‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 41 sur 364 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Saint Paul rend grâces à Dieu des dons qui ont été accordés aui Corinthiens. 11 gémit de voir des schismes parmi eui au sujet de ceux qui les ont baptisés. 11 se réjouit de ce qu'ayant été envoyé prêcher TEvangile , il en a peu baptisé d'entre eui. 11 montre que la sagesse du monde a été réprouvée , et que les simples ont été choisis ; et comme le salut est renfermé dans la mort de Jésus-Christ qui est une folie pour le monde, mais qni est la vertu et la sagesse de Dieu pour ceniqui croient. C'est pour cela que Dieu a choisi les plus méprisables selon le monde , afin que personne ne se glorifie en soi-même.

1. Paulus , vocatus apostolus Jesu 1. Paul appelé par l'ordre de Dieu à Christi , per voluntatem Dei , et Sos- être apôtre de Jésus-Christ , et Sosihène thenes frater, son frère,

Et Sosthéne son frère. Ce Soslhène avait été chef de la synagogue des Juifs à Corinthe et était peut-être de Corinthe lui-méoie. Depuis sa conversion il s'était attaché à saint Paul , et le suivait dans ses voyages. Voyez les Actes 18. 17.

2. Ecclesi» Dei , quae est Corinthi , 2. A l'église de Dieu c|ui est à Corinthe, sanctificatis in Christo Jesu , vocatis h ces personnes sanctifiées en Jésus-Christ sanctis , cum omnibus qui invocant appelées pour être des saints , aussi bien Nomen Domini nostri Jesu Christi, qu'à tous ceux qui invoquent le Nom de in omni loco ipsorum et noslro. Jésus-Christ en quelque lieu qu'ils soient,

ou que nous soyons :

(1) AUX CORINTHIENS. Cette épitre fut écrite d'Ephèse, quelque temps avant que saint Paul en partit, pour aller en Macédoine, l'an de Jésus-Christ 65. ou 56. Quoique Ja ville de Corinthe fût fort déchue de son ancienne splendeur, elle était cependant encore alors assez florissante . pour mériter queCicéron l'appelât la lumière de toute la Grèce. Le luie , ta fierté , et la mollesse étaient des vices comme naturels a ses habitants. Ainsi on ne doit pas être surpris que les Corinthiens nouvellement convertis au chris* tianisme aient eu bientôt besoin des réprimandes et des avis de leur premier apôtre. Cette épitre et partagée en deux parties. Dans la première qui comprend sis chapitres, l'apôtre leur fait une sévère correction au sujet de leurs divisions, d'un inceste commis au milieu d'eux , et de leurs procès qu'ils portaient devant des juges infidèles. Bans le reste de la lettre, il répond à différentes questions que les Corinthiens lui avaient pro- {Misées touchant le mariage, la virginité, l'usage des viandes immolées, la modestie tics femmes dans les Eglises, les Agapes, les dons extraordinaires du Saint-Esprit, etc.

B2 fiPITRE Dï S. PàrL AUX CORINTHIENS.

En quelque lieu qu'ils soient, ou que nous soyons. Inomni loco ipsorum et nosiro. Selon le sens que la version française donne ici au texte de la Vulgafe, on doit conclure que saint Paul adresse la lettre non-seulement à ceux de Corinthe, mais à tous leschrétiens en quelque lieu qu'ils soient ou comme d'autres l'expliquent , non-seulement aux gentils, m omni loco ipsorum, mais encore aux Juifs convertis, et nostro. IHe pourrait-oa pas dire que par cette expression , et nostro , l'apôtre veut marquer combien il s'intéresfie à tout ce qui regarde les chrétiens deCorinthe et de TÂchaïe , et qu'il ne les traite pas d'étrangers. Il pouvait bien en effet se servir de cette expression , et nosiro , par rapport au séjour qu'il avait fait à Corinthe, y ayant prêché le premier l'Evangile, et y ayant établi le christianisme. Ajoutez que Sosthène qui écrivait conjointement avec saint Paul, était membre de l'Eglise particulière de Corinthe ; et à son égard l'expression , et nostro^ se vérifiait é la lettre, et dans le sens le plus propre.

3. Gratia vobis, et pax à DeoPatre 3. Dieu notre Père, et Jésus-Christ nostro , et Domino Jesu Christo. Notre Seigneur vous donnent la grâce et la

paix.

4. Gratias ago Deo meo semper pro 4. Je ne cesse point de remercier mon >obis in gratta Dei , quae data est vobis Dieu à votre sujet de la grâce qu'il vous a in Christo Jesu : faite par Jésus-Christ :

5. Quod in omnibus divites facti 5. De ce que par lui vous avez été enriestis in illo , in omni verbo et in omni chis de toutes sortes de biens , de tous les scientiâ : dons de la parole et de la science :

Vous avez été enrichis de toutes sortes de biens. Ces biens et ces dons ce sont, outre les grâces actuelles, les dons extraordinaires du Saint-Esprit, que Dieu communiquait avec tant d'abondance aux premiers fidèles, les dons des langues et de prophétie, celui do la prédication et de l'intelligence des saintes Ecritures, l/apôfre ne veut pas dire que chaque fidèle eût reçu tous ces dons, mais seulement qu'ils avaient été communiqués abondamment a l'Eglise de Corinthe.

6. Sicut testimonium Christi confir- 6. Par où ce qui a été annoncé de Jésusmatum est in vobis : Christ, s'est vérifié en vos personnes :

Par où ce qui a été annoncé, etc. Par ces dons et par ces grâces , la vérité de la doctrine de Jésus-Christ que je vous ai annoncée, et dont je vous ai rendu témoignage, a été confirmée et fortifiée parmi vous.

7. Ilà ut nihil vobis desit in ullâ 7. De sorte qu'à Végard des dons de gratiâ, expectantibus revelationem grâces, vous ne manquiez de rien, vous Domini nostri Jesu Christi , qui attendez que Jésus-Christ Notre Seigneur paraisse ;

De sorte qu'à Végard , etc. En sorte que vous êtes abondamment pourvus do tous les dons de grâces^ nécessaires pour vous soutenir jusqu'à l'avènement glorieux de Jésus- Christ. Par cet avènement, ou entend ordinairement le jugement dernier. Quelques-uns croient cependant que l'apôtre veut marquer dans ce verset et dans le suivant, le temps où Jésus-Christ devait venir manifester sa gloire par la punition éclatante des Juifs incrédules, et pour l'établissement du christianisme sur les ruines de la synagogue.

8. Qui et confirmabit vos usque in 8. Et c'est lui qui vous affermira jusfinera sine crimine, in die advcntûs qu'à la fin, sans qu'où puisse vous accuser Domini nostri Jesu Christi. au jour que viendra Jésus-Christ Notre-

Seigneur.

C'est lui qui vous affermira jusqu'à la fin. Ces paroles se doivent prendre dans un sens conditionnel. Elles signifient que Dieu ne manquera point de fournir aux Corinthiens tous les secours nécessaires pour s'affermir de plus en plus dans le bien , jusqu'à la venue de Jésus-Christ, pourvu que de leur côté ils ne mettent point d'obstacle à la grâce. Ceux qui prétendent qu'il ne s'agit ici que des prédestinés , paraissent évidemment s'éloigner du sens naturel du texte sacré.

9. Fidelis Deus, per quem vocati 9. Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés estis in societatem fiiii ejus Jesu à la société de son Fils Jésus-Christ Notre- Christi Domini nostri (1}. Seigneur.

(1) l.Thess. 5.24.

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