CHAPITRE V
gnoscamus verum Deum , et simus in cerDement pour connaître le vrai Dieu , et \ero Filio ejus. Hic est verus Deus , pour être en son vrai Fils. C'est là le vrai et vita sterna (1). Dieu et la vie éternelle.
Et qu'il nous a donné du discernement pour nonnaitre le vrai Dieu, et pour être en son vrai Fils. Jésas^Christ en venant au monde, nous a éclairés, nous a apprise recoii^ naître le vrai Dieu, et à mépriser les faux dieux, à qui tout le monde idolâtre prodigue son encens. Il nous a aussi appris à lui demeurer attachés , lui qui est le Fils de Dieu , qui est vrai Dieu lui-même, et qui donne la vie éternelle à ceux qui le suivent fidèment. Il est évident que le relatif ouroç , hic doit se rapporter é Jésus-Christ, qui précède immédiatement, et qu'il u'y a aucune nécessité de le rapporter é Dieu le Père qui est plus éIoip,né , comme Grotius a fait. On ne peut même le rapporter à Dieu le Père, sans faire dire à saint Jean que le vrai Dieu que Jésus-Christ nous a fait connaUre , est le vrai Dieu : ce qui ferait une tautologie absurde. On peut donc encore tirer de ce passage une preuve invincible pour établir la divinité de Jésus-Christ.
21. Filioli, custodite vos à simu- 21. Mes chers enfants, gardez-vous lacris. Àmen. bien du culte des idoles. Amen.
(1) Luc. 24. 45.
mrsiSifSi^'
SECONDE ÉPITRË
DE
SAINT JEAN
Il affermit dans la charité et dans la foi Electe et ses enfants, de penr qu'ils ne se laissent séduire par les hérétiques : et il le fait en peu de mots, réservant le reste pour It temps qu il les ira voir.
1. Senior Elects dominœ , et natis 1. Le prêtre à la dame Electe et à ses ejus , quos ego diligo in \erilate , et enfants, que j'aime selon la vérité ( et ce non ego sulus , sed et oranes , qui co- n'est pas moi seul > mais tous ceux aussi gnoverunt verilatem , qui ont connu la \érité) .
Le prêtre à la dame Electe et à set enfants. Quelques interprètes ont cru que soui le nom d* Electe soint Jean désignait quelque église particulière ; mais le grand nombre pense plus probablennent qu'Electe était une dame de distinction, auprès de laquelle les hérétiques de ce temps-là tâchaient de s'insinuer, et que saint Jean prémunit ici de salutaires avis, pour l'empêcher de tomber dans leurs pièges. Saint Jean est ici appelé le prêtre par excellence, b rcpeo^ùrspoç : ce qui marque toute la fois sa dignité et son grand âge. Grotius conclut de là que cette épitre n est pas de saint Jean , parce qu'il n'aurait pas manqué de prendre le titre d'apôtre : mais il faudrait donc par la même raison lui ôter aussi la première. — Que f aime selon la vérité, et ce n'est pat moi teulf mais tous ceux austi qui ont connu la vérité. Que j'aime véritablement, ou plutôt selon la foi : et ce n'est pas moi seul ; mais tous ceux qui ont connu la vérité delà religion chrétienne , et qui en font profession.
2. Propter veritatem qus permanet 2. £n vue de la vérité qui demeure en in nobis, et nobiscum erit in sternum, nous , et qui sera éternellement.
En vue de la vérité qui demeure en nous^ et qui tera éternellement. Ce qui fait que tous ceux qui ont embrassé la religion chrétienne et moi, vous aimons ; c'est cette foi commune dont nous faisons profession, et qui nous porte à aimer les vertus chrétiennes qui éclatent en vous. C'est cette même fui , dis-je, à laquelle nous sommes attachés, et dans laquelle, par la grâce de Dieu, nous nous maintiendrons toujours malgré toute la fureur des ennemis qui nous attaquent, et qui tâchent de nous l'enlever.
3. Sit vobiscum gratta , miseri- 3. Que la grâce , la miséricorde et la oordia , pax à Deo Pâtre, et à Christo paix soient avec vous de la part de Dieu Jesu Filio Patris in veritate et cha- le Père , et de Jésus- Christ le Fils du ritate. Père , selon la vérité et la charité.
