‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 291 sur 364 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

3. Neque ut dominantes in cleris, 3. Ni comme des gens qui veulent dosed forma facti gregis ex animo : miner sur les héritages du Seigneur, mais

TOUS appliquant de tout \olre cœur à être le modèle du troupeau :

Ni comme det gent qui veulent dominer tur let héritagei du Seigneur, C'est ce que Notre Seigneur défendait pareillement a ses disciples , Jjfatt. 20, 2*5. Sciiii quia principei gentium dominanlur eorum , et qui majores sunt , potestatem exercent in eot : non ita erit inter vos. Jésus-Christ et son disciple interdisent par là tout air de hauteur, d'arrogance et de fierté aux é\éque8 dans l'exercice de leur charge : mais cela ne prouve pas comme le prétendent Bèze et CaWin , qu'ils n'aient aucune autorité, et qu'ils ne puissent en faire aucun usage, lorsque l'occasion le demande. Saint Paul déclarait aux fidèles, 2. Cor. 1) 25, qu'il était très-éloigné de dominer sur leur foi : mais en même temps il ajoutait ce» paroles, qui marquaient si bien l'étendue de son pouvoir : Les armes de notre milice ne sont point charnelles , mais puissantes en Dieu , pour renverser tout ce qu'on leur oppose ; pour détruire les desseins des méchants , et toute hauteur qui s'élève contre la science de Dieu ; pour réduire en servitude les esprits , et les soumettre à l'ohéissance de la foi. C'est ce qui a fait dire à saint Grégoire le Grand, l. 26. Jfcfor. c 26. 1». 45, que quand saint Paul disait aux Corinthiens qu'il ne dominait pas sur leur foi , c'est qu'il parlait à des fidèles qui étaient fermes dans la foi : mais que quand il en rencontrait qui n'étaient point dans le bon chemin , et que la douceur n'était pas capable d'y ramener; il savait bien prendre la verge en main, et leur faire sentir tout le poids de son autorité. Paulus henè agentibus fratribus prœlatum se esse nesciebat, cûm diceret , non quia dominamur fidei veslrœ , sed coadjutores sumus gaudii vestri : atque illicù adjunxit, fide enim statis; ac si diceret , ideà non dominamur fidei vestrœ , qutu fide statis.,,, Sed cum culpam quœ corrigi debuisset, invenit , illicd magistrum Sê esse recoluit dicens , quid vuUis ? In virgà veniam ad vos. Par les héritages du Seigneur , incleris, plusieurs Pères entendent les prêtres, les diacres, et les autres ministres inférieurs, qui composent le clergé sous l'obéissance de l'évéque. Mais on peut au»8i entendre par là les fidèles de tant de différentes conditions, qui composent chaque église particulière, li semble même que saint Pierre l'explique ainsi, en opposant la domination sur les héritages du Seigneur, au bon exemple que les évêques doivent donner à tous ceux sans exception , dont l'assemblage forme ce qui s'appelle leur troupeau , sed forma facti gregis.

4. Et cùm apparuerit princeps pas- 4. Et lorsque le prince des pasteurs torum , percipietis immarcescibilem viendra à paraître , vous recevrez la couglorlae coronam. ronne de gloire qui ne se flétrit point.

5. Similiter adolescentes , subditi 5. Pareillement , vous qui êtes encore estote senioribus. Omnes autem in- jeunes » soyez soumis aux anciens. Insivicem humiliiatem insinuate : quia nuez-vous tous les uns aux autres des 1>eus superbis resistit , humilibus au- sentiments d'humilité: parce que Dieu tem dat gratiam (2). résiste aux orgueilleux, et qu'il donne la

grâce aux humbles.

6. Humiliamini igitur sub potenti 6. Humiliez-vous donc sous la main manu Dei > ut vos exaltet in tempore toute-puissante de Dieu, afin qu'il vous visitationis (3) : élève dans le temps de sa visite :

Afin qu'il vous élève dans le temps de sa visite. Nous avons déjà remarqué que le mot de visite t quand il est dit de Dieu dans TEcriture, se prend quelquefois en bonne, et quelquefois en mauvaise part. Car Dieu visite quelqu'un ; ou pour le délivrer, le soulager, le récompenser, ou pour le châtier et le punir. On peut le prendre ici en ces deux sens, et l'entendre du jour du jugement, où Jésus-Christ paraîtra pour humilier les superhes, et combler de gloire ses fidèles serviteurs. Ce mot visite ne se lit point dans le grec d'aujourd'hui : mais on le trouve dans le manuscrit d'Alexandrie, dans un ancien du roi, dans le meilleur de ceux d'Etienne, dans l'arabe, le cophte et l'éthiopien.

7. Omnem sollicitudinem vestram 7. Vous déchargeant sur lui de tout ce projicientes in eum , quoniàm ipsi qui peut vous inquiéter, parce qu'il a luicura est de vobis (1). même soin de vous.

