CHAPITRE PREMIER
Il exhorte les fidèles par le soayeuir des grandes faveurs qo^ils ont reçues de Dieu, à s'a?ancer de vertu en vertu ; afin que par là ils soient pourvus de ce qui peut donner entrée au royaume du Seigneur. Il dit qu'il mourra bientôt , et il appuie la vérité de sa doctrine sur Jésos-Christ qui Ta enseignée , et qui a été autorisée par la voii de son Père , et par le témoignage des Prophètes.
1. Simon Petrus, servuset apos- 4. Simon Pierre, serviteur et apôtre tolus Jesa Christ! , iis oui coœ^ualem de Jésus-Christ , à ceux qui ont eu pour nobiscum sortiti sunt fidem in justitià leur partage la même foi que nous » en Dei Dostri , et Salvatoris Jesu Christi. vertu de la justice de notre Dieu et notre
Sauveur Jésus-Christ.
Simon Pierre, etc. Simon était le nom que portait saint Pierre aTant sa vocation à l'apostolat. Jésus-Christ lui donna dans la suite celui de Céphas qui signifie Pierre.
(1) Eusèbe, 1. 3. Hist. o. 3. rapporte que quelques-ao» ont doaté de la «anonicité de cette épître. Et aaint Jérôme , bb Scairr. Eccibs. iir Pbtbo , assure que la diversité du style qu'on croit remarquer entre la première et la seconde , avait persuadé à plusieurs que saint Pierre n'était pas Tauteur de celle>ct. C'est aar cela que Luther , Brentius , Kemaitius et d'autre* luthériens se sont cru obligea de la rejeter. Hais il est surprenant que le doute de quelques personnes obscures et incertaines , qu'Eusèbe n'a pas même osé nommer, ait fait plus d'impression sur eux que le témoignage clair et précis de tant d'autres, qui la mettent au nombre des livres divins et canoniques , comme le concile de Laodicée , le troisième de Carthage, saint Augustin , le Pape Innocent I , et une infinité d'autres qu'on peut voir citée dans Bcllarmin , 1. 1. db vbbbo Dbi , c. 12. Pour ce qui est de la différence du style , rien n'est plus faible que cette preuve. Car la différence du temps , de la matière et de la disposition de l'écrivain , peut aisément le changer. Le style des lettres de Ciréronà Atticus n'est pas le même que celui de ses épîtres familières. Ajontei à cela que la diversité du style peut venir des différents interprètes dont saint Pierre s'est servi, comme saint Jérôme le remarque. D'ailleurs , tous ne couviennent pas de cette diversité , et les «enturiateurs eux-mêmes avouent qu'ils n'y en trouvent aucune. On dit encore qu'elle n'est point dans la version syriaque. Mais 1° ce n'est pas la version syriaque qui doit nous servir de règle. 2** Poasevin a montré ht contraire. 3** Saint Ephrem , saint Jean Damascène tous deux syriens la citent , et la mettent au nombre de* livres canonique*. Pour oe qui est de l'auteur de cette épitre , on ne peut douter que ce ne soit saint Pierre , le prince des apôtres , dès là qu'on la regarde comme canonique. Car puisqu'elle porte son nom , il faut dire , ou qu'elle est véritablement de lui , ou que c'est l'ouvrage d'un imposteur. Car dire avec Grotius que cola a été ajouté à la lettre aussi bien qne plusieurs autres choses qui prouvent incontestablement la même vérité, et que nous examinerons dans la suite , c'est avancer eu l'air des conjectures si frivoles et si absurdes , qu'elles ne méritent pas qu'on s'arrête à les réfuter. Le sujet de cette épitre est d'exhorter le* fidèles à demeurer fermement attachés à la foi qu'ils ont embrassée , et de les prémunir contre les faux docteurs , dont il fait une vive peinture , a laquelle les hérétique* de nos jours, s'ils n'étaient pas aveugles, pourraient aisément se reconnaître. Enfin il Irnr propose le jugement dernier comme un motif bien propre à soutenir leur foi contre les artifice* des hérétique* , et à exciter leur ferveur dan* la pratique constante des bonnes œuvre* , par laquelle il lus exhorte d'assurer leur vocation.