CHAPITRE XV
CBAPITRE XV.
Les plus forts doivenl supporter les isperfections des faibles , et les soulager , noo cherchant leur utilité propre , mais celle du prochain , et la paix mutuelle. Jésus-Christ a prêché aui Juifs suivant les promesses qui avaient été faites à leurs pères : quant aux gentils les Ap5tres leur ont prêché par sa miséricorde , et non pour accomplir aucunes promesses qui leur eussent été faites. Paul s'excuse de ce qu'il a écrit aux Romains avec beaucoup de liberté, en qualité d'Apêtre des gentils : il montre comme il a exercé son ministère : il dit qu'il les ira voir aussi , quand il aura distribué à FEglise de Jérusalem Taumâne que les Macédoniens lui ont conQée : en attendant il demande qu'ils prient pour lui.
1. Debemus autem dos firmiores 1. Pour nous autres qui avons plus de imbeciltitates inGrmorum sastinere, force, nous devons supporter les innrmilés et DOD nobis placera. des faibles , et non pas chercher à nous
contenter nous-mêmes.
Pour nout qui avons plus de force. Qui sommes mieux instruits de la liberté évaiigélique.
2. Unusquisque vestrûm proxtmo 2. Que chacun de vous , en ce qui resuo piaceat in bonum, ad œdificatio- garde le bien, cherche à contenter son nem. prochain pour l'édifier.
?fou$ contenter nous-mêmes. En cet endroit, se contenter soi-même, nohis •placere^ c'e^t ne prendre pour règle de sa conduite que ce qu'on croit pouvoir faire impunémeut par rapport à soi-même , sans considérer si cela est expédient par rapport au prochain.
3. Et enim Christus non sibi pla- 3. Aussi Jésus-Christ n'a-t-il point cuit, sed sicut scriptum est : Irapro- cherché à se contenter lui-même; mais periaimproperanliumtibi, ceciderunt selon qu'il y a dans l'Ecriture : Les ousuper me (1). trages de ceux qui vous ont outragé , sont
retombés sur moi.
Les outrages de ceux qui vous oni outragé ^ etc. Ce sont les paroles de Jésus-Christ à son Père. Elles signifient : j'ai été touché et affligé des outrages qu'on vous a faits , commn si on me les avait fait-s à moi-même. Ou bien, selon d'autres, les outrages qu'un TOUS a faits en ma personne , je les ai soufferts avec patience , je me suis chargé d'y satisfaire. Le dernier sens semble mieux s'accorder avec ce qui suit.
4. Quscumque enim scripta sunt , 4. Car toutes les choses qui ont été ad nostram doctrinam scripta sunt : écrites , l'ont été pour notre instriiction : ut per patientiam et consolationem afin que par la patience et par la consola- Scriptararum , spem habeamus. tion qui se tire des Ecritures, nous conservions l'espérance.
Toutes choses qui on* été écrites, l'ont été pour notre instruction. C'est-à-dire quoique ces paroles de l'Ecriture que je viens de citer, soient dites proprement de Jésus-Christ, ne croyez pas pour cela qu'elles ne vous regardent point, 'et que vois ne deviez pas vous les appliquer. Car toutes les choses qui , etc.
ft. Deus autem patientise et solatii, 5. Au reste, que le Dieu de la patience det vobis idipsum sapcre in alteru- et de la consolation vous fasse avoir les tram secandùm Jesum Christum (2). mêmes sentiments les uns pour les autres
en Jésus-Christ :
(Ij Ps. 68 10. — (2) l. Cor. l. 10 ,
TOMK II. 7
lA EPITRE DE S. PAUL AUX ROMAIfTS.
Le Dieu de la p<Uience et de la contolation. Dieu de qui vient la patience et la consolation.
6. Ut unanimes, uno ore honorifi- 6. Afin qu'animés d'un même esprit» cetis Deum, et Patrem Domini nostri vous honoriez d'une même voix Dieu qui Jesu Christi. est le Père de Jésus-Christ Notre-Seigneur.
7. Propter quod suscipite invicem , 7. C'est pourquoi supportez-vous les sicut et Ghristus suscepit vos in ho- uns les autres comme Jésus-Christ vous norem Dei. a supportés , aGn de glorifier Dieu.
