CHAPITRE II. 5S
Jean le prend ici dans le même sens , par l'antithèse qui se trouve entre le verset que nous c&uniinoiis , et le cir.quièuie , où il dit que pour celui qui met en pratique 9a parole , c'est cdui-là véritablement qui a un parfait amour de Dieu. Notre-Seigueur dit lui-même à ses disciples , Jean. 15, iO. «^'t prœcepta mea tervaveritis , manebitis in dilectione meâ. L'observance des préceptes est doue la preuve la plus certaine que nous puissions avoir que nous aimons \éritableuient Dieu. Probatio Uilectionis txhibilio est operis t dit s&ini Grégoire. Qu'on se souvienne de prendre toujours ie luot de connaître dans le même sens , et il ne restera aucune difficulté dans les versets suivants.
4. Qui dicit se nosse eura » et mandata ejus non custodit , meodax est , et iu hoc Veritas non est.
5. Qui autem servat verbum ejus , verè lu hoc charitas Dei perfecla est : et ÎD hoc scirnus quoiiiàm in ipso su m us.
G. Qui dicit se in ipso maiiere , débet , sicut ille ambulavit , et ipse ambuiaie.
4. Celui qui dit qu'il le conaait , et qui De garde pas ses commaDdemeots » ebt meuteur ; et il n y a point en lui de vérité.
5. Pour celui qui met en pratique sa parole , c'est celui-là véritablement qui a un parfait amour de Dieu : et c'est par oti nous savons que nous sommes en lui.
0. Celui qui dit qu'il demeure en lui , doit marcher aussi comme il a marché lui-même.
Celui qui dit qu'il demeure en lui , doit marcher aussi comme il a marché lui-même. Demeurer eu Jé&us-Christ , c'est lui être uni comme un membre l'est au corps , et le surment â la vigne. Celui donc qui dit qu'il est uni de la sorte à Jésus-Christ , doit le muntrer, en imitant la sainteté de sa vie , et en observant ses préceptes , comme il a lui-iuéme observé ceui de son Père.
7. Charissimi , non mandatura novum scribo vobis , sed mandatum vêtus quod habuistis ab initio : man* datum vêtus , est verbum quod audistis.
7. Mes bien-aimés , ce que je vous écris» n'est pas un nouveau précepte « mais le précepte ancien que vous avez eu dès le commencement : cet ancien précepte , c'est la parole que vous avez entendue.
Mes bien-aimés ^ ce que je %}0us écris , n'est pas un nouveau précepte. C'est le précepte de la charité, dont saint Jean va parler. Ce précepte n'est pas nouveau; parce qu'il est imprimé dans le fond de notre nature, et qu'il est couché dans la loi de flloïse : Lévit, 19, 18.
S. Iterùm mandatum novum scribo 8. D'un autre côté ce que je vais vous vobis , quod verum est et in ipso , et écrire , est un précepte nouveau , qui est in vobis : quia tenebrae transierunt, vrai en soi et a votre égard : parce que et verum lumen jam lucet (1). les ténèbres sont passées , et que la vraie
lumière parait maintenant.
D'un autre côté ^ ce que je vais vous écrire, est un précepte nouveau. C'est comme si saint Jean disait : Quoique le précepte de la charité, dont je dois vous entretenir , ne soit pas nouveau : cependant, comme il était presque efPucé par la méchanceté des hommes, il a été renouvelé, augmenté, et perfectionné par Jésus-Christ; et par toutes ces raisons il peut être appelé un précepte nou\eau, comme Jésus-Christ lui-même l'appelle , Joan. l'a , 34. — Qui est vrai en soi et à votre égard. Ce précepte est véritablement nouveau en «ot, même par la nouvelle perfection que Jésus-Christ lui a donnée. Il est aussi nouveau à votre égard; parce qu'éclairés maintenant d'une nouvelle lumière, vous l'accomplissez dans toute sa perfection : au lieu qu'il vous était presque inconnu, lorsque vous viviez encore au milieu des ténèbres du judaïsme ou de la gentilité. In ipso peut se rapporter à Jésus-Christ de cette sorte : ce commandement est véritablement nouveau par rapport à Jésas-Christ, qui lui a donné une nouvelle forme, et qui l'a lui-mêiue observé d'une manière bien nouvelle . en donnant sa ▼ie pour ses propres ennemis , et il est pareillement nouveau par rapporta vous, qui , éclairés de la lumière de l'Evangile, lequel a dissipé vos ténèbres, réglez votre conduite sur la doctrine que Jésus-Christ vous a enseignée touchant la charité, et sur l'eiemple qu'il vous en a donné.
