‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 318 sur 364 · CHAPITRE V. 8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 8S

Que si nou9 rereeons le témoignage des hommes f etc. Si nous ajoutons foi au témoignage de deux ou irois hommes, qui nous assurent d'une chose, à combien plus forte raison devons-nous ajouter foi au témoignage que les (rois divines personnes produisent dans nous-mêmes.

10. Qui crédit in Filium Dei, habet 10. Celui qui croit au Fils de Dieu , a testimonium Dei in se. Qui non cre- en lui-môme le témoignage de Dieu. Cedit Filio, mendacem facit eum : quia lui qui ne croit point au Fils , fait Dieu non crédit in testimonium quod tes- coupable de mensonge : parce qu'il ne tificaïus est Deus de Filio suo (1). croit pas au témoignage que Dieu a rendu

de son Fils.

Celui qui croit au Fils de Dieu, a en lui-même le témoignage de Dieu. Celui qui croit au Fils de Dieu , fait par là connaître qu'il ajoute foi au témoignage que Dieu lui a rendu ; qu'il le reçoit, et qu'il y défère : en quoi il ne fait que rendre à Dieu Thonneur qu'il mérite. Au contraire, celui qui ne croit pas an Fils de Dieu, déshonore infiniment Dieu en l'accusant tacitement d'être menteur , et d'avoir rendu un faux témoignage. Au lieu de ces mots, croit au Fils de Dieu , il y a dans le grec, croit à Dieu, Mais la suite du discours fait voir que saint Jean parle du Fils; et d'ailleurs , la Vulgate s'accorde avec un ancien manuscrit du roi, et le meilleur de ceux d'Etienne , aussi bien qu'avec l'arabe et l'éthiopien.

11. Et hoc est testimonium , quo- 11. Or ce témoignage , c'est que Dieu niàra vitam œternam dédit nobis Deus. nous a donné la vie éternelle : et cette vie Et hsc vita in Filio ejus est. est dans son Fils.

Or ce témoignage , c'est que Dieu nous a donné la vie éternelle. Jësus-C^hrist étant le Fils de Dieu, est en même temps le Sauveur et le Rédempteur du monde. Ainsi Dieu en témoignant que Jésus-Christ est son Fils, nous assure par le même témoignage, qu'il nous a donné la vie éternelle par ce même Fils qu'il a envoyé pour nous la mériter. Il nous l'a donnée , dis-je ; parce qu'en nous adoptant par Jésus-Christ , il nous y a donné un droit incontestab e. — Et cette vie est dans son Fils, Elle y est comme dans sa source. C'est de sa plénitude que coulent sur nous les grâces qui nous la lont mériter : Joan. 1, 16. II s'ensuit de là que celui qui croit au Fils de Dieu par une foi vive, obéissante, et animée par la charité, a un droit certain à la vie éternelle; et que celui qui n'a pas cette foi, n'y peut prétendre. C'est la conclusion que saint Jean en tire lui-même dans les deux versets suivants.

12. Qui habet Filium, habet vi- 12. Qui possède le Fils, possède la vie : tam : qui non habet Filium , vitam qui ne possède point le Fils , ne possède non habet. point la vie.

13. fisc scribo vobis : ut sciatis 13. Je vous écris ceci , afin que vous quoniàm vitam habetis sBternam , qui sachiez que vous possédez la vie étercreditis in nomine Filii Dei. nelle , vous qui avez la foi au nom du

Fils de Dieu.

14. Et hœc est fiducia » quam habe- 14. La confiance au reste que nous mus ad eum : Quia quodcumque pe- avons en lui, vient de ce qu'il nous écoute, tierimus secundùm voluntatem ejus, quelque chose que nous lui demandions audit nos. qui soit selon sa volonté.

La confiance au reste que nous avons en lui, vient de ce qu'il nous écoute. C'est de la foi que nous avons en Jésus-Christ que naît la confiance que nous avons que Dieu nous écoute, et exauce toutes nos prières , pourvu que nous ne lui demandions rien qui ne soit ct>nforme à sa sainte volonté , rien qui ne soit utile à notre salut, et dont il ne puisse tirer de la gloire.

15. Et scimus quia audit nos quid- 15. Et nous sommes assurés qu'il nous quid petierimus : scimus quoniàm écoute , quelque chose que nous demanhabemus petiiiones quas postulamus dions : nous en sommes assurés , parce ab eo. que nous obtenons ce que nous lui demandons.

Et nous sommes tusurés qu'il nous écoute, etc. Ce n'est pas ici une simple répétition ; mais saint Jean enchérit sur ce qu'il vient de dire, comme s'il disait : non-seulement

(1) Joan. 3. 36.