SupporteZ'VOUi les uns les autres. Soit Juifs, soit gentils, de même que Jésus-Christ vous a tous reçus pour ne faire plus qu'un même peuple, sans distinction du Juif et du gentil. C'est ce que saint Paul explique dans les deux versets suivants , en nioatrant la manière différente dont ils ont été reçus les uns et les autres.
8. Dico euim Christum Jesum mi- 8. Car je le dis , le ministère de Jésus nistrum fuisse circumeisionis propter Christ regardait le peuple circoncis , pour veritatem Dei, ad confirmandas pro- vérifier la parole de Dieu , pour donner missiones patrum : de nouvelles assurances des promesses
faites à nos pères ;
Pour vérifier la parole de Dieu. Voici les promesses que Dieu avait faites aux patriarches et aux prophètes. Propketam de gente (ud et de fratribus tuis sicut me suscitabit tibi Dominus Deus tuus^ ipsum audies, Deufer. 18. 15. Docebit nos vias suaseê ambulabimus in semilis illius : quia de Sion exibit lex et verbum Domini de Jérusalem. Isa t. 2 3. Filiœ Sion^lwlamini in Domino Deo vestro : quia dédit vobis doctoremjusliliœ. Joël. 2. 23. £n voici l'accomplissement : Suscepit Israël puerum suum..,, sicut locutus est ad patres nostros, Luc. 1 . 54. Non sum missus nisi ad oves quœ perierunt domus Israël, Matth. 15. 24. En effet, Jésus-Christ ne prêcha qu'aux Jutfs, et n'annonça l'Evangile par lui-même que dans la Palestine. Et c'est pour cela que l'apôtre l'appelle le ministre de la circoncision ; c'est-à-dire le prédicateur de Juifs circoncis. Quoique les promesses faites aux patriarches fussent toutes gratuites, cependant la fidélité de Dieu à garder ce qu'il a promis, voulait qu'on mit une grande différence entre la condition des Juifs et celle des gentils , par rapport aux effets et à l'accomplissement de ces promesses; et les gentils par cet endroit devaient avoir pour les Juifs toute sorte de déférence.
9. Génies autem super misericordià 9. Et que les gentils honorent Dieu en honorare Deum, sicut scriptum est : vue de sa miséricorde, selon ce qui est Proptereà confitebor tibi in gentibus, écrit : À cause décela , Seigneur, je vous pomine , et nomini tuo cantabo (1). rendrai hommage parmi les nations , et j«
chanterai en l'honneur de votre nom.
Et que les gentils^ etc. Pour ce qui est des gentils, c'est par pure miséricorde qu'ils ont été reçus sans aucune promesse ni aucun engagement delà part de Dieu. Mais afin que les Juifs ne prissent pas de là occasion de les mépriser, et de les regarder comme exclus de l'Evangile, l'apôtre fait voir que leur vocation et la miséricorde dont Dieu devait user à leur égard , avaient été prédites il y a long-temps par les prophètes.
10. Et iterùm dicit : Lstamini , 10. Il est dit de plus : Nations , régentes, cum plèbe ejus. jouissez-vous de concert avec son peuple.
11. Et iterùm : Laudate omnes 11. Et encore : nations, louez toutes le gentes Dominum ; et magnificate eum Seigneur ; et vous , peuples, célébrez tous omnes populi {%). ses grandeurs.
12. Et rursus Isalas ait : Erit radix 12. Isaïe dit aussi : La tige de Jessé pa- Jesse , et qui exurget regere gentes, raltra , et celui qui en sortira pour être le in eum gentes sperabunt (3). mattre des nations , c'est en lui que les
nations mettront leur espérance.
La tige de Jessé paraîtra. C'est-à-dire le Messie qui doit être de la famille de David , paraîtra. Jessé était le père do David.
13. Deus autem spei repleat vos 13. Du reste, que le Dieu de l'espérance omni gaudio et pace in credendo : ut vous remplisse de toute sorte de joie et d«
(1)2. Reg. 22. 50 - Psal. 17. 50. — (2) Ps^ 1 16. l. — (3) Isa. 11. 10.