‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 4 sur 364 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Il repread ie& Juifs qai soas prétexte de la loi qai leur avait étédranée, cavdamMMm les geolils, et ne laissaient pas de faire ce qu'ils blâmaient en enx, va qae Dieu rendra à chacun suivant ses œuvres. En sorte que les gentils, qui font par la lumière naturelle ce qveJa loi prescrit; seront mis au rang des circancisi, et jugeront eeui quirso^gloriliaal d'avoir eu la connaissance de la loi, et d'avoir reçu la circoncision de la ctoir, font dos actions contraires à la loi.

1^ BnopTsa-quod-inexeusabilis es, 1% C'est- pourquoi, vous4}ui.jugex,.vous ô homo omnis , qui judicas. In quo êtes, inexcusable , qui que vous, puissiez enim judicas alterum, teipsum con< être. Car. dès laque vous jugez un autre ,

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deroiifts : eadem enim agis qus ju'- vous vous condamnez vous-même ; faisant dicas (I ). les mêmes choses sur quoi vous le jugez.

(Teti pourquoi voui qui jugez ^ ete. L'apôtre après avoir montré dans te cbapitre pré* cèdent é quel eicës de dérèglement TidolAtrie avait oondait les gentils, fait voir dans celui-ci que les Juifs n*ont pas droit pour cela de leur insulter, ni de prétendre leur faire leur procès; puisque la connaissance du vrai Bieu ne les a pas empêchés de tomber eux-mêmes dans d'aussi grands désordres, et que par conséquent ils ne se sont pas rendus moins dignes de la colère et de la vengeance de Bieu. — - ^t que vous puittiez être. Soit Juif, soit gentil. Il parait cependant par la suite que l'apôtre adresée purticulièrement la parole aux Juifs.

2. Sciroos euim quonlàm judlcium 2. Aussi savons-nous que le jugement Deiestsecundùmveritaiemineos,qui que Bieu porte contre ceux qui font de talia agunt. telles actions , est conforme à la vérité.

Autêi êavont-nous, ete. Nous savons que le jugement de Bieu est selon la vérité; c'est-à-dire , que Bieu punira également te péché partout où il le trouvera, sans distinction des perfronnes, du Juif ui du gentil.

3. Existimas autem hoc , ô homo , 3. Et vous qui condamnez ceux qui font qui judieas eos , qui talia a^unt , et de telles actions , et qui ne laissez pas de facis ea , quia tu effugies judicium les faire , vous pensez éviter le jugement 1>ei ? de Dieu ?

4. An divitias bonitatis ejus, et 4. Est-ce que vous méprisez les ripatientî» , et longanimitatis contem- chesses de sa bonté , de sa patience , de sa nis (2) ? douceur à vous supporter si long-temps ?

Ignoras quoniàm bénignités Deiad Ne savez- vous pas que la douceur de

poeoitentiam te adducit? Dieu vous engage a faire pénitence?

5. Secundùm autem duritiam tuam 5. Mais par votre endurcissement et par et impoenitens cor, thesaurizas tibi l'impénitence de votre cœur, vous vous iram in die iras , et revelationis justl faites un trésor de colère , pour le iour de judicii Dei (3). la colère auquel se manifestera le juste

jugement de Dieu.

6. Qui reddet unicuique secundum 6. Qui rendra à chacun selon ses œuvres: opéra ejus (4) :

7« lis quidem, qui secundum pa- 7. La vie éternelle à ceux qui faisant le

tieotiam boni operis, gloriam , et ho- bien constamment , aspirent à la gloire, à

norem , et incorruptionem quaerunt , Thonneur , et à l'immortalité ; vite m aeternam ;

8. lis autem , qui sunt !ex contenu 8. Mais pour ceux qui aiment k contestione , et qui non acquiescunt veritati, ter, et qui , ne se rendant point à la vérité , credunt autem iniquitati, ira et indi- se laissent plutôt persuader à l'iniquité, giiatio. il n'y a pour eux que colère et qu'indignation.

