‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 3 sur 364 · CHAPITRE t · texte numérisé non relu

CHAPITRE t

bus vobis, quia (ides vestra annuntia- tous , de ce qu'il est parlé de votre foi dans tur in uni verso mundo. tout le monde.

De ce qu'il eat parlé de votre foi dans tout le monde. De ce que tout le inonde sait que TOUS avez embrassé la foi de l'Evangile. L'apôtre rend grâces é Dieu , et du don de la foi accordé aux cb rétiens de Rome) et de I avantage qu'en pouvaient retirer les autres nations qui devaient avoir dans la suite moins d'éloignement pour une religion qu'elles verraient établie dans la capitale du monde.

9. Testis enim mibi est Deus , cui 9. Car Dieu que je sers de toute mou servio in spiritu mco in Evangelio &me en annonçant l'Evangile de son Fils , Filii ejus , quôd sine intermissione m'est témoin que je me souviens de vous meiiioriam vestri facio; continuellement ;

10. Seroper in orationibus meis : 10. Que je ne vous oublie dans aucune obseerans, si quo modo tandem ali- de mes prières; le conjurant que, si c'est quandô prosperum iler habeam in vo~ sa volonté, il m'ouvre enfin quelque voie luntate Dei veniendi ad vos. favorable pour aller vers vous.

11. Desidero enim \idere vos, ut 11. Car jesoubaitede vousvoir, dansle aliquid impertiar vobis gratis spiri- dessein de vous faire part de quelque grâce tualisad confirmandos vos : spirituelle pour vous affermir ;

12. Id est , simul consolari in vobis 12. Afin qu'étant avec vous , nous receper eam , quœ invicem est, fidem ves- vions une consolation mutuelle par la foi iram, atque meam. qui nous est commune» et qui nous unit

ensemble.

13. Nolo autem vos ignorare, fra- 13. Je ne veux donc pas que vous ignotres , quia saepé proposui venire ad riez, mes frères, le dessein que j'ai souvos, (et prohibitus sum usqueadhuc) vent formé de vous aller voir , pour faire ut aliquem fruclum babeam et in vo- quelque fruit aussi parmi vous , comme bis , sicut et in csteris gentibus. parmi les autres nations : mais j'en ai être

empêcbé jusqu'ici.

J*ai souvent formé le dessein de vous aller voir, etc. Saint Paul était alors à Cortntbe. Depuis sa conversion il avait toujours été occupé à prêcher l'Evangile en Arabie, eu Judée, en Grèce , dans l'Aj^ie mineure, suivant en toutes ses courses le mouvement de l'Esprit saint qui le conduisait.

14. Grscis ac barbaris, sapientibus, 14. Je suis redevable aui Grecs et aux et insipientibus débiter sum : barbares , aux sages et à ceux qui ne le

sont pas :

Aux Grecs et aux barbares, aux sages et à ceux qui ne le sont pas. Si les Romains doivent être eux-mêmes compris dans cette distribution, il n'y a pas de doute que l'apôtre n'ait voulu qu'ils fussent compris sous le nom de Grecs et de sages; mais peut-être que par ces Grecs et ces barbares saint Paul a prétendu seulement désigner les nations différentes auxquelles il avait annoncé jusque-là l'Evangile : d'où il conclut que son ministère n'étant pas borné à un seul peuple en particulier, il est juste que les Romains aient aussi part à sa mission à leur tour. Il faut cependant remarquer que dans la suite l'apôtre entend par les Grecs tous ceux généralement qui ne sont pas Juifs.

15. Ita (quod in me) promptum est 15. Ainsi , autant qu'il est en moi , je et vobis qui Rom» estis, evangeli- suis tout prêt de vous aller aussi prêcher zare. l'Evangile , à vous qui êtes à Rome.

16. Non enim erubesco Evange- 16. Car je ne rougis point de l'Evanlium. Yirtus enim Bei est in salutem gile : parce que c'est le puissant moyen omnl crcdenti , Judso primùm et dont Dieu se sert pour le salut de qui- Grsco. conque croit , du Juif premièrement , puis

du gentil.

