‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 46 sur 364 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Saint Paul n'a pu prêcher aoi Corinthiens encore charnels les mystères cachés de la foi. Car ils disputaient entre eni de la vertu de ceux qui n'étaient que les ministres de TEvangile ; quoiqu'il n'y ait que Bieu qui puisse donner les accroissements de grâce , et que Jésus- Christ seul soit le fondement k la foi. Ou ?erra au jour du jugement qui a bien on mai hâli sur ce fondement>là. On ne doit point profaner le temple de Bieu ; et c'est nous qui sommes ce temple. On ne doit point se faire honneur des ministres de TËvangile.

t. Et ego , fratres , non potui 1. Polr moi, mes frères, je n'ai point Tobis loqui quasi spiritualibus , sed pu vous parler comme à des nommes spiquasi carnalious. Tamquàm parvulis rituels , mpis comme à des hommes charin Christo , nels. Comme à des gens qui sont encore

enfants en Jésus-Christ ,

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(1} 18.40. 13. -Sap. 9. 13. -Rom. 11. 34.

(2) C'HAP. Ili. L'apôtre , après avoir montré danfi le chapitre précédent, que la doctrine évaD|;é]ique ne tient rien de la fausse sagesse du siècle ; que c'est une science toute divine, qui ne peut aToir que Dieu pour maître, et pour auteur, et dont il n'y a que drs hommes spirituels qui puissent parler comme il faut , revient aux Corinthiens. £t afin de les humilier , et de détruire la trop bonne opinion qu'ils avaient d'euxmêmes, et qu'ils fondaient sur le mérite de ceux qui les avaient instruits, il leur dédare d'abord que l'état où il les avait trouvés dans le commencement , ne lui avait permis do les instruire que des premiers éléments du christianisme : quM voyait bien

90 I. EPITRE DE S. PAUL kVX CORINTHIENS.

Comme à des hommes charnels. Les Corinthiens étaient instruits de tous les principaux points du christianisme; ils étaient même enrichis de toute sorte de biens, et de tous les dons de la parole et de la science : en sorle qu'il ne leur manquait rien quant aux dons de la grâce, ainsi que Tapôtre le reconnaît au commencement de cette épitre. Il ne laisse cependant pas de les traiter de charnels , non-seulement par rapport à l'état où ils étaient, lorsqu'il commença à leur annoncer l'Evangile, mais encore par rapport aux passions auxquelles ils se laissaient aller , même depuis leur conversion.

2. Lac vobis potum dedi, non escam. 2. Je vous ai donné du lait , et non pas

une nourriture solide.

Nondum enim poteratis , sed nec Car vous n'en étiez point encore canunc quidera potestis : adhuc enim pables , et yous ne l'êtes pas niêrae maincarnales cstis. tenant , puisque vous êtes encore charnels.

Je vous ai donné du lait, elc. Saint Paul tient à peu près le même langage dans son Epitre aux Hébreux, chap. 5. 6. Et si l'on se donne la peine de confronter ces endroits avec celui-ci , on comprendra aisément que le lait marque la simple exposition des articles capitaux de la religion, compris dans le symbole; et la nourriture solide , l'explication de ces articles par les sens spirituels et cachés de l'Ecriture , et par l'application des figures de l'ancien Testament aux mystères du christianisme. C'est ce que sBint Paul pratique dans toute l'Epitre aux Hébreux.

3. Cùm enim sit inter vos zelus, et 3. En effet, tant qu'il y a parmi vous de contentio, nonnè carnales estis, et lajalousieet des démêlés, nêtes-vous pas secundùra hominem ambuîatis ? charnels , et ne vous conduisez-vous pas

selon l'homme?

4. Cùm enim quis dicat : ego qui- 4. Car lorsque l'un dit : moi je suis à dem sum Pauli; alius autem : ego Paul; et l'autre, je suis à Apolto; n'étes- ApoHo : nonné homines estis? Quid vous pas bien hommes? Qu'est-ce donc igitur est Apollo? Quid verô Paulus? qu'Apollo, et qu'est-ce que Paul?

N'étes-^ous pas bien hommes. Tîe faites-vous pas voir que vous ne connaissez point encore le prix de votre vocation , ni à qui vous en êtes véritablement redevables , quand vous jugez de la doctrine évangélique et de la manière de l'enseigner et de l'apprendre, comme vous jugeriez des sciences profanes?

5. Ministri ejus, cui credidistis, et 5. Ce sont les ministres de celui auquel unicuique sicut Dominus dédit. tous avez cru : et chacun l'est selon le

don que le Seigneur lui a fait.

Selon le don que le Seigneur, etc. Selon l'emploi auquel Dieu l'applique, et seloa les grâces qu'il reçoit pour remplir son ministère.

6. Ego plantavi, Apollo rigavit : 6. Pour moi j'ai planté, Apollo a arsed Dcus incrementum dédit. rosé : mais c'est Dieu qui a fait croître.

Apollo a arrosé. Apollo a fortifié par ses discours les premières vérités que j'avais établies; mais c'est Dieu qui par l'onction de sa grâce a fait fructifier dans vos âmes 8a parole annoncée par notre bouche.

7. Itaque neque qui plantât est ali- 7. Ce n'est donc ni celui qui plante , ni quid , neque qui rigat ; sed , qui incre- celui qui arrose , qui est quelque chose : mentum dat , Deus. mais c'est Dieu , lequel fait croître,

8. Qui autem plantât , et qui rigat, 8. Or, c'est le même de planler et d'arunum sunt. roser.

Unusquisque autem propriam mer- Et chacun recevra sa récompense & procedem accipiet secundùm suum labo- portion de son travail, rem (1).

par leur conduite que depuis ce temps-là ils n'avaient pas fait de grands progrès : qu'à la vérité d'autres avaient bâti dans la suite sur les premiers fondements qu'il a>ait jetés; mais qu'il fallait voir si ce qu'ils avaient ajouté, était solide et répondait aux premiers fondements : qu'après tout s'ils avaient profité en quelque chose, la gloire en était due à Dieu , et non à ceux qui les avaient instruits , et qu'ainsi ils ne devaient se glorifier qu'en Dieu. Tel est à peu près le contenu de ce chapitre. — ( I) Psal. 61. 13.- Matt. 16. 21. - Rom. 2. 6. - Gai. 6. 5.

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