectateur sur le Thabor. Selon ce dernier sens, saint Piene, pour donner du poids à son exhortation , marque ici l'avantage qu'il a eu d'avoir été témoin des souffrances de Jésus-Christ, et spectateur de sa gloire, qu'il ne montra qu'à peu de personnes sur le Thabor , mais qu'il manifestera à tout le monde au jour du jugement. Cette explication parait convenir mieux au mot grec Kovvovbç^ et au latin Communicator , q}ii marque plutôt l'avantage qu^on possède, que celui qu'on espère.

2. Pascite qui in vobis est gregera 2. Paissez le troupeau de Dieu» que Bei, providentes non coactè, sed spon- vous avez en garde ; lui donnant vos soins, taneè secundùm Deum : neque turpis non par force, mais de bon gré selon Dieu: lucri gratia , sed voluntariè : non en vue d'un gain sordide , mais par

affection :

Paissez le troupeau de Dieu^ que vous avez en garde. Le troupeau qui est coroinii à vos soins, et qui dépend de vous, rô iv ù/jlÏv noifiviov^ eum qui in vohis est gregem, c'est-à-dire gregem vobis subjectum. C'est dans ce même sens que Sophocle dit, «y <xoi hfisVf à te pendemus , in manu tuà sumus. C'est encore dans le même sens qae le prophète Osée dit, ch. 14. v. 4, ejus qui in te est misereberis pupilli. Erasme et Calvin traduisent pascite ^ quantum in vobis est^ gregem Dei^ comme s'il y avait vb xaO* ùp-âç y ou tô tf' û/xtv, et que rb ne se rapportât pas à izoifiviov : en quoi ili n'ont pas exprimé , mais énervé le sens de l'apôtre , comme Bèze lui-même le remarque, non expressd t sed enervatà apostoli sententià. Au reste, la pâture que saint Pierre exhorte ici les évêques de donner à leur troupeau , consiste non-seulement dans la pré* dieation de la parole de Dieu, mais encore dans l'administration des sacrements, dans le bon exemple qu'ils donnent, dans les prières qu'ils font à Dieu pour leur peuple, dans les lois salutaires qu'ils leur iuipnsent, et généralement dans tout ce qui cnDCfn:f le gouvernement spirituel des âmes. Rien n'est donc plus frivole et plus absurde que la remarque qiiefont ici Bèie et Calvin, que saint Pierre ne dit pas, offrez le sacrifie** mais pais<(ez; parce qu'il instruit les prêtres de Jésus-Christ, et non pas ceux de fan* techrist. Comme si Jésus-Christ n'avait pas fait l'office de prêtre, en s'immo!ant luimême sur In croix pour son troupeau ; et les fidèles , lorsqu'ils participent au sacrifice re<ioutable de nos autels, n'y trouvaient pas la nourriture la plus solide et la plu< salutaire pour leurs âmes. -^ Lui donnant vos soins , non par force, mais de bon gri selon Dieu, Veillant sur sa conduite et lui donnant tous les soins qu'exige de voitf l'épiscopat dont vous êtes revêtus, fiTrtff/oTroûvTêç. Ces mots , selon Dieu , ne se trouvent point dans le grec d'aujourd'hui : mais on les lit dans le manuscrit d'Alexandrie, ft dans plusieurs autres très-anciens, dans saint Jérôme , dans saint Augustin, dsosHio^ Ephrem et dans le vénérable Bède.

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