Du Juif premièrement, l^es Juifs étaient le peuple choisi ; c'est particulièrement à eux que les promesses du Messie avaient été faites. Ce fut aussi à eux que l'Evangile fut d'abord annoncé, nonnsculement par Jésus-Christ , mais encore par les apôtres , qui n'allèrent prêcher eux nations, qu'après que les Juifs eurent refusé de les entendre, ainsi qu'il parait par une infinité de passages du nouveau Testament. C'est

A EPITRE DE S. PAUL AVX ROHAIilTS.

donc , ce semble , sans fondement que quelques interprètes prétendent que cette phrase, Judœo primûm, et Grœco, doit s'expliquer comme s'il y avait, tàm Judœo quàm Grœco; et qu'elle marque une égalité parfaite entre les Juifs et les gentils, sans aucune prééminence du côté des premiers.

17. Justitia enim Dei in eo révéla- 17. Aussi, y découvre-t-on la justice de tur ex fide in fidem; sicut scriptum Dieu, passant d'une vérité de foi à une est : Justus autem ex fide yivit (1). autre; selon qu'il est écrit : Or , le juste

vit de la foi.

Autfi y décQuvre^i-on , etc. Justitia enim Dei in eo revelatur ex fide in fidem. Ce passage difficile eu lui-même , a été rendu plus difficile par le grand nombre d'ex->^ plications différentes qu'on y a données. En voici deux ou trois, auxquelles il semble que toutes les autres peuvent se réduire. Par l'Evangile nous apprenons que les hommes n'ont pu , en quelque temps que ce soit, être justifiés que par la foi. C'est par elle qu'on Ta été dans l'ancien Testament, en croyant au Messie qui devait venir; c'est par elle qu'on l'est dans la nouvelle loi, en croyant au Messie qui est arrivé. En sorte que ex fide marque la foi des fidèles avant la venue de Jésus-Christ , et in fidem la foi des fidèles depuis la publication de l'Evangile. D'autres prétendent que cette expression, ex fide in fidem, marque le progrès et l'augmentation de la foi. Justitia Dei in eo revelatur ex fide in fidem : l'Evangile nous montre que la justice de Dieu est donnée aux hommes par la foi , qui croit , qui s'augme^ite, et qui se perfectionne en eux de plus en plus , ainsi qu'il est dit ailleurs des Justes : Ibunt de virtute in virtutem. Selon le cardinal Tolet, ce verset regarde les Juifs en particulier, Judœo primûm, La foi qu'ils avaient eue autrefois, changeait en quelque sorte d'état; parce qu'ils devaient croire comme accompli , ce qu'ils croyaient auparavant comme devant arriver : ex fide in.fidem. Le verset suivant regarde les gentils et Grœço. L'Evangile leur découvrait l'état de péché et d'iniquité, où ils avaient vécu jusque-là, et leur faisait voir la nécessité où ils étaient d'embrasser l'Evangile, et d'avoir recours à la grâce du libérateur : Revelatur ira Dei super omnem impietatem et injustitiam hominum illorum, — Le juste vit de la foi. Dans le texte grec de saint Paul et dans le texte hébreu du prophète, on Ut au futur, vivra delà foi : ce qui marque que la, foi a toujours été inséparable de la vraie justice. C'est par la foi que le juste vit dans- cette vie , et qu'il méritera de vivre éteroellement dans l'autre,

18. Revelatur enim ira Dei de cœlo 18. Car la colère de Dieu se manifeste super omnem impietatem et injusti- du haut du ciel contre toute l'impiété et tiam hominum eorum , qui veritatem toute l'injustice de ces gens qui tiennent Dei in injustitiâ detinent : injustement la vérité de Dieu captive :

j^t tiennetU injustement la vérité de Dieu captive. Tenir la vérité captive, c'est ainsi que l'apôtre lexplique dans les versets suivants , refuser de connaître la vérité qui se. présente d'elle-même , fermer les yeux à la lumière pour ne pas voir. Telle a été la malignité des idolâtres, surtout des sages et des philosophe». Malgré les preuves évidentes que Dieu leur donnait de son existence, ils se sont aveuglés jusqu'à transporter aux créatures le culte qui lui était dû , ils lui ont substitué un nombre infini de divinités monstrueuses.

19. Quia quod notum est Dei , ma- 19. Puisque ce qu'on peut connaître de nifestatum est]in illis. Deus enim illis Dieu , leur est évident. Car Dieu le leur a manifestavit. fait connaître clairement.

Ce qu'on peut connaître de Dieu. Ce qu'on peut connaître de Dieu indépendamment de la révélation, par la lumière de la raison naturelle, l'existence de Dieu, par exemple, son unité , et ses autres principaux attributs.