(1) Qaelques-unt , au rapport d'Euaèbe et de saint Jérôme , ont autrefois douté que cette épîlrp fût de Mint Jean , et Tont attribuée à un autre Jean, disciple de l'apôtre. Hais oe doute de quelques inconnus ne peut préjudicier à sa canonicité ; et le témoignage des anciens conciles et des Pires m permet pas de Tattribuer à un autre qu'à celui dont elle porto le nom. Il est même aisé en comparaat cette épitre avec la première , d*y reconnaître le même style et le même esprit: ce qui seul pourrait faire jugor qu'elle est du même auteur. Pour ce qui est du temps auquel elle a été écrila ; c'est ce qu'on ne sait point du tout , et ce qu'il importe assci peu de savoir.
Selon la vérité et la charité. Je vous souhaite la grâce de Bieu , pour vous établir et vous fortifier de plus en plus dans la véritable religion que vous avez embrassée, et dans la charité que cette religion nous prescrit d'avoir les uns pour les autres.
4. Gaylsus sum yaldè , quoniàm in- 4. J'ai eu une extrême joie > de ce que veni de Filiis luis ambulantes in \e- parmi yos enfants , j'en ai trou\é qui marritate , sicut mandatum accepimus à chaient dans la voie de la vérité , selon le Paire. commandement que nous avons reçu du
Père.
Parmi vot enfantt , fen ai trouvé qui marchaient dans la voie de la vérité. Dont la foi était pure, et qui menaient une vie conforme aux maximes de TEvangile. II parait par là que saint Jean ne les avait pas vus tous, et qu'il ne parle que de ceux qu'il connaissait : ce qui ne préjudicie nullement à la réputation des autres quUI ne connaissait pas On peut dire encore , que suivant une manière de parler assez ordinaire dans l'Ecriture, et dont nous avons ailleurs rapporté plusieurs exemples, inveni de filiii tuiê^ signifie la même chose que inveni filiot tuos. J'ai eu beaucoup de joie de trouver vos enfants bien attachés à la fui.
5. Et nunc rogo te , domina , non 5. Et maintenant , madame , la prière tanquàm mandatum novum scribens que je vous fais, non comme si je vous prestibi , sed quod habuimus ab initie , crivais quelque chose de nouveau par ma ut diligamus alterutrum (1). lettre, mais suivant ce qui bous a été prescrit dés le commencement , c'est que nous nous aimions les uns les autres.
Comme tije vout pretcrivais quelque chose de nouveau par ma lettre. Tout ceci est pris de la première épître, chapitre 2. verset 7. Voyez ce que nous avons dit sur cet endroit.
6. Et hxc est cfaaritas , ut ambu- 6. Or le propre de la charité est de nous lemus secundùm mandata ejus. Hoc faire marcher dans la voie de ses commanest enim mandatum, ut quemad- déments. Car voilà le commandement modum audistis ab initio , in eo am- selon lequel vous devez marcher comme buletis : vous l'avez appris dès le commencement :
Or le propre de la charité est de nout faire marcher dans la voie de ses commande-^ ments. Ceci est encore pris de la première Ëpitre, chap. 5. v. 3.
7. Quoniàm multi seductores eiie- 7. Parce que beaucoup de séducteurs se runt in mundum , qui non confilentur sont répandus dans le monde, lesquels Jesum Christum venisse in carnem : ne reconnaissent point que Jésus-Christ hic est seductor et aniichristus. soit venu avec un corps de chair : c'est là
être séducteur et antechrist.
Parce que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde , lesquels ne reêonnaissent point que Jésus-Christ soit venu avec un corps de chair. Que le Fils de Dieu se soit véritablement incarné. Saint Jean a combattu les mêmes hérétiques dans sa preraière épitre, chapitre 4, versets 2. 3.
8. Yidete vosmetipsos , ne perdatis 8. Soyez sur vos gardes , pour ne pas quae operati estis : sed ut mercedem perdre le fruit de vos travaux , mais pour pienam accipialis. en recevoir toute la récompense.
9. Omnis qui recedit, et non per- 9. Quiconque s'écarte , et ne s'en tient manet in doctrine Christi , Deum non pas à la doctrine de Jésus-Christ, ne reconhabet : qui permanet in doctrinà » hic naît point Dieu : celui qui s'en tient à et Patrem et Filium habet. cette doctrine , il reconnaît et le Père et
le Fils.
Quiconque s'écarte, et ne s'en tient pas à la doctrine de Jésus-Christ , ne reeonnait point Dieu, Ceux qui renoncent à la doctrine de Jésus-Christ , n'ont point Dieu pour père, ils ne le possèdent point maintenant par la grâce; et ils ne le posséderont jamais dans la gloire. Ils n'ont même absolument point de Dieu ; puisque le Dieu qu'ils admettent, est un Dieu chimérique, étant différent du Dieu véritable que Jésus-Christ nous a fait connaître.
(1) Joan. 13. 34. et 15. 12.