Ceux qui aiment à eontetter» Quelques nouveaux interprètes prétendent que saint Paul veut ici parler des contestations et des disputes que les Juifs avaient avec les gentils. Mais il vayt mieux expliquer ces paroles par les suivantes, et qui ne se rendent pMà la vérité. Qui sunt ex contention^, et non acquiescunt veritati , c'est-à-dire ceux qui s'opiniâtrent à ne se pas rendre n la vérité, qui Uemeureat avec obstination dans Terreur et dans l'égaremeut.

9. Xribulatio et angustia in omnem 9. L'affliction et l'amertume sont le animam hominis operantis- malum , partage de tout homme qui fait le mal , du Judsi prjmùm , etGrsci : Juif premièrement, puis du gentil :

10« Gloria autem, et bonor, et pax 10. Mais la gloire, l'honneur et la paix omni operanti bonum , Judso pri- sont le partage de tout homme qui fait le mùm , et Grsco : bien , du Juif premièrement , puis du

gentil ;

Mais, la gloire^ , ete. Ce que dit saint fîaul, regarde et le temps qui a^préoédé la venue duSlessie, et. celui qui l'a suivi. Biais il. ne faut pas crtûreque ni les Juifk par

( l ) lltatth* 71 2. ^ (2) Sap..9.- 24. - 2. Eet, 3. 2; -« (3);Beut-, 32: 33. -^ (4> Matth. 16. 27.

8 EPITRE DE S. PAUL kV\ ROMAmS.

les œutres seules de la loi, ni les geutiispar une probité et une justice purement naturelle aient pu mériter le salut. Ce n'a jamais été que par la foi et avec des grâces surnaturelles que les hommes ont pu être sauvés : et cette fui et ces grâces ont été dounées dans tous les temps, en vertu seulement des mérites de Jésus-Christ.

11. Non est enim acceptio persona- 11. Parce qu'il n'y a point acception de rum apud Deum (1). personnes auprès de Dieu.

Il n'y a point acception de personnes auprès de Dieu Ce que l'apôtre a dit dans les irersets précédents en parlant des peines et de la gloire, qu'elles seraient pour le Juif premièi émeut, puis pour le gentil , n'est point opposé à ce qu'il dit ici. Les Juifs ayant eu plus de connaissances et de secours pour faire le bien , étaient plus criminels de lavoir omis, et méritaient une punition plus sévère. Aussi comme leurs obligations étaient plus étendues et plus étroites, la justice demandait que leur fidélité à les remplir fût récompensée d'un plus haut*degré de gloire. Selon le cardinal Tolet la distinction que saint Paul semble mettre entre les Juifs et les gentils, ne regarde point l'inégalité de la peine ou de la récompense. L'apôtre a voulu seulement marquer la supériorité et la prééminence de l'état des Juifs au-dessus de celui des gentils avant la publication de l'Evangile.

12. Quicumque enim sine lege pec- 12. Aussi tout ceux qui ont péché sans caveruut, sine lege peribunt : et qui- avoir la loi , périront sans la loi : et tous cumque in lege peccaverunt , per ceux qui ont péché ayant la loi , seront legein judicabuntur (2). jugés par la loi.

Périront sans la loi. Périront, quoique la loi de Moïse ni aucune aiitre loi positive ne leur ait été intimée. Saint Paul en apporte la raison v. 14. et 15. C'est que la loi naturelle qu'ils ont écrite dans le cœur, et la voix de leur conscience leur tient lieu de loi positive, par rapport aux préceptes naturels, et ne leur permet pas d'ignorer l'obligation où ils sont de les observer.

13. Non enim auditores legis justi 13. Car ce n'est pas ceux qui écoutent la sunt apud Deum, sed factores legis loi qui sontjustes devant Dieu ; mais ceux justificabuntur (3). qui pratiquent la loi seront justifiés.

Ceux qui pratiquent la loi^ seront justifiés. Ceux qui pratiquent la loi ^ soit Juifs, soit gentils, soit qu'ils aient reçu la loi de Moïse, soit qu'ils ne l'aient pas reçue, seroiû justifiés ^ non par les œuvres seules, mais par leurs œuvres faites par la foi et a\ec la grâce que Dieu leur aura donnée.

