‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 294 sur 364 · CB4PITRE I · texte numérisé non relu

CB4PITRE I

un manuiscrU d^Etienne , ou ^e* ou, comme dans ceux du marquis de Vêlez , per quem : ce qui se rapporte à Jésus-Christ, et fait un sens bien plus net. C'est donc par Jésus- Cbrist que Bieu nous a accordé les chotes les plus exellentes et les plus précieuses qu'il etvait promises : c'est-à-dire la foi , la pénitence , la justification , l'adoption , et tous les autres dons que Dieu avait promis par ses prophètes , et que Jésus-Christ nous a mérités. — Afin que par ces choses mêmes vous deveniez participants de la nature divine. Afin que par ces dons mêmes , et surtout par la {]^râce sanctifiante , tous soyei faits participants de la nature divine. Car c^est par cette grâce que Dieu nous élève à un élat surnaturel ; et qu'étant adoptés au nombre de ses enfants , nous sommes let frères de Jésus-Christ , et les cohéritiers de sa gloire.

5. Vos autem curam omnern subin- 5. Pour vous , sans épargner aucun ferentes , tnînistrate in fide veslrâ vir- soin , mettez en œuvre la vertu avec votre tutem , in virtute autem scientiam , foi , la science avec la vertu ,

Pour vous, sans épargner aucun soin , mettez en œuvre la vertu avec votre foi. Au lieu de ces paroles vos autem, qui sont dans le latin , il y a dans le grec ordinaire , x.al àuTÔ Toïiro iï , et hoc ipsum autem : ce qui ne fait aucun sens raisonnable. Aussi pour y en trouver, les interprètes protestants se donnent é<rano;ement la torture. Les uns prétendent qu'on doit ici sous-entendre les prépositions xarà npbç , ou nepl. Les autres soutiennent qu'au lieu de xa2 il faut lire xutcc. C'est-à-dire que ces messieurs composent de génie l'Ecriture sainte, au lieu de renoncer de bonne foi à un texte corrompu , et de recourir à la Vulgate , qui nous a conservé la véritable leçon , et qui est en cela autorisée par l'excellent manuscrit de Robert Etienne , par celui d'Alexandrie , et par ceux du marquis de Vêlez. Au reste , le sens de cet endroit est lié , comme nous avons dit , avec ce qui précède. C'est comme si saint Pierre disait : Dieu vous a comblés de grâces bien singulières; mais cela ne suffit pas ; il faut de votre côté que par votre libre coopération vous correspondiez à ces grâces ; que vous employiez tous vos soins à cultiver les dons de Dieu dans vous, et à les augmenter. Cela prouve évidemment que comme dans l'afifaire de notre salut nous ne pouvons pas faire le moindre pas sans le secours de Dieu , aussi nous ne devons pas tellement attendre tout de lui , que nous ne fassions tous nos efforts , pour seconder les opérations de sa grâce. C'est ce que remarque saint Aug. 1, 2. de peccat. merit. et remiss, c, 5, en ces termes : Non ideù iamen de hâe re solis votis agendum est , ut non suhinferatur adnitendo etiam nostrœ efflcacia vuluntalis. Adjutor enim noster Deus dicilur ; nec adjuvari potest , nisi qui etiam aliquid spontè conatur, — Mettez en œuvre la vertu avec votre foi. C'est-à-dire ajoutez à voire foi la pratique de la veitu : car la seule foi ne suffit pas. Ajoutez tout de même la science à la vertu. Par la science on doit entendre , ou la reconnaissance des mystères de Notre-Seigneur et des devoirs de la Religion , ou la prudence chrétienne , qui règle toutes les autres vertus. Saint Pierre ajoute encore aux deux versets suivants plusieurs autres vertus , qui n*out aucune dépendance mutuelle , mais qui sont toutes nécessaires à un chrétien,

6. In scientià autem abstinentiam, 6. L'abstinence des plaisirs avec la in abstinentiâ autem patientiam, in science , la patience avec l'abstinence des patientiâ autem pietatem , plaisirs , la piété avec la patience ,

7. In pietate autem amorem frater- 7. L'amour de vos frères avec la piété, nitatis , in amore autem fraternitatls et la charité avec l'amour de vos frères, charitatem.

8. Hsc enim si vobiscum adsint , 8. Car si vous avez ces qualités , et que et superent , non vacuos , nec sine vous les ayez en un haut degré , elles ne fructu vos constituent in Domini nos- vous laisseront pas sans actions et sans tri Jesu Christi cognilione. fruit, avec la connaissance que vous avez

de Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Elles ne vous laisseront pas sans actions et sans fruit. Elles vous feront amasser un grand trésor de mérites , et ne permettront pas que la connaissance que vous avez de IVotre-Seigneur Jésus-Christ , soit inutile et infructueuse.

9. Cui enim non prsestô sunt haec , 9. Aussi celui qui ne lésa point, est cœcus est, et manu tentans, oblivio- aveugle et marche à tâtons, ne se souvenem accipiens purgalionis veterum nant point que ses anciens péchés ont été suorum delictorum. eifaces.