(I) Joan. 13. ;54. et 35. 12.
9. Qui dicit se in luce esse, et fra- 9. Celui qui dit qu'il est dans la lutreni suumodit, intenebrisestusque roière, et qui hait son frère, est encore adhuc (1). dans les ténèbres.
Celui qui dit quHîett dans la lumière, et qui hait ton frère, est encore dans les lénébres. La lumièie marque ici l'état de grâce, de cliarité et de justice; comme les ténèbres inarqueut raveuglement et le péché. Saint Jean enseigne donc par là que doua nous flattons en \ain d'être en grâce avec Dieu , si nous avons dans le cœur la haine de nos frères.
10. Qui diligit fratrem suum , in 10. Celui qui aime son frère , demeure lumine manet , et scandalum in eo dans la lumière , et il n'y a point pour iui non est. de pierre d'achoppement.
11. Qui autem odit fratrem suum , 11. Mais celui qui hait son frère, est in tenebris est, et in teuebris ambulat, dans les ténèbres , marche dans les téet nescit quô eat ; quia tenebrœ obcae- nèbres , et ne sait où il va ; parce que les caverunt oculos ejus. ténèbres lui ont ôté l'usage des yeux.
Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres. Il est en état de péché. La > ioleoce de la passion l'aveugle; et c'est pour cela qu't/ ne sait oU il va y parce que les ténèbre* lui ont ôté l'usage des yeux : c'est-à-dire que sa haine ne lui permet pas de faire aucune réflexion , et le précipite dans des excès dont il rougirait s'il était en état de refléchir sur lui-même.
12. Scribo vobis, fîlioli, quoniàm 12. Je vous écris, mes chers enfants, remiltuntur >obis peccata propter no- parce que les péchés vous sont remis par men ejus. le nom de Jésus-Christ.
Je vous écris , mes chers enfants , parce que les péchés vous sont remis par le nom de Jésus-Christ, Saint Augustin croit que tout ce que dit suint Jean dans ce verset et dans les deux suivants, s'adresse à tous les chrétiens, qui sont appelés enfants, à cause de leur innocence; Jeune* ^en«, à cause delà force dont ils ont été revêtus, pour combattre l'ennemi de leur salut ; et vieillards , à cause de la sagesse qu'ils ont puisée dans r£vungile. Mais la plupart des autres interprètes soutiennent avec plus de vraisemblance, que saint Jean partage tous les chrétiens en trois classes, celle des enfants, celle des jeunes gens et celte des vieillards, et qu'il les félicite en particulier sur fa grn:.*e de leur vocation au christianisme , et sur les avantages qui leur en reviennent. Ces trois classes peuvent encore signifier trois diflcrents degrés de perfection : celui des commençants , celui de ceux qui ont déjà fait du progrès dans la vertu , et celui des parfaits. Saint Jean congratule les premiers sur ce qu'ils ont reçu la rémission de leurs péchés par les mérites de Jésus-Christ; les seconds, sur ce qu'ils ont été revêtus de force , et qu'ils se sont distingués par les victoires qu'ils ont remportées sur l'ennemi de leur salut; et les troisièmes, sur ce que la haute sagesse qu'ils ont acquise , les met en état d'enseigner aux autres la voie du salut, et de les engendrer à Jésus-Christ.
13. Scribo vobis > Patres , quoniàm 13. Pères , je vous écris , parce que cognovistis eum, qui ab initie est. vous êtes venus à la connaissance de ce- Scvibo vobis, adolescentes, quoniàm lui qui est dès le commencement. Jeunes vicistis malignum. gens , je vous écris , parce que vous avez
vaincu le malin esprit.
14. Scribo vobis, infantes, quo- 14. Enfants, je vous écris, parce que niàm cognovistis Patrem. Scribo vo- vous êtes venus à la connaissance du Père, bis, juvenes, quoniàm fortes estis, et Je vous écris à vous, jeunes gens, (wrce verbum Del manet in vobis , et vicis- que vous avez de la force, ei que vous tis malignum. conservez en vous la parole de Dieu , et
que vous avez vaincu le malin esprit.
15. Nolite diligere mundum , neque 15. N'aimez point le monde , ni ce qui ee quae in mundo sunt. Si quis diligit est du monde. Si quelqu'un aime la mundum» non est charitas Patris monde, il n'a point d'amour pour U in eo. père :
(I)l.JoaD. 3. 14.