14. Cùm enim gentes , quae legem 14. En effet , lorsque les gentils, qui non habent, naturaliter ea, quae legis n'ont point la loi , font naturellement ce sunt, faciunt; ejusmodi legem non qui est de la loi ; n'ayant point la loi , ils babentes , ipsi sibi sunt lex. sont eux-mêmes leur loi.

Font naturellement ce qui est de la loi. Les gentils, même infidèles, peuvent sans doute par les forces seules de la nature faire quelques bonnes actions, et accomplir quelques préceptes de la loi naturelle sans la grâce de la foi. A.ussi cette proposition de Baïus a-t-elle été condamnée : que c'est être Pélagien que d'appliquer cet endroit de saint Paul aux gentils qui n'ont pas reçu le don de la foi. Cependant , si l'on veut que Tapôtre parle ici d'un accomplisseuient de la loi entier et parfait, qui justifie ; alors ce mot naturellement, devra être entendu par opposition é la loi écrite et positive, et ne servira qu'à marquer la manière différente dont les Juifs et les gentils ont été instruits de leurs obligations, les uns par la loi de Moïse, les autres par la lumière naturelle. Et comme ceux qui ont la loi écrite, ne laissent pas pour être justifiés d'avoir besoin de la foi et de la grâce : de même ceux qui nWt point d'autre loi que celle qu'ils portent naturellement gravée dans le cœur, ne peuvent l'accomplir d'une manière qui les justifie , sans le don de la foi.

15. Qui ostendunt opus legis scrip- 15. Puisqu'ils font voir que ce que la loi turo in cordibus suis , testimonium ordonne , est écrit dans leurs cœurs , leur reddente illis conscientià ipsorum , et propre conscience tenant lieu de témoin à

(l) Deut. 10. I7.-2. Par. 19. 7.— (2) Job. 34. 19.-Sap. 6. 8. - EccIL 35. 15. - Act. 10. 34. - Eph. 6. 9. — (3) GoL 3. 25.-2. Pet. 1. 17.-Matth.7. 21.- Jac. 1. 22.

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inler se invicem cogUationibus ac- leur égard, et leurs réflexions les accusant cusantibus , aut etiam defendeutibus, ou les défendant alternativement les uns

contre les autres,

Leurs réflexions les acouant ou les défendant altemeUivement les unes contre les auires. Leurs propres pensées et leurs réflexions faisant tantôt leur apologie, tantôt leur condamnation ; parce qu'en comparant leurs actions avec la lumière naturelln qui devait être la régie de leur conduite, ils ne pouvaient se cacher à eux-mêmes le bien et le mal qu'ils avaient fait.

16. In die, cùm judicabit Deus 16. Pour le jour auquel Dieu, selon ofculta hominum, secundùm Evan- l'Evangile que je prêche, jugera par Jésusgelium roeum , per Jesum Christum. Christ ceque les hommes ont de plus caché.

17. Si autem tu Judaeus cognomi- 17. Mais vous qui portez le nom de Juif, naris, et rcquiescis in lege, et glo- qui vous reposez sur la loi , qui faites riaris in Deo (1) ; gloire d'être à Dieu ;

Dans le reste de ce chapitre, l'apôtre fait voir aux Juifs le peu de sujet qu'ils avaient de s'élever si fort au-dessus des autres nations, puisqu'ils étaient sujets aux mêmes désordres. Il leur montre que tous les avantages dont ils se glorifient , ne peuvent servir qu'à les rendre plus criminels; -que les cérémonies extérieures n'étaient que comme l'écorce de la religion ; que ce qui faisait le Juif et ce qui le rendait agréable aux yeux de Dieu, c'était la pureté de cœur et le règlement des mœurs.