20. Invisibilia enim ipsius, à créa- 20. D'autant que ce qu'on ne peut voir turà mundi, per ea quœ facta sunt, de lui, se fait concevoir parla connaisîntellecta, conspiciuntur : sempiterna sance qu'en donnent ses ouvrages depuis quoque ejus yirtus, et diyinitas : ità la création du monde. On connaît de ut sint inexcusabiles , même son éternelle puissance et sa divinité : en sorte qu'ils sont inexcusables ,

(1) Hab. 2. 4. X Gai. 3. 11. ^ Heb. 10. 38.

CHAPITRI I. 5

Car ee qu'on ne peut voir de lui, etc. C'est-é-dire , car quoique Dieu soit invisible , et que ses perfections ne soient pas sensibles par elles-méines , cependant elles se font assez connaître par la seule considération des créatures : en sorte qu'il faut s'aveugler , et étouffer tous les sentiments que la nature a gra\és dans nos âmes, pour no pas reconnaître un Dieu qui seul nnêrite nos adorations. — Depuis la création du monae. A créaturdmtmdin Quelques-uns joigpent ces paroles de la Vulgate avec celles-ci , intelleela eontpiciunîur : ce qu'il y a d'invisible en Dieu , est connu des créatures par ce qu'il a créé. Hais le sens de la traduction française parait le véritable, et c'est celui des plus anciens et des plus savants interprètes.

21. Quia €Ùm cognovissent Deutn , 21. De ce qu'ayant connu Dieu , ils ne non sicut Deum gloriâcaverunt , aut l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui gratias egerunt : sed evanuerunt in ont point rendu grâces : mais ils se sont cogitatienibus suis, et obscuratum perdus dans leurs vains paisonnements , est insipiens cor eorum (1) : et leur esprit insensé s'est aveuglé.

22. Dicentesenimseessesapientes, 22. Car ces bommes qui se disaient stuUi facti sunt. sages , sont devenus fous ;

23. Et mutaverunt gloriam in- 23« Et k la majesté du Dieu ineorcorruplibilis Dei , in simililudinem ruptible ils ont substitué la représentaimaginis corruptibilis bominis , et tion de l'homme corruptible , des oiseaux , volucrum , et quadrupedum , et ser- des botes à quatre pieds et des serpentium (2). pents.

Det oiseaux, de* hétee à quatre piedi , des terpente. Cesi ce que pratiquèrent particulièrement les Egyptiens, qui adoraient leurs fausses divinités sous la figure de taureau , de cbien, de crocodile, etc. lis portèrent la folie jusqu'à adorer les légumes et les plantes les plus viles. Osanclas gentes, quihui hœc nateuntur in horiis nutnina ! disait plaisamment un ancien poëte satyrique.

24. Propter quod tradidit illos Deus 24. C'est pour cela que Dieu les a abanin desideria cordis eorum , in immun- donnés à leurs désirs déréglés, à l'imditiam : ut contumeliis aflSciantcor- pureté : de sorte qu'ils se déshonorent pora sua in semetipsis (3) : eui-mémes dans leurs propres corps :

Dieu le» a ahandonnéi à leun désirs déréglés. L'homme est livré à ses mauvais désirs, non par une action de Dieu sur le cœur de l'homme , qui le porte au mal , ou qui lui ôte tout pouvoir d'éviter le péché ; mais en ce que Dieu permet que le pécheur s'abandonne à ses passions; en ce qu'il le laisse suivre tous les désirs déréglés de sou cœur, et en ce que par une juste punition, il lui donne des secours de grâce moins fréquents et moins puissants. — De sorte qu'ils se déshonorent ^ etc. C'est-à-dire que ces sages du paganisme n'ayant pas fait par rapport à Dieu l'usage qu'ils devaient des lumières que la nature même et la raison leur donnaient. Dieu a permis que dans ce qui les regardait, ils se déshonorassent eux-mêmes, et ee dégradassent, pour ainsi dire, des privilèges de leur nature et de leur raison , pour se livrer comme des bétes aux passions les plus brutales.

25. Qui commutaverunt veritatem 25. Eux qui ont substitué le mensonge Dei in mendacium : et coluerunt, et k la vérité d'un Dieu, qui ont adoré et servieruntcreaturspotiùsquamCrea- servi la créature plutôt que le Créateur, tori.

Qui est benedictus in sscuIa.Amen. Lequel est béni à jamais. Amen.

