‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 51 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

On, livre cet homme d Satan. Un homme est censé livré à Satan , lorsque retranché de la communion de l'Ëglise, exclu de la société des fidèles, privé de la participation des Sacrements , il demeure exposé aux attaques et aux 8ug{>;estions du démon, aux* quelles il lui est d'autant plus difficile de résister, qu'il se trouve alors destitué d'une infinité de secours que l'Eglise lui fournissait auparavant. C'est ainsi que plusieurs interprètes croient devoir expliquer ces paroles , tradere Satanœ : sur quoi on peut consulter £stius. Selon d'autres, la sentence que prononce ici l'apôtre , devait avoir des suites encore plus funestes et des effets plus sensibles que l'excommunication ordinaire. Un homme ainsi livré à Satan devenait en quelque sorte la proie du démon qui s'emparait de son corps, pour le tourmenter en différentes manières, soit par l'obsession , soit par les maladies. C'est pourquoi on ajoute, in interitum eamit, ut spiritui scUvus sit; parce que le pécheur se voyant réduit à ce triste état, était plus disposé à rentrer en lui-même , et à expier ses crimes par la pénitence. Ceux qui suivent la première interprétation , expliquent ces paroles , in interitum eamis , eu cette manière : afin qu'en éteignant parla mortification les désirs criminels de la cupidité charnelle , son âme soit sauvée au jour du Seigneur.

6. Non est bona gloriatio vestra. 6. Il ne vous convient pas de vous glo- Nescitis quia modicum fennentum rifier. Ne savez-vous pas qu'un peu de totain massam corrumpit (1) ? levain gâte la masse entière ?

7. Expurgate vêtus fermentum , ut 7. Défaites-vous de l'ancien levain, pour sitis nova conspersio, sicut estis devenir une pâte nouvelle , comme votre azymi. Etenîm Pascha nostrum im- état est d'être sans levain. Car notre molatus est Christus. Pâque , c'est Jésus^Christ lequel a été

immolé.

8. Itaque epulemur, non in fer- 8. C'est pourquoi faisons notre banquet, mento veteri , neque in fermento ma- non avec un ancien levain , ni avec le litiœ et nequitiae , sed in azymis levain de la malice et de l'iniquité, mais sinceritatis et veritatis. avec les azymes de la sincérité et de la

vérité.

6. 7. 8. Vous avez donc tort de vous glorifier de vos avantages prétendus. Ignorezvous que de même qu'un peu de levain suffît pour altérer toute la pâte, ainsi det incestueux que vous souffrez au milieu de vous par une tolérance criminelle, est capable d'infecter tout le corps de votre Eglise? Retranchez-le comme un membre gâté; afin que vous soyez purs et sans tache, tels que doivent être des chrétiens purifiés et régénéiés par le baptême, qui ont le bonheur de célébrer une Pâque continuelle, où Jésus-Christ lui-même est la victime. Mettons-nous en état de participer à ce céleste banquet par une vie pure et innocente, entièrement différente de celle que nous menions avant notre ré^^énération. L'apôtre fait ici une allusion continuelle é ce que pratiquaient les Juifs avant la manducation de l'Agneau pascal. Ils avaient un soin scrupuleux de purger leur maison de tout levain et de tout ce qui était fermenté. Par le levain, il faut entendre ici le péché et toute affection criminelle. Cette expression , epulemur, ne marque point un banquet ou une action particulière, pour laquelle saint Paul exige des chrétiens cette vertu et cette pureté; elle marque tout le temps de la vie, qui doit être pour nous comme une fête continuelle, et que uous devons passer aussi saintement que les Juifs devaient passer la célébrité de Pâque.

9. Scripsi vobis In epistolâ : Ne 9. Je vous ai écrit dans ma lettre : Ne commisceamini fornicariis. vous mêlez poiut avec les impudiques.

J\e vous mêlez point avec les impudiques. Ce que saint Paul déclare avoir dit aux Corinthiens qu'ils aient é ne se point mêler avec les impudiques, pourrait s'expliquer assez naturellement de Tordre qu'il a donné ci-dessus de chasser l'incestueux ; et alors il ne serait point nécessaire de chercher de quelle autre lettre t'apôtre veut ici parler, ("jependant parce que ces paroles , ne commisceamini fornicariis , ne se trouvent point en termes exprès dans cette épître , plusieurs croient que saint Paul les avait écrites dans une autre lettre différente de celle<ci , mais qui n'est pas venue jusqu'à uous«

10. Non utique fornicariis hujus 10. Et je n'ai pas dit cela de ce qu'il y mundi , aut avaris , aut rapacibus , a d'impudiques eu ce monde , ou d'avares,

(l) Gai. 5. 9.

cbàpitbc VI. 99

aut îdolis senientibus : alioquin de- ou de gens qui vivent de rapine, ou d'idobueratis de hoc mundo exiisse. lâtres : autrement il vous faudrait sortir

de ce monde.

En ce monde. C'est-à-dire parmi les infidèles : le mot de monde signifie ici la même chose que m qui forts tunt, au verset 12. On ne doit pas au reste être surpris que l'apôtre interdise aux chrétiens tout commerce avec un eicommunié , pendant qu'il leur permet de communiquer avec les infidèles, quoique coupables des mêmes crimes , qui seraient punis dans les chrétiens par Texcommunicatiou. Outre les deux raisons qu'il en apporte lui-même , l'une de la nécessité où se trouvaient alors les chrétiens de vivre et de traiter avec les infidèles ^ l'autre , de la pratique de l'Eglise qui n'exerce sa juridiction que sur ses enfants ^ on peut eo apporter une troisième : c'est qu'à cause de l'opposition de créance et de religion , nous sommes infiniment plus éloignés d'imiter la conduite des infidèles , que nous le serions de nous conformer à celle de nos frères.

11. Nunc autem scripsi vobis non 11. Mais ce que je vous ai écrit, c'est commiscerl : si is . qui frater nomina- que si quelqu'un , qui passe pour être de tnr, est fornicator, aut avarus, aut nos frères, est impudique, ou avare, ou idolis serviens, aut maledieus, aut médisant, ou ivrogne, ou homme de raebriosus , aut rapax : cam ejnsmodi pine ; vous ne mangiez pas même avec lui. née cibam sumere.

12. Quidenim mihi de iis , qui fo-> 12. Aussi, qu'ai-je à faire de juger de ris sunt, judicare? Nonnè de iis , qui ceux qui sont dehors? Ne jugez-vous pas mtus sunt , vos judicatis ? vous- mêmes de ceux qui sont au-dedans ?

Quai'je à faire déjuger de ceux qui sont dehors ? Pourquoi m'ingérerais-je déjuger ceux qui ne sont pas de notre corps ? Vous-mêmes vous ne citez à votre tribunal que ceux de votre district et de votre dépendance. Ces paroles, de iis qui sunt intus , judicatis, peuvent s'entendre delà juridiction ecclésiastique de l'Eglise puiticulière de Corinthe. Mais il vaudrait peut-être mieux les entendre de la juridiction séculière : en M)rte que l'apôtre compare le tribunal séculier avec le tribunal ecclésiastique, et que de même que l'un ne s'étend que sur les personnes qui sont du ressort d'une justice particulière» celui de Corinthe par exemple, sur les Corinthiens; ainsi dans le tribunal ecclésiastique , il n'y a que les fidèles qui soient sujets à la juridiction spirituelle.

13. Nam eos , quœ foris sunt , Deus 13. Car pour ceux qui sont dehors, judicabit. Àuferte malum ex vobis Dieu les jugera. Eloignez de vous ce mcipsis. chant homme.

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