18. Et nosti voluntatem ejus, et 18. Qui connaissez sa volonté, et qui probas utiliora , instructus per le- instruit par la loi , discernez ce qui est le gem (2) ; meilleur ;

19. Confîdis teipsum esse ducem 19. Vous vous flattez d'être le guide caBcorum, lumen eorum qui in tenebris des aveugles , la lumière de ceui qui sont sunt. dans les ténèbres.

D'être le guide des aveugles. Ces aveugles sont les gentils, pour qui les Juifs avaient le dernier mépris.

20. £ruditorem insipientium , ma- 20. Le docteur des ignorants , le maître gistrum infantium, habenlem formam des enfants, comme ayant dans la loi la scienti» et veritatis in lege. règle de la science et de la vérité.

21. Qui ergo alium doces» teipsum 21. Vous donc qui enseignez les autres, non doces ; vous ne vous enseignez pas vous-même;

Qui praedicas non furandum , fu- Vous qui prêchez qu'il ne faut pas déro-

raris. ber , vous dérobez.

22. Qui dicis non mœchaudum , 22. Vous qui dites qu'il ne faut point mœcharis : qui abominaris idola , sa- commettre d'adultéré , vous en commetcrilegium facis. tez : vous qui détestez les idoles , vous

faites des sacrilèges.

2.3» Qui In lege gloriaris , per prs- 23. Vous qui faites gloire de la loi, vous varicationem legis Deum inhonoras, déshonorez Dieu par la transgression de

la loi.

24. (Nomen enim Dei per vos blas- 24. Car, comme il est écrit, le nom de phematur inter gentes, sicut scrip- Dieu est blasphémé à cause de vous parmi tum est) (3) . les gentils.

25. Circumcisio quidem prodest , 25. A la vérité la circoncision est utile , si legem observes ; si autem prsvari- si vous observez la loi; mais si vous transcator legis sis , circumcisio tua prœ- gressez la loi , tout circoncis que vous êtes, putium facta est. vous devenez un incirconcis.

A la vérité la eireoneision est utile. Sous le nom de circoncision , il faut entendre toutes les cérémonies légales prescrites par la loi de Moïse , et qui faisaient partie de la religion juive. Saint Paul en disant qu'elles sont utiles , les regarde par rapport à leur première institution, et selon ce qu'elles étaient avant la venue du Messie. <]at après l'entier établissement du christianisme , elles devinrent non-seulement inutiles mais encore incompatibles avec la profession de la loi nouvelle , ainsi qu'il sera expliqué dans la suite.

U) A^poc. 2. 9 — d, PUil. 1. 10, — (3) Isa. 52. 5.-.£aech. 36. 20.

26. Si îgitur ■ prxpuiium justitias 26. Si donc celui qui n'est pas circoncis, logis custodial , nonne prœputium il- observe les saintes ordonnances de la loi , lius in circumcisionem reputabitur ? ne sera-t-il pas réputé pour circoncis, sans

avoir la circoncision ?

27. Et judicabit id « quod ex naturà 27. Et celui qui étant par sa naissance est praeputium , legem consummans, incirconcis, observe la loi parfaitement , le , qui per litteram et circumcisionem ne vous jugera-t-il pas , vous qui avec la prœvaricator legis es (1) ? lettre et la circoncision êtes transgresseur

de la loi ?

28. Non enim qui in manîfesto, 28. Car celui-là n'est pas Juif , qui le Judœus est : neque quœ in manifesto, paraît à l'extérieur : et ce n'est pas la cirin carne , est circumcisio (2). concision , que celle qui paraît sur la chair.

29. Scd qui in abscondito, Judœus 29. Mais le Juif, c'est celui qui l'est est : et circumcisio cordis in spiritu , au-dedans : la circoncision, c'est celle du non litlerâ : cujus laus non ex homi- cœur, selon l'esprit , non selon la lettre :et nibus, sed ex Deo est. la gloire du Juif ne vient pas des hommes,

mais de Dieu.

La circoncision , c'est celle du cœur. Cette circoncision spirituelle consiste à retrancher de «;on cœur tous les désirs et les habitudes criminelles; à renoncer au monde et au démon , afin de ne visre que pour Dieu.

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