Amen. C'est un mot hébreu , qui sert ou à affirmer ce qu'on va dire , ou à approuver ce qui vient d'être dit : il se prend ici dans le dernier sens. Voyez Jlfatt. 5. 18.

26. Proptereà tradidit illos Deus 26. Oui, pour cela , Dieu les a abanin passioncs ignominiœ. Nam fe- donnés à des passions infâmes. Car les rains eorum immutaverunt natura- femmes parmi eux ont changé un usage lem usum , in eum usum qui est conforme k la nature , en un autre qui y contra naturam. est contraire.

27. Similiter autem et masculi, 27. Les hommes de même, au lieu relicto naturali usu femin» , exarse- d'user de la femme selon Tordre de la

(l) Ephes. 4. 17. — (2) Psal. 105. 20. - Jer. 1 1. 11. -Gai. 5. 19. - Ephes, 4. 19. et 5. 3. — (3) Col. 3. 5.- Thess. 2. 3. et 4. 7.

B EPITRE DE S\ VkVL KVX ROMAIIKS^

runt in desiderîis suis in iavicem , nature , ont brûlé de passion les uns pour

masculi in maseulos turpitudinem les autres : les hommes exerçant leur

opérantes, et^ mercedem quam opor- brutalité sur les hommes, et recevant sur

tuit erroris sui in semetipsis reci- eux-mêmes la peine due à leur égarement-, pientes.

28. Et sicut non probaverunt Deum 28. Et comme ils n'ont pas voulu s'apr habere in notitià : tradidit illos Deus pliquer à connaître Dieu, Dieu aussi les a. in reprobura sensum : ut faciant ea abandonnés à un sens réprouvé : de sorte quœ non conveniunt , qu'ils font ce qui est indigne de l'homme ,

Comme ils n'ont pas voulu s'appliquer à connaître Dieu , Dieu aussi les a abandonnés à un sens réprouvé. Comme, ils se sont trompés et: aveuglés volontairenieui- sur la ooonaissanoe et le culte de Dtea, aussi par une juste proportion Dieu a permis qu'ils se trompassent et s'aveuglassent sur lejprs autres devoirs et sur toute leur oonduite; Cette proportion qui est marquée dans le texte grec ,. xaè xadù$, oCx iioxifiuvçiv r6v Bebv sifitv |v iittymastf izctpi^wxsv avTOÙ$ dsbç siç.àêôxtiJt.ov vovv , a été heureusement exprimée par ces. paroles du pape saint Grégoire : Qui errant in Dei cognitione , juste traekmtur ut errent pariter in agendis.

29. Reçletos omni iniquitate , ma- 29. Et qu'ils sont remplis de toute sorte litià, fornicatione,avaritiâ, nequitià, d'iniquité, de malice, de fornication, plenos invidiâ, homicidio, conten- d'avarice, de méchanceté; qu'on ne voit tione,dolo,malignitate,susurrones, parmi eui qu'envie, que meurtres, que

querelles , que fourberie , que malignité ; que gens semant en secret la division ,

30. Detractores,Deo odibiles, con- 30. Médisants, odieux à Dieu, outra-» tnmeliosos, superbos, elatos, in- geux, orgueilleux, hautains, inventeurs ventores malorum, parentibus non de nouveaux crimes , n'obéissant ni à père obedientes , ni à mère ;

31. Insipientes , incompositos , sine 31. Gens sans raison, sans règle , sens affectione, absque fœdere, sine mise- amitié , sans fidélité , sans compassion; ricordiâ.

32. Qui cùm justitiam Dei cogno- 32. Qui connaissant bien la justice de vissent, non intellexerunt quoniàm Dieu, n'ont pas compris qu'en faisant ces qui talia agunt, digni sunt morte : choses on mérite la mort; et non-seuleet non solum qui ea faciunt , sed ment en les faisant, mais aussi en approuetiam qui consentiunt facientibus. vaut ceux qui les font.

N'ont pascomprts^ ^'ont pas voulu faire réflexion. Toutce verset se trouve un peu dififéiremment exprimé dans le texte grec : qui connaissant bien la justice de Dieu^ savoir quen faisant ces choses-là on médite la mort , non-seulement les font, mais ausjsi approuvent ceux qui les font, Cepeiuiaut. la leçon de la Vulgate qui est ttèsr<apcienue<, se trouve aussi appuyée par quelques aucieus manuscrits. grecs.

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