S60 t. EPlTt^E DE S. JEAN.

nous avons la confiance d'obtenir ce que nous demanderons à Dieu de la sorte; maii nous avons sur cela une science certaine, nons en sommes pleinement assurés : et cetta assurance est fondée, non-seulement sur sa promesse, mais encore sur notre propre eipérience , qui nous apprend qu'il ne monque jamais d'exaucer les prières que nous lui faisons, et pour nous et pour nos frères, comme saint Jean va le déclarer au verset suivant.

16. Qui scit fratrem suum peccare 16. Celui qui a connaissance que son peccatum non ad mortem > petat; et frère est dans un péché qui ne va pas à la dabilur ei vita peccanti non ad mor- mort ; qu'il demande , et il obtiendra la tem. Est peccatum ad mortem : non vie pour cet homme, dont le péché ne va pro illo dico ut roget quis. pas à la mort. Il y a un péché qui va à la

mort ; ce n'est pas pour un péché de cette nature que je dis qu'on prie.

Celui qui a connaissance que son frère est dans un péché qui ne va point à la morlt qu'il demande, et il obtiendra , e(c. Origène, TertuUien , et quelques autres, par le péché qui ne vapas à la mort, entendent celui que nous appelons véniel; et par i'aulre espèce de péché qui va à la mort, ils entendent celui qui donne la mort à l'âme, et que nous nommons pour cela mortel. Mais cette explication est insoutenable. Car saint Jean déclare asseï nettement que le péché qui ne va pas à la mort , ne laisse pas pour cela d'être mortel , puisqu'il assure que celui qui priera pour ce pécheur, lui obtiendra la vie de la grâce , qu'il avait par conséquent perdue par son péché. Sans parler de plusieurs autres explications, qui ne se soutiennent pas mieux , il paraît que par le péché qui va à la mort, il faut entendre l'apostasie, dans laquelle tombe un chrétien , lorsqu'il renonce à Jésus-t'hrist , dont il avait embrassé la fui , pour retourner au culte des idoles, ou au judaïsme qu'il avait abandonné. C'est pour cela que saint Jean finit celte épître par exhorter les fidèles à se garder bien du culte des idoles. C'est là ce même péché, dont saint Pierre dit, 2. Petr. 2, 20, qu't7 rend la dernière condition de l'homme pire que la première ; et dont saint Paul assure, Hebr, 6, 4, 5, B, qu'il est impossible d'en faire pénitence ; parce qu'on ne peut en obtenir le pardon sinon par les mérites de Jésus-Christ , que l'apostat a quitté , et auquel il est résolu de ne pas recourir. — Ce n'est pas pour un péché de celte nature que je dis qu'on prie. Saint Jean ne veut paa dire parla que ce péché soit absolument irrémissible, et il ne défend pas non plus de prier pour celui qui l'a commis : mais il n'ose donner aux fidèles la confiance d'êlie exaucés « qu'il leur a inspirée à l'égard de tous les autres.

17. Omnis iniquitas, peccatum est : 17. Toute iniquité est péché ; et il y et est peccatum ad mortem. a un péché qui va à Ir mort.

Toute iniquité est péché; et il y a un péché qui va à la mort. Toute transgression de la loi de Dieu est un péché ; mais toute transgression de la loi de Dieu n'est pas pour cela un péché qui aille à la mort. Car il y en a un qui va à la mort, comme nous avona dit au verset précédent; et c'est ce péché dans If^quel les véritables enfants de Dieu ne tombent point , comme saint Jean le marque au verset suivant. On lit ici dans le grec avec une négation ,il y a un péché qui ne va pas à.la mort, Bède a lu comme l'auteur de la Yulgate , sans négation.

18. Scimus quia omnis qui natus 18- Nous savons que quiconque tire sa est ex Deo, non peccat : sed generatio naissance de Dieu, ne pèche point : mais Dei conservât eum , et malignus non cette naissance divine le préserve, elle tangit eum. malin ne le touche pas.

Nous savons que quiconque ,. etc. Voyez ce que nous avons dit sur le troisième cha> pitre, V. 6. et 9.

19. Scimus quoniàm ex Deo sumus : 19. Nous savons que nous sommes ei mundus totus in maligno positus enfants de Dieu , et que le monde est tout ^t. entier sous la puissance du malin esprit.

Et que le monde est tout entier sous la puissance du malin esprit. Cela doit s'entendre da monde idolâtre et corrompu , qui se conduit par les maximes que le démon loi nspire.

20. Et scimus quoniàm Filius Dei 20. Nous savons aussi que le Fils dt Tenit , et dédit nobis sensum ut co- Dieu est venu , qu'il nous a donné du dis-

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