Ne te touf>enaiU poini que tes and&M péchés lui ont été effaeéi. Oubliant le bienfait singulier , qu'il a reçu dans le baptême, par lequel tous ses anciens péchés lui ont été pardonnes, et les engagements solennels qu'il y a pris, de renoncer désormais à tout péché, pour ne plus vivre qu'à Jésus-Christ.

10. Quapropter, fratres , magis sa- 10. C'est pourquoi , mes frèrest étudieztaglle , ut per boua opéra certam \ous de plus en plus à rendre sûres par de vestram vocationem et eiectionem fa- bonnes œuvres votre vocation et votre ciatis : hsc enim facientes, non peo élection : parce qu'en faisant cela, vous cabitis aliquandô. ne pécherez jamais.

C'est pourquoi , mes frères , étudiei^vous de plus en plus d rendre sûre par de homus eeuvres votre vocation et votre élection. Ceux qui soutiennent que la prédestina tioa est fondée sur la prévision de nos mérites, tirent un grand avantage de ce passage, dont les autres ne se croient pas fort embarrassés. Ce qui est certain , c'est que Dieu nom ayant choisis pour être des saints , et pour mener une vie sann tache , Eph. I. ceux-là assurent et affermissent leur élection, qui font tous leurs efforts pour mener une vie sainte, et avancer de plus en plus dans le chemin de la vertu. D'ailleurs , il est de foi que la vie éternelle ne sera jamais donnée qu'au mérite de nos bonnes œuvres : et ainsi nous ne pouvons avoir aucune assurance plus certaine de la posséder, qu'en les pratiquant constamment. Mais cette certitude n'est que morale, et n'a rien de commun avec la certitude fanatique que demandent les prolestants. Ces mots , par les bonnes autjret , ne se trouvent plus maintenant dans le grec. C'est ce qui a engagé Luther, Bôe, (^Ivin et tous les autres protestants à les retrancher de leurs bibles. Mais I* ces mots se trouvent dans tous les exemplaires latins. 2o On les lit dans les meilleurs et les plos anciens manuscrits grecs , comme dans celui d'Alexandrie , et dans plusieurs antres que cite le P. Âmelotte , 3*> On les lit pareillement dans le syriaque et dans Tétbiopien , aussi bien que dans le commentaire d'OEcumenius : ce qui marque que Toniission n'est pas fort ancienne. S" La suite prouve évidemment la vérité de la leçon que nous suivons. Car à quoi peuvent se rapporter ces paroles , hœc enim facientes, si ce n'est aux bonnes œuvres, dont saint Pierre venait de parler? — Parce qu'en faisant cela tùui ne pécherez jamais, £n persistant constamment dans la pratique fervente des bonnes œuvres, vous ne tomberez jamais dans des fautes considérables, qui vous fassent décheoir de votre vocation et de votre élection.

11. Sic enim abundanter ministra- 11. Car de cette sorte vous serez pourbitur vobis introitus in sternum re- vus abondamment de ce qui peut donner gnum Domini nostri et Sahatoris Jesu entrée au royaume éternel de Jésus-Christ Cbristl. Motre-Seigneur et notre Sauveur.

Car de cette sorte vous serez pourvus abondamment de ce qui peut donner entrée au royaujne étemel de Jésus-Christ, C'est-à-dire : car si vous pratiquez constamment les bonnes œuvres y elles vous ouvriront la porte du royaume de Jésus-Christ, où vous recevrez une récompense abondante , qui ne finira jamais. On peut ici aisément remarquer l'opposition visible qui se trouve entre la doctrine de saint Pierre et celle de Lntber et des prétendus réformés. Selon ce chef de la nouvelle réforme , il n'y a que la foi seule qui nous sauve , et l'infidélité seule qui soit capable de nous damner; et selon l'spôtie de Jésus-Christ , la foi sans les bonnes œuvres et sans le secours des vertus chrétiennes qui doivent l'accompagner, nous devient inutile et infructueuse. Selon le même Lntber, nos bonnes œuvres ne sont point un titre nécessaire pour entrer au royaume de Jésus- Christ; et selon le prince des apôtres, ce n'est que par là que nous pouvons nous en ouvrir la porte.

12. Propter quod incipiam vos sem- 12. A cause de cela je recommencerai per commonere de his ; et quidem toujours à vous remettre ces choses dans scientes et confirmatos vos in prssenti l'esprit ; tout éclairés et tout affermis que veritate. vous êtes dans la vérité présente.

A cause de cela , je recommencerai toujours d vous remettre ces choses dans l'esprn. Puisqu'il est si important que vous vous appliquiez constamment à la pratique de< bonnes œuvres , je ne me lasserai point de vous donner des avertissements là-dessus. Quoique vous n'ignoriez pas une vérité si capitale, je recommencerai toujours à tous en instruire. Il y a dans le texte grec, oux êcfiiXihau , non negligam : au lieu que non* lisons incipiam dans la Vulgate , dont l'auteur aura sans doute lu, où fi5À>iA9u» x^" cunctabor , comme on lit encore dans plusieurs manuscrits.

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