TOME II
Mais le premier nom lui demeura toujours. Jésus-Christ lui-m^me après lui avoir donné le nom de Céphas ou de Pierre, l'appelle encore Kimplement Simon, Marc. 14, 37. Luc. 22, 31. Joan. 15, 16 Et pour les évangélistes, et surtout saint Jean, ils lui donnent ordi- Dairementles deux noms Simon Petrus, comme il les prend ici. Dans le grec ordinaire il yaSiméon : ce qui a fait croire é Grotius que l'auteur de cette épitre était saint Siméoo, 15*> successeur de saint Jacques le Mineur dans le siège de Jérusalem. Mais 1° ce Siméoo ne s'appelait pas Siméon Pierre , et n'était pas non plus apôtre. 2o L'édition d'Alcala et plusieurs anciens manuscrits , dont Bèze en cite trois , ont Simon comme la Tuigate. '-'En vertu de la justice de notre Dieu el notre Sauveur Jésus-Christ. Il y a dans le latio traduit mot à mot sur le grec, injuslilià Dei noslri, etc. Paroles que les interprètes expliquent différemment. Car quelques-uns prétendent que la préposition in signifie ici la même chose que cum, et que saint Pierre marque aux fidèles qu'ils ont reçu la foi avec la grâce justifiante, qui nous vient de Dieu par les mérites de Jésus-Christ. D'autres veulent que la préposition in soit mise au lieu deper; et par le mot dejuxtice, ils entendent la miséricorde : mais la plupart des passages qu'on cite pour appuyer cette explication, ne prouvent rien moins que ce qu'on prétend. Il est donc plus naturel d'entendre par le mot dejuslicCf les mérites de IVotre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Pierre marque aux fidèles qu'ils ont eu la foi en partage par la justice ou par les mérites de notre Dieu et notre Sauveur Jésus-(ihrist. Cet endroit prouve invinciblement la diTioité de Jésus-Christ. Car ces deux mots Dieu et Sauveur ne peuvent s'attribuer qu'au même, comme il parait par le texte grec , où il n'y a qu'un seul article pour ces deux mots.
2. Gratia vobis et pax adimpleatur 2. Que la grâce et la paix vous soient in cognitione Dei , et Christi Jesu Do- données abondamment , dans la cooDaismini nostri : sance de Dieu et de Jésus-Christ ?(otre-
Seigneur :
Dans la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ Notre-Seigneur. La préposition in se doit prendre encore ici pour cum ou per , de cette sorte : Que la grâce et la paix vous soient données abondamment , et s'augmentent en vous de plus eu plus , par, ou avec la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ.
3. Quomodô omnîa nobis divinae 3. Ainsi que nous ont été communiqués virtutis su» , qux ad vitam , et pieta- tous les dons de sa puissance divine, ea tcra donata sunt , per cognitionem ce qui regarde la vie et la piété , en vertu ejus, qui vocavit nos propriâ gloriâ de la connaissance de celui qui nousaap^ et virtute. pelés par la gloire et ta puissance qui lui
est propre.
Ainsi que nous ont été communiqués tous les dons de sa puissance divine. C'est ici proprement le commencement de cette épitre, qui parait embarrassée, parce que le sens est suspendu jusqu'au verset cinquième. Voici en substance la pensée de saint Pierre dans ses trois versets : Comme Dieu par la connaissance de Jésus-Christ, vous a comblés de ses grâces et de ses bienfaits , vous devez aussi de votre côté y correspondre avec fidélité par la pratique des bonnes œuvres et de toutes les vertus qu'il a droit d'attendre de vous. — Qui nous a appelés par la gloire et la vertu qui lui est propre. Ce moi propre ne se trouve point dans le grec ordinaire, où nous lisons , âik iôÇm x^tc ocpsrfiç , per gloriam et virtuiem , au lieu que l'auteur de la Vulgate a trouvé dans les siens t^^a $o^y) xal à/servî. Le mot de gloire se peut ici prendre pour grâce , comme dans ces mots*, Rom. 8,' 23 , et egenl gloriâ Dei. De même le mot grec qui répond à vertu, n'est pas $ùva/jt.tç , force, puissance, mais ùpex-hy qui se peut prendre pour bonté , miséricorde. Cela signifie donc , celui qui nous a appelés par sa grâce et pfcfsa propre miséricorde.
4. Per quem maxima et pretîosa 4. C'est par lui que Dieu nous a acnobis promissa donavit : cordé les choses excellentes et précieuses
qu'il avait promises :
Ut per hœc efficiaminî divins con- Afin que par ces choses mêmes vous sortes naturœ : fugientes ejus . qu» in deveniez participants de la nature divioe; mundo est , conçu piscentiae corrup- en évitant la corruption de la concuplstionem. cence qui se trouve dans le monde.
Cest par lui, etc. Il y a dans le grec , ^« ' wv, per^quœ, par lesquelles choses : ao jieu que l'auteur de la Vulgate a trouvé dans ses [manuscrits , ou ^( ' Sv , comme daoi