CHAPITRE XIII
Paul de la consi^ience, marque qu'on ne peut désobéir aux puissance! légitimes en matière griève sans péché mortel.
6. Ideô enim et tributa prœstatis : 6. Aussi est-ce pour cela que vous payez ministri enim Dei suiit , io hoc ipsum les tributs : parce que ce sont des miservientes. nistres de Dieu , qui en cela mémo lui
rendent service.
AuMti est-ce pour cela que voui payez les tributs. <;'est-é~dire vous reconnaisses vousmêmes cette obligation d*étre soumis aux puissances par les tributs que vous leur Eayêz comme aux minisfres de Dieu , qui sont chargés de sa port de faire faire la ien, et de punir les crimes.
7. Reddite ergo omnibus débita : 7. Rendez donc à chacun ce que vous lui cui tributum, tributum : cui vectigal, devez : le tribut , à qui est dû le tribut ; les vectigal : cui limorem , timorera : cui impôts, h qui sont dus les impôts; la honorera , honorera (1). crainte, à qui est due la crainte; l'honneur , à qui est dû l'honneur.
Le tribut... les impôts^ etc. Le tribut est proprement ce que les princes lèvent sur leurs sujets à raison de leurs biens, on par capitation. L'impôt, ce qui se lève sur les marchandises qui entrent dans un pays ou qui en sortent. Mais par ces deux mots il faut entendre' généralement toutes les sortes de redevances, de contributions et de charges que les princes et seigneurs sont en droit d'exiger de leurs inférieurs.
8. Neraini quidquara dcbeatis , nisi 8. Tâchez de ne devoir rien à personne ut invicem diligatis : qui enim diligit que la charité mutuelle : car qui aime son proximum , legem implevit. prochain , & accompli la loi.
Ne devoir rien à personne que la charité mutuelle. L'apôtre veut dire qu'après s'être aeqoitté de toutes les dettes temporelles à I égard du prochain , il en reste encore une, dont on demeure chargé toute la vie; et cette dette c'est l'amour du prochain. Les devoirs de charité qu'on a pu lui rendre parle passé, ne dispensent point de l'obligation de lui en rendre continuellement de nouveaux. — Qui aime son prochain , a accompli la loi. IHe peut manquer d'accomplir tout ce que la loi lui commande à l'égard du prochain. L'apôtre en apporte la raison au verset 10. C'est que les autres préceptes du déealogue qui regardent le prochain, se réduisent à défendre de lui nuire en rien. Or Taniour du prochain empêche de rien faire qui puisse lui nuire : ainsi toute la plénitude de la loi à l'égard du prochain consiste dans l'amour qu'on a pour lui.
9. Nam : Non adulterabis : ^Ton 9. En effet , vous ne commettrez point occides : Non furaberis : Non falsura d'adultère, vous ne ferez point d'homicide, testimoniuro dices : Non concupisces : vous ne déroberez point , vous ne rendrez et si quod est aliud mandatura , in point de faux témoignage , vous ne convoihoc verbo instauratur : Diliges proxi- terez rieu ; et quelque autre commandemura tuum sicut teipsura (2). itietit que ce soit , se retrouve dans cette
parole : Vous aimerez votre prochain comme vous-même.
10. Dilectio proximi malum non 10. L'amour du prochain ne fait rien operatur. Pienitudo ergo legis est qui puisse nuire. Aussi toute la plénitude dilectio. de la loi consiste dans l'amour.
11. Et hoc scientes tempus : quia 11. Et nous savons que c'en est le temps, hora est jam nos de somno surgere. Car voici l'heure de sortir de l'assoupisse- Nunc enim propior est nostra salus , ment où nous sommes , parce que le salut quàm cùm credidimus. est plus près que lorsque nous avons reçu
la Foi.
12. Nox prscessit, diesautera ap* 12. La nuit a duré jusqu^îci : le jour va ptopînquavit. Abjiciamus ergo opéra paraître. Laissons donc la les œuvres de tenebrarum , et induamur arma lucis. ténèbres ; et revètons-nous des armes de
lumière.
11. 12. Voici Vheure de sortir de l'assoupissement ^ etc. Ces deux versets sont expliqués différemment. Quelques-uns prétendent que par cet assoupissement et cette nuit
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(l)llatth. 22. 21. — (2) Exod. 20. 14. - Beat. 5. 18. -Levit. 19. 18. - Matth. 21. 39. - Marc. 12. 31. -Gai. 5. 14. -^ Jac. 2. 8.
qui A précédé, l'apôtre parle de l'étal où étaient les Juifs avant la venue de Jésus-Christ; I^ lumière de l'Evangile, ajoute-t*i1 , a commencé à paraître, et le salut est aujourd'hui plus près de nous qu'il n'était, lorsque nous n'avions que la foi de l'avènement futur du Messie. Deux choses peuvent faire de la peine dans cette explication. 1 . Cm paroles, Diei appropinquavil , propior etl nostra ialus, qui semblent désigner un temps qui n'est pas encore arrivé. 2. dette «expression , eûm eredidimus^ par laquelle on est naturellement porté A entendre In foi propre du christianisme Ainsi , selon d'autres, l'assoupissement et la nuit marquent le temps de la vie présente ; le jour qui va paraître et le salut qui est proche , c'est ou le jugement dernier et la résurrection à la gloire, ou la fin de la vie , qui doit être suivie pour les justes du salut éternel. Enfin , quelquesuns aiment mieux expliquer cet endroit, par rapport A la propagation de l'Evangile, à la destruction de Jérusalem , et à l'état florissaTit ou se devait trouver dans la suite le christianisme. C'est ainsi que saint Paul dans l'épitre aux Hébreux, après les avoir exhortés à l'union , leur propose la punition éclatante, et les malheurs que Dieu était ptét de faire tomber sur les Juifs incrédules. Contideremus inmcem in provocalionem charilaiis et bonorum operum.., et lantà magii^ quanta videritù ajypropinquantem diem. Hehr. 10. 25. Voyez à Lapide sur ce passage des Hébreux. — Revétonn-noui des armes de lumière. C'est-à-dire faisons de bonnes œuvres. De même au verset 14, se revêtir Ue Jésus-Christ, c'est représenter et imiter Jésus-Christ par la sainteté de sa vie.
13. Sicut in die honestè ambu- 13. Marchons avec bienséance , comme lemus : non in comessationibus et on le fait pendant le jour : loin de la déebrielatibus , non in cubilibus et im- baucbe et de l'ivrognerie , des sales plai-
Imdicitiis,non incontentioneet œrau- sirs et des Impudicités, des dissensions
atione (1). 4 et des jalousies :
14. Scd Indiiimini Dominum Jesum 14. Mais revôtez-vous de J.-C. Notre- Christum , et Garnis curam ne feceri- Seigneur, et n'ayez point d'égard pour lis in dcsideriis (2). voire chair, en ce qui regarde ses convoitises.