(I) Rom. 12, 10. - Jac. 4. 6. ^ (2) Jac. ^ 10. - Ps. 54. 23. — (3J Matth. 6. 25. - Luc. 12. 22.

Vous déchargeant tur lui de tout ce qui peut voiu inquiéter. Reposez-vous entièrement sur sa paternelle proTÎdence, et n'ayez point d'inquiétudes superflues sur tout ce qui peut vous arriver. Cet abandon de vous-mêmes entre les bras de Dieu , doit vous être d'autant plus facile , qu^il a soin de vous ; et que sous la providence paternelle d'uD maître si puissant, rien ne peut vous manquer. Voyez, Matt. 6, 25, 26.

8. Sobrii estote , et vigilate : quia 8. Soyez sobres et veillez : car votre adversarius vester diabolus tariquam enoemi , le démon , semblable à un lion leo rugiens circuit , quaerens quem rugissant , tourne de tous côtés cherchant devoret. qui dévorer.

Soyez sobres et veillez. Saint Pierre ne veut pas que les fidèles se reposent tellement •ur la providence, et sur les secours qu'ils en attendent, qu'ils ne travaillent euxmêmes avec le secours de sa grâce. C'est pourquoi il les exhorte à la sobriété et à la vigilance, pour être en état de résister au démon , qui est l'ennemi juré de leur salut, et qui cherche à toute heure l'occasion de les perdre.

9. Cui resistite fortes in fide : scien- 9. Résistez- lui » mettant votre force tes eamdem passionem ei * quœ in dans la foi; sachant que ce qu'il y a de mundo est , vestrœ fraternitati fieri. vos frères dans le monde , a les mêmes

choses à souffrir.

10. Deus autem omnis gratis , qui 10. Mais Dieu , l'auteur de toute grâce, Tocavit nos in œternam suam gloriam qui nous a appelés en Jésus-Christ à son in Christo Jesu,modicum passos ipse éternelle gloire, lui-même nous rendra perficiet » coufîrmabit , solidabitque. parfaits , fermes et inébranlables , après

que nous aurons un peu souffert.

11. Ipsi gloria, et imperium in ss- 11. C'est à lui qu'appartient la gloire cula ssculorum. Amen. et le souverain pouvoir dans les siècles

des siècles. Âmen.

12. Per Silvanum fidelem fratrem 12. Je vous ai écrit, ce me semble, en vobis, ut arbitrer» breviter scripsi : peu de mots par Silvain qui est un des obsecrans et contestans , hanc esse 6déles et de nos frères; pour vous eihorter veram gratiam Dei , in quâ statis. et pour vous assurer que la grâce où vous

êtes établis, est la véritable grâce de Dieu.

Je vous ai écrit , ce me semble , en peu de mots par Sylvain. Ce Sylvain est le même qui est appelé Sylas, Ad. 15, 40, 2. Cor, 1,18, Thess. 1,1. Grotius croit que saiot Pierre parle d'une autre lettre qu'il leur avait écrite auparavant. Mais aucun auteur n'a jamais fait mention de cette première lettre; et les paroles que nous examinons, ne la désignent en aucune manière. Saint Pierre marque seulement aux fidèles, qu'il lui semble qu'il leur a écrit en bien peu de mots dans cette lettre, dont Sylvain est ie porteur, eu égard à la grandeur du sujet qu'il avait à traiter.

13. Salutat vos ecclesia , qu» est in 13. L'Eglise qui est à Babylone , et qui Babylone coelecta , et Marcus Glius aétéchoisieavec vous, vous salue. Marc, meus. mon fils vous salue aussi.

L'Eglise qui est à Babylone , et qui a été choisie avec vous , vous salue. Tous les anciens Pères conviennent que saint Pierre désigne ici la ville de Rome sous le nom de Babylone ; qu'il appelle ainsi , non-seulement à cause de l'étendue de son empire , maii encore à cause de la confusion de toutes les fausses religions , qui , dans ce temps-là , y avaient établi leur siège. Grotius reconnaît le consentement de toute l'antiquité sur cela , et se croit obligé de le suivre. Veteres , dit-il , Romam inierprelantur, ubi Petrum fuisse nemo verus christianus dubitabit. C'est sans doute que ce fameux prolestant élait bien persuadé que Calvin , Bèxe, et les autres apôtres de la nouvelle réforme n'étaieot pas de véritables chrétiens. — Mare mon fils vous salue aussi. Tous conviennent que c'est saint Marc l'évangéliste , dont il est ici parlé, que saint Pierre appelle son fils , parce qu'il l'avait enfanté à Jésus-Christ.

14. Salulate invicem in osculo sanc- 14. Saluez-vous les uns les autres par to. Gratia vobis omnibus , qui estis un saint baiser. Que la grâce soit avec in Christo Jesu. Âmen. vous tous qui êtes en Jésus-Christ. Ameo.

SECONDE EPiTRË

DB

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